Bitcoin et Monnaies virtuelles

La Semaine de Philippe Béchade 24/11/2013

La Semaine de Philippe Béchade 24/11/2013

Adieu à la “Volcker Rule”

La Fed a indiqué qu’elle souhaiter reporter d’une année — de juillet 2014 à juillet 2015 — l’application de la “Volcker Rule”, qui visait à mieux séparer les activités banque de détail/banque d’affaires.

Ce report serait destiné à peaufiner le projet selon la version officielle… Mais chacun sait qu’il s’agit d’achever de la vider de toute substance, conformément à l’intense lobbying auquel se livre le secteur bancaire aux Etats-Unis depuis quatre ans — à coup de millions de dollars et de soutien sans faille aux campagnes des parlementaires “réceptifs” aux doléances de tous ces pauvres brasseurs d’argent, harcelés par les velléités régulatrice des ronds-de-cuir de Washington.

La Volcker Rule — à laquelle nous pouvons déjà dire définitivement adieu — avait été élaborée au lendemain du cataclysme de 2008. Son but était d’éviter que de nouveaux errements spéculatifs n’entrainent la faillite d’établissements financiers gérant des montants d’épargne très importants. Ces derniers servent aujourd’hui encore de garantie à des activités à haut risque poursuivies à l’insu des déposants.

Les Bitcoins explosent

Bitcoin. Pour rappel, il s’agit de cette fameuse monnaie électronique virtuelle et décentralisée, créée en 2009 par un as des mathématiques et des protocoles informatiques sur réseaux cryptés à accès nodal — il s’est fait connaître du grand public comme concepteur de l’architecture et du logiciel sous le pseudonyme de Satoshi Sakamoto, avant de disparaître des forums en juillet 2010.

Sa monnaie a atteint ce lundi un nouveau sommet historique à 620 $ sur le site d’échanges Mt.Gox. Elle a ensuite reperdu 15% en quelques minutes puis rebondi vers 600 $ en moins de temps qu’il n’en faut pour achever une nouvelle transaction… c’est-à-dire 10 minutes (le délai constant et incompressible lié aux exigences de sécurité de la cryptographie asymétrique).

 Le Bitcoin a plus que doublé en une dizaine de jours ; il a vu sa valeur en dollar multipliée par quatre en un mois et par sept depuis début juillet.

Cependant, l’envolée des dernières heures s’apparente réellement à une “panique à la hausse” de type “tulipomania”… A la différence que l’on peut profiter du Bitcoin en toute saison pour effectuer des transactions financières et commerciales hors de contrôle des changes et de façon parfaitement anonyme (un véritable fantasme de lessiveurs d’argent sale) et qu’il n’a besoin ni d’eau ni d’engrais.

Sa valeur relative est totalement aléatoire, comme nous le constatons. Elle devient fantastiquement spéculative avec l’émergence de tout un écosystème d’options (call et put) qui rend en fait totalement impossible toute possibilité de règlement à terme d’une transaction.

En effet, un Bitcoin — ou sa plus petite subdivision au 100 millionième — vaudra toujours un Bitcoin (ou 0,0000001Btc). Mais 1 000 euros en Bitcoins le 18 novembre 2011 (il valait alors un peu moins de deux euros) sont devenus 250 000 euros ce 18 novembre 2013.

Un QE à l’européenne ?

Pour couvrir le bruit des craquements sinistres, Victor Constancio (un membre de la BCE) a affirmé  qu’un “QE à l’européenne” est possible mais que les modalités pratiques restent à déterminer. Autrement dit, on en discute entre nous, mais c’est juste histoire de causer, il n’y a rien de fait, il reste à déterminer si c’est faisable etc.

Beaucoup d’économistes penchent en faveur d’achats directs de dettes d’entreprises plutôt que d’un QE. En effet, le rachat de dettes d’Etat est une stratégie que l’Allemagne a toujours combattue, même au plus fort de la crise grecque en 2010 puis des pays périphériques (Portugal, Espagne, Italie) en 2012.

Le vrai scoop, nous le tenons de la bouche de Jean-Claude Trichet. Si nous étions vraiment en phase de sortie de la crise, la BCE aurait cessé ses injections quotidiennes illimitées au profit des banques italiennes et espagnoles.

En ce qui concerne la problématique si complexe de la parité de l’euro (on le supporterait au-delà des 1,50 $ dans les pays du nord, on le rêve entre 1,10 et 1,20 $ au sud des Alpes et des Pyrénées), M. Trichet propose également une solution particulièrement originale et séduisante : l’instauration d’un système de parités fixes entre les principales devises de référence, en commençant par l’euro-dollar.

N’importe quel économiste ayant digéré et intégré le corpus théorique de “l’école autrichienne” estimera que l’ex-président de la BCE — privé de sa dose quotidienne de langue de bois et de discussions serrées avec les conseillers d’Angela Merkel — ramollit du bulbe.

Ou alors il essaye de nous dire quelque chose !

Belles histoires aux Etats-Unis

Nous critiquons, nous critiquons… mais en même temps nous ne savons trop comment qualifier la conjoncture aux Etats-Unis.

La Maison Blanche et Wall Street nous vantent un marché immobilier en plein essor et une consommation soutenue… mais les stocks des entreprises américaines ont progressé de 0,6% en octobre (au lieu de 0,3%) suite au ralentissement des ventes de détail. Parallèlement, les reventes de maisons anciennes chutent de 3,2% de façon inattendue selon la NAR (Association américaine des agents immobiliers).

Tout ce que nous savons de façon certaine, c’est que le pouvoir d’achat de la classe moyenne américaine continue de se désintégrer. Le degré de découragement chez les demandeurs d’emplois est encore plus élevé que fin 2008 à mi-2009. Enfin, le taux de circulation de l’argent dans l’économie réelle est au plus bas depuis 30 ans.

Mais aux Etats-Unis, il y a toujours de l’espoir et de belles histoires pour occulter ce qui précède… notamment le boom du gaz de schiste dans le Nord Dakota. L’immobilier s’envole, les vendeurs de voitures font fortune, les restaurants poussent comme des champignons… La prostitution tente de suivre le rythme (forer des puits, installer des centaines de kilomètres de lourdes canalisations, c’est plutôt un métier d’homme).

Voilà la version façon 21ème siècle de la ruée vers l’or.

Mais l’analogie ne s’arrête pas là ! Il y a 150 ans, ce sont surtout les vendeurs de pioches et les saloons qui faisaient fortune… pendant que les orpailleurs, confrontés aux rigueurs de l’hiver (sous la bourrasque et les pieds dans l’eau glacée), ne parvenaient souvent à collecter que quelques malheureuses pépites.

La différence avec le gaz de schiste, c’est que tout le monde en extrait, et en grande quantité… Résultat, le prix du mètre cube s’effondre alors que plus on avance dans le temps, plus les forages et l’adduction d’eau deviennent onéreux !

Essayez donc aujourd’hui de trouver une jeune major qui soit rentable.

Essayez donc de trouver des nappes phréatiques exploitables là où la fracturation hydraulique a été pratiquée de façon intensive.

Là où passent les foreuses, l’herbe ne repousse pas : il n’y a plus d’eau !

SOURCE ET REMERCIEMENTS : CHRONIQUE AGORA

 http://la-chronique-agora.com/

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