A Chaud!!!!!

Politique Friction du Mardi 24 Avril : De la communication du mépris au mépris de la communication par Bruno Bertez

Politique Friction du Mardi 24 Avril : De  la communication du mépris au mépris de la communication par Bruno Bertez 

Si vous avez écouté les émissions post électorales de dimanche soir, vous êtes certainement restés sur votre faim. Et ce, que vous soyez supporter de la Droite ou de la Gauche. Ces émissions étaient une insulte à l’intelligence et à la citoyenneté.

La fin, gagner, ne justifie pas les moyens.

Nous vous invitons, à ne pas être tolérants et, sous prétexte de chauvinisme, nous vous incitons à ne pas accepter d’être pris pour des imbéciles. Vous méritez le respect, non pas en tant que citoyen, car visiblement la tolérance des citoyens est devenue extrême, ils acceptent d’être pris pour des ilotes, mais en tant que Personnes. Ces émissions étaient insultantes.

Insultantes par la désinvolture des participants aux émissions, ils n’avaient rien préparé, pas plus les Juppé, Longuet, Kosciusko et Baroin que les Aubry, Fabius, Sapin, Ségolène et autres.

La palme revient selon nous à Ségolène, tellement hypnotisée par le scintillement phallique du Perchoir promis par Hollande qu’elle n’a même pas eu la politesse de faire semblant de répondre aux questions qui lui étaient adressées.

   Certes, la Communication est réductrice et elle consiste à prendre les gens pour des simplets; là, Fabius excelle, c’est vrai, mais il y avait place pour un peu d’information, un peu d’explication. Au lieu de cela, on a eu dérobades, contrevérités, procès d’intentions et obstructions à tout authentique échange.

S’agissant de la médiocrité, la palme doit être partagée entre les passe-plats que l’on appelle injustement journalistes et même, tout aussi faussement, présentateurs.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

L’Une, sans cadre analytique, sans background, a été débordée et dépassée dès les premières interventions ; l’Autre, Pujadas, n’a eu de cesse de tenter de faire croire qu’il était agressif, combattif et autoritaire, alors qu’il n’a excellé que dans le rôle d’interrupteur à contretemps au service de ses futurs patrons.

Le message de la Droite se résume à « ce n’est pas la faute à Sarkozy, c’est la faute à la crise » ; le message de la Gauche tient en une affirmation idiote, « tout est de la faute de Sarkozy, la preuve, il fait le score le plus bas de tous les présidents qui se sont représentés ».

Avec cela, l’intelligence est comblée. Cela rappelle la phrase historique célèbre du brillant Laignel qui, en 1981, déclarait pompeusement « vous avez tort parce que vous êtes politiquement minoritaires ».

Les Communicants les avaient briefés. Soyez simples, leur ont-ils dit, le peuple ne peut comprendre qu’un message à la fois, contentez-vous de répéter toujours la même chose, tout le monde sait depuis les fascistes qu’un mensonge répété finit par devenir Vérité, n’est-ce pas?

Déconstruisons la tentative des Communicants. L’enjeu de la soirée électorale, c’est le balisage du champ de bataille. Vous, Sarkozystes, le champ de bataille qui vous est favorable, c’est la crise car Hollande la nie ; vous, Hollandistes, c’est la personne de Sarkozy car elle est rejetée par les Français.

La proposition d’un deuxième et troisième débat est le complément du choix des Sarkozystes, il faut forcer Hollande à reconnaitre qu’il y a une crise. Accessoirement, il s’agit de jouer sur les inhibitions et phobies de Hollande, mal à l’aise dans les vrais débats méchants et sans pitié; Hollande  dont, cruellement, Fabius a dit un jour: « derrière une fraise, on ne cache pas un éléphant ».

Mélenchon a été égal à lui-même : rusé. Il continue de s’avancer masqué, soutenant Hollande par défaut d’un côté, mais savonnant la planche de l’autre, en promettant un 1er Mai politique, contre lequel la CFDT s’est immédiatement élevée.

Marine Le Pen a fait un peu d’information et tenté de jouer la carte de la clarté. Elle brigue le statut de chef de la future opposition, elle tente de désulfuriser le parti de son père en évoquant un changement de nom qui ne comporterait plus le soufre des biens pensants, c’est à dire, l’adjectif « national ».

Dans nazi, il y a national socialiste, de sinistre mémoire, Marine Le Pen veut remplacer, elle a commencé dimanche soir, National par Patriote. C’est un glissement significatif qui débouche sur un véritable défi. Est-il possible de construire sur l’œuvre du père, tout en tuant le père?

Un parti d’extrême droite, construit de bric et de broc, sur les strates des mécontentements historiques douloureux des Français peut-il s’intégrer dans le jeu politique, électoral? Peut-il unifier, sur la base de thèmes populaires, des gens venus d’horizons divers? Dans l’opposition, c’est possible, car il faut compter sur l’aggravation des difficultés, sur les promesses non tenues, et surtout sur les effets ravageurs dans les classes moyennes, commerçants, professions libérales, petits patrons, de l’accroissement de la pression fiscale, sociale et aussi des contrôles. Confère 1981. On évoluerait vers une sorte de front, non plus national, mais du refus.

Nous avons vainement cherché quelque chose à dire sur l’écologie. Hélas, la candidate qui portait non seulement ses lunettes vertes, mais également cette bannière, a jugé plus prudent de ne pas défendre ce thème. Elle s’est contentée de tenter, malgré son piètre score, d’honorer son contrat de racolage à l’égard du Parti Socialiste dans la perspective des élections législatives. Dommage pour l’écologie qui mérite quand même un peu mieux que cela.

 BRUNO BERTEZ Le 24 Avril 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN COMPLEMENT: Présidentielles françaises, 1er tour: stabilité et…

 Yvan Blot/Inspecteur général, Ministère de l’Intérieur. Auteur: “La démocratie directe:une chance pour la France”, 2012

La question de fond: pourquoi l’électorat est-il si stable ? C’est la question la plus intéressante du point de vue de la science politique…

La gauche représentée par les candidats Hollande, Mélenchon, Joly, Poutou et Arthaud atteint au total 43,50% des voix. Elle n’est pas majoritaire et ne l’était pas non plus il y a dix ou vingt ans. C’est la rupture entre le Front National et la droite modérée qui donne ses chances à la gauche comme l’ancien président socialiste François Mitterrand l’avait bien vu et instrumentalisé en son temps (voir mon livre « Mitterrand, Le Pen, le Piège » paru en 2007.)

Le parti socialiste fait toujours autour de 30% et l’extrême gauche entre 11 et 15% des voix.

Mélenchon, Poutou et Arthaud totalisent 12,79% ce qui n’est pas une surprise. Certes, les Verts ont fait un mauvais score (2,26%) surtout au profit de Hollande.

A droite, c’est, on pourrait dire le retour à la normale. Les centristes sont autour de 10%. Sarkozy avait réussi lors des dernières présidentielles à capturer la moitié des voix du Front National mais celui-ci a retrouvé ses voix de 2002. Sarkozy a été sanctionné pour avoir déçu cet électorat qui est revenu à son niveau habituel.

Le Front National est stable

Par rapport à 2002, Marine Le Pen, avec 18,27% des voix, est en retrait de 0,93% par rapport au total des voix Le Pen plus Mégret qui était de 19,20%. Si l’on ne compte pas les voix de Mégret, ce qui est une erreur car son électorat est le même que celui du FN, Marine Le Pen ne gagne que 1, 41% des voix sur le score de son père en 2002 (16,86%). Marine Le Pen a su sauver l’héritage mais n’a pas su faire progresser son parti qui en reste au même point qu’il y a dix ans.

La permanence des mauvais reports à droite: un problème «affectif»

L’exemple de Mélenchon ou d’Eva Joly appelant le soir des élections leurs électeurs à voter contre Sarkozy montre l’excellente discipline solidaire de la gauche même sans la moindre négociation.

A droite, comme depuis la victoire de François Mitterrand en 1981, les mauvais reports favorisent la victoire de la gauche. Il faut dire que la droite est affectivement très divisée et ce n’est pas un problème intellectuel mais affectif, donc beaucoup plus grave. L’UMP, le parti de Sarkozy compte des gens proches de la sensibilité populiste du Front National, comme les députés de la «droite populaire» mais il en compte d’autres plutôt d’une sensibilité proche des oligarques de centre gauche, comme le conseiller du président Henri Guaino ou madame Kosciusko-Morizet voire même Alain Juppé. Ces oligarques ne peuvent s’empêcher de faire sentir leur morgue et leur mépris, voire pour certains leur haine, à l’égard des électeurs «populistes», notamment du FN. Ces derniers, humiliés, sont donc hostiles en retour.

La cassure entre le peuple et l’oligarchie passe au milieu de la droite, et il n’y a pas de phénomène aussi fort à gauche même si cette cassure existe aussi (quoi de commun entre l’oligarque Laurent Fabius et le populiste Mélenchon?)

Avec les sondages sur les reports des voix, il semble qu’Hollande devrait gagner le deuxième tour. En effet, avec un stock de 43,50% des voix clairement de gauche, Hollande peut espérer avoir 3% de voix parmi les électeurs du centriste Bayrou (soit un tiers) et 3,6% de voix venant de l’électorat de Marine Le Pen, ce qui fait un total de 50-10%. Certes, la marge est faible.

Le discours actuel du président Sarkozy, qui consiste à dire que les électeurs du Front National sont des électeurs qui souffrent n’est pas faux mais semble insuffisant pour créer une réconciliation tellement ces électeurs se sentent considérés comme des Français de deuxième classe. Suspectés souvent à tort de racisme, ces électeurs supportent mal la condescendance des élites politiques qui forment la majorité de l’entourage du président Sarkozy malgré la présence d’hommes de tact et de bons sens comme le conseiller catholique de droite Patrick Buisson ou le ministre de l’intérieur Claude Guéant.

Le pronostic du 2ème tour reste donc favorable à Hollande, même si le score peut être serré.

La question de fond: pourquoi l’électorat est-il si stable?

C’est la question la plus intéressante du point de vue de la science politique. En effet, la société française connaît de nombreuses mutations. Les jeunes électeurs votent de plus en plus pour le Front National (nationaliste) ou le Front de Gauche (marxiste). Cela traduit les inquiétudes des jeunes électeurs tant sur des sujets comme l’immigration ou l’insécurité que sur l’économie ou le chômage. Cela dit, cette montée des jeunes (limitée par la crise démographique) semble être compensée par une grande fidélité des électeurs plus âgés vers les partis traditionnels, l’UMP, les centristes et le parti socialiste. C’est ce qui expliquerait la stabilité actuelle mais qui ne durera pas toujours si l’économie venait à s’effondrer.

Enfin, si l’on cesse de voir les appartenances partisanes, on constate une méfiance générale croissante envers l’oligarchie politique française, très liée aux Etats-Unis et à leurs modes idéologiques : 38% des citoyens seulement disent avoir confiance dans les députés, et le chiffre est le même pour les syndicats. Mais 18% seulement ont confiance dans les partis politiques. (source : CNRS ; Bréchon et Tchernia). Sur des sujets ponctuels comme l’immigration ou l’insécurité, les citoyens sont nettement plus radicaux (vers la droite) que les élites politiques. Ils souhaitent aussi pouvoir être consultés par référendums (il y en a de moins en moins depuis le départ de de Gaulle). Il manque pour l’instant en France un grand parti qui soit à la fois libéral en économie, favorable aux référendums populaires, patriote sur le plan national et conservateur sur le plan des valeurs morales et chrétiennes. Bref, personne n’a en France une ligne comme celle du président Poutine en Russie. Le dernier fut de Gaulle. C’est un grand inconvénient. L’émergence d’une telle force soit par la réforme des partis existants soit par l’apparition de nouvelles organisations est un sujet essentiel pour moderniser la vie de la démocratie française. Car il y a des urgences : il faut notamment redresser l’économie et les finances de la France, juguler l’immigration de masse et l’insécurité, et redonner à la France sa souveraineté malmenée depuis le départ du général De Gaulle. Il y va de la confiance des Français dans leurs politiciens professionnels qui, ces dernières années, les ont beaucoup déçus.

SOURCE ET REMERCIEMENTS : LES OBSERVATEURS.CH 

 http://www.lesobservateurs.ch/politique/presidentielles-francaises-2012-1er-tour-analyse-stabilite-et

19 réponses »

  1. Je vous suggère, avant d’affirmer que Marine Le Pen ne sait qu’aggréger des mécontentements, de lire son livre. Pour ma part, je l’ai trouvé cohérent. C’est le seul programme, avec celui de Dupont-Aignan , à prendre en compte la nécessité de dompter le mondialisme par la politique, dans tous ses aspects: ex libre circulation des capitaux, des marchandises ET des hommes.

    Quant à yvan Blot il est plein de ressentiment depuis son exclusion du FN en 1998 pour trahison. Il devrait faire son mea culpa et revenir au bercail, car les Le Pen père et fille ont montré qu’ils savent pardonner. D’autant que le FN (avec Debout la République) est le seul parti à défendre la démocratie directe, qui est devenue le cheval de bataille de M. Blot.

  2. Je vous remercie de votre intéret. Je pressens à la vivacité de votre ton que vous ètes proche du Front National voire mème que vous etes un cadre du mouvement:

    Dans le cadre de la nouvelle orientation donnée par Marine Le pen, il me semble que vous devriez vous departir de ce coté écorché qui caractérise les militants.

    Peut ètre ètes vous un fidele lecteur, dans ce cas vous avez noté un texte d’il y a quelques jours dans lequel je soulignais la bonne cohérence du programme de Marine Le Pen et j’ajoutais que visiblement ses conseillers étaient, sous cet aspect, de meilleure qualité que ceux de son père. le programme est un programme de rupture et à condition de le prendre pour tel, il a le mérite de la cohérence disais je .

    Si vous voulez , conformement au souhait de votre leader, élargir l’audience de votre mouvement, il est important de commencer par n’ètre pas sectaire.

    Il convient aussi de lire attentivement, surtout quand on parle de ce qui vous tient a coeur..

    Relisez, vous ne verrez nulle part l’affirmation que Marine Le Pen ne sait qu’aggréger des mécontentements. Je dis que face aux mécontentements, aux déceptions, pressions fiscales, controles etc Marine Le Pen a l’opportunité d’élargir son audience non pas sur la base de l’idée de nation ou celle de patriote mais sur le thème du refus.

    Si le pouvoir socialiste répète ses erreurs de 1981, il y aura rapidement un mouvement de rejet et de refus qui peut profiter au Front ou si vous préférez à La Vague. Rien ne garantit que ce mouvement constituera une adhésion aux thèses, au programme du Front ou de La Vague.

  3. Merci de votre analyse, comme toujours si pertinente. Le vrai problème n’est pas tant qu’on nous prenne pour des andouilles, le vrai problème c’est que ça marche!

    Alors nous sommes là, nous, plus ou moins impuissants, à fulminer, récriminer, mais c’est ce qui marche, c’est ce que les gens, ceux que certains appellent nos “compatriotes” (en un ou deux mots?) attendent.

    Ou pour reprendre la fameuse citation de Coluche: “quand on pense que si personne n’en achetait, ça ne se vendrait pas!”.

    J’ai été témoin de quelques unes de ces analyses sur des sondages qui se sont révélés d’une justesse approximative. Délires sur la comète, positionnements insipides, tentatives de captation de l’image. Et après 30 minutes de ronrons insignifiants, j’ai doucement sombré dans un sommeil comateux et réparateur. Ainsi, en milieu d’après-midi pour moi, j’ai pu dormir du sommeil du juste pendant les 4 heures d’émission. Grâce leur soit rendu! Qui a dit qu’ils étaient totalement inutiles?

    • @lautre

      Votre remarque est d’une pertinence telle qu’elle mériterait à elle seule un débat ;
      Le philosophe Henry Lefebvre exceptionnel penseur de la logique dialectique disait , je cite:

      le grand problème de la vérité c’est de comprendre pourquoi le mensonge réussit si bien

  4. très bon article mais Lepen ne doit pas figurer dans la photo.
    Dans sa longue campagne elle a parlé de l’effondrement en cours.
    Il est vrai qu’elle n’a pas insisté ( si elle l’avait fait, elle n’aurait pas fait 18 %) sur le fait que de toute façon cela sera des larmes pour tout le monde, même si elle est présidente. Mais que la pays pourra se relever avec son programme alors qu’avec les autres candidats, cela sera aussi des larmes pour tout le monde, mais avec, in fine, le pays détruit (guerre civile et ruine économique).

  5. Aujourd’hui ce qui importe, plus qu’un parti ou un autre, c’est un système politico-institutionnel, un cadre dans lequel tout doit rentrer. Même Merkel a évoqué la peur du FN, la presse étrangère pareil. Dans l’Europe à la dérive il faut éviter les déstabilisateurs, de gauche comme de droite.
    Donc Sarkozy ne fera pas comme son maitre Silvio Berlusconi, qui n’a pas hésité à s’allier avec la Ligue du Nord (sécessionniste et xénophobe), qui aujourd’hui est par ailleurs en déconfiture. De toute manière le FN ne vaut pas non plus s’allier avec l’UMP.

    Il faut donc en finir avec un système vieux, obsolète, couteux : à l’ère du numérique on continue encore avec les bulletins, l’urne, la croix sur le parti ou sur la gueule.
    L’alternative à l’alternance droite/gauche ne sera pas une alternance extrême droite / extrême gauche. Alors que les grandes firmes ont des juristes qui font lobby à Bruxelles, Starsbourg, OMC, etc. où sont les associations qui constituent un réel contre pouvoir ?

    « Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté.

    Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur.

    Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

    Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre.

    Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu.

    Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.

    Voter, c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leur suffrage – et peut-être ont-ils raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui.

    Aujourd’hui le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres.

    L’ouvrier, devenu contremaître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ?

    Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ?

    L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.

    N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs.

    Ne votez pas !

    Au lieu de confier vos intérêts à d’autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d’action futur, agissez !

    Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c’est manquer de vaillance.»

    Élisée Reclus (1830-1905)

    • Excellente lecture, mais qui date un peu! Si vous etes interessé par ce courant je vous conseille la lecture des analyses de Robert Higgs , proche des courants libertaires anarchistes et minarchistes
      c’est un régal de clarté , un souffle de morale, le tout baignant dans une lumineuse liberté

      en plus Higgs est un excellent economiste, ce qui ne gache rien

  6. Le nationalisme a mauvaise presse. Le discrédit dont il est frappé entraîne dans son sillage celui du concept de “nation”. Autrefois synonyme de patriotisme et chargé de connotations nobles et généreuses, il est présentement accusé d’être à l’origine de tous les maux. L’organisation de l’humanité en Etat-nations était considérée comme le plus haut degré de civilisation auquel elle pût atteindre; il apparaît maintenant que ces nations sont le plus grand obstacle à la marche glorieuse de la civilisation…
    “La désinformation par les mots” Maurice Pergnier Editions du Rocher.

  7. … Son prestige, il est vrai, était déjà au plus bas dans les esprits. Il y était associé aux horreurs des deux guerres mondiales. Les affrontements meurtirers auxquels elles avaient donné lieu étaient (non sans fondement) attribuées à l’exacerbation du sentiment national, particulièrement chez les deux nations les plus directement impliquées: la française et l’allemande. De là à conclure que l’existence des “nations” était directement responsable du nationalisme et de son corollaire: guerre, il n’y avait qu’un pas prêt à être franchi. L’heure était à la dissolution des nations pour les transcender dans un ensmeble supranational européen garant de la paix éternelle. Aussi le conflit yougoslave apparaissait-il comme un insupportable résurgence du modèle conflicutel dépassé. Le mot d’ordre fut: haro sur le “nationalisme” et la peste des nations!

    La désinformation par les mots, Editions du Rocher 2004

  8. La Suisse seul Etat nation libre ne doit plus laisser la munition et bientôt l’arme de service à ses militaires. CQFD

  9. ” Certes, la Communication est réductrice et elle consiste à prendre les gens pour des simplets”.j’aime beaucoup vous entendre proferer de telles phrases.meme si elles sont en contradiction avec vos positions en faveur de l’indemnité du directeur de publicis
    rien de personnel,juste un peu de poil a gratter pour vous pousser vers l’excellence

    • @may lang chong

      J’apprécie votre remarque et elle me donne l’occasion d’une précision importante. Je suis sûr que si vous ètes fidèle lecteur, vous l’avez remarqué.
      J’ecris de deux façons.
      Quelquefois de l’intérieur du système en particulier quand je parle finance ou business
      Et quelquefois de l’extérieur quand il s’agit de philosophie, politique, libertés etc
      Merci de votre fidèlité

      • Bruno, je vais être méchant.
        Je trouve qu’il y a une très grande différence d’objectivité (et donc de qualité), selon que vous écrivez de l’intérieur du système (finances), ou de l’extérieur (politique).

        Les rois du mensonge, de la manipulation, c’est N. Sarkozy, F. Coppé, etc… Qui dit que Hollande va ramener l’age de la retraite pour tout le monde à 60 ans, qui dit que Hollande veut supprimer les allocations familiales, qui dit que Hollande veut faire voter tous les étranger, qui dit que F. Hollande est nul, plus récemment qui croit qu’il n’y aura pas d’accord électoral avec le FN aux legislatives, etc…je ne crois pas qu’il y ait une seule parole de vérité dans leur discours. Face à ce déluge de contre-vérité, F. Hollande essaye de se défendre de son mieux.
        Dire que F. Hollande nie la crise est faux, il ne l’a jamais nié, c’est encore de la propagande. Il nie que la crise soit la seule raison de la situation catastrophique que nous lègue Sarkozy, ce n’est pas la même chose.
        etc…etc…etc…
        Je n’ai pas spécialement confiance en F. Hollande, mais ce que je veux dire c’est que c’est très dangereux d’écrire sur le même site, tantôt des articles économiques formidables de clairvoyance, tantôt des articles politiques teintés d’objectivité. C’est dangereux parce que les lecteurs pourraient ne pas faire la différence et tout avaler de la même façon.
        Bon, néanmoins j’adore lire vos analyses !

        • erreur dans le dernier paragraphe:
          tantôt des articles économiques formidables de clairvoyance, tantôt des articles politiques en manque d’objectivité. C’est dangereux parce que les lecteurs pourraient ne pas faire la différence et tout avaler de la même façon.

        • @xémo

          J’ai le plus grand plaisir à vous répondre.

          Vous ne me voyez jamais rentrer dans le detail des propositions politiques ou dans les querelles que vous énumérez.

          Je ne m’interesse qu’à l’aspect “Crise”, diagnostic, orientation des propositions etc. En plus je le fais sous un angle systèmique, convaincu que les hommes n’ont que tres peu pouvoir sur le cours des choses, sauf pour les retarder et les aggraver. Merkel et Sarkozy ont plus fait pour aggraver la crise que le malheureux Hollande ne pourra le faire. Il vient bien tard pour s’inscrire au Panthéon des responsables.

          Pourquoi la crise ?Tout simplement parce que je considère que c’est un domaine ou les instruments intellectuels que j’utilise me donnent un avantage important. Le decodage multidisciplinaire que je fais de la crise est très particulier. Il est singulier dans l’analyse à la fois de son origine et ensuite dans l’examen de ses conséquences financières , économiques , politiques , sociales, géopolitiques etc

          Comme je le répète, il n’est de Vérité que du tout et je m’efforce de suivre , sous cet aspect les enseignements des anciens comme Jean Bodin. Je m’interesse à tout.

          J’ai la conviction que la démarche purement analytique, les catalogues également, le pointillisme aussi , sont mensongers.

          La vérité ne réside jamais dans une énumeration mais dans la capacité à tracer les liens qui unissent différentes propositions. Ce qui compte pour tenter de parler vrai , c’est de mettre à jour les relations entre les causes et les effets, les diagnostics et les remèdes etc.

          La pensée positive, mécanique est incapable de rendre compte du réel et de son mouvement, seule la dialectique permet de tenter de s’approcher asymptotiquement de la vérité. Je precise bien asymptotiquement.

          La malhonneteté des politiques, je précise de tous bords, est d’escamoter les liaisons, les articulations et c’est à combler ce manque que je m’emploie .

          Et c’est ce qui fait que, quelque fois , mes textes vous apportent quelque chose.

          Dans ma méthode de travail, on devrait dire d’investigation , ce qui m’intéresse ce n’est mème pas le mensonge, c’est le non- dit, l’escamoté, l’enfoui, le sous jacent.

          Et sous cet aspect, Hollande n’a rien à envier à Sarkozy. Normal et si j’etais politicien je ferais la mème chose que lui. Hollande gagne par défaut, par rejet. Il ne va pas s’amuser à prendre le risque de gacher ses chances en exposant le fond de sa réflexion !

          Contrairement à certaines apparences, je ne vous offre pas de textes d’opinion , mais des textes profondement subjectifs.

          Ces textes , mes textes ont un biais, le mien; Ce biais n’est surtout pas celui de la Droite ou celui de la Gauche politique pour lesquels vous avez certainement compris , je n’ai pas beaucoup d’estime.

          Je professe que toute personne qui s’exprime le fait parce qu’elle y a un intéret. Comme le dit Lacan la parole est toujours produite à travers un prisme , celui du locuteur et, passez la grossiereté, si le locuteur ouvre sa G….e c’est qu’il a une raison.

          Le mythe de l’objectivité est une escroquerie de journaliste malhonnète du type de ceux du journal Le Monde par exemple. On fait semblant d ‘ètre objectif , mais on monte à la “Une” uniquement ce qui sert le combat que l’on mène, idem pour Mediapart.

          Moi pour la part de mon activité qui ressort du journalisme , je pratique et j’annonce un journalisme subjectif, démesurément, , subjectif. Mais je ne roule pour personne, je ne m’autorise que de moi-même, ce qui est la définition de la liberté; L’homme libre est celui qui ne s’autorise que de lui mème. Si je mène un combat c’est celui là : vous donner ou vous redonner le gout de la liberté, de penser par vous mème, de pratiquer la pensée critique, de refuser les pret- à- penser.

          Ceci nous ramène à la signature de Lupus, le loup. Le loup est un prédateur, en voie d’extinction , mais il préfère etre un prédateur en péril plutot plutot qu’un chien. Relisez La Fontaine.

          Je n’aime pas Hollande c’est vrai, mais c’est au nom de ma conception de l’individu. L’individu est ce qui est premier, c’est ce qui est au commencement de tout.

          L’humanisme dont se vante les socialistes c’est la négation de l’individu réel de celui qui vit, qui désire, qui se bat, au profit d’une abstraction mystifiante, d’une idée de l’homme dont ils seraient les detenteurs. Je récuse aux socialistes le droit de me définir, de choisir pour moi, de savoir ce qui est bon pour moi. Parce que de moi ils ne connaissent rien, de moi ils se moquent, la seule chose qui les anime c’est d’exercer leur volonté de puissance personnelle, de se réaliser eux mème sur mon dos. J’ai failli ecrire leur volonté de nuisance personnelle ! Beau lapsus
          .

  10. Je pense que la nation et la patrie sont des notions obsolète au moins depuis qu’on a des images satellitaires de notre planète dans sa globalité et dans sa petitesse.

    • On peut être fier d’être français ou européen, ou même suisse, mais on ne peut pas être fier d’être humain.

  11. La politique étrangère de la France grande absente de la campagne présidentielle

    Ceci est d’autant plus remarquable que l’Europe est actuellement impliquée dans une crise financière qui dure depuis quatre ans et dans des guerres qui s’intensifient. La France est en guerre en Afghanistan et en Libye, elle soutient des forces de guérilla mercenaires contre le président syrien Bashar Al-Assad et fait partie de la coalition, menée par les États-Unis, menaçant d’attaquer l’Iran.
    Quelque 76 pour cent de la population s’opposent au déploiement de la France en Afghanistan et 51 pour cent s’opposent à la guerre en Libye.
    http://zebuzzeo.blogspot.fr/2012/04/la-politique-etrangere-de-la-france.html

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