Crédit Consommation

Crédit Crunch ? L’inquiétant tarissement du crédit en Europe

Crédit Crunch ? L’inquiétant tarissement du crédit en Europe

L’inquiétant tarissement du crédit en Europe malgré les injections de liquidités Malgré les opérations d’injection massive de liquidités dans le système bancaire, la situation en terme d’allocation de crédit se tend de plus en plus en zone euro

Malgré l’opération les opérations d’injection massive de liquidités dans le système bancaire (LTRO1 et le lancement du LTRO2), la situation en terme d’allocation de crédit se tend de plus en plus en zone euro et devient très préoccupante.

Baisse des crédits

Qu’en est-il aujourd’hui? En février 2012, on apprend que les banques ont réduit le crédit aux entreprises dans la zone euro, tandis que celles d’Espagne et d’Italie ont thésaurisé en emprunts souverains. Pour les banques italiennes, la hausse, sans précédent, est de 23 milliards d’euros à un encours total de 301,6 milliards d’euros. Pour leurs homologues espagnols, la progression est de 15,7 milliards d’euros à un encours record de 245,8 milliards d’euros.

Cet état de fait laisse penser que l’argent dont la Banque Centrale Européenne a inondé le système bancaire n’a pas encore été filtré vers l’économie réelle, bien au contraire. Le flux de prêts aux entreprises non financières a diminué de trois milliards d’euros en février après une hausse d’un milliard le mois précédent, tandis que le flux de prêts aux ménages n’a pas changé. La croissance de l’agrégat monétaire M3, mesure générale de la quantité de liquidités dans l’économie, a été de 2,8% annuels en février après 2,5% en janvier et 2,4% attendus par le consensus.

Concernant les prêts aux sociétés non financières, ils n’ont augmenté que de 0.4% en février contre 0.7% en janvier 2012. Cet état de fait confirme donc nos craintes que les 489 milliards d’euros du LTRO1 n’ont pas (ou très peu) été répercutés dans le crédit au secteur privé. Concernant le LTRO2, sa mise en place datant du 29 février 2012, ses effets immédiats sont difficiles à mesurer.

PLUS DE CREDIT CRUNCH ET BANQUES EUROPEENNES EN SUIVANT :

Le FMI craint une réduction trop massive et brutale des bilans des grandes banques européennes qu’il chiffre jusqu’à 3800 milliards de dollars

Le Fonds monétaire international a chiffré hier le reflux à venir du crédit en Europe, qui menace de déprimer de 1,4% l’activité économique sur le continent. Selon son «Rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde», les 58 plus grandes banques de l’Union européenne devraient réduire leur bilan d’un montant compris entre 2200 et 3800 milliards de dollars de septembre 2011 à fin 2013. L’hypothèse centrale est de 2600 milliards de dollars, soit 2000 milliards d’euros.

«Les pressions sur les banques européennes restent élevées. Elles font face aux risques de la dette publique, à une croissance économique faible, à une hausse des exigences lors du renouvellement de leurs emprunts arrivant à maturité et à la nécessité de renforcer leurs réserves pour regagner la confiance des investisseurs», ont écrit les économistes du FMI. «Il est essentiel de continuer à éviter de tailler simultanément, à grande échelle et brutalement dans les bilans, ce qui pourrait causer des dégâts graves sur la valeur des actifs, l’offre de crédit et l’activité économique en Europe et au-delà», ont-ils ajouté.

L’épargne de précaution

 

Pour corser le tout, le taux d’épargne commence aussi à inquiéter. Si on prend l’exemple de la France, les derniers chiffres de l’INSEE en ce sens inquiètent aussi. En effet, le taux d’épargne des ménages est à son plus haut niveau depuis 1983, en atteignant 16,8% des revenus en 2011. En moyenne, il a progressé de 0,7 point par rapport à 2010. Au plus fort de la crise de 2009, le taux d’épargne était remonté à 16,5%.

Les taux d’épargnes élevés en Europe s’expliquent bien évidemment par les craintes sur l’économie mondiale et le stress croissant concernant le taux de chômage en constante aggravation. Le phénomène est appelé «épargne de précaution» et est inversement proportionnel à la confiance du consommateur.

L’INSEE note cependant aussi que si le taux d’épargne est remonté, c’est aussi parce que les revenus ont augmenté plus vite que l’inflation. Effectivement, pour épargner, il faut avoir les moyens. A cela, s’ajoute le fait que les Français ont cherché à se désendetter (un ménage qui rembourse un emprunt est considéré comme faisant un effort d’épargne) et ont eu moins recours au crédit.

L’effet en définitive est un impact sur la consommation, puisque les Français auront donc consommé avec modération: les dépenses des ménages n’ont progressé que de 0,3% l’an dernier, un rythme bien inférieur à celui de 2010 (+1,3%) et à celui d’avant-crise (de l’ordre de 2% par an).

L’impact de ce comportement de précaution est loin d’être négligeable: 1 point d’épargne représente 13,3 milliards d’euros, soit environ 0,7% du PIB.

EN définitive, nous sommes donc en train d’assister à une sorte de «double effet credit crunch» avec d’un côté un assèchement avéré des crédits et de l’autre une accentuation de l’épargne de précaution. La croissance devrait en être la première victime.

Par John Plassard, directeur de Louis Capital Markets+Agences

EN COMPLEMENTS : Pic des créances douteuses en Espagne

Le taux des créances douteuses des banques espagnoles, indice de leur vulnérabilité, a encore progressé en février, atteignant un nouveau record depuis 1994, selon les chiffres publiés hier par la Banque d’Espagne.Les créances douteuses, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, s’élevaient à 143,815 milliards d’euros en février, soit 8,15% du total des créances, contre 7,91% en janvier et 7,61% en décembre.

Le secteur bancaire espagnol est l’une des sources d’inquiétude des marchés, car il est fragilisé depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008: son taux de créances douteuses, qui n’était que de 3,37% fin 2008, s’est fortement détérioré depuis le début de la crise. Pour tenter de le «nettoyer», la Banque d’Espagne a approuvé mardi un nouveau plan d’assainissement qui prévoit 29 milliards d’euros de provisions supplémentaires et 15,6 milliards de plus en 2012 pour renforcer le capital principal des banques. Ces sommes s’ajoutent aux 9,2 milliards déjà mis de côté en 2011, soit un total de 53,8 milliards, comme prévu dans la réforme du secteur adoptée le 3 février par le gouvernement.

Les nouvelles provisions devront être financées par les profits des banques et par des émissions d’actions, même si la banque centrale n’a pas écarté que l’Etat participe et que certaines entités puissent «demander les aides prévues au Frob», le Fonds public spécial d’aide au secteur.Cette réforme doit être appliquée d’ici un an, deux en cas de fusion.

Les actifs considérés comme «problématiques» – car à la valeur incertaine – représentaient au total 176 milliards d’euros en juin 2011, un chiffre qui a sûrement grimpé depuis: les nouvelles statistiques sur ce sujet seront connues en avril.

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Les banques françaises empruntent de plus en plus auprès de la BCE

Les emprunts des banques françaises auprès de la Banque centrale européenne (BCE) ont augmenté de 24,4 milliards d’euros entre mi-mars et mi-avril, pour atteindre 170,5 milliards d’euros, selon des chiffres publiés par la Banque de France.

Au 10 avril, les banques françaises avaient emprunté 1,4 milliard d’euros à court terme lors des opérations principal de refinancement à sept jours (Main refinancing operation ou MRO) mais surtout 169,1 milliards lors des opérations «à plus long terme» (LTRO), c’est à dire à 1 mois, 3 mois, 1 an et 3 ans. Ce nouveau bond intervient alors qu’ont eu lieu, fin décembre et fin février, deux opérations de prêt à trois ans par la BCE, qui ont vu les établissements européens emprunter 489 puis 529,5 milliards d’euros.

Depuis début août, soit peu avant le regain de tension des marchés, le montant des emprunts des banques françaises auprès de l’institution de Francfort a été mulitiplié par près de 8 (7,65 fois)

Dans le même temps, le total des sommes déposées par les établissements français auprès de la BCE a été multiplié par plus de 15 (15,5) et a franchi en avril la barre des 100 milliards d’euros (103,8).

source agence avril12

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