A Chaud!!!!!

L’Edito du Mercredi 7 Décembre 2011 : A propos de S&P et de la « grande politique » par Bruno Bertez

L’Edito du Mercredi 7 Décembre 2011 : A propos de S&P et de la « grande politique » par Bruno Bertez

« Tout système évolue en fonction de ses contradictions internes » Mao Tsé-Toung

 Il nous faut nous répéter. Les enjeux de la crise sont politiques.

Politiques au plan intérieur pour chacun des pays concernés, politiques au plan extérieur vis-à-vis du monde global.

Au plan intérieur, il est évident que l’enjeu qui est dissimulé derrière les solutions, c’est : l’ordre social, la répartition des revenus, la répartition des richesses et, bien sûr, la répartition des Pouvoirs.

Au plan extérieur, l’enjeu, c’est : la place dans le monde, le pouvoir de prélèvement sur les ressources, la part dans la richesse globale, le surproduit pour s’armer et se défendre, l’emploi de la main d’œuvre, son niveau de vie.

Il est dommage, il est navrant que, parmi ceux qui prétendent aux responsabilités, pas un seul ne pose les problèmes et les solutions en ces termes. La discussion entre la droite et la gauche françaises sur la question de la germanophobie est d’un pathétique extrême. On se bat dans le camp européen au lieu de faire front contre l’extérieur. L’indigence de l’analyse politique confine à l’idiotie.

    L’affrontement encore moucheté sur l’action, sur la politique, sur le calendrier de travail des agences de notation et sur leur rôle politique en est peut-être à ses débuts. D’une certaine façon, sans être catastrophiste et jouer la politique du pire, nous le souhaitons. Une solution européenne à la crise passe par des conflits de ce genre,  tant il est évident que ni les méthodes, ni les critères de travail des agences de notation ne sont uniquement techniques. Ils sont fondamentalement politiques et culturels. Le choix des agences de s’exprimer à un moment donné n’est jamais neutre. Dans la vie, celui qui parle veut toujours quelque chose, a toujours des désirs cachés. Les agences ne sont pas pur esprit, elles font partie intégrante d’un système de pouvoir.

Nous avons relevé dans la dernière note de S&P la phrase suivante qui,  mieux que tout autre,  révèle ce que sont les agences derrière le masque. La condamnation, car il faut bien l’appeler ainsi, de l’Europe par S&P « reflète la faiblesse structurelle des processus de décisions dans la zone euro ». Les agences nous avaient déjà fait le même coup à propos de l’Italie et de Berlusconi. Ce sont elles qui ont eu la tête de Berlusconi. Et ce sont elles qui nous ont fait le même coup avec l’Europe entière. C’est le processus de prises de décisions en Europe qui est faible et qui justifie que le marché international ne nous prête plus d’argent. Bien, voyons !

Nous n’entamerons pas la discussion de savoir si les processus de décisions dans d’autres ensembles sont meilleurs, nous ne le pensons pas, bien sûr. Mais nous relevons qu’il s’agit d’une affirmation politique et même politicienne. 

Les agences feraient bien de pousser l’analyse un peu plus loin et, au lieu de s’intéresser simplement au processus de prises de décision, elles feraient bien de s’interroger sur les processus de transmission des décisions. Les processus européens sont encore un tant soit peu démocratiques, nous ne sommes pas sûrs qu’ailleurs ils le soient encore. Le pluralisme européen garantit encore que de temps en temps un peu de Vérité parvienne à la surface du système. Suivez mon regard qui vous indique des pays où ce n’est pas le cas. Des pays que nous caractérisons comme ENRON généralisé, et actuellement en butte aux attaques de OWS, Occupy Wall Street.

Pour que vous preniez la mesure de l’importance de la politique, nous vous rappelons que les Chinois, à qui on ne la fait pas, ont depuis longtemps compris que les agences de notation étaient un instrument de l’hégémonie américaine et des alliés britanniques. Ce n’est pas un hasard si les Chinois essaient d’implanter leur propre agence de notation, DAGONG. L’agence chinoise a supprimé le triple A américain il y a plusieurs mois.

Les agences, cyniquement, décrètent qui a le droit de prélever sur la richesse mondiale, c’est-à-dire de s’endetter, et à quel prix. Est-ce neutre ? Bien sûr que non !

Nous sommes désolés de parler de notre expérience personnelle, mais nous avons, en son temps, en tant que patron de presse, attiré l’attention des Pouvoirs Publics sur la gravité et l’inconséquence de laisser la gestion financière européenne aux mains des Anglo-saxons et singulièrement du Financial Times et du World Street Journal, WSJ.

Les journaux véhiculent du pouvoir et de l’idéologie, pas seulement de l’information. Martin Wolf du FT a plus de pouvoir sur les marchés mondiaux que tous les ministres européens réunis. Et Dieu sait s’il est biaisé.

Bien sûr le monde politique à courte vue et surtout dépourvu de culture financière n’a pas compris les enjeux qu’il y avait à laisser un domaine aussi important aux mains des Anglo-saxons.

Le grand capital français, pour parler comme feu Georges Marchais, n’avait aucune envie de se poser comme concurrent du grand capital global anglo-saxonnisé. Sauf peut-être quelques grands noms comme Michelin, Peugeot ou L’Oréal. Le capital français est en partie comme le capital des émergents, un capital compradore. Personne n’a relevé, par exemple, que ce même capital finance et soutient le Financial Times au lieu de soutenir la presse économique française ; personne ne relève que l’Agence Fitch, qui pourrait être française et pro-européenne, soit allée chercher des associés américains. Une politique d’indépendance au plan monétaire, financier, économique et même politique passe, sinon par des médias indépendants, mais au moins par des médias susceptibles de jouer le rôle de contre-pouvoir.

Le monde politique français a fait avaler aux citoyens le passage à l’euro sur la base d’un euro concurrent du dollar, sur la base d’une monnaie gaullienne qui se serait opposée aux dérives prédatrices des Anglo-saxons. Hélas, la capture du monde politique français par le capital compradore satellisé, par le capital bancaire, par le capital aligné, a fait tourner court cette ambition. L’euro est devenu un satellite, un satellite rebelle et non un concurrent.

L’internationalisation des banques européennes et des banques suisses a été l’erreur qu’il ne fallait pas commettre. En s’interconnectant à la finance anglo-saxonne,  les banques européennes ont voulu profiter de la manne du recyclage des déficits américains. Elles ont voulu leur part du gâteau de la financiarisation. Elles sont tombées dans le piège. Elles ont vendu notre indépendance pour un plat de lentilles subprimes. Pire, elles ont véhiculé une contrainte de profit excessive, hors de portée du système européen, empêtré qu’il est dans un modèle social qu’il n’a pas les moyens de financer.  Par ce biais, elles ont véhiculé la désindustrialisation et le chômage.

Nos systèmes bancaires ont recyclé les déficits américains, ont eu droit aux miettes du partage des produits du Seigneuriage. En même temps, elles ont contracté les virus américains, elles ont dû en adopter le langage, la culture, les théories, les méthodes. Elles ont été les vecteurs de l’emprise stratégique américaine. Cette emprise stratégique, sciemment planifiée par les think tanks américains, a été conçue comme passant par le monopole des services dans le monde global.

Le système américain a beau être en déficit, en réalité, il est très excédentaire. Il a un fonds de commerce considérable, des actifs incorporels énormes, une sorte de « Dark Matter » qui sont enracinés, embedded, dans le système global.

Nous sommes de ceux qui ne croient pas au déclin américain, au contraire. Nous pensons que celui qui gagne dans une confrontation, c’est toujours celui qui fixe les règles du jeu. Les règles du jeu sont fixées par les Anglo-saxons. Par les théories qu’ils ont imposées, par leurs méthodes de travail… par les agences de notation. Entre autres.

Pour éviter la contradiction entre un euro qui se voulait concurrent du dollar, seigneur lui aussi, et une pratique monétaire, bancaire, financière dictée par les Américains, il fallait investir. Il fallait investir dans des services d’évaluation, d’information, dans des agences de presse, dans des services de recherche théorique autonomes. Qui ne voit l’ironie constituée par le fait qu’en France l’Agence France Presse et son personnel soient politiquement et syndicalement négatifs vis-à-vis de l’économie française et européenne, pour une grande part noyautée par les appareils syndicaux non seulement contestataires, mais pseudo-révolutionnaires. Toute personne qui a écouté France Info pendant quelques heures n’a qu’une envie : quitter la France, ce pays où rien ne va. Un stage dans les médias américains ferait comprendre au personnel et aux dirigeants l’importance minimum, à la fois de la compétence, mais aussi de l’intérêt du pays. Que l’on ne vienne pas nous dire que les médias doivent être indépendants. Ce n’est pas être indépendant que d’avoir un biais systématique fondé sur l’ignorance des dossiers.

Nous sommes pour la vérité, nous défendons l’idée d’un savoir objectif, mais qui ne voit que le monde dans lequel nous vivons est tout sauf gouverné par l’objectivité, tout sauf gouverné par le savoir, la compétence, le libre jeu des marchés.

L’Europe prétend conserver une monnaie à elle, un système social original, ce que les politiques appellent l’exception européenne. L’exception européenne est caractérisée par les welfare states et l’intervention poussée de l’Etat et des Administrations. C’est incompatible avec un euro fort dont la valeur est déterminée par des marchés dominés par les Anglo-saxons.

C’est vrai en temps normal, mais c’est encore plus vrai en temps de crise. Car la crise, c’est la lutte exacerbée pour savoir qui va tirer son épingle du jeu, qui va être mis au chômage, qui va perdre ses revenus, son patrimoine, son statut social. L’exception européenne ne peut être maintenue si on ne résout pas les contradictions.

L’Allemagne ne veut pas passer sous les fourches caudines anglo-saxonnes. Elle a la ressource, elle a la volonté, mais elle manque de clairvoyance. Elle ne se rend pas compte que certains pays, comme la France et l’Italie, sont des chevaux de Troie qui sont porteurs du renoncement à l’indépendance.

Le Président Sarkozy défend des positions volontaristes. L’ennui, c’est qu’elles ne sont pas défendables, en particulier le sauvetage entier et l’intégrité du secteur bancaire.  En faisant du volontarisme, on conduit à l’échec.  On fait le jeu américain. Sarkozy  ne se rend pas compte que son volontarisme s’arrête précisément là où il faudrait qu’il commence ; c’est-à-dire au pied du mur, au pied de la contestation de l’ordre dans lequel il est enfermé. Et Merkel ne voit pas le piège.

On ne peut maintenir dans son entier le capital fictif européen, on ne peut maintenir toutes les dettes et toutes les promesses. On ne peut maintenir dans la zone monétaire tous les pays qui y sont actuellement, on ne peut maintenir l’emploi et les revenus, etc. et, en même temps, maintenir l’euro tel qu’il devrait être et tel qu’on l’a voulu. Quelque chose doit être sacrifié, quelque chose doit céder. Gouverner quelquefois, c’est aussi choisir.

« Qui veut faire l’ange fait la bête » Pascal

 Bruno Bertez Le Mercredi 7 Décembre 2011

EDITO PRECEDENT : L’Edito du Samedi 3 Décembre 2011 : La soif, la très grande soif de liquidités par Bruno Bertez

17 réponses »

  1. Gouverner, c’est quelques fois choisir, dites-vous? Non, c’est Toujours faire des choix! Et en France comme dans d’autres pays européens, tout est semble être fait pour n’en point faire aucun… et surtout faire comme si de rien n’était!
    Pour ce qui est, par ailleurs, de lutter contre l’hégémonie, encore faut-il s’en donner les moyens en ayant une vision politique sérieuse autre que de simplement en croquer…

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    • Certes, mais il ne faut pas oublier qu’en France, on a la ligne Maginot !
      Déjà en 1937 c’était le credo, pourquoi pas aujourd’hui ?
      Le général de Gaulle (à l’époque simple colonel) AVAIT ÉCRIT UN LIVRE
      SUR LA GUERRE MODERNE …. on connait le résultat.
      Alors aurait-on pris les mêmes pour recommencer ?
      On dirait bien que OUI ! Mais …..

      Souvenez vous du moment (il y a deux ans) ou Fillion a dit :

      LA FRANCE EST EN FAILLITE !

      Il a bien failli y laisser sa carrière politique le malheureux. Depuis ?
      Ben elle n’est plus en faillite ! Ah ? Hein ? Bon ! A.C

      P.S. Sans flagornerie aucune, MERCI à monsieur Bertez pour cette analyse
      et cette sincérité …. touchante !

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  2. L’agence de notation chinoise Dagong a annoncé jeudi qu’elle abaissait la note de la dette souveraine de la France de « AA- » à « A+ », en raison de la faiblesse de la croissance et d’un endettement public de plus en plus élevé.

    « En raison de problèmes structurels sur le plan intérieur, l’économie française fait preuve d’une moindre vitalité et sa compétitivité internationale continue à se dégrader. A moyen terme, la croissance restera faible », estime l’agence de notation chinoise, qui clame son indépendance vis-à-vis du gouvernement.

    Dagong se démarque aussi des grandes agences de notation internationales, telle l’américaine Standard & Poor’s, qui a menacé la France de voir sa note « AAA » être abaissée de « deux crans ».

    La compétitivité déclinante de la France est illustrée par la réduction de sa part dans les exportations mondiales, y compris dans les hautes technologies, « l’augmentation progressive de son déficit des comptes courants, une croissance économique lente et un niveau élevé du chômage », selon Dagong.

    L’agence chinoise voit trois raisons à ce déclin: « les salaires augmentent plus vite que la productivité », « des impôts élevés et des avantages sociaux nombreux réduisent les performances du marché du travail », et « le vieillissement manifeste de la population restreint le potentiel de croissance économique ».

    Sur le plan budgétaire, « les mesures d’austérité existantes ne permettront pas d’atteindre l’objectif » d’un retour à l’équilibre des finances publiques en 2016, estime Dagong.

    Mais, « si des mesures d’austérité additionnelles sont prises, la croissance intérieure sera encore plus faible, et le risque de grèves et d’agitation sociale de grande ampleur provoquées par le chômage s’aggravera ».

    Dagong relève enfin que « le secteur bancaire français est devenu plus vulnérable » et « qu’avec le ralentissement économique de la zone euro dans son ensemble et de la France en particulier, la qualité des actifs bancaires va souffrir ».

    Agence de notation créée en 1994 au moment de la restructuration des entreprises d’Etat chinoises, Dagong Global Credit Rating s’est lancée ces dernières années dans l’évaluation des dettes souveraines, estimant que Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s font la part trop belle à des critères comme la privatisation et la libéralisation des marchés au détriment de la capacité d’un pays à créer de la valeur.

    http://www.romandie.com/news/n/France_l_agence_de_notation_Dagong_degrade_la_dette_souveraine081220110712.asp

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  3. Je pense plutôt que Sarkozy sait exactement ce qu’il fait. Il s’est toujours montré clairement pro américain, il n’a jamais caché sa proximité avec les Bush, puis son frère chez Carlyle ….

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  4. Jeudi 8 décembre 2011 :

    Sarkozy : jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand.

    Le président français Nicolas Sarkozy a estimé jeudi que jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand, et que les Européens n’avaient que quelques semaines pour prendre les décisions nécessaires pour sortir de la crise.

    « Jamais l’Europe n’a été aussi nécessaire, jamais elle n’a été aussi en danger. Jamais autant de pays n’ont voulu adhérer à l’Europe, jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand », a déclaré M. Sarkozy lors d’un discours à Marseille à quelques heures d’un sommet européen crucial à Bruxelles. Il a ajouté que les Européens n’avaient que quelques semaines pour prendre des décisions.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Sarkozy_jamais_le_risque_d_explosion_de_l_Europe_n_a_ete_aussi_grand081220111412.asp

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  5. Crise : Draghi douche les espoirs d’une intervention massive de la BCE.

    Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a douché jeudi les espoirs d’une intervention massive de son institution face à la crise, appelant plutôt les gouvernements à « faire le maximum ».

    A l’adresse des dirigeants européens réunis à partir de la soirée à Bruxelles, il a appelé de ses voeux un nouveau « pacte budgétaire » en zone euro, pour enrayer l’envol de la dette des Etats.

    « La responsabilité ultime d’enrayer la crise appartient aux responsables politiques », a-t-il répété.

    M. Draghi a estimé que si ce pacte budgétaire devait être doté d’un « cadre légal crédible », il était « tout aussi important qu’il soit mis en place rapidement », une manière de s’opposer à des procédures trop longues de ratification en cas de modification des traités européens.

    Le président de la BCE s’est par ailleurs dit « surpris de l’interprétation de ses propos » après un discours devant le Parlement européen la semaine dernière.

    Certains médias et économistes avaient alors affirmé que M. Draghi serait disposé à intervenir massivement en soutien des Etats, une fois mises en place les réformes institutionnelles.

    Loin de nourrir ces espoirs, le président de la BCE a dit qu’en matière de soutien aux pays en détresse, sa « préférence allait au FESF et au MES », soit au mécanisme déjà mis en place et à celui qui doit le relayer. M. Draghi les a jugés « parfaitement équipés » pour faire face à la crise de la dette.

    Le président de la BCE a aussi exclu la possibilité d’intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains Etats, notamment la France, soulignant une nouvelle fois que les achats d’obligations publiques qu’effectue déjà la BCE sont « limités » et « temporaires ».

    « Les traités interdisent un financement monétaire des Etats », a dit M. Draghi.

    Il a aussi balayé la possibilité d’un financement des Etats par la BCE, mais via le Fonds monétaire international : « c’est incompatible avec les traités ».

    http://www.boursorama.com/actualites/crise-draghi-douche-les-espoirs-d-une-intervention-massive-de-la-bce-986ab51fdd7e167f8ec16caab6c4c10f

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  6. Vendredi 9 décembre 2011 :

    Le maintien de la Grèce, qui négocie désormais un « hair cut  » de 80 % sur sa dette, n’est même pas certain.

    http://www.latribune.fr/opinions/editos/20111209trib000670182/super-mario-priez-pour-nous.html

    1- Au début, ils disaient : « Ne vous inquiétez pas : la Grèce remboursera sa dette. »

    2- Ensuite, ils ont dit : « Ne vous inquiétez pas : la Grèce ne remboursera pas la totalité de sa dette, mais la Grèce remboursera presque toute sa dette. »

    3- Ensuite, ils ont dit : « Les prêteurs vont perdre 21 % de leur mise. »

    4- Ensuite, ils ont dit : « Les prêteurs vont perdre 50 % de leur mise. »

    5- Aujourd’hui, ils disent : « Les prêteurs vont perdre 80 % de leur mise. »

    6- Et demain ?

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  7. « Nous sommes de ceux qui ne croient pas au déclin américain, au contraire ».vous vous trompez.les chiffres et la finance sont une chose,le restant de la population et l’economie réelle en sont une autre.la montagne de toutes les dettes est exceptionnelle.la corruption encore superieure a celle de l’europe.le reve virtuel américain s’ecroulera sous sa propre corruption(comme l’union soviétique).je préfère une allemagne naive qui nous force a garder contact avec les réalités

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    • « Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l’ennemi sera victorieux une fois sur deux. Que dire de ceux qui ne se connaissent pas plus que leurs ennemis ? » sun tzu l’art de la guerre
      Le fait d’ètre pro ou anti us, de ne pas aimer leur capitalisme financier hégémonique et totalitaire, de s’étonner de leur répartition des richesses désastreuse qui étouffe leurs classes moyennes, ne change rien au fait que leurs multinationnales sont assises sur une montagne de cash et dominent le monde de l’entreprise et que leur balance des capitaux demeure excédentaire….Ils sont centrals et nous restons à la périphérie…en marge…

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  8. non,desolé vous ne m’avez pas compris,je me suis mal exprimé.j’aprécie beaucoup les etats unis pour leur dynamisme,leur esprit de libre d’entreprise et leur culture.je souhaite la chute de leur mafia financiere et de leur économie virtuelle de la triche.il me semble que le pib de l’europe est supérieur a celui des us,ils ne sont centraux que parce que nous sommes désunis.et l’empilement de leurs dettes leur laisse encore moins d’issues que le notre.il n’y a jamais de miracle.je ne parle pas seulement des dettes de l’etat,mais des dettes des particuliers de leurs collectivités locales,des universités(harvard)etc..quand a se croire riches parce qu’on est assis sur une montagne de cash ,c’est une erreur.que vaut vraiment le dollar aujourd’hui?il ne tient que par la confiance que lui accordent encore les gens dans leurs echanges.l’argent ne peut etre virtuel et imprimable a l’infini ,deconnecté de tout actif réel,sinon nous n’aurions plus besoin de travailler. j’apprecie l’effort de vision original que vous exprimez dans ce blog,merci de nous faire réfléchir..

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    • Merci de votre intéret et de l’effort d’argumentation je voulais juste attirer votre attention sur le fait que les US sont contrairement à nous qui sommes il me semble en bout de course, capable de mobiliser beaucoup plus de ressourses qu’il n’y parait histoire de faire perdurer le système encore quelque temps et qu’un dollar en apparence faible n’est pas necessairement un handiccap quand il s’agit de marquer des points à l’exportation , d’affaiblir la concurence par le biais d’une inflation et de la guerre des monnaies (mobilisation maximale des réserves de change) et ce dans un contexte ou à chaque convulsion de crise le dollar apparait envers et contre tout comme une valeur refuge…

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  9. Dimanche 11 décembre 2011 :

    Fabriquer la monnaie, éviter la panique : mode d’emploi pour sortir de l’euro.

    Comment ressusciter les pesetas, les drachmes ou les lires ? Le scénario, même s’il reste perçu comme « de la science-fiction », n’est plus tabou pour les économistes, qui imaginent son déroulé concret, où la priorité serait d’éviter la panique de la population.

    D’abord « les autorités monétaires de la zone euro cesseraient de reconnaître l’euro en tant que monnaie commune, déclenchant une série de procédures qui exigeraient à nouveau l’émission de monnaie par les banques centrales nationales », estime Paulo Reis Mourao, de l’université du Minho à Braga (Portugal).

    Car les anciennes devises ont été détruites, même si les Européens en gardent un peu au fond des tiroirs: l’équivalent d’1,7 milliard d’euros en pesetas, 1,3 milliard d’euros en lires, 600 millions d’euros en francs, 6,8 milliards d’euros en deutsche mark…

    Les fabriques nationales de monnaie se mettraient donc au travail pour plusieurs mois, abandonnant la production de l’euro (l’Espagne imprime par exemple des billets de 5 et 20 euros).

    Le Wall Street Journal affirmait d’ailleurs jeudi que certaines banques centrales européennes se préparaient déjà à réimprimer des monnaies nationales. L’Irlande, citée dans l’article, a toutefois fermement démenti.

    Mais à peine la drachme, la peseta ou l’escudo réintroduits, le cours de ces monnaies, émises par des pays économiquement fragiles, fondrait sous la pression des marchés tandis que celui du mark allemand grimperait.

    De quoi faire paniquer les habitants, dont l’épargne pourrait perdre 50 % de sa valeur selon plusieurs études, ce qui les inciterait à retirer en masse leur argent des banques, entraînant « l’effondrement du système financier », prévient Federico Steinberg, économiste à l’institut espagnol Elcano.

    Du coup faut-il agir par surprise ou vendre d’abord l’idée à la population, pour la rassurer ? Les opinions divergent.

    « Il faudrait que secrètement tout soit décidé en une nuit et que le lendemain matin les marchés, les banques soient fermées au moins durant douze heures pour empêcher qui que ce soit de bouger son argent », pense Franco Bruni, professeur à l’université Bocconi de Milan (Italie).

    « Une manière de faire serait d’annoncer un jour sans que personne ne le sache auparavant: nous gelons vos comptes car nous allons revenir à la monnaie de départ », dit Gayle Allard de l’IE Business School de Madrid, qui s’interroge alors : « comment fabriquer suffisamment de billets en secret ? »

    Pour Eduardo Martinez-Abascal au contraire, « il faut faire une spectaculaire campagne de communication, pour dire: nous sommes arrivés à la conclusion qu’il faut revenir à la peseta (ou à la drachme) et il y a comme avantages ceci, cela… », explique ce professeur de l’IESE Business School de Madrid, autre grande école de la capitale espagnole.

    Une devise faible apporte quelques atouts : ainsi, « la Grèce pourrait vendre à l’extérieur à moitié prix » tandis que, « redevenue un pays pas cher », elle « se remplirait de touristes », poursuit-il.

    « Il y a un effet merveilleux » en cas de sortie de l’euro, observe aussi Mme Allard : « le pays récupère son taux de change, sa monnaie peut baisser » et donc il peut « croître via les exportations ».

    Mais, tempère M. Bruni, chaque Etat chercherait à être moins cher que son voisin via « une course à la dévaluation ».

    Or avec une monnaie affaiblie, les produits importés comme le pétrole seraient hors de prix: « nous aurions une chute du pouvoir d’achat, des tendances inflationnistes et un niveau de vie en baisse », admet M. Mourao et « il nous faudrait 10 à 15 ans pour stabiliser la situation ».

    A cela s’ajoutent des problèmes légaux. « Imaginez une banque espagnole qui a des dettes aux Pays-Bas : comment sera calculée sa dette si on abandonne l’euro, en florins ou en pesetas ? », se demande Thomas Cool, ancien économiste de l’Office central des statistiques aux Pays-Bas.

    Et la dette publique, resterait-elle libellée en euros, obligeant l’Etat à entrer en défaut de paiement, ou serait-elle convertie en ancienne monnaie, ce qui rendrait furieux les marchés ?

    Comme le rappelle M. Steinberg, « l’introduction de l’euro a été un processus très délicat, planifié pendant plus de deux ans, et donc l’idéal, pour qui voudrait abandonner l’euro, serait de prendre le même temps pour défaire cela ».

    Mais « le problème est que s’il y a une sortie de l’euro, cela va sûrement être abrupt et désordonné… », ajoute-t-il.

    http://www.boursorama.com/actualites/fabriquer-la-monnaie-eviter-la-panique-mode-d-emploi-pour-sortir-de-l-euro-b4cdd8848a0ed0cdc9e3d6f2d968fd59

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  10. Dimanche 11 Decembre

    Voici quelques remarques sur les événements de fin de semaine et singulièrement sur le sommet du 9 Décembre.

    Notre sentiment général rejoint celui de Mario Draghi qui est nuancé, plutôt positif mais déclare qu’il faut connaître les détails pour se prononcer.

    Les commentateurs de marché ont majoritairement été négatifs, mais cela est normal on ne pouvait attendre mieux: Les marchés rêvent de miracle, de manne tombée du ciel, de gros bazooka et de marée de monétisation. Comme ils n’ont rien eu de tout cela, ils réagissent de façon primaire.

    Nous ferons remarquer que les commentateurs n’ont pas réussi a casser les marchés en fin de semaine, pas plus les actions que les bonds souverains ou que l’euro. Après une période de flottement les gains l’ont a nouveau emporté.

    Mario Draghi est revenu sur ses propos ambigus antérieurs; il avait suggéré que si les gouvernements faisaient ce qu’ils devaient sur le fiscal, il ferait ce qu’il faudrait sur le monétaire. Il est revenu en arrière.

    A ce stade le fiscal qui découlerait du nouveau pseudo traité ne nous semble pas très convaincant mais ce n’est pas grave.

    L’important est ailleurs dans les mesures annoncées par la BCE , liquidités courtes, liquidités à 3 ans, élargissement des critères sur les collatéraux.. LA BCE a jugé bon de baisser aussi les taux, le bloc allemand a tenté de s’y opposer.

    Notre idée est que la BCE nous fait le coup de comité du Soviet Suprême avec des soi disants durs et des soit disant modèrés, en fait tout le monde est d’accord mais fait semblant de protester. Ceci pour gérer l’image et les aspects politiques. Mario draghi est une vraie Colombe, a dove, il a été choisi pour cela et le jeu des allemands est de faire faire semblant de jouer aux vierges effarouchées pour des besoins de politique intérieure.

    Par ailleurs l’ESM a été plafonné à 500 milliards, l’ EFSF ne sera maintenu, la licence bancaire est abandonnée. Donc pas de bazooka.

    Il devrait y avoir un prêt de 200 milliards au FMI avec une formulation ambiguë: lui assurer la continuité de ses opérations auprès des pays d’Europe.

    Au plan politique, le fiasco avec les Britanniques est grave, mais on n’en verra les conséquences que plus tard, dans la fragilisation du pseudo nouveau traité voire sa précarité.

    Le 9 Decembre Van Rompuy a confirmé que la participation du secteur privé aux pertes était abandonnée il a jouté, ce qui nous a fait plaisir:  »pour dire franchement notre première approche sur la PSI a eu une influence négative sur les marchés de la dette , tout cela est officiellement abandonné ». Qu’est ce que cela veut dire, mystère, si les banques ne participent plus aux pertes, doit on comprendre qu’elles bénéficient des bails out?

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  11. Mercredi 14 décembre 2011 :

    USA : Bernanke se dit « très inquiet » de la crise européenne (sénateur).

    Le président de la Banque centrale américaine (Fed) Ben Bernanke s’est dit mercredi « très inquiet » de la crise européenne au cours d’un entretien avec des sénateurs républicains, selon le sénateur républicain de l’Utah Orrin Hatch.

    « Il est très inquiet », a indiqué M. Hatch à la presse à l’issue de cette rencontre. « Il a dit que si les Européens ne s’en sortaient pas, cela nous affecterait ».

    « L’effondrement de la région nous serait préjudiciable », a-t-il ajouté.

    M. Bernanke a rencontré le groupe républicain du Sénat à la demande du président de ce groupe, Lamar Alexander (Tennessee), qui souhaitait connaître l’opinion du président de la Réserve Fédérale sur les événements en Europe, et la façon dont ils affectent les Etats-Unis.

    En octobre, M. Bernanke avait déjà rencontré les sénateurs démocrates pour une réunion sur la crise de l’euro.

    Les principales Bourses européennes ont plongé mercredi après une succession de mauvaises nouvelles pour la zone euro, couronnées par une déclaration sans concessions de la part de la chancelière Angela Merkel qui a prédit « des années » de crise et des « revers ».

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp_00408689-usa-bernanke-se-dit-tres-inquiet-de-la-crise-europeen-senateur-263285.php

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  12. Jeudi 15 décembre 2011 :

    Aujourd’hui, l’Espagne a emprunté.

    Les taux des émissions à 9 et 10 ans ont augmenté par rapport aux dernières émissions similaires, passant à 5,201 % pour les obligations à 9 ans (contre 5,006 % avant) et 5,545 % pour celles à 10 ans (contre 5,433 % la dernière fois).

    En revanche, le taux des obligations à 4 ans baisse, à 4,023 % (contre 5,276 %).

    (Dépêche AFP)

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  13. Jeudi 15 décembre 2011 :

    C’est dans la zone euro que devront débuter les efforts pour inverser les perspectives sombres de l’économie mondiale, a exhorté jeudi à Washington Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

    Combattre la crise « va demander des efforts, un ajustement, et cela devra à l’évidence commencer par là où est le coeur de la crise actuellement, les pays de la zone euro », a-t-elle déclaré lors d’un forum au département d’Etat sur les femmes en politique.

    Mme Lagarde a souligné que la crise était « un sujet d’inquiétude pour toutes les économies ». En raison de leur « interconnexion », aucune économie « ne sortira indemne de la crise qui non seulement a lieu, mais s’intensifie ».

    Le FMI a annoncé le 8 décembre qu’il allait participer aux « efforts » de la zone euro face à la crise de la dette.

    Les Européens ont annoncé le lendemain qu’ils renfloueraient le Fonds à hauteur de 200 milliards d’euros pour qu’il vole, en retour, au secours de la zone euro.

    http://www.boursorama.com/actualites/lagarde-l-effort-mondial-contre-la-crise-doit-commencer-par-la-zone-euro-863cbb442ef90c687645b0be0376f8c1

    1- Les Etats membres de la zone euro sont surendettés.

    2- Dans les semaines qui viennent, les Etats membres de la zone euro vont emprunter 200 milliards d’euros sur les marchés internationaux : les Etats membres de la zone euro vont donc se surendetter encore plus.

    3- Ensuite, les Etats membres de la zone euro vont prêter ces 200 milliards d’euros au FMI.

    4- Enfin, dernière étape, le FMI va voler au secours des Etats membres de la zone euro : le FMI va leur prêter ces 200 milliards d’euros.

    5- Les dirigeants européens sont des cerveaux.

    6- Christine Lagarde est une cervelle.

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