A PROPOS

A propos de Vivendi Par Bruno Bertez

A propos de Vivendi Par Bruno Bertez

Les lecteurs familiers de la chose financière ont bien compris que notre article récent sur la stratégie personnelle de Bolloré face à Vivendi n’était pas innocent. Nous voulions, comme on disait avant en finance,  « attacher un grelot ».

L’objectif de Bolloré est, avec 8% du capital de Vivendi, de capter, capturer à son profit tout la capacité d’intervention du groupe Vivendi. C’est la raison pour laquelle il ne veut pas distribuer le trésor de guerre: il le veut pour lui seul et sa famille.

Il n’y a rien de capitaliste dans la démarche de Bolloré, il suffit d’ailleurs de lire attentivement la réponse officielle de Vivendi/Bolloré au hedge fund qui se met en travers de ses ambitions. Ce que veut faire Bolloré est un abus de… minorité.

A la faveur du système français des copains, des coquins, du capitalisme cooptatif, du capitalisme monopolistique d’Etat incarné par les banques, il veut détourner l’argent présent, futur, la capacité d’endettement renouvelée de Vivendi, au profit de la clarification ultime de son groupe. Il veut s’en servir pour, enfin, réaliser ses rêves. De quel droit ? De quel savoir, de quelle légitimité, de quelle science, ose-t-il arguer de l’intérêt général des actionnaires, alors qu’il n’a explicité aucune stratégie crédible, aucun axe d’investissement rentable.

Faire un groupe français façon Bertelsman ? Il est bien tard, et puis comment ? Mais surtout est-ce le meilleur emploi des fonds? Le projet n’est-il pas plus politique que business? Bolloré a pris le contrôle du groupe Vivendi par  ce que l’on peut appeler une opération d’initié, puisque le manager qui lui a servi le groupe sur un plateau était son obligé et que Bolloré a pu directement et indirectement ramasser des titres bon marché à la faveur de son « initiation ». A notre avis, indirectement, Bolloré a plus que 8% du capital, nous faisons le pari qu’il y a des « portages »avantageux plus ou moins amis.

Le problème du soi-disant capitalisme français est « la triche ». On prétend être capitaliste, mais ce sont d’autres lois que celle du capital que l’on met en place, celles du capital, on les tourne et détourne.

Les investisseurs activistes n’ont pas bonne presse en France, normal, car les « images »sont faites par les médias et les médias appartiennent à des profiteurs comme Bouygues ou Bolloré qui ne sont pas capitalistes et qui, au contraire, ont tout à craindre du vrai capitalisme.

BRUNO BERTEZ Le Vendredi 27 Mars 2015 

illustrations et mise en page by THE WOLF

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4 réponses »

  1. J’imagine que vous appelez « vrai capitalisme » le capitalisme de productivité ? et non celui qui consiste a contrôler pour pouvoir pomper et siphonner la productivité.

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  2. ;-)))
    *odet

    >>>12636627 22:33 – 26.03.2015 0
    >>>>>>>>>>C’est dommage que ce ne soit pas son groupe…<<<<<<<<Moins d’un million et demi de titres par transparence…<*<Et c’est dommage qu’après avoir passer 30 ans à augmenter l’auto détention, il brade désormais les titres et augmente sans fin le flottant, diluant la participation familiale et fatalement en même temps celle des actionnaires de long terme…
    Le pilotage des actifs, c’est génial, mais pour les passifs, il est pas au top….
    Au demeurant, ce qui devient un swap HAVAS / VIVENDI me convient bien.
    Tant qu’à dépenser un milliard d’euros, je préfère avoir par transparence mon lot dans 600 millions de VIVENDI que dans 600 millions d’HAVAS.
    De toute façon, les 400 millions fichus par la fenêtre, ils sont envolés et il ne ne reviendront pas ….Et comme j’ai à peu près l’équivalent de 5.000 paquets de 100 ça me coûte à peu près par transparence 200.000 euros.

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  3. Vivendi , Bolloré augmente sa participation

    On apprend ce jeudi que Bolloré a augmenté sa participation déclarée dans Vivendi. Nous précisons, déclarée, car nous sommes persuadés que Bolloré détient indirectement, par portage ou options, plus de titres qu’il ne le dit.

    Il les a acheté à la faveur de la position d’initié qu’avait son ami Fourtou dans la société. Il avait intérêt à ce que ceci reste discret, cet intérêt disparait avec les contestations en cours.

    Les contestataires qui, en fait défendent les intérêts des minoritaires, voudraient s’opposer aux droits de vote double, ce qui est logique et sain. Dans le cas présent, on peut considérer que les droits de vote doubles sont un abus.

    Nous maintenons ce que nous avons analysé il y a peu, tout cela est très favorable aux minoritaires de Vivendi, il sera beaucoup plus difficile avec des opposants et de la publicité de réaliser les opérations de captation voire d’asset stripping que Bolloré veut faire.

    Nous vous conseillons par ailleurs de faire un inventaire des sociétés liées à la communication susceptibles d’interesser Bolloré à titre d’acquisition. Il y en a peu, et le secteur en terme stratégique n’est cher.

    Bolloré ne peut faire un groupe à la Bertelsmann en pure croissance interne!

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