Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito du 20 Novembre : De la réunification de l’Allemagne à la réunification de l’Europe par Bruno Bertez

L’Edito du 20 Novembre : De la réunification de l’Allemagne à la réunification de l’Europe par Bruno Bertez 

 C’est une opération politique que de présenter le choix auquel l’Europe est confrontée comme binaire. Ce n’est pas le célèbre Moi ou le chaos, mais cela y ressemble. C’est la destruction par la crise de la dette ou bien la monétisation de la dette.

C’est une opération politique que de réduire les solutions à cette alternative.

C’est une opération politique que d’ajouter pour biaiser le choix: le risque défaut des dettes est cataclysmique ,  le risque de mise ne danger de la monnaie est bénin.

C’est une opération politique que de faire semblant de croire que le risque monétaire se limite au risque d’inflation ou d’hyperinflation, car le risque monétaire est multiforme, perte de confiance, fuite des capitaux, hausse des taux exigés par les détenteurs de monnaie pour la conserver, baisse de la valeur extérieure etc.

Ceux qui prétendent savoir ne savent rien.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

D’abord parmi les responsables qui a prévu les conséquences de ses erreurs passées?

Ensuite quand la crise est arrivée qui a prévu son ampleur, son extension, sa gravité?

Enfin qui s’est trompé sur les remèdes et a claironné  »Nous avons sauvé le monde »?

A notre connaissance personne parmi ceux qui exercent le Pouvoir maintenant n’a vu juste, ne s’est montré a la hauteur. Pas de prophète, pas de gourou, aucune clairvoyance.

Sarkozy se transforme en DSK. 

Les remèdes, en particulier les Quantitative Easing, autre nom de la monétisation ont échoué partout ou ils ont été pratiqués. Pas de retour à la sécurité financière, instabilité et volatilité généralisées, absence de reprise économique autoentretenue, chômage persistant, baisse des niveaux de vie.

La crise est devant nous, pas derrière: aucun progrès, aucun au contraire car elle se rapproche des sanctuaires que constituent les Banques Centrales.

Surtout, le plus grave est qu’il n’y a eu aucun EXIT, aucune petite possibilité de sortir des ces politiques, la seule alternative pour leurs partisans est de continuer, d’aller plus loin.

On ne sait pas jusqu’ou il va falloir aller, jusque quand, quelles vont être les conséquences finales.

Ces tristes constats ne plaident pas en faveur de la compétence et des soi disants dons des personnes autoprésentées comme savants, ou doctes .

Chlick to enlarge:

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Source: The Big Picture

Présenter les problèmes ou leurs solutions de façon binaire est toujours une mystification malhonnête, on connaît la musique qui consiste toujours à affirmer  »Il n n’y a rien d’autre a faire », il n’y a pas de solutions tierces, dialectiques. Pourtant le monde n’est pas binaire, il n’y a pas de mécanique qu’il s’agirait simplement de découvrir. Le monde est processus, mouvement, Nous y reviendrons plus loin.

Il n’y a pas d’un coté ceux qui savent nager et ceux qui ne le savent pas, il y a tous ceux qui apprennent à nager. C’est cela la dialectique, le mouvement, le passage d’un état, d’une situation à une autre plus satisfaisante. Comme on dit plaisamment les militaires se recrute parmi les civils et le clergé parmi les laïcs !

La crise est perçue comme une menace, douloureuse, en fait systémiquement elle est positive. Elle nous dit que l’on ne peut pas aller plus loin dans la voie suivie depuis trois décennies dans le monde global. Pas aller plus loin dans la voie suivie par l’Europe depuis 10 ans. La crise marque les limites ultimes d’un système, il ne peut continuer, il ne peut se reproduire tel qu’il était. La crise trace les limites du dysfonctionnement, elle bloque, met en question. Ouf il était temps d’ailleurs.

 

Pourtant il faut dans une perspective responsable que le changement se fasse. Qu’il se fasse et dans la bonne direction, c’est tout l’enjeu du débat en cette période.

D’ou l’importance de la qualité des diagnostics, de la clarté des objectifs, de l’adéquation des moyens mis en oeuvre.

 

Sauver l’euro n’est pas un objectif. L’euro est une abstraction, un moyen d’échange, un outil etc. Derriere la réification de l’euro il y a des réalités, des hommes, un ordre social, une répartition des richesses, des revenus etc… Donc la question est de savoir ce que,  ou ceux que l’on veut sauver. Personne n’en parle. Veut-on sauver ceux qui produisent des richesses, ceux qui les ont accumulé à la faveur de la financiarisation, les banques qui ont des créances et dettes en euros, les classes moyennes qui épargnent en euros, le pouvoir de prédation de état, les hommes politiques et les fonctionnaires qui ont lié leur carrière et leur pouvoir de prélèvement à l’euro…?

   

Sauver l’euro,  à ce stade et telles que les choses sont présentées, c’est sauver les banques, les classes sociales et politiques alliées. On agite l’épouvantail du changement et du chaos. Or c’est faux, on peut a la fois sauver l’euro et insérer le sauvetage dans des perspectives différentes , tout dépend des intérêts que l’on choisit de servir. Aucun sauvetage n’est neutre. Même le pseudo sauvetage par la monétisation qui se présente comme un cadeau tombé du ciel.

Derriere un  »il faut » qui se présente,  qui se fait toujours passer pour impersonnel,  il y a toujours un  »je veux » , quelqu’un qui a des intérêts à défendre, un ordre a maintenir.

Tout ceci pour vous dire que la manière de poser les problèmes , de les enfermer dans de fausses alternatives , tout cela constitue un biaisage dont le but est de forcer la main des citoyens.

La monétisation, création de monnaie directe ou indirecte par la Banque Centrale pour financer les états, acheter leurs obligations, ou les aider à secourir leurs banques est dangereuse. C’est un chemin, lorsque la crise est profonde, structurelle, dont on ne revient pas.

 

On sait quand elle commence, personne ne sait quand et comment l’arrêter.

On ne sait pas d’avance l’ampleur des besoins qu’il faudra couvrir car en matière financière pyramidale , tout est dynamique:  les besoins se révèlent au fur et à mesure que les problèmes se découvrent et s’enchaînent. Au fur et à mesure que la confiance évolue. Confere Lehman, AIG, la Grèce, l’EFSF etc. À chaque fois, on part sur un chiffre et l’on arrive a un multiple du chiffre initial.

Les enveloppes se multiplient par 4 ou 5 en l’espace d’un mois¨.

Même chose pour les états , pour les banques, leurs passifs conjugués sont colossaux. Et les états ont choisi de backstopper les banques, on a vu ce qui s’est passe avec DEXIA.

L’interconnexion est totale alors que l’opacité et l’ignorance règnent en maître. Personne ne connaît la fragilité réelle du système alors qu’il y a plus de 700 trillions de dérivés et que le mythe du  »netting » est en train de s’effondrer. Le risque sur les dérivés n’est pas le  »net » après neutralisation des opérations croisées, il est en  »gross », sur toute la chaîne et en plus il est hyper concentré. Une chaîne n’est solide qu’a hauteur de son maillon le plus faible , et le vrai risque est celui de contrepartie, on l’a vu avec AIG: On ne pourra pas répéter a l’infini les cadeaux à Goldman Sachs et à la Société Générale,

La monétisation serait un pari sur l’intégrité de la chaîne des dérivés. Le deleveraging touche les emprunts état et le crédit mais il peut aussi toucher toutes les autres formes de levier. Et les dérivés sont une forme de levier, levier colossal et secret  avec des acteurs quelquefois fragiles. Le deleveraging peut se généraliser soit par choix soit par obligation. Même les ETF sont un risque énorme pour le système, ils reposent sur la continuité, la liquidité , combien de liquidités  faudrait-il fournir pour que celles ci soient assurées en cas de sinistre? Le système financier contient une bombe a retardement soigneusement occultée, celle du  »dynamic hedging » fausse assurance qui, quand elle se déclenche amplifie en boule de neige tous les mouvements. Et bien sûr ne peut être arrêter que par l’intervention … des banques centrales .

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« L’encours des Dérivés a bondi de 18 % à 708.000 milliards de dollars, un montant supérieur à celui du premier semestre 2008

L’activité sur le marché des dérivés de gré à gré a décollé au premier semestre 2011, d’après les dernières statistiques de la Banque des règlements internationaux (BRI). Le montant notionnel de ces instruments a grimpé de 18% au premier semestre, à 708.000 milliards de dollars. Depuis le second semestre 2008, les encours étaient restés relativement stables, autour de 600.000 milliards de dollars. Cette fois-ci, ils dépassent même le niveau d’avant-crise du premier semestre 2008, à savoir 683.000 milliards de dollars.

L’augmentation de 19% du marché des contrats sur les taux est la principale explication de cette reprise. Le montant notionnel des swaps en particulier a bondi de 21% à 441.600 milliards de dollars. Les inquiétudes sur les dettes souveraines, américaines et européennes, ont certainement contribué au développement du marché. Les positions en euro ont progressé de 24%.

Le marché des dérivés sur devises est également en croissance, mais seulement sur les maturités courtes, relève la BRI. Les contrats à moins d’un an ont progressé de 26% tandis que les encours de ceux à plus de cinq ans ont été divisés par deux. Le mouvement peut s’expliquer par la forte volatilité du marché des changes sur les six premiers mois de l’année. Sur cette période, l’euro/dollar a par exemple oscillé entre 1,29 (en janvier) et 1,48 (en mai).

Malgré la croissance du marché, le risque sur ces contrats est en baisse, note la BRI. Ainsi, les valeurs de marché brutes, qui mesurent le coût de remplacement des contrats en circulation, a diminué de 8% sur l’ensemble des produits OTC. La diminution la plus marquée a été observée sur les instruments de taux.

Les contrats de protection contre le risque de défaut (CDS) ont vu leurs encours augmenter de 8% à 32.400 milliards de dollars. Sur ce marché, les chambres de compensation continuent de se développer. Elles concentrent à présent 17% des positions contre 15% en décembre 2010. Les financiers sont incontestablement les principaux utilisateurs de CDS. Les positions des clients non financiers ont en effet chuté de 23% à 238 milliards de dollars, après un repli de 63% au second semestre 2010. Ils représentent moins de 1% du marché contre un record à 5% en décembre 2009. »

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On ne se lance pas dans une aventure qui peut détruire tout le système , les marchés, les banques, les finances publiques et in fine la monnaie sur la base d’appréciations douteuses voire malhonnêtes.

La situation est très grave quand il s’agit de plaider pour la monétisation, mais d’un seul coup elle devient bénigne quand il s’agit de chiffrer les risques qu’elle fait courir !

 

La vérité est que quand on a commencé dans cette voie il est impossible de s’arrêter, la pyramide de crédit ne fait que grandir, se fragiliser, sa qualité est de plus en plus douteuse de proche en proche.

L’immoralité se répand , le Moral Hazard déjà solidement implanté se manifeste a tous les coins de rue. Le sauvetage des uns ne fait pas s’arrêter la chaîne, et moi et moi s’écrient ceux qui n’ont pas encore bénéficié de la manne.

La monétisation est un pari contre le risque mais le risque est 
  • 1- inconnu
  • 2 -non chiffrable
  •  3- exponentiel .

Il est probable que le ralliement de la BCE à la monétisation et à l’inflationnisme anglo saxon déstabiliserait le système mondial. Ainsi disparaîtrait le dernier point d’ancrage, le dernier refuge du Central Banking sain , le dernier empêcheur d’inflater en rond. Seule la BCE  a encore une politique qui repose sur une certaine idée de la pratique et des principes d’une Banque Centrale sérieuse. Elle empêche en quelque sorte tout le monde d’aller trop loin. Ce ralliement peut créer une situation nouvelle que personne n’est capable d’anticiper, une fuite vers les valeurs réelles, l’or, un choc relationniste comme on en a vu quand Bernanke s’est lancé dans ses aventures de QE.

 

Le révisionnisme historique actuel est une forme de propagande qui veut nous faire croire.

  • 1- Que la crise de 1929 est la faute du Bloc -or ,
  • 2- Que l’hyperinflation allemande n’a pas été causée par les financement monétaire de l’ état 
  • 3- Que finalement la quantité de monnaie dans un système n’est pas déterminante et qu’on peut toujours contrôler sa vélocité. Ce révisionnisme complète toutes les absurdités théoriques en vigueur comme le Chartalism et les modèles des professeurs de la  Ivy League américaine.

source Zerohedge

La monétisation en un mot comme en cent est dangereuse parce qu’elle est un pari sur son propre succès , un pari sur un retour au calme des conditions de marché. À ce titre elle se dispense de chiffrer l’étendue de ses besoins, d’évaluer la disproportion entre les masses à risque et les possibilités d’action. Elle néglige d’examiner la possibilité de chocs exogènes. Elle ne se préoccupe pas d’envisager son échec et les moyens de s’en sortir.

 

  Cameron a dit a Merkel il y a quelques jours :
  »la BCE doit une fois pour toutes faire ce qu’elle est supposée faire » ;
Merkel lui a répondu :  » Nous aurions tort de prétendre avoir des pouvoirs que nous n’avons pas  » ¨! C’est Merkel qui a raison.
 

Revenons sur notre entame, la binarité.

La question de l’excès de dettes ne se résout pas comme l’a dit Gross de Pimco ou Weidmann de la Bundesbank par la création de nouvelles couches de dettes. Ces dettes fussent elles financées par la Banque Centrale. 

« Le président de la banque centrale allemande Bundesbank Jens Weidmann a appelé mardi son pays à jouer le rôle de « pilier de stabilité » qui lui revient dans la lutte contre la crise de la dette, et à se poser en gardien d’une politique monétaire indépendante. 

La première économie européenne a « une responsabilité particulière » qui va au-delà de son rôle de premier contributeur aux plans d’aides et de garanties mis sur pied depuis l’an dernier, a déclaré M. Weidmann dans un discours à Berlin lors du congrès des employeurs allemands. 

« L’Allemagne doit remplir son rôle de pilier de stabilité », a-t-il poursuivi, en donnant « le bon exemple » dans la tenue de ses finances publiques, mais aussi en se posant en gardienne d’une « politique monétaire européenne de stabilité ». 

M. Weidmann, ancien conseiller de la chancelière Angela Merkel qui a pris les rênes de la Bundesbank il y a quelques mois, appelle ainsi celle-ci à ne pas dévier de sa ligne, malgré les appels de plus en plus pressants pour une intervention massive de la Banque centrale européenne (BCE) dans la lutte contre la crise. 

Cela serait « une faute grave », a jugé M. Weidmann, « qui minerait encore plus la confiance ». Une banque centrale, et cela vaut pour celle commune aux 17 pays de la zone euro, « n’a pas vocation, il lui est même interdit de financer les budgets des Etats », a-t-il martelé. 

L’opposition de Berlin est le principal obstacle à une implication plus poussée de la BCE, telle que la réclame par exemple la France. 

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a répété cette opposition, dans une allocution aux députés du Bundestag mardi. « Nous allons tout faire pour combattre les dangers qui menacent la stabilité de l’euro dans son ensemble », a-t-il dit, mais uniquement « d’une façon qui garantit que la monnaie unique européenne reste une monnaie stable, une monnaie stable avec une banque centrale indépendante, et que la banque centrale ne soit pas à la disposition des Etats pour les financer ». 

M. Weidmann a aussi redit son scepticisme à l’égard d’une mutualisation de la dette des pays de la zone euro, alors que la Commission européenne s’apprête à présenter plusieurs options pour la création d’euro-obligations. 

« Il est fondamentalement important (…) que chaque pays s’assure la confiance des marchés financiers », a-t-il dit. « La pression que fait naître le paiement de taux d’intérêt élevés peut être salutaire », a-t-il ajouté, « elle est une incitation forte à des réformes et des finances publiques saines ». 

Berlin s’oppose aussi à ces « eurobonds », même si une source de la Commission européenne a indiqué mardi avoir décelé « du mouvement » dans la position allemande. 

Evoquant l’Italie et l’Espagne, dont les taux d’emprunt ont atteint des sommets ces dernières semaines, M. Weidmann a estimé que ces deux pays pouvaient s’en sortir sans faire appel à une aide extérieure, au contraire de la Grèce, l’Irlande et le Portugal. 

« Dans ces deux cas, je suis persuadé qu’ils n’ont pas besoin d’aide extérieure mais que ces deux pays peuvent s’aider eux-mêmes et que ces gouvernements vont prendre les mesures nécessaires » pour ce faire »

La résorption de l’excès de dettes doit s’insérer dans un processus, ce processus doit s’intégrer dans un ensemble de réformes et déboucher sur une perspective d’avenir.

On doit à la fois obtenir une réduction de la masse de dettes contenue dans le système,garantir que cela ne reproduira pas, et assurer la transition vers une construction européenne viable.

Par ailleurs pour être acceptable l’action doit être menée dans un cadre légal et non dans le viol de la loi et des traités.

Pour réduire la masse de dettes il n’y a pas d’autre solution que d’organiser des défaillances ordonnées, restructurations, haircuts ,  moratoires et conversions. Le principe est toujours, quelle que soit la forme, de réduire le poids de dettes dans l’ensemble européen.

Les institutions financières victimes de ces réductions de la valeur des créances qu’elles portent doivent supporter les pertes au niveau de leur capital , puis de leur dette obligataire soit par dévalorisation pure et simple soit par conversion obligatoire en capital. Entre temps bien sur ces institutions doivent être placées dans une sorte de semi nationalisation temporaire , à l’image de ce que sont Fannie et Freddie aux Etas-Unis.

L’Europe doit être reformée comme le proposent les Allemands par la voix de Schauble.

source New York Times

Elle doit être resserrée, seuls doivent faire partie de cette Europe ceux qui acceptent la discipline de gestion, la philosophie, les contrôles et en cas de dérapage les mises sous tutelle. On ne peut à la fois vouloir bénéficier du parapluie allemand et en même temps faire ce que l’on veut, c’est ainsi . L’Europe resserrée sera a l’image de l’Allemagne. Étant entendu que l’Allemagne exigera non seulement des règles strictes mais aussi la mise en oeuvre des moyens destinés à les faire respecter. Cette Europe convergera n’en doutons pas vers les principes allemands, production, investissement,productivité, pacte social, épargne, monnaie saine.

Pourquoi cela est il indispensable? Il est evident que Schauble, qui a toute la confiance de Merkel qui  et est un europeen convaincu , pense que c’est le seul moyen de gérer la situation sans risquer l’aventurisme. Sans risquer être débordé.  On fixe le cadre, cela permet d’apprécier les besoins, on sait ou l’on va, la situation est contrôlée , alors on peut accepter de payer et même accepter de déroger temporairement au statut de la BCE et à l’Article 123 du Traité.

Dans ce cadre, la monétisation devient non pas la solution miracle  mais l’outil temporaire pour assurer la transition vers une situation définie, précisée. Ceci est radicalement différent de la monétisation anglo saxonne ou Italienne voire Française. La monétisation devient un coût, mieux même un investissement passager dans les structures de la nouvelle construction européenne. Un investissement productif de stabilité d’une part et de richesse future d’autre part.

On voit l’intérêt de l’articulation dialectique des actions au trois niveaux:

  • 1- Réduction de la masse de dettes, opération vérité financière qui déblaie l’avenir.
  • 2- Mise en place d’un cadre européen neuf qui tient compte de toutes les erreurs passées mais oblige sans dérogation possible à la convergence, ce qui garantit la sortie de la période de monétisation.
  • 3- Acceptation d’une période de monétisation qui doit être limitée dans le temps et dans ses montants car débouchant sur une situation viable et crédible.

L’analogie avec le processus de réunification allemande n’est ni injustifiée ni fortuite. La proposition de réforme fondamentale de l’Europe et de l’intégration politique sont le résultat de l’expérience de Schauble en la matière. Cela implique un président européen élu au suffrage universel

 

Vous qui avez l’habitude nous lire, savez que nous ne sommes pas européen  convaincu, mais dans le cas présent,  saisir l’opportunité de la crise pour tordre le cou au problème de la dette, construire un ensemble politique cohérent, régler son compte a la financiarisation,  déblayer la route de la croissance ,  le tout sans s’engager dans une monétisation à fonds et à monnaie perdus, cela peut avoir un sens .

Un sens que les deux leaders Merkel et Sarkozy devraient s’empresser de saisir pour relancer leur mandat. Un grand projet que l’on peut présenter comme historique , rien de tel pour couper l’herbe sous le pied  des gauches dont le seul projet réel est de briser l’indépendance de la BCE pour récupérer la maîtrise de la planche a billets.

BRUNO BERTEZ Le 20 nOVEMBRE 2011

EN LIEN : A Chaud!!!!!!! Le Samedi 19 Novembre : Bienvenue à la Grande « Monétisingètisation » ou quand la monnaie « singe » la monnaie par Bruno Bertez

EDITO PRECEDENT : L’Edito du 17 Novembre 2011 : L’histoire de l’EURO accélère , après la dévaluation des bonds,celle des monnaies ? par Bruno Bertez

EN BANDE SON :

10 réponses »

  1. Mardi 22 novembre 2011 :

    Le taux d’emprunt à court terme de l’Espagne s’envole.

    Preuve de la défiance persistante des investisseurs, l’Espagne a émis ce mardi 22 novembre pour 2,98 milliards d’euros de dette à court terme à des taux records depuis 10 ans. Une progression qui était attendue alors que Madrid vit depuis une dizaine de jours un fort regain de tension sur les marchés.

    Par rapport à la dernière émission comparable, fin octobre 2011, le taux des bons espagnols à 3 mois a doublé, à 5,1 %, contre 2,3 % la fois précédente.

    Le taux des bons à 6 mois a également fortement augmenté, à 5,2 %, contre 3,3 % lors de la précédente émission. La demande est restée forte, a précisé la Banque d’Espagne.

    Cette adjudication faisait figure de premier test de la confiance des marchés à l’égard du futur gouvernement du conservateur Mariano Rajoy. Après les changements de gouvernement en Grèce et en Italie, la victoire de la droite en Espagne aux élections législatives de dimanche n’a pas apaisé les marchés, qui s’inquiètent de la mise en place du plan de rigueur prévu par la nouvelle majorité.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201756544612-le-taux-d-emprunt-a-court-terme-de-l-espagne-s-envole-252509.php

  2. Mardi 22 Novembre
    La hausse des taux espagnols rapportée ci-dessus nous inspire une réflexion que nous allons essayer de vous livrer. Sans prétention rien que pour stimuler le débat et la réflexion. Nous précisons que nous nous plaçons comme souvent de Sirius et que ce faisant nous ne nous préoccupons pas des intentions des uns et autres, de leur subjectivité ou de leur morale. Nous regardons, nous constatons.

    Le grand mouvement des deux dernières années est la menace généralisée de dégradation des souverains. L’actualité européenne le montre, mais aussi le débat sur la dette américaine et l’échec du supercomittee adhoc.
    Cette menace fait monter les taux d’intérêt que doivent consentir les pays menacés, ou en cours de dégradation.
    Ce mouvement nous parle donc, il nous envoie un message que nous, de Sirius nous voyons mais que les terriens, le nez sur leur écran de télévision ne voient pas:
    Le taux d’intérêt moyen pratiqué dans le monde global est en train de monter.

    Le message, décodé est :

    Le niveau des taux d’intérêt dans le monde est trop bas pour assurer la fonction traditionnelle des taux d’intérêt, à savoir, l’arbitrage entre le présent et le futur, l’équilibre des préférences pour le présent et l’avenir, l’arbitrage entre les horizons de temps.
    La manipulation des taux par les apprentis sorciers, grands prêtres de la financiarisation, prétendus maîtres du monde que sont les banquiers centraux vise depuis des décennies et plus encore depuis 2008 à faire baisser les taux.
    Que nous dit le message : c’est fini. Le réel, la loi de la gravitation économique s’opposent a cette manipulation, ils la bloquent, ils la contrent, ils la balaient.
    Le réel , qui vous le savez est toujours le plus fort, malgré Bernanke, Sarkozy et Merkel, malgré leur volontarisme forcené mais impuissant, le réel rous dit les taux intérêt que vous voulez ne reflètent pas les préférences que vous exprimez par ailleurs entre le présent et le futur. L’équivalence que vous prétendez imposer entre le présent et le futur est idiote, intenable et je le manifeste comme je le fais toujours, fortement , douloureusement sous la forme de ce que vous appelez une crise, mais qui est en réalité ma manière de vous transmettre mes oracles… et ma colère.
    Pour l’instant les crises se manifestent à la marge, chez vos collègues fragiles, de qualité douteuse, mais regardez, elles gagnent d’autres qui sont moins marginaux.qui, hier encore étaient du »CORE » futurs ex tripleAAA. vous feriez bien de m’écouter et changer quelque choses dans vos prétentions contradictoires.
    Si vous ne m’écoutez pas demain il sera trop tard, vous êtes les agents les vecteurs de votre propre contagion, Hier la France caracolait, aujourd’hui elle est à la peine pour avoir voulu trop en faire, se soigner elle-même et venir en aide aux autres.
    Après demain ce sera le tour de vos fleurons, qui sont encore de vrais triple AAA , mais plus pour longtemps si ils prétendent me défier et vouloir comme vous prendre en charge tous les problèmes de votre Europe et ne pas tenir compte de mes messages , surtout si allez jusqu’a mettre en danger votre seul actif, votre trésor , votre monnaie et s’il vous prend la folie de l’inflater
    Et puis, et puis ce sera le tour de votre leader impérial , les Etats Unis qui ne cessent de me défier et de jouer avec le feu. Ils rient de vous mais ils sont sur une plus mauvaise pente encore, eux n’auront personne à qui s’adresser pour les sauver .

  3. Il y a PLUS DE DIX ANS que j’annonce TOUT ÇA, sans avoir par contre
    prévu les traficotages divers pour en arriver là où nous en sommes. PAR.DON !
    Dans ma naïveté démocratique, je ne pensais pas en effet, QUE DES ÉLUS DU PEUPLE,
    IRAIENT JUSQUE LÀ dans l’ignominie. Quelle erreur ! Pfiouuuuu !!!
    MAIS j’avais tout de même annoncé …. UN EMPRUNT « Europe » , dans le processus à venir.

    Reste a maintenant à procéder. C’est en marche (forcée) … la Turquie ? Ce sera JUSTE APRÈS !

    Et « en voiture Simone » comme qu’on dit dans les chaumières françaises ? Hum ! A.C

  4. Zone euro : les investisseurs internationaux n’ont plus confiance dans six Etats européens.

    Pour six Etats européens, les taux des obligations à 10 ans sont au-dessus de 5 %.
    Belgique : 5,075 %.
    Espagne : 6,605 %.
    Italie : 6,820 %
    Irlande : 8,207 %.
    Portugal : 11,277 %.
    Grèce : 28,860 %.

    Qu’est-ce qui pourra ramener la confiance dans la zone euro ?
    Qui pourra ramener la confiance dans la zone euro ?
    Réponse :

    • Merci pour ce délicieux moment qui m’a ramené … pfiouuu !
      TRÈS TRÈS loin dans le temps. Dans un temps où il y avait
      encore de la naïveté et … de l’honnêteté, sans compter même DE L’HONNEUR ,
      C’est fou hein ? ENCORE MERCI ! A.C

      P.S. Quand à moi, face à la débandade actuelle, JE PRÉCONISE,
      UNE FAILLITE, LA SORTIE DE L’EURO, LE RÉTABLISSEMENT DU GATT
      ET VIVE LA FRANCE ! On est ENCORE capable de se retrousser les manches
      et de retrouver un peu … d’honneur que diantre !

  5. Mardi 22 Novembre

    Mohamed EL-ERIAN , CEO de Pimco vient de passer sur Bloomberg US.
    Voici ce qu’il dit:  » la situation s’aggrave de jour en jour et la seule option qui reste est de continuer à faire ce qui a échoué à plusieurs reprises et qui n’a pour effet que de faire monter le prix des équivalents monétaires (assets) que l’on ne peut diluer »

    Plus loin,  » La balance dans la poursuite des actions monétaires penche de plus en plus du cote des dommages collatéraux avec risque sur les monnaies, les marchés, la crédibilité des banques centrales »

    • Merci. j ai été écouter l’interview de M.El Erian, et je réalise qu’en fait, en Europe comme aux US , la monetisation via la banque centrale est populaire car elle permet aux politiques ( sauf les allemands) de fuir les questions de fond et de s’enlever la pression. Bernanke leur a fait savoir qu’une poursuite du QE était de moins en moins productive et de + en + risquée. La BCE a été malheureusement moins claire en s’abritant derriére le traité.

      Dans cette optique, j apprecie mieux la position allemande qui est de poser les vraies questions: quel type de fédéralisme et avec qui ? et réécrivons les traités.

  6. Mercredi 23 novembre 2011 :

    L’Allemagne s’est heurtée aujourd’hui à une demande insuffisante lors d’une émission de dette à dix ans, adjugeant seulement 3,644 milliards d’euros de nouvelles obligations à 10 ans alors qu’elle espérait en lever 6 milliards. Le rendement moyen ressort une nouvelle fois en baisse, à 1,98 %, contre 2,09 % lors d’une adjudication similaire en octobre, et 2,74 % en moyenne, a précisé la Bundesbank.

    Le ratio de couverture, qui mesure l’appétit des investisseurs, n’a atteint que 1,1, contre 1,56 en moyenne. Plusieurs analystes ont jugé l’opération très mauvaise.

    « Les Bunds commencent à perdre leur attrait parce que les marchés doivent commencer à croire à l’histoire des euro-obligations, et que l’Allemagne s’apprête, en substance, à garantir la dette d’autres pays », analyse Achilleas Georgolopoulos, stratège pour la Lloyds à Londres.

    L’Agence allemande de la dette a déclaré dans la foulée de l’adjudication que son résultat reflétait un environnement de marché très nerveux, mais ne signalait pas un goulet d’étranglement pour le refinancement du budget fédéral.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/23/97002-20111123FILWWW00462-l-allemagne-peine-a-ecouler-sa-dette.php

    L’Allemagne voulait émettre 6 milliards d’euros : elle n’a réussi qu’à placer 3,644 milliards d’euros.

    L’Allemagne elle-même est entrainée vers le fond de l’océan.

    L’Allemagne elle-même est entrainée vers le fond de l’océan par les Etats européens en faillite.

  7. ErikEliotMeredithKrysXavierMaximeCécileJeanAuroreGabrielNelsonDavidPatrickChristopherSamuel dit :

    Les Indignés veulent arrêter les Serial Killers de la Finance Internationale !

    Les indignés disent OUI pour s’opposer aux 7 péchés capitaux de la Finance Internationale !

    – Oui à l’interdiction des bulles financières spéculatives sur les produits alimentaires de premières nécessités pour se nourrir !

    – Oui à l’interdiction des mises en circulation des produits dérivés toxiques sur les marchés financiers mondiaux !

    – Oui à la taxation LOURDE des bulles spéculatives financières pour les dégonfler lorsqu’elles atteignent un seuil de déséquilibre trop important.

    – Oui au retour de l’argent dans l’Economie Réelle !

    – Oui à la taxation des Flux Financiers à l’entrée et à la sortie des Pays, pour canaliser et réduire les départs des Capitaux, et les délocalisations des entreprises dans d’autres pays, avec obligation de réinsérer les personnels d’entreprise dans le même bassin régional d’emploi.

    – Oui à l’éradication mondiale des Paradis Fiscaux, et à l’interdiction des levers de capitaux fictifs. 1.700 Milliards d’Euros de déficit en France, cela suffit !

    – Oui à la réduction drastique des avantages colossaux financiers et de toute nature versés aux Charges Boursières, aux Traders, aux PDG de la Finance et de l’Economie, ainsi qu’aux Responsables Politiques !

    En effet le peuple s’indigne et reprend la main pour construire son Avenir !

    Groupe France – Edition Francophonie

    ErikEliotMeredithKrysXavierMaximeCécileJeanAuroreGabrielNelsonDavidPatrickChristopherSamuel
    MariePeterAnneJulienBeatriceYannMarcMarwinKarlCyrilAndrewWilliamClarenceJess

    International Contact = NewYorkParisLondonMadridRomaBerlinZürichLisboa東京都

    ErikEliotMeredithKrysXavierMaximeCécileJeanAuroreGabrielNelsonDavidPatrickChristopherSamuel
    MariePeterAnneMishaJulienBeatriceHaakonCoraYannMarcMarwinKarlCyrilAndrewKnuteJessDonata
    OlafCarlosHansDonataLuisElisabethSigismundOttoAntonelloBryanManfredEnzoMishaLoïcYngvar義之

    Indignés, de la Finance détournée de sa fonction première, qui est de servir les nations et le bien être de leur peuple, manifestez votre désapprobation en contactant la banque centrale de votre pays =

    Federal Open Market Committee (politique monétaire américaine) , Board of Governors of the Federal Reserve System (FED Banque Centrale Américaine) 20th Street and Constitution Avenue NW Washington, DC 20551 – Wall-Street (Bourse NY) Phone NY 1-212- 656-5165 – Banque Centrale Européenne, Kaiserstrasse 2960311 Francfort-sur-le-Main, Allemagne Téléphone + 49 69 13 44 0

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