Art de la guerre monétaire et économique

Les Rockefeller de Raqqa: le business du pétrole de Daech mis à nu

Les Rockefeller de Raqqa: le business du pétrole de Daech mis à nu

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© Sputnik. Mikhaïl Kutuzov  30.11.2015

Alors que les principales sources de revenu de Daech font toujours jaser, il faudra peut-être poser crûment la question: qui s’emploie à faciliter le transport du pétrole brut volé? Et où ce brut finit-il en fin de compte?

Jusqu’à récemment, ces actions étaient un secret de polichinelle. Les alliés occidentaux de la Turquie taisaient pudiquement l’implication d’Ankara dans le trafic pétrolier de Daech, mais la presse a tout de même pu publier certaines informations. De jour en jour, les preuves se sont accumulées et il est désormais absolument clair que Daech est une sorte d’entreprise familiale pour le président turc et ses enfants — son fils Bilal et sa fille Sümeyye.

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 Plus tôt dans le mois de novembre, le chef d’Etat russe Vladimir Poutine a détaillé les progrès des opérations anti-djihadistes:

« Je vous ai montré des photos prises de l’espace, depuis un vaisseau spatial, qui attestent clairement de l’échelle du trafic illicite du pétrole et des produits pétroliers », a-t-il déclaré aux journalistes, en marge du sommet du G20 à Antalya.

Le même jour, les Etats-Unis ont détruit près d’une centaine de camions-citernes de Daech transportant de l’or noir. Puis, dans les deux semaines qui ont suivi, Moscou et Washington en ont détruit environs 1.300.

La route du pétrole de Daech

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Ici, il faut bien un éclairage en ce qui concerne cette « route du pétrole » de Daech. Ceyhan, ville portuaire dans la province d’Adana en Turquie, est justement le cœur de ces opérations de contrebande, hébergeant des terminaux d’où le pétrole kurde, juridiquement illégal, poursuit son chemin vers d’autres pays. Le pétrole est transporté dans des quantités dépassant un million de barils par jour, et vu que Daech n’a jamais été capable de vendre, en un jour, plus de 45.000 barils, il devient évident que la détection de telles quantités de brut ne peut pas être effectuée grâce à des méthodes de comptabilisation des stocks. Autrement dit, si le pétrole de Daech a été transporté via le port de Ceyhan, il était apparemment invisible.

Voilà donc où cela devient intéressant. Le portail Al-Araby al-Jadeed, basé à Londres, a réussi à reconstituer le trajet du brut de Daech, faisant référence à un représentant des services de renseignement irakiens.

« Après que le pétrole ait été extrait et embarqué, des véhicules transportant du brut part de la province de Ninive pour Zakho (une ville du Kurdistan irakien près de la frontière turque, ndlr), à 88 kilomètres de Mossoul. Arrivés à Zakho, les 70 à 100 véhicules sont accueillis par des représentants de la mafia faisant de la contrebande pétrolière, dont des Syriens, des Kurdes irakiens, ainsi que des Turcs et des Iraniens », explique-t-il.

Après, le responsable de ces opérations vend le pétrole au client qui a proposé le prix le plus élevé. En cela, la compétition parmi les groupes engagés est très élevée, et les meurtres parmi ces derniers sont assez fréquents.

 Ce client paie immédiatement entre 10 et 25% de la valeur du brut, en général le reste de la somme est payé par la suite. Les conducteurs cèdent leurs véhicules à d’autres chauffeurs disposant de tous les documents nécessaires pour franchir la frontière avec la Turquie, alors que les conducteurs « initiaux » reviennent, dans des véhicules vides, dans les territoires sous le contrôle de Daech.

Une fois en Turquie, les véhicules transportant ce trésor pétrolier poursuivent leur chemin vers la ville de Silopi où une personne connue sous les noms de Dr Farid, Hajji Farid ou bien Oncle Farid met finalement la main sur cet or noir. Et à l’intérieur du pays, le pétrole de Daech se confond avec celui vendu par le gouvernement régional du Kurdistan puisque les deux sortes sont considérées comme « illégales », « venues d’une source inconnue » ainsi que « non autorisées ».

Ensuite, les groupes pétroliers transportent le brut acquis à travers des ports turcs en Israël, le principal client de Daech en matière de pétrole. En cela, ces groupes qui achètent du brut du gouvernement régional du Kurdistan s’approprient inévitablement du pétrole de Daech, fait remarquer Al-Araby al-Jadeed.

Qui sont les médiateurs de Daech? 

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Comme le graphique ci-dessus l’indique, le pétrole vient directement depuis Ceyhan au port israélien de Ashdod mais une autre question se pose, notamment si Malte est également impliquée dans ce trafic illicite, du fait que la société de transport maritime appartenant au fils du président turc, Bilal Erdogan, se trouve sur l’île méditerranéenne.

​​D’après la presse turque, Bilal Erdogan possède la société de transport maritime BMZ Group qui a des amarrages spéciaux dans les ports de Beyrouth et de Ceyhan, depuis lesquels le pétrole de contrebande est transporté vers les consommateurs japonais.

Ces derniers mois, cette société, BMZ Group, a acheté deux navires, auparavant dans les mains de l’entreprise Palmali Denizcilik et dont le montant s’élève à 34 millions de dollars. Coïncidence? Peut-être. Mais il semble hautement probable que la famille Erdogan participe délibérément au trafic du brut de Daech, compte tenu de tous les trucs connus d’Ankara concernant le pétrole kurde illégal. C’est-à-dire, si Ankara vaque à transporter du brut kurde, pourquoi pas transporter celui de Daech via ces mêmes canaux?

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« Tout ce brut a été livré à la société qui appartient au fils de Recep Tayyip Erdogan », estime le ministre syrien de l’Information Omran al-Zoubi, cité par Zero Hedge. « C’est pourquoi la Turquie s’est soudainement inquiétée lorsque la Russie a commencé ses frappes aériennes contre les infrastructures de Daech et a détruit plus de 500 camions-citernes transportant du pétrole », poursuit-il.

En fin de compte, nous ne saurons peut-être jamais l’histoire complète, mais les faits connus nous poussent à supposer, au minimum, qu’Ankara non seulement approvisionne les djihadistes en munitions et financements, mais aussi ne manque pas d’assumer la tâche de facilitateur dans le trafic illicite de brut, les sociétés internationales comme celle de Bilal Erdogan et d’autres, achetant du pétrole kurde, figurant en tant que médiatrices.

A noté  que la fille du président, Sümeyye, mène une activité aussi intense que son père et son frère. Selon les médias, elle parraine un hôpital militaire dans le sud-est de la Turquie qui soigne des combattants de Daech transportés depuis la Syrie. Global Research News a obtenu ces informations d’une employée de l’hôpital sous couvert d’anonymat. La fille du président turc est également une personnalité politique connue.

​​Ainsi, les intérêts commerciaux et politiques des Erdogan sont liés à Daech de manière assez particulière. Le soutien politique de la Turquie a longtemps permis à l’organisation terroriste d’élargir son influence et d’occuper des territoires des pays voisins, alors que les revenus « blanchis » par les Erdogan revenaient dans le budget des djihadistes, les aidant à poursuivre leur expansion.

Il est évident que l’intérêt du président turc ne réside pas que dans le banal enrichissement. L’agent n’est ici qu’un moyen d’atteindre un objectif majeur qui est, selon les experts, rien d’autre que la reconstruction de l’Empire ottoman. Erdogan rêve de détrôner l’héritage de Kemal Ataturk pour lever sur la Turquie le drapeau vert de l’islam. C’est pourquoi il a besoin de Daech et du pétrole. Et la Russie a perturbé ses plans, ce qui explique sa colère.

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http://fr.sputniknews.com/international/20151130/1019933975/syrie-business-petrole.html#ixzz3t6VHyHrv

http://fr.sputniknews.com/presse/20151126/1019838757/erdogan-daech-petrole-ei.html#ixzz3t6c0QczL

EN BANDE SON : 

3 réponses »

  1. Se auquel nous sommes tous confrontés c’est n’est pas uniquement la mise a nu d’un petit business mais d’un forme générale de la pensée de nos élites de l’OTAN. Parce qu’on le veuille ou non nous sommes tous dans le même bateau au cas ou les choses viendraient a s’envenimer. Se qui n’est pas exclu. La bétise n’ayant pas de limite on est en droit de s’attendre a tout de la part des personnes que nous avons ou pas élu. Mais il est clair que se petit trafic mis a nu que la complicité, la corruption ainsi que toutes les autres plaies de notre société malade de se genre de méthode. Par que se genre de petit arrangement connu des uns et inconnu des autres a l’intérieur d’une même coalition de néolibéraux qui on déjà été prient la main dans le sac pour d’autre affaires scabreuses dans le domaine de la finance et surtout de la très hautes finances.
    Que la guerre soit financier ou géostratégique. La guerre reste la guerre et les moyens utilisés ont les mêmes objectifs. Détruire l’ennemi en le détruisant si possible avec les ressources qui auront été pillé ou les prêts toxiques qui les auront coulés.
    Là nous avons affaire a un cas de figure qu’il me semble important de préciser. Jusqu’a maintenant les gouvernements avaient suent se débarraser du problème en le mettant entre les mains de ceux qui les créaient. Les états on remis les clefs aux banques centrales et tous celle qui y sont représentés. En pouvant prétexter qu’elle n’avaient rien vue venir et que se n’était pas de leur fautes. Mais se coup ci il faut bien remarqué qu’il ont fait une bonne pioche avec Erdogan qui vient juste de mettre les pieds dans le plan. Et que se coup ci ce n’est pas uniquement les banques qui sont impliqués mais bien nos dirigeants. Se qui n’est plus la même chose. Mais il faut en conclure que les banquiers et nos dirigeants sont très lié entre eux par une méthodologie identique. Mensonge, connivence, cruauté, trahison et j’en passe tellement leurs pédigrées semble ne pas avoir de limites dans tout se qui peut être combines et magouille, escroquerie et autre associations de malfaiteurs. Mais il faut bien se rendre a l’évidence que Mrs le calife Erdogan as fait preuve avec ses complices,si il y a, d’un bon exponentiel dans la connerie humaine. Prendre le risque de déclarer une guerre pour quelques dizaine de Millard alors que sont banquiers en imprime 10 fois plus tous les ans.
    Mais la plus grave n’est pas encore se que je viens de décrire. Mais bien de ne pas comprendre comment une équipe qui veut gagner puisse s’entourer d’autant d’idioties et de perte de sang froid. C’est surtout cela qui me semble dangereux. Nos gouvernants semble tout a fait ravi de coopérer avec se genre de personnage, qui comme beaucoup d’autres servent beaucoup plus leurs intérêts que leur pays.
    Je me demande parfois si leurs objectifs n’est pas de provoquer la guerre pour pouvoir tout faire tomber. De toute façon cela appartient aux banques centrales, sous gouvernance d’état en cas de conflit. M’enfin vue la bande, le pouvoir qu’il possède et les tarés qui gravitent en altitude. Il me semble pas que nous soyons entre de bonne mains. Et puis c’est pas se genre d’incident qui va améliorer l’économie mondiale ni ralentir le fameux réchauffement climatique.
    C’est vrai que poutine me semble un peut plus réconfortants, il pattes pas les plombs aux moindre petit incident, c’est là guerre, et semble faire se qu’il dit et le faire dans l’intérêts de son pays de ses amis et allié. Se qui ne semble pas être le cas de notre coté. Ou c’est plutôt triche et cout fourré.

    La mondialisation ressemble beaucoup plus a une déshumanisation.

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