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Lanceurs d’alerte et informateurs

Lanceurs d’alerte et informateurs

EN LIENS: Secret Story / Condamin-gerbier :  Le Mytho-affabulateur récupéré

Le Drapeau noir flotterait il sur la Marmite fiscale franco-suisse? Pierre condamin-gerbier : Le difficile parcours  d’un vrai « repenti » ou d’un (faux) témoin?

L’appel au premier ministre lancé par vingt députés et sénateurs, avec l’appui de Mediapart, pour que la France «examine» la situation de Pierre Condamin-Gerbier (un euphémisme pour demander sa libération, ) repose de toute évidence sur de lourds malentendus. La fin du secret bancaire fiscal en Suisse ne peut passer par l’impunité du personnel des entreprises communiquant à l’extérieur des noms de clients. Que l’importance des informations divulguées puisse dans certains cas l’emporter sur le respect du droit relève ensuite d’une évaluation d’ordre politique. On ne s’étonnera pas qu’elle soit différente en Suisse et en France, où la raison d’Etat, l’intérêt général, l’indépendance de la justice n’ont pas toujours la même signification. Les Français ne s’en rendent pas compte, parce qu’ils s’intéressent en général fort peu à la Suisse au-delà d’une demi-douzaine de clichés. Les Suisses francophones, eux, sont abreuvés d’ «affaires» françaises médiatisées. Ils peuvent mesurer l’écart.

PLUS DE CONTAMINE BOURBIER EN SUIVANT:

Il y a surtout la notion très tendance de lanceur d’alerte. Quelle différence avec les classiques informateurs de police ou des médias (qui protègent en général leurs sources)? A considérer les modèles continuellement évoqués, Assange, Snowden, Falciani (en vrac malheureusement, comme s’ils se valaient), les lanceurs d’alerte ne cherchent pas l’anonymat mais la gloire. Voire la persécution. Ils deviennent des personnages publics, héros pour certains, traîtres pour d’autres, ce qui s’avère plutôt indifférent à une époque où la notoriété peut compter davantage que la bonne réputation. Quel que soit le degré d’utilité publique de ce qui est révélé, c’est la simple notoriété qui est censée protéger. Bien des gens pensent qu’elle peut même enrichir. Du coup, la question des motivations et de la crédibilité (a priori) du lanceur d’alerte demande d’autres précautions que celles qui s’imposent s’agissant d’un informateur en principe mû simplement par quelques comptes personnels à régler (les pures motivations morales sont très rares). Indépendamment de l’hypothèse qu’il n’avait à peu près rien à dire, Condamin-Gerbier va probablement rester un cas d’école en la matière. Les médias français, jusqu’à Libération et le Canard Enchaîné, s’en sont finalement rendu compte. Le gouvernement aussi. Il attend toujours une éventuelle demande d’assistance.

Source AGEFI SUISSE  vendredi, 19.07.2013

http://agefi.com/une/detail/artikel/lanceurs-dalerte-et-informateurs.html?issueUID=373&pageUID=11132&cHash=c7947d5f799a50fca82a290243b66b92

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Du Palais Bourbon au caniveau en passant par la case prison Par Philippe Nantermod

Condamin-Gerbier. La suffisance des parlementaires français les pousse à oublier que leur pays connaît des frontières au-delà desquelles leur législation hypertrophiée ne s’applique pas.

Décidément, il est difficile de se faire une opinion favorable des politiciens français qui, après le concept d’Etat-nation, ne comprennent plus celui de séparation des pouvoirs. Le député Yann Galut se dit surpris de l’interpellation de Pierre Condamin-Gerbier, voyant là un «message menaçant envoyé par la Suisse à l’intention des lanceurs d’alertes».

Lanceurs d’alertes, terme idiot qui évite de parler de «balance» ou d’espion. M. Condamin-Gerbier n’a lancé aucune alerte. M. Condamin-Gerbier a trahi son employeur, ses clients et son pays. La justice dira s’il s’est rendu coupable de diverses infractions pénales et, vu les risques de fuite importants, sa place est certainement en prison. Il en va de même pour M. Falciani qui préfère évidemment jouer les stars à Paris.

Il est tout bonnement incroyable de constater à quel point la suffisance des parlementaires français les pousse à oublier que leur pays, bien que grand, connaît des frontières au-delà desquelles leur législation hypertrophiée ne s’applique pas.

Le fantasme social-démagogique du citoyen transparent n’a heureusement pour l’heure pas trouvé grâce aux yeux de notre Parlement. Espionner, trahir son employeur, violer son secret de fonction constituent des actes pénaux en Suisse, nous n’avons pas encore cédé aux nouveaux canons de la mode législative parisienne.

Les députés français sont inquiétants. Pour un motif à priori louable – la lutte contre la fraude fiscale – ils en viennent à proposer que les employés de banque jouent les justiciers masqués. Pourquoi s’arrêter à ces bassesses fiscales? Nous pourrions tout aussi bien armer quelques retraités pour dégommer les dealers ou fournir des radars aux riverains des autoroutes.

Si nous devions un jour remettre en question sérieusement le secret bancaire, il serait souhaitable que la responsabilité de transmettre des informations ne soit pas confiée à des bricoleurs du dimanche qui nous offrent des remakes kitchs des films d’espionnage, mais à des autorités dont le travail est étroitement surveillé.

Falciani et Condamin-Gerbier sont des délinquants que la justice doit poursuivre et punir. Pour quelques billets ou pour s’offrir un instant de gloire, leur immoralité crasse les a poussé à trahir leur employeur, leur client et le pays qui leur a offert un travail.

Les propos tenus par les élus français font froid dans le dos. Comment peut-on être président d’une commission parlementaire et estimer que l’application du droit pénal par les autorités pénales est «indigne de la démocratie»? Comment peut-on traiter un Etat de voyou parce qu’il ne fait pas une application de ses règles au gré des modes portées par des politiques en mal de reconnaissance?

Reste un dernier dégât collatéral que les élites françaises sous-estiment. La place financière réfléchira à deux fois avant de confier de nouvelles responsabilités à des ressortissants d’un pays qui glorifie les traîtres, les délinquants et les espions.

Philippe Nantermod Député PLR au Grand Conseil valaisan/ vendredi, 19.07.2013 AGEFI SUISSE

http://agefi.com/forum-page-2/detail/artikel/condamin-gerbier-la-suffisance-des-parlementaires-francais-les-pousse-a-oublier-que-leur-pays-connait-des-frontieres-au-dela-desquelles-leur-legislation-hypertrophiee-ne-sapplique-pas.html?issueUID=373&pageUID=11133&cHash=31017a65047d514f85980f16cb39ba3e

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La lettre à J.-M. Ayrault

Le message envoyé par des députés français au Premier ministre  après leur conférence de presse de mercredi.

Nous venons d’apprendre l’interpellation, il y a quelques jours, de Pierre Condamin-Gerbier par les autorités suisses à son retour de France où il avait rencontré les autorités judiciaires françaises dans le cadre de l’affaire Reyl.

Nous nous interrogeons sur les motifs de cette interpellation et sur le fondement des éventuelles poursuites qui pourraient être la violation du secret bancaire. Si tel était le cas, on se trouverait de la part de la Suisse dans la même logique que dans l’affaire Falciani.

Nous sommes donc surpris de cette interpellation que nous interprétons à ce stade comme un message menaçant envoyé par la Suisse à l’intention des lanceurs d’alerte. Tout en respectant l’indépendance de la justice suisse et la souveraineté des Etats, nous sollicitons auprès de vous l’examen de la situation de Pierre Condamin-Gerbier, citoyen français, qui a témoigné sous serment devant les commissions d’enquête parlementaires et coopère avec la justice française.

Il est nécessaire que la Suisse prenne en compte l’évolution significative du contexte international lié à la lutte contre la fraude fiscale et à l’indispensable remise en cause du secret bancaire. (…)

Les signataires: Yann Galut, Charles De Courson, Yves Goasdoue,Eric Bocquet, François De Rugy, Eric Alauzet, Nathalie Goulet, Nicolas Dupont-Aignan, Razzy Hammadi, Barbara Romagnan, Pascal Cherki, Denys Robiliard, Michel Pouzol Andre Gattolin, Stephane Travert, Jerome Guedj, Arnaud Leroy, Hugues Fourage, Alexis Bachelay, Suzanne Tallard

Source AGEFI SUISSE vendredi, 19.07.2013

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Affaire Condamin-Gerbier: l’ambassade de Suisse riposte

L’ambassade de la Suisse à Paris a répondu à Charles de Courson, président de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Cahuzac, qui a eu des mots très durs envers la Confédération à propos de l’interpellation de Pierre Condamin-Gerbier. Selon des informations publiées hier soir par le site du quotidien Le Temps, l’ambassade a envoyé une lettre au ton ferme en réponse aux propos du député centriste qui avait affirmé, dans les colonnes du quotidien, que le motif de «service de renseignement économique» relevait de «l’argutie juridique qui cache la complicité du gouvernement helvétique et du parlement suisse» dans les affaires d’évasion fiscale. «L’attitude de la Suisse est inacceptable pour une démocratie digne de ce nom», ajoutait le député. La lettre envoyée par l’ambassade de la Suisse à Paris rappelle notamment la nouvelle stratégie de conformité fiscale de la Suisse et le dialogue fiscal qui s’est mis en place entre Berne et Bercy pour régler les problèmes en suspens entre les deux pays. Toujours selon Le Temps, la France se serait inquiétée mercredi du sort de l’ex-cadre de Reyl via une note diplomatique de l’ambassade de France à Berne demandant dans quel établissement était détenu Pierre Condamin-Gerbier et s’il avait décliné le recours à la protection consulaire. Selon les informations du quotidien, le prévenu a été rendu attentif à la possibilité d’informer la représentation diplomatique ou consulaire française en Suisse. Mais il n’a pas souhaité y recourir.

Source AGEFI SUISSE vendredi, 19.07.2013

5 réponses »

  1. Le renversement de valeurs auquel on assiste aujourd hui en France est siderant. Cela montre a quel point certaines elites sont aux abois. Les masques tombent .

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  2. Vingt députés et sénateurs signant cette stupidité et cette atteinte
    pure et simple au droit du pays en question, en l’occurrence la Suisse ?

    C’est la démonstration que la notion de démocratie à pris
    un virage totalitaire en France. C’est la démocratie du goulag !
    Bravo les mecs ! On se croirait à …. Vichy des « belles années » (sic)

    Quant à « l’image » de la France ? Et bien elle continue à s’écorner.
    C’est GRANDE MISÈRE !

    Que de destruction en aussi peu de temps ?
    Et dire qu’ils en ont ENCORE pour 4 ans ?
    Sans compter que l’autre truffe s’y voit pour 10 ans ?

    A la bonne notre les amis !

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  3. Sans chef que des petits chefs.

    Résultat, le merdel (bordel de merde).

    Trop rigolo de voir ces idiots (Etre dépourvus d’intelligence). Plus il y a de fonctionnaire et moins ça fonctionne. La France ne fait pas exception à cette règle malheureusement.

    Oui, oui nous allons voter oui à l’EU.

    Pas sûr.

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