A Chaud!!!!!

Mister Market and Doctor Conjoncture du Lundi 9 juillet : Déglobalisation, rapatriement des capitaux, liquidité, risque tout est lié. par Bruno Bertez

 Mister Market and Doctor Conjoncture du  Lundi 9 juillet : Déglobalisation, rapatriement des capitaux, liquidité, risque tout est lié. par Bruno Bertez

MANDRAKE THE GREAT

    Nous avons, en son temps attiré l’attention sur la configuration haussière du dollar. Celle ci ayant été confirmée, nous ne sommes pas revenus sur le sujet, considérant que la tendance était solide et bien accrochée. 

C’est vers septembre 2011, vers les 74 au dollar index que la formation haussière s’est dessinée. Le parcours est  beau. 

Diverses confirmations techniques ont été fournies et avec un dollar index ce jour à 83,33 il nous semble que la route des 84,50  est ouverte. Par la suite, le nouvel objectif sera la zone des 88 , qui correspond au niveau de la mi année 2010. 

Au delà la question est : est ce que le dollar va reprendre son cycle haussier de long terme ou bien sommes nous dans un cycle de transition ? Nous vous rappelons qu’en 2002  le dollar index était autour des 120 et que fin 2005  , puis début 2009 on a buté autour des 90. 

Ce qui est sur, c’est que la zone des 82/83 n’était pas facile  traverser et maintenant que cela à été fait, on devrait avancer plus facilement. 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Les capitaux internationaux rentrent au bercail, on fuit les émergents ou le risk monte considérablement, on fuit bien entendu l’Europe mais là, il faut tenir compte du fait que la position de l’Allemagne/ DM  freine encore les sorties.

 

  

Le mouvement global de reflux vers les Etats Unis, le Centre, est normal et nous l’avions prévu , y avions insisté a plusieurs reprises. Cela découle de notre cadre analytique, nous ne croyons pas un monde multipolaire, nous croyons a un monde hiérarchisé dont la liquidité et la prospérité dépend de la politique du Centre, de son attrait, de sa puissance et sa santé relative.

 

(cliquez sur les graphiques pour les agrandir)

Quand cela va bien les capitaux descendent la plus grande pente du risk , quand cela va mal ils la remontent. Ils retournent au Centre.

 

Il y a un lien organique entre l’abondance des liquidités, l’appétit pour le risk, la globalisation , le progrès technologique; Tout est lié et nous sommes entré dans la phase de reflux, dé globalisation , redomestication, frilosité, prudence, recherche de la sécurité.

C’est ce reflux qui explique la meilleure situation relative des états unis sous tous les points de vue, activité économique, pause dans le deleveraging, facilité de financement etc .

Les autres blocs sont obligés, pour tenir,  d’accumuler largesse, laxisme monétaire, gonflement des bilans de leurs banques centrales. Le bilan  de la BCE galope maintenant bien plus vite et sa qualité se détériore bien plus que  celui de la FED.

 

Hors Etats Unis on craint :

-Hausse des taux , réduction de la liquidité

-Baisse des marchés

-Tentatives de dévaluation ou d’affaiblissement du change

-Prélèvements, contrôles et restrictions

-Instabilité sociale ou institutionnelle

-Initiatives politiques contreproductives démagogiques

Bref en un mot ;

 Les anticipations sont négatives.

-On ne parle plus de miracles chez les émergents

-On ne parle que de risks et de ponctions en Europe

Nous considérons que ce grand mouvement de fuite et de rapatriement aux Etats Unis est fondamental et que l’on n’y prête pas suffisamment attention. Les idiots utiles, inflationnistes patentés sont toujours contents de voir s’avilir le change, incapables qu’ils sont de voir plus loin que le bout de leur nez dès lors qu’ils sentent la bonne odeur de la facilité de court terme. Nous conseillons de relire l’Histoire des grands mouvements de rapatriements de capitaux internationaux.  Ceux qui souhaitent une baisse du change feraient bien de réviser leurs connaissances.

Ce qui nous étonne c’est la colossale position short en euros , elle défie toutes les analyses techniques.

 

Elle peut être, mais nous n’en sommes pas surs surs, source de volatilité trompeuse. Du coté du franc suisse, la BNS pour l’instant n’est pas en difficulté, les montants d’intervention et d’entrées sont gérables si on en  croit les derniers chiffres de Juin. Finalement la zone des 1,20  euro contre franc suisse nous parait confortable.

En Analyse technique, le potentiel de baisse de l’euro contre dollar  devrait être autour des 1,16 .

On est sous les 1,23.

CHICKEN STIM

BRUNO BERTEZ Le Lundi 9 Juillet 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN LIEN : Mister Market and Doctor Conjoncture du Dimanche 8 Juillet 2012 : Le grand survol, les arbres cachent la forêt, derriere la forêt il y a le ravin ! par Bruno Bertez (actualisé au 9/7/2012 à 15h15)

EN BANDE SON :

3 réponses »

  1. Cher Monsieur,
    Merci pour vos articles remarquables et toujours stimulants.
    J’ai une question qui m’intrigue depuis longtemps: la force du yen. Comment l’expliquer?
    Je croyais (à tort?) qu’une monnaie forte était associée à une économie solide (le mark en son temps), une situation dominante (le dollar à présent), la sécurité (le franc suisse depuis toujours), la richesse des actifs tangibles (la couronne norvégienne, le dollar canadien ou australien). Or, le Japon est en déclin à presque tous les niveaux, la bourse a perdu 80% en 20 ans, le taux d’intérêt est nul, la dette colossale (certes portée par les japonnais eux mêmes) et le yen est fort. Pourrait-on alors imaginer qu’une Europe faible (avec des ressemblances troublantes avec le Japon) ait néanmoins un euro fort à terme ?
    Je serais heureux d’avoir votre point de vue. Merci encore de nous éclairer comme vous le faites si souvent.

    • @Invescom

      Merci de votre intéret ;

      Vous vous attaquez à l’une des questions les plus difficiles de notre époque: le mystère du Yen.

      En deux mots, tout ce que vous énoncez est vrai et conduit à penser que la force du yen est paradoxale.

      Je vous répondrai par une lapalissade qui n’en est pas une une : le yen est fort parce que la demande de yen est forte. Le yen est rare malgré l’apparence d’un bilan de la Boj très inflaté. Sa vitesse de circulation est faible.

      Voici en vrac quelques élements de réponse:

      -Epargne japonaise domestique forte malgré sa tendance à la baisse
      -Pas de dette extérieure
      -Balance des paiements encore forte malgré une dégradation en cours
      -Pays en deflation depuis années 90
      -Les prix baissent , la préférence pour la monnaie est forte malgré des taux nominaux faibles,
      taux réel non negligeable car la tendance deflationniste des prix est bien affirmée
      -Fait partie de la diversification des reserves de certains pays

      Dans un autre registre :

      -Démographie très viellissante
      -Société solide, tres soudée , forte cohésion sociale, respect des valeurs traditionnelles et des Anciens
      -Le passé conduit à extrapoler la poursuite d’un yen fort , l’idée que l’on se fait d’une monnaie est très durable, séculaire , regardez le franc suisse

      Tous ceux qui se sont attaqués au yen se sont cassés les dents

      Beaucoup pensent que progressivement les paramètres de la démographie et de l’épargne domestique vont provoquer un changement radical de la perception que l’on a du japon .
      Cela viendra peut etre un jour ,mais le facteur temps au japon est encore plus difficile à apprecier qu’ailleurs.
      Avant d’avoir un problème d’épargne, un problème de taux et de flux de capitaux le japon a encore beaucoup de possibilités de retarder les échéances. Et puis en relatif finalement le japon ne va pas si mal que cela, ne l’oubliez pas , avec cet avantage d’un consensus social bien solide .

      Il y a certainement encore d’autres raisons, peut etre d’ordre géopolitique que je ne maitrise pas .

  2. Cher Monsieur,
    Merci pour votre riche point de vue sur « le mystère du Yen ». Parmi tous les facteurs mentionnés dans votre réponse, c’est amha peut être le sentiment persistant de la déflation qui favorise le plus la force du Yen en lui donnant une relative perception de « sécurité ». Si le sujet m’intrigue c’est surtout pour essayer de mieux anticiper ce qui peut se passer en Europe et qui présente par ailleurs de nombreuses similarités avec le Japon. Pour être encore plus direct, je me pose depuis quelques mois une question clef: le marché est-il baissier à long terme? Va t’on à terme vers un CAC à 1600 (l’indice japonais est à 9 000 vs 39 000 en 1990) ?
    Hélas, je n’ai pas la réponse…mais j’y travaille!
    Encore merci pour vos analyses.

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