A Chaud!!!!!

A Chaud!!!! du Jeudi 2 Février : Petites Nouvelles du Front…des choses par Bruno Bertez

A Chaud!!!! du  Jeudi 2 Février : Petites Nouvelles du Front…des choses par Bruno Bertez

Le 12 Janvier, nous avons pris le risque de signaler aux traders impénitents la configuration technique encourageante de l’indice S&P 500.

   Nous avons estimé que si on passait les 1292, un signal haussier serait donné. Le signal a été donné, d’abord marginalement, puis par la suite plus franchement.  Ceci nous à conduit à affirmer qu’il y avait eu conformation haussière  les 13, 21 et  26  Janvier. Nous avons estimé le potentiel à 1340 voire 1360. Nous sommes autour des 1324 et même un peu au dessus.

 La configuration est la suivante :  on s’attaque à une zone de résistance située vers les 1326, d’abord, 1333 ensuite. La zone de soutien, elle , a été confirmée a 1306, 1310.  Le comportement est encourageant et la probabilité pour que l’on aille un peu plus haut, toucher le potentiel est bonne.

 L’or est bien, on est autour des 1750, le dollar n’est pas ferme ce qui est bon pour le S& P compte tenu des corrélations.

A noter que le marché global a fait un  rattrapage sur le marché américain, ce qui corrobore que la liquidité s’est améliorée  et que c’est le phénomène déterminant. Les animals spirits se sont réveillés, l’esprit spéculatif est là. La clientèle finale, elle, reste sur la touche comme on le voit. à la faiblesse des volumes.

 On retiendra que le rendement 10 ans américain est près de ses plus bas de 4 mois, ce qui ne semble pas présager un raffermissement de la conjoncture. Le comportement  du pétrole, hésitant va dans ce sens également.

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PLUS DE BERTEZ ET THE WOLF EN SUIVANT :

  Notre interprétation est la suivante.

 Les indicateurs économiques américains pointent plus dans le sens de la stabilisation. économique que dans le sens de la récession. Cela conduit certains qui avaient été  trop noirs à se racheter.

 L’action de la BCE non seulement a écarté le risque de dislocation du marché  interbancaire, incite au Sarkozy trade, fait baisser les rendements des souverains  européens. Certains ont sauté le pas et cru que des solutions fondamentales  avaient été apportées, les autres ont fait semblant d’y croire, poussant à la  roue de la hausse pour vendre ou émettre plus cher.

 L’habilite a été de faire coïncider le LTRO avec le compact fiscal européen , ce qui a  permis l’équivoque en faisant croire que c’était le compact qui était  bien accueilli.

 Sur la crise grecque, nouvelle habilité,on a affirmé chaque jour que la solution était  pour dans quelques heures, cela a tenu les vendeurs en laisse.

source Der Spiegel

 

Sur le Portugal malgré l’aggravation redoutable de la situation , la manipulation  technique des bonds souverains et des CDS  a permis de paire passer la détente  pour quelque chose de significatif alors que ce n’est pas le cas.

Tout ceci est amélioration de surface, mais cela suffit et ne boudons pas notre plaisir.

 L’essentiel est de rester lucide.

 1 Les risques de récession n’ont pas disparu, même si ils ont un peu régressé.

 2 Les indicateurs avancés lourds restent mauvais et ce sont les indicateurs légers, volatils qui émettent un bruit apparemment positif ou moins négatif. Cela est  mis a profit comme d’habitude par les Pouvoirs pour faire croire à une   amélioration , la nième , en fin d’année.

 3 Comme nous le répétons maintenant régulièrement le facteur temps, calendrier est essentiel et il ne faut pas oublier les échéances électorales  aussi bien européennes qu’américaines. Ce sont des périodes louches,   favorables a toutes les manipulations . A l’intérieur d’un même budget , les   gouvernements peuvent anticiper ou décaler les dépenses par exemple   pour manipuler l’activité intra annuelle .

 4 Les agences de notation sont complices et conniventes malgré le jeu de  je t’aime moi non plus avec les govies. Les agences défendent les intérêts   du système bancaire qui les fait vivre et modulent leurs avis et surtout leurs   publication en fonction de leurs intérêts conjoints. Ainsi S & P vient d’adouber   le laxisme et la bonne volonté des européens et surtout de Draghi en faisant    savoir ce jour que l’on était sur la bonne voie. Les banques dictent la politique   fiscale des souverains et le cornac de ce guidage c’est le système des agences   de notation.

 source Wall Street Journal

5  La Banque Mondiale qui ne joue pas tout a fait la même partition que les autres institutions internationales dans ses dernières GEP  de Janvier , reste très pessimiste et cela mérite d’être conservé présent a l’esprit.  Elle dit que les developping countries doivent se préparer au pire, que l’Europe n’échappera pas a la récession, que les USA vont ralentir , que les vrais problèmes ne sont pas traités et surtout que les amortisseurs économiques et sociaux sont usés.

Notre conclusion, une éclaircie certes a prendre en compte, mais sur un fond dégradé, dangereux avec des problèmes de fond qui ne sont absolument pas traités, Ceci signifie fragilité, vulnérabilité, instabilité. Plus les indices monteront, plus il y aura à perdre en quelque sorte. La comparaison avec les drogues et euphorisant s’impose, si vous jouez, faites le avec modération.

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Nous voudrions revenir et compléter l’intervention ci dessus. Cette intervention dépassera le cadre de l’opinion à usage de simple trading et se reliera à nos autres analyses plus fondamentales.

L’analyse technique est positive, en particulier sur le marché américain. L’indice S & P500 abien donné des confirmations haussières entre 1292 et 1325, ce  n’est guère contestable. De même n’est guère contestable le fait que l’on a atteint une zone de résistance et que l’on a des difficultés a aller plus loin. Les volumes d’achat, la pression acheteur reste insuffisante pour embarquer le marché.

Tout se passe comme si , depuis le début Janvier la spéculation sur le risk-on était rentrée dans le marché, mais qu’elle avait du mal à trouver des relais. Cela donne un marché en rotation, on passe d’un cheval a l’autre, on fait un galop avec lui, puis on change de monture.

Fin décembre 2011, on a vendu des défensives, des hauts rendements pour aller sur les banques et le secteur financier, Normal puisque grâce à la BCE et à la coordination internationale, le risque de dislocation a été écarté. Puis on a pris les technologiques, les grosses d’abord, les secondaires ensuite. Puis on a pris les valeurs secondaires et singulièrement le Russell 2000. A ce jour sa performance a été explosive, plus du double de celle du DOW  et S & P.

Qu’est que cela veut dire, rapproché du fait que les volumes sont maigres sinon dérisoires?

Cela veut dire que c’est le même argent, les mêmes operateurs qui montent dans l’échelle du risque pour faire de la performance.

Cela jette un doute sur la qualité du marché. Nous dirions vulgairement qu’il y a des gens qui tirent un coup de fusil.

Cette interprétation est sinon validée, du moins étayée par le fait que le comportement des Treasuries à 10 ans US reste très positif. En bonne logique si le risk-on était bien là, on devrait assister à des réalisations sur les Treasuries et les rendements devraient remonter. Ce n’est pas le cas, on reste dans les plus bas de 4 mois. C’est une divergence qui mérite attention. Un 10 ans a  1, 84% , c’est tout sauf du risk-on. Il y a divergence manifeste.

Autre divergence, le pétrole, en recul et sans tonus.

Autre divergence, et même plus, gouffre avec le Baltic Dry Index qui vient de casser ce jour son plus bas de Décembre 2008 , et inscrire un record de plus bas de 25 ans.

 

D’accord la valeur du Baltic n’est plus l’indicateur avancé qu’elle avait avant, on dit que c’est à cause de la surcapacité, d’accord mais l’indication négative est très fortement corroborée par la dégradation en Corée et Singapour qui sont des pure plays a l’exportation.

Et nous arrivons a l’essentiel, le commerce mondial est en train de s’effondrer. Voila la réalité, voila ce que l’on ne voit pas car cela se passe ailleurs, à l’étranger, a l’exportation. Personne n’en parle, pas les medias, pas les économistes domestiques, pas les gouvernements, juste un peu les institutions internationales. Et elles ont peur, elles , nous en sommes sur, ont alerté les gouvernements. Le ralentissement est global, synchronisé, donc cumulatif. IL n’y a pas que le Baltic qui chute, il y a d’autres signes. les stocks de métaux qui enflent, les entrepôts qui se remplissent.

source Bloomberg

Source Bespoke

Source Financial Times

Source Wall Street Journal

Face a un ralentissement global et synchronisé, la riposte s’impose d’elle même et nous pensons qu’elle a été concertée dans les coulisses, le secret des téléphones rouges. On pédale à fond pour assouplir encore plus, si  c’est encore possible, les politiques monétaires, Swaps, promesses de liquidités, élargissement de l’horizon des promesses etc . Les récentes initiatives de la FED et de la BCE s’analysent à la fois en regard des situations domestiques mais aussi en regard de la concertation coordination mondiale. Et ce n’est pas un hasard si les émergents sont en transition pour passer de politiques pseudo restrictives à des politiques qui se voudraient plus expansionnistes.

FED

On peut se trouver , sans que cela ait été claironné face à une vague de desserrements monétaire synchronisés.

Si cela était le cas, et si certains, initiés, jouaient ce phénomène, après une période de consolidation , voire d’hésitation, les indices boursiers pourraient reprendre  leur marche en avant. Marche en avant pour un nouveau round de hausse de misère.

Nous vous rappelons que nous appelons hausse de misère les hausses qui ne sont pas justifiées par l’enrichissement économique, l’amélioration de la croissance, mais sont provoquées par les manœuvres monétaires désespérées pour relancer.

Les manœuvres monétaires en cours, comme les précédentes, n’ont aucune chance d’aboutir: Le besoin de réduire les dettes , de deleverager est maintenant tellement généralisé et profond que le crédit n’a que peu de chances de repartir.

DELEVERAGING MONDIAL

Source Zerohedge

Source New York Times

Et puis Bernanke et ses collègues pensent faux, persistent et signent. Ils continuent de croire que le gonflement des bilans des banques centrales peu faire repartir le crédit. Bernanke marche sur la tète, c’est le crédit qui entraine l’accroissement des masses monétaires et non l’inverse. La création de crédit par des mesures exogènes est un mythe, la création de crédit est endogène à l’économie, quand elle repart,  elle crée du crédit et non l’inverse. Mais le fait que Bernanke et consorts marchent sur la tète n’est pas un obstacle, au contraire à ce que les actifs financiers enflent, fassent bulle, fassent des hernies.

BRUNO BERTEZ Le 2 Janvier 2012 

EN COMPLEMENT : La performance solide enregistrée en Janvier par les actifs à risque peut-elle perdurer ? par The Wolf

  Les optimistes mettent en avant les valorisations attrayantes des actions, notamment des PER faibles et des rendements du dividende intéressants.

Les grandes sociétés disposent de liquidités abondantes, qu’elles peuvent utiliser pour racheter des actions, verser des dividendes, procéder à des fusions et acquisitions et investir. Les statistiques économiques américaines ont agréablement surpris ces derniers mois, d’où des relèvements réguliers des estimations de croissance du PIB 2011.

A l’inverse, les pessimistes ou plus exactement les lucides dont nous faisons parti insistent sur le risque permanent lié à la crise de l’euro et redoutent le chaos en cas de faillite de la Grèce (peut-être en mars, lors du remboursement de 14,4 milliards EUR d’obligations arrivant à échéance).

 

source Washington Post

A cela s’ajoute le risque d’un atterrissage forcé de l’économie chinoise, qui pourrait s’accompagner d’un éclatement de la bulle immobilière dans les principales villes.

  Les marchés d’actions semblent désormais surachetés, ce qui pourrait indiquer que le rallye boursier actuel touche à sa fin. Les dernières statistiques de flux suggèrent des ventes d’actions européennes, bien que la performance des marchés de la zone euro suggère qu’il y a eu des achats de futures compensant la vente de titres sous-jacents. La classe d’actif en ayant bénéficié a été le crédit.

Plusieurs indicateurs techniques donnent un léger signal d’alarme. La mesure de AAII, indiquant le solde entre les investisseurs optimistes et pessimistes aux Etats-Unis, a en effet atteint un niveau élevé, et l’ indicateur de surachat / survente montre quant à lui que les actions sont devenues surachetées par rapport aux obligations

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source Pragmatic Capitalist

Pour l’instant seulement 59% des résultats trimestriels des entreprises US  publiés à ce jour ont dépassé les attentes, selon Thomson Reuters, soit bien au-dessous du niveau normal. Les résultats trimestriels restent la préoccupation majeure des investisseurs car non seulement ils sont en baisse en glissement annuel ce qui est déjà intégré dans les attentes, ils n’arrivent toujours pas à dépasser le consensus

THE WOLF Le 2 Janvier 2012

EN BANDE SON :

5 réponses »

  1. Vendredi 3 Janvier

    Les chiffres de l’emploi pour Janvier viennent d’etre publies, ils sont meilleurs que prevus.

    On a 243 000 créations contre 121 000 attendues.
    Le chômage baisse a 8,3%.
    L’emploi prive progresse de 257 000 , l’emploi public est quasi stable.
    Les créations portent sur les bas salaires , on pense que prés de la moitie représente des petits salaires.

    Le chômage baisse car le BLS sort les chômeurs des statistiques de la force de travail à un rythme accéléré, , 1 200 000 personnes ne sont plus considérés comme intégrés au pool de travail. La labor force est a un plus bas de 30 ans à 63,7% de la population active!

    A noter que l’évolution positive de l’emploi est partiellement contredite par les encaissements de la retenue à la source sur les salaires.

    Il reste comme l’a dit Bernanke ces derniers jours que l’amélioration est lente et pas très favorable au pouvoir d’achat. La croissance continue de reposer sur la dette et le crédit gouvernemental avec la chute historique des taux des hypothèques , chute qui permet les refinancements de crédit . Prés de 85% du crédit hypo est nationalisé ou quasi.

    Les taux hypo à 30 ans sont a 3,87 contre 4, 81 un an plus tôt.
    Les taux ARM à 5 ans sont a 2,80 contre 3,69 un an plus tôt

    Nos analyses sont confirmées, stabilisation, voire léger mieux sur l’économie américaine grâce a la baisse de l’épargne et une croissance du crédit sponsorisé par le gouvernement.

    Rappel, schéma classique en année électorale.

    A noter que Bernanke a changé son fusil d’épaule et a réclamé hier , comme Greenspan , il y a 18 mois une réduction du déficit fiscal disant que la revulsion sur la dette du gouvernement pouvait se produire a n’importe que moment.

  2. MER.CI à monsieur Bruno Bertez pour cette analyse aussi précise et documentée que … lucide !

    J’avais pour ma part tenu compte du signal de franchissement qu’il a évoqué concernant le « 1292 » chez le S&P 500.
    J’avais du coup pris qq positions « pour voir » ? De fait, ça a bien marché ! Youppee ! (ET ENCORE MERCI HEIN !)
    Maintenant ? Ben j’ai frileusement dégagé et pas plus tard qu’hier. Gagne petit ? Et oui ! comme le disait un de mes professeurs « d’là bas  » !

    IL N’Y A PAS DÉ BÉTITTT BROFITTT !

    Ce que j’ai bien intégré ! Le film les Ripoux (on gagne petit mais souvent) m’a conforté dans
    cette mentalité de petit épicier !

    SVP monsieur Bertez, continuez … quand vous le pouvez/voulez à nous « lâcher » qq trucs comme ça.
    Pour vous, ça à l’air facile (?) Évident (?)
    Pour moi (nous) ben ça ne l’est PAS DU TOUT ! Pfiouuuuuuu !

    E LA MI.SE.RIA !!!

  3. Il y a un proverbe US qui dit (de mémoire) que quand les actions et les obligations ne disent pas la même chose , ce sont en général les obligations qui finissent par avoir raison.

  4. Vendredi 3 février 2012 :

    La zone euro pourrait devoir prêter 145 milliards d’euros à la Grèce.

    Les gouvernements de la zone euro pourraient devoir apporter jusqu’à 145 milliards d’euros de financements publics à la Grèce dans le cadre du second plan d’aide au pays actuellement à l’étude, ont indiqué vendredi plusieurs sources européennes.

    En octobre dernier, les membres de la zone euro s’étaient engagés à contribuer à hauteur de 130 milliards d’euros à ce nouveau plan d’aide, destiné à prendre le relais d’un premier programme de prêts bilatéraux de 110 milliards d’euros décidé en mai 2010.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E8D32C820120203

    De toute façon, la Grèce ne pourra jamais nous rembourser.

    Mai 2010 : premier prêt à la Grèce (110 milliards d’euros).
    Février 2012 : deuxième prêt à la Grèce (145 milliards d’euros).

    Le tonneau des Danaides.

    Dans la mythologie grecque, les Danaïdes sont les cinquante filles du roi Danaos. Les Danaïdes sont condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau sans fond.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3e/Danaides_Waterhouse_1903.jpg

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