Commentaire de Marché

Les politiques keynésiennes de planification monétaire centrale, c’est-à-dire de manipulation, des banques centrales sont la cause de la non-prévisibilité croissante des marchés financiers depuis 2007

Les politiques keynésiennes de planification monétaire centrale, c’est-à-dire de manipulation, des banques centrales sont la cause de la non-prévisibilité croissante des marchés financiers depuis 2007

Depuis 2007, la plupart des marchés financiers sont devenus de moins en moins prévisibles en raison des politiques keynésiennes de planification monétaire centrale, c’est-à-dire de manipulation, des banques centrales. Et cela n’est pas prêt de changer puisque lesdites banques centrales sont, quoi que certaines en disent, incapables de revenir à des politiques moins interventionnistes et moins laxistes sauf à provoquer l’effondrement de la pyramide mondiale du crédit qu’elles soutiennent de façon de plus en plus instable. Ce qui signifie qu’elles maintiendront très longtemps leurs taux courts voisins de zéro.

Sans revenir sur la question du prix de l’or (et de l’argent-métal), dont tout le monde sait maintenant qu’il n’est plus fixé librement et donc qu’en acheter (ou d’ailleurs en vendre puisqu’ils se sont pour le moment stabilisés) est devenu depuis plusieurs années le meilleur moyen de se ruiner lentement mais surement; les prix des actions, qui ne baissent toujours pas significativement alors que l’économie réelle est en stagnation-récession-déflation dans de plus en plus de pays et que les tensions géopolitiques internationales deviennent explosives, défient toute logique.

A l’évidence, parce que ce sont principalement les banques centrales qui les soutiennent du fait de leurs politiques de création monétaire artificielle massive ou d’achat direct desdites actions et de leurs dérivés. Lesquelles ne font pas repartir la croissance économique et ne résorbent pas le chômage de masse (« trappe à liquidités » oblige) mais maintiennent le plus longtemps possible la bulle boursière pour entretenir l’illusion de la pseudo efficacité de leur planification monétaire centrale (tout en maintenant sous perfusion un peu plus longtemps les banques « too big to fail » dont les titres sont sur-évalués, ce qui leur évite d’avoir à se déclarer en faillite).

Il y a en revanche un paramètre que les banques centrales peuvent de plus en plus difficilement manipuler ce sont les taux d’intérêt à moyen et long terme, parce que leur fixation dépend de la réalité ou de l’absence de croissance économique et des anticipations ou des non-anticipations inflationnistes (mais aussi du risque croissant de chute des marchés d’actions dont il importe logiquement de se protéger au fur et à mesure qu’ils explosent à la hausse), c’est-à-dire en dernière analyse de la recherche par les épargnants-investisseurs d’un placement à taux fixe le moins risqué possible quand tous les autres apparaissent comme de moins en moins rentables et/ou de plus en plus risqués. Et non pas comme le croient certains analystes du niveau d’endettement des Etats ou des agents économiques (exemple: les taux japonais à 10 ans sont les plus bas du monde développé alors que l’endettement du Japon est le plus élevé). C’est donc « l’euthanasie du rentier » qui le pousse à acheter les obligations d’État.

L’Europe étant précisément entrée dans une « japonisation » accélérée, du fait de l’inadéquation structurelle de l’euro qu’elle persiste à conserver contre vents et marées et de la mondialisation sauvage contre laquelle elle persiste à ne pas se protéger raisonnablement, dont la combinaison hautement toxique jointe à la politique faussement restrictive de la BCE (exemple: les LTRO et les achats de dettes) qui la tue et au vieillissement de la population européenne qui limite son potentiel de croissance, il est tout à fait normal que les taux à moyen et long termes européens chutent et donc que les obligations d’État européennes montent(même si les dettes publiques européennes ne se réduisent pas).

Étant donné que les autres principaux pays du monde, et les USA aussi, sont sur la même pente de stagnation-récession-déflation, la chute des taux d’intérêt à moyen et long termes de ces pays et des USA devrait s’accélérer pour se rapprocher de leurs taux courts, et entrainer ainsi une hausse durable de leurs obligations d’Etat, que l’on achète parce qu’elles sont devenues le seul actif permettant des gains en capital appréciables et non pas pour les intérêts qu’elles rapportent. Ainsi que les Japonais le font depuis des années avec leurs propres obligations d’État, dont l’achat leur a permis de placer leur épargne le moins mal possible, alors même que les actions japonaises chutaient et que le prix de l’or en yen japonais restait déprimé que cette monnaie monte ou baisse.

Autre leçon à tirer de la situation japonaise passée et présente, c’est que l’inflation monétaire (à ne pas confondre avec le renchérissement des prix de certains biens et/ou services) ne se décrète pas, même si de plus en plus de liquidités artificielles sont créées par les banques centrales, étant donné que les banques privées ou commerciales cessent de prêter à l’économie réelle lorsque les taux d’intérêt sont trop bas pour rémunérer leur risque de prêt et que les agents économiques cessent d’emprunter lorsque la stagnation économique se généralise (« on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif »). Autrement dit, personne ne connait quelle sera la fin de l’expérience keynésienne de planification monétaire centrale en cours depuis 2007 qui peut aussi bien entretenir une très longue déflation (avec tendance à l’inversion de la courbe des taux dans laquelle les taux à moyen terme peuvent même passer sous les taux à court terme, un signal imparable de récession économique prolongée) tant que la mondialisation sauvage ne sera pas remise en question, comme se transformer un jour lointain en hyper-inflation si la perte de confiance dans la valeur des monnaies de papier venait à globalement disparaitre.

Pour conclure, comme il résulte des manipulations des banques centrales que la plupart des modèles habituels ne fonctionnent plus (du style: la création monétaire excessive conduit à l’inflation ou les actions baissent quand les économies sont en récession), la gestion de portefeuille s’apparente inévitablement depuis 2007 à la prise de paris successifs hautement incertains qui se traduisent généralement par des pertes financières. En attendant que les limites naturelles des politiques de manipulation des banques centrales soient atteintes, ce dont on pourrait ne plus être très loin (cas de la Federal Reserve US dont le Quantitative Easing va bientôt se terminer) même si elles vont continuer de bluffer (cas de la BCE qui fait croire qu’elle va entrer dans un Quantitative Easing massif alors que les traités européens et l’Allemagne le lui interdisent et dont les achats d’ABS ne serviront pas à faire repartir le crédit commercial), il faudra tenter de limiter les risques de pertes (plus facile à écrire ou à dire qu’à faire) en se plaçant long et/ou short sur plusieurs actifs de façon encore plus systématique qu’actuellement. C’est en octobre-novembre 2014 que nous escomptons une amélioration significative de nos positions actuelles parce que c’est à ce moment-là que les actions US sont le plus susceptibles de chuter et les obligations d’Etat US de monter.

Graphique du S&P des actions US:

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Pas de véritable amélioration de l’emploi aux USA, donc aucun risque de relèvement des taux courts US :

http://www.moneynews.com/StreetTalk/unemployment-jobs-labor-market-workers/2014/09/05/id/592802/

http://www.zerohedge.com/news/2014-09-05/labor-participation-rate-drops-back-lowest-1978-people-not-labor-force-rise-record-9

http://www.moneynews.com/StreetTalk/pimco-bill-gross-credit-growth-economy/2014/09/03/id/592292/

Risque de décrochage important de l’or et de l’argent-métal à la baisse du fait de la hausse du dollar US:

http://www.moneynews.com/Markets/Gold-Strong-Dollar-Demand/2014/09/04/id/592711/

http://news.goldseek.com/GoldSeek/1409925600.php

http://finance.yahoo.com/news/why-goldmans-gold-man-recommends-131214592.html

http://www.advisorperspectives.com/dshort/guest/Chris-Kimble-140902-Gold-Update.php

kitco-Gold-1

kitco-Silver-1

La récession-déflation s’aggrave en même temps que l’inversion de la courbe des taux se confirme, ce qui signifie que les actions devraient baisser et les obligations d’État monter:

http://www.bloomberg.com/quicktake/deflation/

http://www.newsmax.com/Finance/treasury-bonds-muni-government-yield/2014/09/04/id/592548/

http://www.moneynews.com/StreetTalk/Hedge-Funds-bullish-Treasurys/2014/08/29/id/591732/

Important:

http://www.clevelandfed.org/research/data/yield_curve/

http://bts-banque.nursit.com/Taux-courts-taux-longs-courbe-des

http://www.zerohedge.com/news/2014-08-26/treasury-curve-collapse-signals-multiple-expansion-exuberance-over

http://www.project-syndicate.org/commentary/stephen-s–roach-warns-that-anemic-growth-is-leaving-developed-economies-vulnerable-to-a-recessionary-relapse

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140905tribe6040a3e6/mario-draghi-ne-peut-guere-aller-plus-loin.html#xtor=AL-13

La plupart des économies entrent en  récession:

https://fr.news.yahoo.com/les-abenomics-la-peine-au-070638581.html

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140830trib5b3c9a251/le-bresil-est-entre-en-recession.html#xtor=AL-13

La question ukrainienne est une tragédie qui se traduira par une rupture durable des relations US et européennes avec la Russie:

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