A Chaud!!!!!

Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 24 Juillet : La récompense du crime par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 24 Juillet : La récompense du crime par Bruno Bertez

  Les dirigeants européens qui ont vendu leur âme au diable, c’est à dire la souveraineté de leur pays aux maîtres allemands, ont été récompensés. Il y a quelques mois, un deal sordide a été conclu entre les souverains et les vassaux. Dans sa mansuétude, le souverain a accepté de desserrer quelque peu le carcan budgétaire de ses sujets. Il a toléré que les objectifs de réduction des déficits ne soient pas tenus ; il a accepté le dérapage des calendriers. Des pays comme la France en ont été parmi les premiers, et si l’on ose dire, les heureux bénéficiaires. Hélas, quand on pactise avec le diable, chacun sait qu’il faut une longue cuillère. En échange de ce délai de grâce, les Allemands ont exigé que leurs vassaux mettent en œuvre un plan de réformes structurelles dictées par eux-mêmes. C’est ainsi que vous avez vu passer les prémices de la destruction de la politique familiale française, les ballons d’essai de la réforme des retraites, sans compter, bien entendu, le pilonnage d’artillerie lourde sur tout ce qu’il pouvait y avoir de volontariste dans les actions gouvernementales françaises, pilonnage en règle sur les incitations fiscales contenues dans les niches du même nom.

Les vassaux viennent d’être récompensés. Ils ont maintenant le droit de dire, comme Moscovici vient de le dire ce mercredi matin, que nous sommes en train de sortir de récession. L’arrêt de la dégradation de la situation économique des pays vassaux est quasi mathématique. Et sinon quasi mathématique, du moins mécanique. Si vous ralentissez les plans d’austérité, il est évident que vous arrêtez d’aggraver la récession. Pas besoin d’être keynésien pour comprendre cela, lui-même, l’homme de la rue, le comprend. Nous sommes donc dans une sorte de palier, dans une zone de stabilisation temporaire.

 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT:

Les indices Markit PMI qui viennent de sortir confirment ce que l’on savait déjà au sentiment, au doigt mouillé. Les indices pour l’Europe entière sont un peu meilleurs que prévu. Sans être reluisants, pour un pays comme la France, le Markit manufacturier ressort à 48,3 contre 47,2 et le Markit des services à 49,8 contre 48,4. On est non seulement au plus haut depuis la présidence de Hollande, mais on est aussi au-dessus des attentes, ce qui, vous le savez, pour les marchés, est essentiel. L’indice européen manufacturier repasse au-dessus des 50 à 50,1, c’est la première fois depuis février 2012. Le composite services est à 49,6 contre 48,3.

 

En clair, la situation a cessé de se dégrader. Il y a même une toute petite ébauche d’amélioration, mais attention, le côté positif ne se trouve pas du côté des périphériques et des vassaux, il se trouve du côté du souverain allemand qui lui enregistre une véritable remontée étonnante.

 Il faut admirer le sens politique et tactique de Merkel. Elle devrait prendre en stage de formation les malheureux débutants que sont Hollande et Ayrault. Elle est en campagne électorale, une campagne terrible et elle a réussi, tout en imposant ses vues à long terme aux autres pays européens, elle a réussi à se ménager une plage d’amélioration pour son pays, plage d’amélioration qui ne va peut-être pas suffire à lui donner une victoire, mais qui va lui faciliter les choses. Voilà du beau travail. C’est même un coup de maître. Lâcher un tout petit desserrement de l’austérité et obtenir en échange une perte de souveraineté à long terme de ses partenaires, le tout avec un sentiment économique légèrement porteur, il fallait le faire. Chapeau.

Ce sont les Français qui, évidemment, font les frais, ou vont faire les frais de ces transactions honteuses. Ils vont avoir un petit répit dans l’austérité, quelques mois, et en échange, ils vont favoriser la réélection (éventuelle) de Merkel. Cette Merkel et ces Allemands qui, comme vous le savez, ne leur veulent que du bien.

Si Merkel parvient à réunir une majorité, ce sera non seulement la continuité, mais le renforcement de la ligne suivie jusqu’ici. Tout ce qui n’a été qu’austérité cosmétique en Italie et en Espagne par exemple, sera dénoncé et aggravé. On sait que, dans ces pays, l’Allemagne ferme les yeux sur le caractère bidon de l’austérité et des réformes. Elle accepte de ne pas voir qu’une grande partie de l’activité échappe maintenant aux statistiques par le recours au marché noir. Elle accepte de ne pas voir que les dépenses publiques ne baissent pas et que les débudgétisations creusent les trous, loin des regards officiels.

Le secteur bancaire est totalement complice. Il est également très satisfait de cette situation. Les banques adorent la ligne Merkel évidemment puisque c’est cette ligne qui garantit la répression financière des citoyens et du secteur privé productif à leur profit. Par ailleurs, la position de Draghi qui garantit, dans ce contexte, la poursuite des largesses et des assurances, de Draghi qui multiplie les cadeaux pour obtenir un dégel du crédit leur convient fort bien. Ne croyez pas que les banques ne sont pas reconnaissantes, elles contribuent. Leur contribution au statu quo et à la reconduction de la ligne Merkel se manifeste par le comportement positif des marchés. On facilite les échéances de l’Espagne et de l’Italie. Ce qui est facile, puisque l’on sait que l’on a le filet de sécurité de Draghi, et on se permet même d’imprimer un sentiment légèrement positif sur les marchés d’actions qui, comme chacun sait, sont le baromètre de l’activité économique, n’est-ce pas.

BRUNO BERTEZ Le Mercredi 24 Juillet 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON:

   NI PUB, NI SPONSOR, NI SUBVENTION, SEULEMENT VOUS ET NOUS….SOUTENEZ CE BLOG FAITES UN DON

Image d’aperçu

4 réponses »

  1. Kleptocratie, kleptocratie…
    Nos politiques sont ils à ce point idiots ou … Consentants,
    Un peu des deux mon général Merkel !!!!

    J'aime

  2. La ligne « Siegfried » versus « la ligne Maginot » ?

    Tiens, ça m’rappelle qq chose ? Mais quoi donc ?

    Une chose est sur, je m’souviens qu’entre les deux,
    il y a eu pas mal de dégâts ? Et même … pas mal de morts !

    Mais non, je dois me tromper ? Ils peuvent quand même pas nous refaire c’te coup là ?

    Si ? Kikadit SI ? Trublion va !

    J'aime

  3. Oui, mauvaise langue, mauvais vranzais!

    De Paul Manning, in Martin Bormann:Nazi in Exile, 1981, p271

    « Flora Lewis, writ­ing from Paris in the New York Times of August 28, 1972, told of her con­ver­sa­tion with a French pub­lisher: ‘It would not be pos­si­ble to trace own­er­ship of cor­po­ra­tions and the power struc­ture as in the United States. ‘They’ would not per­mit it. ‘They’ would find a way to hound and tor­ture any­one who tried,’ com­mented the pub­lisher. ‘They’ seem to be a fairly small group of peo­ple who know each other, but many are not at all known to the pub­lic. ‘They’ move in and out of gov­ern­ment jobs, but PUBLIC SERVICE SERVES TO WIN PRIVATE PROMOTION RATHER THAN THE OTHER WAY AROUND. The Gov­ern­ment ‘con­trol’ that prac­ti­cally every­one men­tions can­not be traced through stock hold­ings, reg­u­la­tory agen­cies, pub­lic deci­sions. It seems to func­tion through a maze of per­sonal con­tacts and tacit under­stand­ings.’ The under­stand­ings arrived at in the power struc­ture of France reach back to PREWAR DAYS, were con­tin­ued dur­ing the occu­pa­tion, and have car­ried over to the PRESENT TIME. Lewis, in her report from Paris, com­mented fur­ther: ‘This hid­den con­trol of gov­ern­ment and cor­po­ra­tions has pro­duced a gen­eral unease in Paris.’ Along with the unease, the fact that France has lin­ger­ing and seri­ous social and polit­i­cal ail­ments is a residue of World War II and of AN ECONOMIC OCCUPATION THAT WAS NEVER REALLY TERMINATED WITH THE WITHDRAWAL OF GERMAN TROOPS BEYOND THE RHINE ».

    (moi qui souligne; incidemment, si c’est avéré, remet aussi quelque peu en question l’idée reçue d’un étatisme congénital de la France; en effet quoi de plus indiqué qu’une machine d’Etat pléthorique pour cacher les petits secrets)

    J'aime

  4. La reprise de Moscovici!

    Une tendance au ralentissement de la dégradation économique se dessine. Il faut s’en réjouir. Il convient cependant de la relativiser et de ne pas entretenir de faux espoirs, du moins à ce stade. Les erreurs de calcul économique coutent chers pour les entreprises qui constituent des stocks qui deviendront des surplus, engagent des investissements qui seront inemployés ou même pour les particuliers qui joueront les cigales.

    L’indice Markit PMI analysé ci dessus reste médiocre sinon mauvais et il n’y a pas de consistance autre que la pause dans les actions budgétaires de rééquilibrage.

    La confiance des Français est au fond de l’abime, leur pouvoir d’achat ne progresse pas, sauf pour les fonctionnaires qui tournent l’austérité par la débauche de primes dites de technicité, et la création de crédit continu de chuter.

    Ce que l’on ne vous dit pas, c’est que l’Allemagne n’a entrepris aucune mesure correctrice: On lui demandait de faire un peu plus de demande interne, et bien non, elle ne l’a pas fait, tout comme ses amis d’Europe du Nord. SI ils vont mieux, eux , ce n’est pas parce que leur demande interne a progressé , c’est parce qu’ils ont compensé la chute de la demande interne euro, celle des périphériques, par un effort accru à la grande exportation. Donc aucun bénéfice pour les pays déficitaires. Compte tenu de la situation tendue du commerce global, on peut s’attendre à ce que cette pression accrue de l’Allemagne et de ses amis sur le marché mondial amène des mécontentements, sinon des rétorsions.

    La situation européenne reste à la fois très déséquilibrée et très mauvaise.

    On vient de publier la statistique de M3 pour Juin. Elle est toujours mauvaise. La hausse n’est que de 2,8% sur 1 an. On continue de ralentir. Pire la création de crédit privé, recule de 1,6% contre une baisse de 1,1% en Mai, cela veut dire, avec cette 14e baisse mensuelle consécutive, que la crise reste intacte: Aucun dégel.

    L’espoir des responsables de la conduite des affaires est que les agents économiques vont compenser la baisse de leur pouvoir d’achat, la hausse du chômage et l’austérité des finances publiques par le recours accru au crédit, cet espoir ne se concrétise pas.

    Draghi a beau pédaler comme un dératé pour avilir la qualité des papiers que la BCE met dans son bilan, peu importe, cela ne joue pas; pas plus sur l’offre que sur la demande de crédit. Tout ce que cela fait, c’est pourrir un peu plus le bilan de l’institut d’émission garant de la monnaie.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s