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Courrier d’Electeur: A propos, toujours et encore de l’austérité! (Avec commentaire de Bruno Bertez)

Courrier d’Electeur: A propos, toujours et encore de l’austérité! (Avec commentaire de Bruno Bertez)

Un lecteur nous écrit:

« Je ne comprends pas vos attaques contre « l’austérité ». Vous préconisez quoi? Je vous assure que pour moi, ce n’est pas clair. Le contraire de l’austérité n’est-ce pas l’endettement, la planche à billets? »

Notre réponse :

Le contraire de l’austérité, ce n’est pas la planche à billets mais:

  • -Les réformes.
  • -La restructuration du stock de  dettes.

Et si on a le courage, la fin de la monnaie unique par création d’un euromark pour les pays du nord, ceux du sud gardant l’euro actuel faible.

 Le FMI, les USA, l’OCDE, SUMMERS, STIGLITZ pensent comme nous!

La raison en est que ce que l’on appelle le multiplicateur fiscal est supérieur à 1, ce qui signifie que quand on fait une austérité de coefficient 1,  l’impact sur l’activité nationale est très supérieure à 1 donc le ratio de dette au lieu de baisser augmente.

Avant, on croyait que ce ratio était inférieur à 1. Depuis les travaux de Blanchard du FMI on sait que le multiplicateur est très supérieur à 1.

L’austérité c’est donc une erreur, une faute et une injustice !

Les solutions?

  • -Réformes structurelles du welfare (Etat Providence).
  •  -Suppression des rigidités du marché du travail, abandon du salaire minimum qui gèle le marché du travail.
  • – Baisse du salaire réel, mais on laisse également les prix baisser librement, on cesse de s’opposer à la déflation.
  •  -Réforme fiscale pour cesser de privilégier l’endettement dont l’intérêt est déductible des impôts.
  • – Réduction du nombre d’improductifs, des takers, recul de l’état partout, source de rigidités.
  •  -Réforme de la charte de la Banque Centrale.
  • – Restructuration des dettes, moratoires, rééchelonnements

Cela serait un bon début, après on verra si on le courage d’organiser la fin de la monnaie unique!

A PROPOS PAR BRUNO BERTEZ

 La baisse du salaire réel n’a rien à voir avec ce que veulent les très grands patrons du Medef soucieux de copier l’Allemagne des années 30 et encore la docilité salariale de l’Allemagne actuelle.

Non. Notre baisse des salaires part de deux constats simples: 

-Nous avons perdu en compétitivité sur le marché des biens  internationalement échangeables parce que nos salaires totaux, directs et indirects sont trop élevés, il faut regagner des marchés et le faire sainement, pas par des subventions et béquilles qui faussent tout, comme le font les gouvernements successifs. Il faut reconnaitre que l’on ne peut pas payer plus que ce que valent les produits que l’on cherche à vendre. 

-Le maintien à haut niveau – au plan international- de salaires rigidifiés par le cliquet du  SMIC empêche ceux qui voudraient travailler de proposer  leur travail sur le marché. Ceci est socialement infâme et en outre augmente les charges de la nation qui les entretient. Infâme parce que cela fait des gens exclus du marché du travail des parias sociaux . 

Nous sommes persuadés que la rigidité actuelle des salaires est l’une des causes à la fois de l’affaissement de l’économie française et en même temps du chômage. 

Notre proposition est tout sauf une proposition de régression sociale car elle n’a de sens que si on cesse de s’opposer à la baisse des prix naturelle produite par la progression de la productivité. Et si en même temps on libère les forces productives, l’investissement etc. 

La politique actuelle de lutte contre la déflation, c’est à dire de lutte contre la baisse des prix, ne profite qu’à la kleptocratie, laquelle est très endettée. Si les prix venaient à baisser sous l’influence des gains de productivité, nos kleptos  seraient balayés, le poids de leurs dettes augmenterait. Les banques centrales et les gouvernements disent qu’ils luttent pour la croissance, mais c’est faux, ils luttent pour fabriquer de la hausse des prix afin que le poids dettes des ultra-riches  ne s’alourdissent pas. 

Le jeu naturel des prix se ferait à la baisse si on cessait de pratiquer des politiques d’inflation forcée. 

Ce qu’il faut restaurer, par la liberté des prix c’est le libre jeu des prix relatifs. En bloquant les uns par les régulations et réglementations et en faisant monter artificiellement les autres par la monnaie et le crédit, on désajuste tout. L’allocation du capital, des ressources et des revenus deviennent une usine à gaz inefficace. 

En fait ce que nous proposons c’est une vérité des prix et des salaires, persuadés que nous sommes, que seul ce retour nous ramènera la prospérité. 

Il est évident que la transition sera perturbante pour ne pas dire douloureuse, mais au moins, à l’inverse de l’austérité, elle débouche sur quelque chose de plus adapté, une base pour repartir.

31 réponses »

  1. Le bons sens… et pourtant cela semble tellement loin !
    Pour moi, la seule « solution » réaliste passe par petite réforme structurelle du marché du travail et du welfare state et grosse inflation !

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  2. La baisse du salaire réel n’a rien à voir avec ce que veulent les très grands patrons du Medef soucieux de copier l’Allemagne des années 30 et encore la docilité salariale de l’Allemagne actuelle.
    Non. Notre baisse des salaires part de deux constats simples:

    -Nous avons perdu en compétitivité sur le marché des biens internationalement échangeables parce que nos salaires totaux, directs et indirects sont trop élevés, il faut regagner des marchés et le faire sainement, pas par des subventions et béquilles qui faussent tout, comme le font les gouvernements successifs. Il faut reconnaitre que l’on ne peut pas payer plus que ce que valent les produits que l’on cherche à vendre.

    -Le maintien à haut niveau – au plan international- de salaires rigidifiés par le cliquet du SMIC empêche ceux qui voudraient travailler de proposer leur travail sur le marché. Ceci est socialement infâme et en outre augmente les charges de la nation qui les entretient. Infâme parce que cela fait des gens exclus du marché du travail des parias sociaux .

    Nous sommes persuadés que la rigidité actuelle des salaires est l’une des causes à la fois de l’affaissement de l’économie française et en même temps du chômage.

    Notre proposition est tout sauf une proposition de régression sociale car elle n’a de sens que si on cesse de s’opposer à la baisse des prix naturelle produite par la progression de la productivité. Et si en même temps on libère les forces productives, l’investissement etc.

    La politique actuelle de déflation, c’est à dire de lutte contre la baisse des prix, ne profite qu’à la kleptocratie, laquelle est très endettée. Si les prix venaient à baisser sous l’influence des gains de productivité, nos kleptos seraient balayés, le poids de leurs dettes augmenterait. Les banques centrales et les gouvernements disent qu’ils luttent pour la croissance, mais c’est faux, ils luttent pour fabriquer de la hausse des prix afin que le poids dettes des ultra-riches ne s’alourdissent pas.

    Le jeu naturel des prix se ferait à la baisse si on cessait de pratiquer des politiques d’inflation forcée.

    Ce qu’il faut restaurer, par la liberté des prix c’est le libre jeu des prix relatifs. En bloquant les uns par les régulations et réglementations et en faisant monter artificiellement les autres par la monnaie et le crédit, on désajuste tout. L’allocation du capital, des ressources et des revenus deviennent une usine à gaz inefficace.

    En fait ce que nous proposons c’est une vérité des prix et des salaires, persuadés que nous sommes, que seul ce retour nous ramènera la prospérité.

    Il est évident que la transition sera perturbante pour ne pas dire douloureuse, mais au moins, à l’inverse de l’austérité, elle débouche sur quelque chose de plus adapté, une base pour repartir.

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  3. Non, ce retour nous amènerait à la misère, non pas celle des kleptos , qui sont protégés et possèdent des réserves, mais celle des plus fragiles d’entre nous, ce qui n’est pas acceptable, même pour ramener une pseudo prospérité qui serait celle des plus forts. La théorie des avantages comparatifs fondant la mondialisation est tout simplement mortifère; M Allais l’a démontré surabondamment et pour ma part , je n’en démords pas.

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    • THERE IS NO ALTERNATIVE !!!! A moins que vous ne préfériez Zenith voir le FMI à Paris et la France bientôt subir le sort peu enviable de la Grèce ! Que cela vous plaise ou pas importe peu nous n’en sommes plus à l’heure des choix mais au rassemblement des forces vives pour recréer de la prospérité économique pour éviter que cela soit la misère pour tous !!!

      Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort… Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche !
      Relisez nous ou évitez de le faire si cela fait ombrage à votre conscience.

      Quand la France ira à la coupe du monde de football elle n’imposera pas ses règles elle se contentera d’appliquer celles existantes en essayant d’en tirer parti à son avantage… Et bien c’est pareil avec la mondialisation nous ne nous plaçons pas là (dans cet article) dans une critique fondamentale du système qui nous a été imposé par d’autres, nous disons simplement : voilà essayons d’être les meilleurs et jouons suivant les règles qui nous ont été données….même si elles ne nous conviennent pas.

      Pas la peine de se référer à Allais pour savoir que la théorie des avantages comparatifs est une justification théorique (peaufinée par Samuelson et Krugman s’appuyant sur Ricardo) après coup de la mondialisation voulue et portée par les US (et accessoirement la Chine) pour masquer une hégémonie et un impérialisme économique et militaire ! Mais qu’importe la mondialisation est là et elle est là pour durer, son autre version encore moins sympathique s’appelle la guerre !

      Dernier point nous ne raisonnons jamais en termes de coopération choisie et ordonnée mais en termes de rapports de forces à l’œuvre à un moment donné cherchant à en mesurer la valeur et l’étendu… Au librement consenti nous répondons : dialectique des plaques !

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      • A mon sens, vous perdez votre temps à préconiser une solution ou une autre, rien ne bougera réellement avant la chute du système financier mondial, et la destruction des économies qui se sont vendues aux financiers. Une période d’immense misère s’annonce pour les peuples; le peuple français en particulier, qui a déjà dépensé la richesse sensée être créée par les enfants de ceux qui ne sont pas encore nés.
        Et il serait fort heureux, un véritable cadeau de la Providence Divine, qu’au chaos ambiant, nous n’ajoutions pas la guerre civile, la guerre civilisationnelle et la guerre globale….

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        • Voici exactement l’argumentaire apocalyptique utilisé par le système financier kleptocratique actuel pour justifier que l’on le renfloue à tout bout de champ…: sans nous cela serait le déluge ! A mettre au même rang et niveau que les apôtres de la décroissance se fondant sur des prévisions souvent erronées pour justifier d’une plongée dans le moyen âge…

          Cependant bien que je ne partage pas vos affirmations nihilistes et survivalistes le risque d’un embrasement général n’est pas à exclure mais c’est à mettre plutôt au rang des probabilités qu’au rang des certitudes….Ce qui fait entre nous une différence de taille!

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          • Non, ce n’est pas l’argumentaire utilisé par le système financier pour justifier quoi que ce soit, il s’agit simplement de faits. Osez donc affirmer que le système peut ne pas tomber ! Avec ou sans intervention, avec ou sans angélisme, il ne saurait faire autre chose et vous le savez aussi bien que moi ! La seule issue possible est une remise à plat immédiate de tout le système, et que ceux qui ont failli soient mis eux-mêmes en faillite et hors d’état de nuire. Et cela est bien contre le système que vous me voyez défendre ! Et vous savez aussi que personne ne fera cela.
            Ceci dit, restez lucide aussi sur les risques et dangers de conflits, ils sont au moins aussi forts et patents qu’avant 1939. D’ailleurs les financiers auront sans doute la tentation d’y recourir pour sauver leur cause… et ils ont des moyens que peu d’autres ont !

            Enfin, après ce probable conflit ( j’estime à moins d’un chance sur dix la probabilité d’y échapper ) nous auront probablement un âge d’or, dans tous les sens du terme; je vous souhaite par ailleurs d’en connaître le début !

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  4. le smic a 1430 euro , 1800$ est un suicide économique face aux concurrents qui dévaluent , faisant de l’euro , non monnaie aux mains des banques centrales concurrentes , une monnaie d’import massif de produits de meme gamme qui massacre l’UE , sauf les allemands qui sont libre de fixer les salaires sans le smic , dans des secteurs a concurrence vive , déjà confier l’euromark depuis 10 ans à un pays sans salaire minimum est une idiotie et stupidité sans nom . de toute façon la seule option pour la france de survivre c’est de sortir de ce piege euro , que les enarques et mitterrand ont eux meme fabriqué , paraitil c’etait pour endiguer et diluer l’allemagne dans la masse europeiste , erreur fatale . bonne journée

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  5. on devrait aussi se demander pourquoi il est aussi difficile de baisser les charges sociales sur le travail.on sait tous a quelles minorités profite le crime,le scandale de L’UIMM n’a laissé aucune trace,aucune réforme.Hollande continue de se concerter avec ces minorités nuisibles uniquement,donc peu d’espoir d’amélioration…le problème en france est que le cout de la vie est devenu exhorbitant par rapport aux revenus des gens normaux.l’endettement a règlé le problème dans un premier temps,et après?un moratoire sur les dettes comme aux usa?

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  6. Si vos préconisations n’ont pas pour appellation « austérité », qu’elle définition en donnez vous ? Vos « solutions » auxquelles j’adhère entièrement relèvent bien pour moi de l’austérité, ou alors la définition qu’on lui donne n’est pas la même.

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    • Ce n’est absolument pas en tous les cas la vision de l’austérité made in Bruxelles qui préconise et promeut l’inflation à tout crin des actifs via la planche à billet et la déflation interne façon Laval pour le plus grand bonheur des gouvernements en place, des banques et des ultrariches et pour le plus grand malheurs des populations et des entrepreneurs ! Voir par exemple ce qui se passe en Espagne actuellement…

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    • Il vous suffit de changer de définition et … de lire attentivement
      et, si vous êtes ce que j’appelle quelqu’un de bonne volonté qui aime penser juste, alors nous serons sur la même longueur d’onde.

      je vous en prie, lisez, ce projet n’est pas un projet d’austérité comme les défendent les peine-à jouir plus ou moins fascisants, non c’est un projet de transition vers la prospérité dans la liberté.

      On ne construit rien sur le mensonge et les artifices.

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  7. Bonjour,
    Avec la bulle immobilière les ménages français, les plus jeunes et ceux qui élèvent en ce moment des enfants se sont endetté pour acheter de l’immobilier. Souvent sur des période longues.
    Une déflation des salaires aurait deux conséquences:
    -> la chute des prix de l’immobilier par ajustement sur le pouvoir d’achat (et je ne compte la hausse des taux qui va forcement arriver a un moment ou l’autre)
    -> la difficulté a rembourser les mensualités des prêts.

    Il me semble difficile de réaliser une déflation généralisée dans cette situation, elle aménerai à la fois de l’insolvabilité et de la dépréciation d’actifs immobilier au poins de se retrouver avec des patrimoines « négatifs » (plus de dettes que la valeur de leur bien) pour beaucoup de jeunes ménages.

    Cordialement.

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    • Sauf que la déflation salariale elle est déjà en cours sur fond d’inflation immo, énergétique et alimentaire ce qui signifie à moyen terme une situation à l’espagnole : la saisie d’un grand nombre biens immo par les banques pour la plus grande joie de fonds d’investissement qui les mettront à la location pour les toujours plus nombreux nouveaux pauvres…C’est pourquoi déflation générale il doit y avoir pour que cela ne soit pas toujours les mêmes qui y laisse leur chemise et pour repartir avec une situation assainie !

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    • @David

      Votre commentaire illustre bien ce que je dis en fin de texte, à savoir que la transition d’un monde fondé sur le mensonge, les béquilles, le crédit, la dette, les fausses valeurs, les manipulations , les pertes de liberté sera difficile, perturbante et douloureuse.

      Hélas, c’est la loi de la vie. Actuellement les épargnants qui avaient compté sur leurs économies pour se faire des revenus et une retraite complémentaires sont spoliés. C’est la vie. Mais est-il juste que ceux qui s’endettent fassent un profit tombé du ciel par l’inflation crée par la politique monétaire? Est-il juste qu’ils paient des taux négatifs? Qui a autorité pour dire ce qui est juste, ce qui est bien et ce qui est mal? Vous? Hollande? Draghi? En tous cas, pas moi. Je n’ai pas cette prétention.

      Le monde des délices empoisonnés de l’inflation n’a qu’un temps, le temps de l’accoutumance.
      Avez-vous déjà aidé un drogué à se désintoxiquer? C’est le même genre de conversation; cela va faire mal et oui, mais avant cela a fait un bien artificiel et aliénant et avec le courage et l’aide, après c’est merveilleux d’en sortir.

      La vérité des prix des paramètres essentiels de l’économie n’a rien à voir avec l’austérité, cela a à voir avec la « sustainability », la durabilité et la solidité.

      Je n’ai pas choisi la globalisation, c’est une donnée.

      La globalisation fixe un prix mondial moyen des biens et services et par conséquence un prix moyen des salaires à compétence et technicité équivalente.

      On peut s’écarter de ce prix par des béquilles, des subventions, ce que l’on entreprend en ce moment en France.

      On peut surpayer, bonifier les salaires, en obligeant le capital à s’investir avec un taux de profit moindre que le taux de profit des concurrents mondiaux, c’est ce que l’on fait en France depuis très longtemps. Mais cela se traduit par des délocalisations, des fuites de capitaux, des investissements productifs insuffisants et in fine des embauches et créations d’emplois insuffisantes également, Le chômage c’est cela.

      Présenté autrement, le travail dans nos sociétés est une marchandise. Je suis le premier à le déplorer mais je n’y peux rien, c’est comme vis à vis de la globalisation. Si cette marchandise n’est pas à son prix alors l’ajustement se fait par la quantité. C’est cela la dure loi de l’économie.
      En fait l’offre d’emplois en France est rationnée, dans la proportion de la quantité de travail qu’il est rentable d’employer. Le prix du travail fixé au-dessus du prix auquel il est rentable d’employer, produit le chômage. On n’embauche pas pour perdre de l’argent et si ce que l’on achète, le travail, se paie au-dessus du prix auquel on peut l’utiliser de façon profitable, on n’embauche pas.

      La vie économique n’est pas morale, elle ne fait pas de sentiments. On est efficace ou pas, voilà la règle de survie.

      Cependant je ne pense pas que la liberté des prix retrouvée sur le travail, les marchandises, les prix des biens et services de l’état etc, je ne pense pas que ceci produise une baisse du niveau de vie au contraire. je crois qu’après la phase de transition/désintoxication, la prospérité reviendra très vite et le niveau de vie fera un bond en avant considérable.

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      • Je me demande s’il ne faudrait pas trouver un terme différentiel pour cette tentative actuelle de maintien par la planche à billet des valeurs des actifs. L’inflation, la vraie, celle qui est générée par la vitesse rotation de la monnaie, n’est elle pas dans sa définition assez différente?

        Si les Etats voulaient vraiment cette inflation là, il suffirait de redonner du cash au bon peuple. Baisse d’impôts, subventions directes (parents, vieux, étudiants…les prétextes ne manquent pas). La totalité serait répartie dans l’épargne au début puis au fur et à mesure dans l’économie jusqu’à ce que l’on arrive à notre bon vieux 10%/an…

        C

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      • Bonjour Mr Bertez,
        je vous remerçie pour votre réponse, à la fois pour le contenu mais aussi pour le temps et le soin que vous y avez apporté.
        Je ferais un parallèle au niveau de la « désintoxication » avec le marché automobile.
        Les politiques ont dopé ce marché avec des subventions ou par une réglementation « consumériste » (contrôle technique) pendant prêt d’une décennie.
        Une fois les primes a la casse abandonnées, étonnamment le marché s’effondre pendant plusieurs années. C’est la fin de la demande subventionnée, et la désintoxication est difficile.
        Je trouve personnellement ces interventions du politique dans l’économie dangereuse, car en maintenant une demande artificiellement on s’expose à un creux majeur quand la stimulation s’arrête .
        Au final on a fait quoi ?
        on a fait rajeunir le parc automobile, on a dépensé de l’argent public et on a crée les conditions d’une dégringolade du marché quand tout ceci deviendrait insoutenable pour les dépenses publiques.
        On sais que ce sont les grosses instabilités qui nuisent le plus aux entreprises, elles oscillent entre sous-capacité et sur-capacité avec les coûts d’adaptation que cela entraine.
        J’ai la conviction que si les politiques n’avaient pas voulu « aider » l’automobile, l’automobile s’en porterai mieux aujourd’hui.
        Et les finances publiques aussi.

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  8. L’austérité actuelle n’est pas une austérité de marché. C’est une austérité forcée. Ne pouvant dévaluer l’euro, on dévalue le salaire. On pousse l’inflation, on touche pas les salaires. et l’appauvrissement qui en résulte correspond à l’austérité made in Bruxelles.

    L’austérité de marché correspond au réajustement permanent du marché. Si les entreprises Françaises avaient des salaires plus faible, le cout de production serait plus faible. Mais il existe un « temps de latence » dans tout réajustement. Le temps que les prix réajustement à la baisse, alors que les politiques actuelles sont inflationnistes, c’est comme passer la marche arrière alors qu’on roule à 160km/h sur l’autoroute.
    La voiture va d’abord devoir s’arrêter.

    Bref le temps de latence va fabriquer entrainer d’énormes difficultés, mais contrairement à la grèce, cette période serait plus courte, beaucoup plus courte si faite naturellement.
    Si c’est le marché qui décide de baisser les salaires, c’est que l’offre et la demande en a besoin pour s’équilibrer. C’est donc dans le but de l’équilibre de marché. La déflation actuelle est réalisée dans le but de gérer les dettes sans baisser les dépenses publiques, et sans réformer le statut de l’état, des services d’état et des fonctionnaires. Les fonctionnaires sont des salariés que l’état a acheté moralement par la promesse du maintien de l’emploi à vie. Si cela ne perturbe pas un marché qui doit être le plus « liquide » possibe….
    Bref, pour revenir à l’austérité, il y en a plusieurs sortes selon moi. Et comme dans beaucoup de domaine, la méthode naturelle reste la meilleure car:
    Plus courte
    Plus pérenne
    Plus de chance de retrouver une croissance (puisque nous sommes quand même partie à ce rythme pour nous retrouver dans un creux qui pourrait avoir al forme de celui du Japon.. même si personne ne parle de planche à billet en Europe, on peut penser le contraire en regardant le bilan de la BCE et les agrégats monétaires….

    A ce rythme, il faut être réaliste. La France sera un pays pauvres en moins de 10 ans. On dit actuellement « les fortunes cherchent à quitter la France ». Mais demain, ce ne seront plus les « fortunes » mais les cadres supérieurs, qui s’expatrieront pour améliorer leur qualité de vie et vendre leur compétence. Il faudra bientôt même se former à l’étranger. Car c’est jolie d’offrir un système « scolaire » gratuit, mais faut il encore que sa performance soit au niveau voir un cran au dessus pour bien des raisons. Et cela fait plusieurs décennies que la formation, du primaire aux universités, c’est dégradée, et notre niveau s’est vu rattrapé par d’autres pays.
    La France ne forme plus des cadres enviés dans bien d’autres pays. Nous ne faisons plus recette comme on dit.

    Les cadres supérieurs bilingue ou trilingue quiteront bientot le pays si on arrête pas la voiture.

    C’est là ou on touchera du doigt les limites du système « appauvrir les riches pour soutenir le niveau de vie des pauvres ». Ce sont toutes les limites du modèle dit « à la Française » qui a voulu offrir une qualité de vie aux Français dont nous n’avions pas les moyens. On a voulu mettre en pratique un rêve non réalisable. Tout le monde le sait et personne ne dit rien. Mais il faut être réaliste.

    Olivier

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    • La distinction que vous faites entre l’austérité de marché et l’austérité des eurocrates pour ne rien changer et payer les dettes est très pertinente, merci de nous l’avoir explicitée.

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  9. Il faudrait surtout faire passer la dépense privée qui est minoritaire devant la dépense publique.Et ré-introduire une monnaie saine fondée sur l’or ou l’argent…

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    • Et pour cela il faudrait, il faut, la base même de tout changement, sans lequel il n’y aura aucun espoir pour notre pauvre hexagone: le recul de l’Etat.

      On peut gloser des heures (ou années) durant, mais la pierre angulaire du marasme actuel, bien au delà de la (des) consanguinité(s) Ena/médias/UMPS/UE/Banksters/CAC40… est la croyance inébranlable et absolue que l’Etat sait, peut et doit!

      L’Etat omnipotent, omniscient, qui créé risques, confusion, instabilité, erradique les libertés (voir l’insee et les radars….), est dans son essence l’outil d’asservissement des peuples, y.c des fonctionnaires qui n’ont pour la plupart aucun autre choix de vie.

      Imaginons juste que Hollande ait promulgué à sa prise de pouvoir: « nous ne modifierons pas les règles fiscales sur les 5 prochaines années »: Science-Fiction n’est ce pas? Il faut montrer que l’on doit/sait par nature faire et ordonner à l’économie, quitte à aller d’échec en échec. Pourtant quel impact cela aurait eu, un vrai choc de compétitivité !

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  10. Merci pour cet article, et merci pour certains commentaires très élaborés et pertinents (Zoltis…), une question cependant. Concernant ce qu’apprête à faire l’Allemagne, c-à-d. l’adoption d’un smic au niveau national, serait-ce là une idée « suicidaire », dont les effets se ressentiraient dans une dizaine d’années par exemple?

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    • @Randy

      C’est une question importante et il convient de ne pas répondre à la va vite.

      L’Allemagne comme la Suisse est engagée dans un processus de banalisation, elle perd peu à peu une partie de sa spécificité. Mais le mouvement est lent, très lent. C’est une évolution générationnelle qui correspond à un double processus d’intégration:

      -intégration européenne
      -intégration globale et à la culture anglo- saxonne.

      Les forces conservatrices, incarnées, symbolisées par la Bundesbank, reculent doucement.

      L’instauration d’un salaire minimum correspond à une revendication de l’Internationale Socialiste, comme en Suisse.

      On ne sait pas si cette instauration va être immédiate comme le réclame le SPD ou étalée comme le veut la CDU/CSU.

      Une chose parait sure, cela se fera.

      Le niveau fixé de 8,50 euros est raisonnable , mais il va cependant pénaliser beaucoup de petits business qui vont soit hausser leurs tarifs, soit licencier. En clair soit cela est inflationniste, soit cela est producteur de chômage.

      Le plus important, c’est l’avenir.

      Toute conquête dite « sociale » crée une référence et cela va faire tache d’huile, peu à peu le processus va gagner et s’amplifier. On n’en restera pas là. Les rigidités vont gagner du terrain, la souplesse Allemande va régresser. Le système de négociations contractuelles salariales va s’en trouver affecté.

      Merkel n’est pas conservatrice allemande, c’est une bête politique qui vient de l’EST,

      Elle ne croit à rien, on me dit qu’elle n’est même pas patriote. Elle roule pour Merkel , un point c’est tout.

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  11. juste une question concernant l’inflation voulue par Bruxelles, que pensez-vous des taux actuels qui passent sous les 1% actuellement pour beaucoup de pays en Europe. Cette baisse est-elle ponctuelle ou amenée à durer? avec une inflation de 0.6% les taux réels ne sont pas du tout négatifs contrairement à ce que tout le monde pense et ceux qui se sont endettés ne réalisent plus des profits tombés du ciel bien au contraire.!!

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    • Ca me parait clair, cela reflète parfaitement l’incapacité des politiques monétaires actuelles à tenir une inflation (ce qui est pourtant clairement le but des politiques monétaires menées actuellement). A contrario les US tiennent l’inflation POUR LE MOMENT. C’est ce que répète B.B (Bertez et non bernanke hein..) depuis un moment. On lutte contre des forces déflationnistes. Donc on est obligé de mettre les bouchées double pour avoir un poil d’inflation….. Si l’inflation continue la baisse il y aura action de la BCE donc ce sera encore pire….. après. La faible inflation est donc ammenée à durer ou pas, cela dépendra des actions des banques centrales. En théorie elle devrait durer, s’aggraver sauf à ce que les BC mettent en place des actions « palliatives » car il faut les appeller ainsi, pour maintenir l’inflation.

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  12. Il ne peut pas y avoir d’inflation en période de crise éco comme nous la connaissons où tout est tiré par le bas, d’autant plus que l’argent des QE (mode us ou Europe) n’est pas injecté dans le circuit général mais seulement dans l’intra bancaire. A mon avis, l’inflation n’est pas pour demain.

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  13. Bruno Bertez, je trouve que vous jouez un peu sur les mots : vos réformes 1, 2, 3 et 5 (sur 7) au moins me semblent à moi bel et bien de l’austérité… à moins que vous appeliez ça de la rigueur. en tous cas, ça promet des serrages de ceintures pour pas mal de gens dans ce pays. Et je ne dis pas que vous ayez tort, loin de là.

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  14. En effet j’ai voulu le partager avec vous car je pense que c’est un point important à comprendre et à analyser dans l’articulation actuelle des finances et de la politique. L’économie va pas mal parce qu’on lui a fait du mal.
    On voit d’ailleurs aux commentaires et n’y voyez surtout rien de péjoratif, mais plus un système est compliqué, plus le nombre de personne qui ne s’y intéresse pas ou qui ne le comprenne pas sont nombreuses. L’économie n’est pas une matière très enseigné en France. Les générations des 35/45 ans n’ont pas reçu une formation économique dans le système scolaire général. La nébuleuse économique qui échappe au commun des mortels, au même titre que la nébuleuse politique.
    On rencontre donc une réelle difficulté à faire passer une information. Ce soir à la télé on parlait du niveau scolaire Français encore en baisse, mais un indicateur de culture général et de compréhension de texte (ce qui d’ailleurs est évalué et est en forte baisse) serait intéressant, j’ose imaginer la dégradation que l’on constaterait. Est ce voulu? on va finir par le croire. On détruit pour reconstruire comme on le souhaite des enfants formater à la gouvernance mondiale. Bref, sans être parano on peut réellement se poser la question…

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