A Chaud!!!!!

Brèves de trottoirs du Dimanche 13 Octobre 2013: Pétrole sur un air(nerf) de la guerre

Brèves de trottoirs du Dimanche 13 Octobre 2013: Pétrole sur un air(nerf) de la guerre

Il est parfois bon de s’arrèter sur les bas cotés…

Les cours du pétrole évolue dans un contexte fortement à  risque et ceci mème si la reprise des discussions entre les Etats Unis et l’Iran aboutit à des sanctions allégées pour celle ci, plus d’1 million de barils par jour pourraient revenir ainsi sur le marché, cependant ce retour devrait s’inscrire dans la durée tant le sous-investissement dans ce pays a été important. Dans les faits de nouvelles sources d’inquiétude prennent le relais.

Malgré le retour sur le marché d’une partie de la production libyenne – en effet, la production est passée de 200 000 barils/jour à plus de 600 000 barils/jour et cinq terminaux d’exportation (sur neuf) sont dorénavant opérationnels,pour rappel, la capacité de production du pays est de 1,6 million de barils/jour ; on est encore loin d’un retour à la normale. D’ailleurs, nombre d’opérateurs pétroliers jettent l’éponge tant les conditions de sécurité sont mauvaises. Exxon réduit son personnel présent dans le pays et Marathon chercherait à céder ses participations en Libye. Les sites pétroliers à l’Ouest de la Libye se sont bien remis au travail mais le fait que l’Est traîne des pieds est inquiétant, car outre le fait qu’il s’agisse de près des deux tiers de la capacité de production du pays, il semblerait que des velléités pour plus d’autonomie fassent partie des revendications.

En Irak le régime de Bagdad voit d’un très mauvais oeil le démarrage imminent des exportations directes de la province semi autonome du Kurdistan vers la Turquie, sur lesquelles elle n’aura pas de contrôle. Plus inquiétant cependant est l’attentat terroriste dans la capital de la province irakienne du Kurdistan, Erbil. En effet, cette province fait partie des rares endroits où l’on pourrait avoir une forte progression de la production de pétrole conventionnel encore exploitable (et de manière rentable) par des sociétés privées. Cette province avait été jusqu’ici épargnée des tensions meurtrières sunnites/chiites comme dans le reste de l’Irak ainsi que de l’intrusion de réseaux djihadistes ; il n’y avait d’ailleurs pas eu d’attentat depuis 2006. Une crainte supplémentaire pour l’approvisionnement futur ?

Au nigeria un rapport,  affirme que plus de 100.000 barils de pétrole brut sont volés quotidiennement au Nigeria.  Le pays est le 13ème producteur de pétrole au monde et il exporte plus de deux millions de barils de pétrole brut par jour. Mais depuis des années, des bandes organisées de voleurs pompent directement le pétrole des pipelines et interceptent les livraisons de pétrole qui sont organisées dans le delta du Niger, transférant le pétrole sur des barges et des bateaux. Une partie de ce pétrole est ensuite raffiné et revendu localement, tandis que le reste, soit près de 90%, est exporté sur des navires plus grands.

In fine, il y a suffisamment d’inquiétudes concernant des pays producteurs/exportateurs de pétrole pour qu’une prime de risque demeure.

La Chine quant à elle travaille toujours à diversifier ses sources d’approvisionnement de brut. En effet, l’opérateur pétrolier CNOOC et la société canadienne de transport ferroviaire CN Railway étudient la possibilité de transporter par train du pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’au port de Prince Rupert au nord de la Colombie Britannique avant transbordement sur des tankers vers l’Asie. Cette idée est tout à fait rationnelle mais prendra du temps à aboutir tant les permis environnementaux sont devenus difficiles à obtenir dans cette partie du globe.

On notera également que la demande aux Etats-Unis continue d’être bien orientée avec une croissance de 2,9% au cours des 4 dernières semaines et que les actifs de production en Amérique du Nord continuent d’attirer les foules. En effet, le polonais PKN a acheté le canadien TriOil présent dans l’Alberta pour 184 millions de dollars (prime de 31%) et Repsol (Espagne) chercherait une proie de 5 à 10 milliards d’USD à absorber en Amérique du Nord. La croissance de la production en Amérique du Nord et les conditions de travail hautement favorables qui y sont attachées réduisent l’impact des tensions au Moyen Orient et incitent de plus en plus de sociétés à rediriger leurs forces vers cette zone. La dernière mise aux enchères au Brésil (champ pétrolier offshore de Libra) n’a pas non plus attiré autant d’intérêt qu’auparavant. Alors que le pays s’attendait initialement à recevoir une quarantaine d’offres, ce ne sont finalement que 11 dossiers qui ont été déposés

L’exploitation de pétrole et gaz de schiste, en plein développement, représente une menace pour les pays exportateurs de pétrole du Golfe en termes de parts de marché et d’influence géopolitique, estiment des experts.

Un influent prince saoudien, le milliardaire Al-Walid ben Talal, a tiré la sonnette d’alarme en soulignant en juillet que la demande mondiale sur le brut était en «baisse continue» et évoquant la menace présentée par les hydrocarbures de schiste. Mais le pétrole du Golfe ne semble pas menacé à moyen terme avec le maintien de la croissance en Asie qui dope la demande sur l’énergie. «A moyen terme, l’Arabie saoudite maintiendra une position centrale sur le marché pétrolier mondial qui sera déterminée à la fois par l’offre et la demande», a noté le Fonds monétaire international dans une récente note sur le royaume. L’Arabie saoudite jouit notamment d’un statut de producteur d’appoint, en mesure d’augmenter ou de réduire la production, affectant ainsi l’équilibre et les cours sur les marchés.

L’Arabie saoudite a exporté pendant les 10 premiers mois de 2012 environ 1,4 mbj de brut aux Etats-Unis, soit 16% des importations de ce pays dont le premier fournisseur est le Canada.

En 2012, les pays asiatiques ont absorbé 54% des 7,5 mbj de brut exportés par l’Arabie saoudite.

«La demande sur le pétrole saoudien et du Golfe restera probablement forte à moyen terme en raison de la croissance asiatique», estime Monica Malik, chef économiste de la banque d’investissement EFG-Hermes Emirates.Mais «la dépendance d’une seule région comporte des risques en cas de ralentissement économique», prévient-elle.

L’expert pétrolier koweïtien, Kamil Harami, voit en revanche la menace du schiste se matérialiser rapidement pour les pays arabes pétroliers, y compris l’Irak, qui détiennent 40% des réserves mondiales. «Les producteurs du Golfe vont être affectés à court terme plutôt qu’à moyen terme», a affirmé cet expert, les Etats-Unis devant devenir le premier exportateur mondial de pétrole en 2017 et atteindre l’indépendance énergétique d’ici 2030.

L’exploitation du schiste s’est développée rapidement aux Etats-Unis dont les réserves de pétrole de schiste atteignent 58 milliards de barils, selon l’US Energy Information Administration. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) place les réserves américaines de pétrole de schiste au deuxième rang mondial après celles de la Russie (75 milliards de barils).

Les Etats-Unis détiennent aussi 665.000 milliards de pieds cubes de gaz de schiste techniquement exploitables, selon l’AIE, ce qui les place au quatrième rang mondial derrière la Chine, l’Argentine et l’Algérie. «Près du tiers de la production de gaz du Qatar allait aux Etats-Unis mais cela s’est arrêté» en raison de l’essor de la production locale, souligne M. Harami. La production de brut des Etats-Unis a atteint les 7 mb/j grâce au pétrole de schiste alors que ses importations ont baissé au dessus de 8 millions de barils par jour.

EN BANDE SON: 

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