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Géopolitique Friction : Jusqu’où pourra nous mener le conflit syrien ?

Jusqu’où pourra nous mener le conflit syrien ?

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OilPrice.com Publié le 14 décembre 2015

Les affaires sont les affaires. Pourquoi donc ne pas acheter d’or  noir à Isis ? Les Russes ont accusé les Turcs de le faire, et il y a de fortes chances qu’Assad le fasse lui-aussi. Personne ne peut mener de guerre sans pétrole, comme l’a expliqué Robert Bensh, partenaire et directeur de la société pétrolière Pelicourt LLC. Mais alors que des voix parmi les plus politiquement absurdes se font entendre, les aspects les plus essentiels de l’affaire demeurent inconnus du public. L’idée qu’Isis représente un barrage contre l’expansion de l’Iran est-elle la raison pour laquelle l’Occident n’attaque pas l’Etat islamique sur son territoire ? Sans nation pour la contrôler, la menace est devenue hors-de-contrôle, et une guerre aux cibles ambigües commence à se développer.

A l’occasion d’un entretien exclusif avec James Stafford, de chez Oilprice.com, Bensh discute des sujets suivants :

  • Jusqu’où pourront aller, sur le plan économique, les tensions entre la Russie et la Turquie
  • Quels en seront les effets pour les pays qui se retrouveront au milieu
  • Ce que veut la Russie
  • Ce que veut la Turquie
  • Quels sont les autres aspects géopolitiques d’Isis
  • Pourquoi Isis ne peut pas être contrôlé
  • Quelles sont les différences entre les groupes Shiites radicaux
  • La possible réorganisation d’une partie significative de l’arène des puissances énergétiques
  • Pourquoi nous ne devrions pas prêter attention aux propos de certains milliardaires

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James Stafford: Une semaine après l’abattage par la Turquie d’un avion de chasse russe qui prenait pour cible les infrastructures pétrolières d’Isis au nord de la Syrie et l’imposition par la Russie de « mesures économiques » contre la Turquie, le Président russe Vladimir Poutine a déclaré que le « crime militaire » commis par Ankara ne serait pas pris à la légère et puni d’une simple « interdiction des importations de tomates ou d’une quelconque restriction sur la construction ou sur n’importe quelle autre industrie ». Poutine a également fait mention d’Allah, et noté qu’Allah « a peut-être choisi de punir la classe dirigeante de la Turquie en la privant de sa raison et de sa santé mentale ». Jusqu’où la situation pourra-t-elle aller sur le plan géopolitique ?

Robert Bensh : La Russie et la Turquie sont très interdépendantes en matière économique, notamment sur le secteur énergétique. La possibilité de voir coupées les lignes d’approvisionnement de gaz russe vers la Turquie n’a pas été mentionnée, et je ne pense pas que la Russie puisse se permette une telle mesure aujourd’hui. La Turquie est non seulement un client très important pour la Russie, elle est également un point de transit pour son gaz naturel.

James Stafford: Que veut la Turquie ?

Robert Bensh: Il serait plus intéressant de se demander ce que veut Erdogan. Poutine n’a pas si tort que ça de décréter qu’Erdogan a perdu la tête. Il n’est un secret pour personne qu’Erdogan ait des tendances quelque peu mégalomaniaques qui s’intensifient d’année en année. Il semblerait qu’il rêve d’un retour à l’Empire Ottoman – auquel cas Isis pourrait être un allié logique. Il est cependant évident que le groupe ne soit pas intéressé par soutenir un autre Empire Ottoman au contrôle d’un grand territoire Sunnite. Nombreux sont les Turcs qui ne partagent pas le rêve de leur chef d’Etat, et ses ambitions finiront par causer sa perte.

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Pour le régime turc, il y a également l’idée qu’Isis puisse lui offrir un pouvoir ostensiblement plus important face à la montée en puissance des Kurdes, aussi bien au sud-est de la Turquie qu’au nord de la Syrie ; et améliorer son statut face à l’Arabie saoudite qui, grâce à ses richesses pétrolières, est devenue de bien des manières plus puissante que la Turquie.

James Stafford: Ok. Alors que veut la Russie ?

Robert Bensh: Les souhaits de la Russie concernant la question syrienne sont moins ambigus : soutenir Assad et frapper Isis. Pour la Russie, il y a également là quelques angles « domestiques » à prendre en compte. La Russie a un problème d’extrémisme islamiste renaissant dans le nord du Caucase. Plus Isis gagne du pouvoir, plus la menace domestique croît. Deuxièmement, il ne faut pas oublier le pétrole et le gaz du bassin du Levant. L’Israël a déjà fait des découvertes aux importantes conséquences géopolitiques dans sa partie du bassin. Le Liban – si les législations nécessaires étaient mises en place – commencera également à explorer sa partie de ce territoire prolifique. La Syrie en possède également une partie, et la Russie a déjà reçu d’Assad l’autorisation d’explorer la région. Elle n’aura certainement plus ce droit sous le califat Sunnite d’Isis.

Le gaz réconcilie la Turquie et Israël

Parce qu’il y va de leur intérêt économique, Israël et la Turquie vont mettre fin à la crise diplomatique qui les oppose depuis cinq ans.

Au terme de cinq années de glaciation, les relations entre Israël et la Turquie sont en passe de revenir à un niveau normal. Ce rapprochement diplomatique entre Jérusalem et Ankara est spectaculaire. Mais logique. Car il intervient au moment où la Turquie, visée par des représailles économiques russes depuis que son armée a abattu un chasseur-bombardier Sukhoï, cherche désespérément de nouvelles sources d’approvisionnement en gaz. Or, l’Etat hébreu veut commercialiser les immenses réserves de ce combustible récemment découvertes au large de ses côtés. Il y a donc convergence d’intérêt entre les deux pays qui semblent prêts à oublier les divergences du passé.

La brouille entre Jérusalem et Ankara, qui se voyaient alors comme de véritables alliés partageant des secrets militaires et des opérations de renseignements, a éclaté en juin 2010 lorsque les commandos marins de l’Etat hébreu ont intercepté le «Navi Marmara», le navire amiral de la première «flottille de la liberté» affrétée pour briser le blocus israélien de la bande de Gaza.

Certes, les relations entre les deux pays s’étaient déjà dégradées avec l’arrivée au pouvoir de l’AKP, le parti de Recep Tayyip Erdogan qui dénonçait avec virulence les opérations militaires israéliennes à Gaza. Mais lorsque neuf Turcs sont morts durant l’abordage israélien du «Navi Marmara», la Turquie s’est retournée contre son ancien allié en exigeant une indemnisation financière pour les familles des disparus ainsi que la levée immédiate du blocus de l’enclave palestinienne. Cette dernière exigence était d’ailleurs présentée comme la condition sine qua non pour que les relations israélo-turques se normalisent.

De fil en aiguille, les deux pays en sont arrivés à rappeler leurs ambassadeurs. En 2012, Ankara a également entamé des poursuites judiciaires contre cinq officiers supérieurs israéliens dont quatre ont été condamnés par contumace en 2014. Sur l’insistance d’Ankara, la Cour pénale internationale (La Haye) a également ouvert une information préliminaire pour «crimes de guerre» visant les responsables de l’abordage du «Navi Marmara».

Loin de cette agitation, des émissaires des deux pays ont pourtant entamé des négociations secrètes afin de trouver une issue à la crise. Et c’est dans ce cadre que le nouveau patron du Mossad Yossi Cohen, flanqué de l’ancien directeur du ministère israélien des Affaires étrangères Joseph Ciakhnover, se sont rendus ce mercredi à Zurich pour y rencontrer discrètement Feridun Sirnilioglu, directeur général du ministère turc des Relations extérieures.

Les trois ont conclu un projet d’accord en plusieurs points que Benyamin Netanyahou et Recep Tayyip Erdogan doivent encore avaliser officiellement. Israël, qui avait déjà présenté ses regrets en 2013, créera un fond de vingt millions de dollars destinés à indemniser les familles des morts du «Navi Marmara». Quant aux ambassadeurs des deux pays, ils réintégreront leurs bureaux respectifs. De quoi faciliter les négociations qui s’ouvriront dans la foulée pour l’achat de gaz naturel israélien par la Turquie par le biais d’un nouveau pipe-line marin reliant la côte des deux partenaires commerciaux.

Le projet d’accord prévoit également qu’Ankara mettra fin à toutes les procédures engagées contre l’Etat hébreu et que la Turquie expulsera où empêchera d’agir Salah Al Arouri, un dirigeant du Hamas qui anime à partir du territoire turc une infrastructure opérationnelle en Cisjordanie.

Tant l’entourage de Benyamin Netanyahou à Jérusalem que celui de Recep Tayyip Erdogan à Ankara reconnaissent que ces avancées sont acquises. Cependant, même si le cadre général de la réconciliation entre Jérusalem et Ankara est fixé, plusieurs réunions confidentielles seront encore organisées pour fixer les détails de l’accord avant son annonce officielle.

Pour l’heure, plus personne ne fait mention de l’exigence turque de lever le blocus de Gaza. Le projet d’accord ne l’évoque d’ailleurs pas.

James Stafford: La Russie dit pouvoir prouver que la Turquie achète du pétrole à Isis. Pensez-vous que ces déclarations soient fondées ?

Robert Bensh: Je ne sais pas de quelles preuves parle la Russie, mais je peux vous dire ceci. C’est une déclaration qui a certainement un certain mérite théorique. Il est même fort possible qu’Isis ait vendu du pétrole au régime d’Assad en Syrie, bien qu’il lui soit opposé. Assad a besoin de pétrole, et Isis a besoin d’argent. Les affaires sont les affaires, même en temps de guerre, et même entre ennemis.

James Stafford: Ce que nous aimerions savoir, c’est la raison pour laquelle l’Occident fait preuve de tenue face à Isis. Les rapports sont conflictuels quant aux cibles des attaques aériennes, et nous ne parvenons pas à nous faire une idée claire de ce qui se passe.

Robert Bensh: Au final, tout est question de l’Iran et de l’équilibre de pouvoir entre les Shiites et les Sunnites. L’Occident se demande s’il doit attaquer Assad ou détruire le monstre qu’est Isis qu’il a lui-même développé pour détruire Assad – un monstre né des cendres de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, qui a mené au renversement de Saddam Hussein et a radicalement transformé l’équilibre Sunnite/Shiite dans la région.

James Stafford: Les pays occidentaux, ou l’OTAN, pourront-ils détruire Isis ?

Robert Bensh: Il serait plus simple de se demander su l’Occident a la volonté de s’opposer à Isis – du moins sur le territoire d’Isis.

James Stafford: Laissez-moi vous interrompre ici, parce que c’est ici que beaucoup de nos lecteurs se sentent perdu. Pourquoi ne semble-t-il pas y avoir d’efforts concertés de la part des pays occidentaux, à l’exception de vagues de bombardements aériens dont les cibles sont ambiguës ?

Robert Bensh: J’aimerais avant tout préciser que je ne suis pas un militaire. Ni un politicien, ni un diplomate. Je suis un homme d’affaires, et les hommes d’affaires observent les choses quelque peu différemment parce qu’ils ont besoin de pouvoir percevoir vers où se dirigent les évènements pour en déterminer les conséquences pour les investissements. Ce que je perçois aujourd’hui est une grosse dose d’incertitude quant à l’identité de l’ennemi – ou du « pire » de tous les ennemis.

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Il semblerait que beaucoup soient convaincus qu’Isis représente un barrage nécessaire face à la montée en puissance de l’Iran, et du pouvoir Shiite. Soutenir Isis ou l’attaquer à contrecœur est un moyen de maintenir l’Iran sous contrôle. C’est une erreur que l’Occident a déjà commise à de nombreuses reprises et dont il refuse de tirer des leçons. Quand Isis lancera une nouvelle attaque terroriste en Occident, il sera trop tard pour repenser cette stratégie. 

Il est toutefois quelque chose à côté de laquelle beaucoup passent dans leur observation cynique des alliances et des équilibres géopolitiques que se sont formés autour du principe « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » : l’Iran peut contrôler ses radicaux Shiites. Mais personne ne peut contrôler les rebelles Sunnites.

James Stafford: Pourquoi ça ?

Robert Bensh: C’est très facile à comprendre – et c’est aussi là une leçon de l’Histoire qui est continuellement ignorée. Les groupes radicaux Sunnites ont été utilisés à maintes reprises pour déstabiliser les régimes, et le modus operandi a toujours été de les laisser livrés à eux-mêmes. Ils sont armés, organisés de manière assez désordonnée, et laissés à leur propre initiative.

James Stafford: D’un point de vue géopolitique, pourriez-vous nous donner un exemple de la manière dont la menace représentée par Isis ou le conflit qui oppose la Russie et la Turquie pourrait s’élargir à de nouvelles alliances ou de nouveaux déséquilibres de pouvoir ?

Robert Bensh: Nous voyons aujourd’hui apparaître une nouvelle cartographie des relations géopolitiques. Et plus spécifiquement, de nouveaux agendas politiques – certains incohérents – devraient bientôt faire surface.

James Stafford: Nous savons que les relations entre la Russie et les Etats-Unis restent concentrées sur Assad et la question ukrainienne, et nous savons que les relations entre la Russie et la Turquie ont le potentiel de basculer – mais y a-t-il des rééquilibrages moins évidents ?

Robert Bensh: Prenons le Kazakhstan, par exemple – un pays qui a énormément d’importance pour le monde de l’énergie. Le Kazakhstan est aujourd’hui une arène géopolitique complexe. Le pays appartient d’une part à l’Union économique eurasiatique dirigée par la Russie, et la Russie est son plus gros partenaire commercial. Mais d’autre part, la Turquie a également une grande importance commerciale pour le pays, et les sociétés turques jouent un rôle majeur dans le pays. Ces relations sont hautement stratégiques, et nous pourrions aller jusqu’à dire que la Turquie a la plus grande importance stratégique pour le Kazakhstan. La réponse du Kazakhstan à l’abattage d’un avion de chasse russe par la Turquie illustre la position précaire dans laquelle se retrouve le pays ; un membre du gouvernement ayant condamné cet acte, et le Ministre des affaires étrangères étant immédiatement revenu sur les propos de son collègue. Le pays tente désespérément de maintenir sa neutralité, mais il ne pourra pas le faire bien longtemps.

James Stafford: Qu’est-ce que cela signifie pour le pétrole ?

Robert Bensh: Afin d’en déterminer les conséquences possibles, il faut observer les routes pétrolières. Le pétrole du Kazakhstan est principalement exporté par la Mer Noire et la Méditerranée. La Turquie a une très bonne carte en main, parce qu’elle contrôle les détroits turcs et pourrait décider de ne pas laisser passer les navires russes. La seule option qu’a aujourd’hui le Kazakhstan est de faire bonne figure devant la Turquie pour s’assurer à ce que les détroits restent ouverts tout en maintenant de bonnes relations avec la Russie. Ce sont les détroits qui ont le plus d’importance à ses yeux.

James Stafford: Merci d’avoir pris le temps de vous entretenir avec nous. Je sais que votre audience – et une majorité du public américain – est désespéré de pouvoir comprendre ce qui se passe vraiment, qui est réellement Isis, et de qui le monde devrait avoir peur. Le public ne se sent pas en sûreté, ce qui crée d’autres dangers, et voit naître de nombreuses stratégies mal avisées.

Robert Bensh: Une dernière chose. C’est exactement dans des moments comme celui-ci que les plus fous font entendre leur voix – et je ne gaspillerais pas votre temps à vous parler de certains imbéciles milliardaires à la recherche d’attention. Seuls très peu d’analystes dans le monde peuvent dépeindre une vision d’ensemble de la situation actuelle. Personne ne sait vraiment ce qui arrivera ensuite. Isis est composé de trop de groupes et d’alliances, et la menace émergente se fait de plus en plus individuelle et donc imprévisible. Pour ce qui est du paysage géopolitique, les agendas sont bien souvent pensés au fil des évènements. Pour l’industrie de l’énergie, la situation est fort précaire. L’avenir de pipelines est remis en question, et le conflit actuel pourrait redessiner la carte du secteur énergétique.

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Photo published for Russian news: Here's the Real Reason the EU Doesn't Want the South Stream Pipeline

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-jusqu-ou-pourra-nous-mener-le-conflit-syrien-.aspx?article=7859255024H11690&redirect=false&contributor=Oilprice.com.

Syrie: le dédoublement de l’ASL…

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En Syrie, il semble maintenant confirmé que l’on a affaire non pas à une « Armée Syrienne Libre » (ASL/Free Syrian Army) mais à trois, voire quatre.

Cette organisation armée composée initialement de militaires déserteurs des forces armées syriennes au début du conflit en Syrie, fait partie de la rébellion perçue [et voulue]  comme modérée par Washington et ses alliés a fini par se dédoubler.

Depuis quelques jours, l’état-Major russe rapporte que certaines opérations des forces aérospatiales russes en Syrie ont été effectuées pour venir en aide à l’Armée Syrienne Libre contre Daech.

Beaucoup d’observateurs ont cru que l’Armée Syrienne Libre évoquée par Damas et Moscou était celle qui se battait contre l’Armée Syrienne jusqu’à la fin de l’année 2013 avant de battre en retraite et laisser le terrain à Daech.

En réalité, si l’ASL « historique » est en train d’être réhabilitée par Washington, Ryad et Tel-Aviv, d’autres ASL ont été mises sur pieds dans ce qui semble être une opération complexe de création de rébellions parallèles, laquelle n’est pas sans rappeler ces fameux maquis parallèles ayant failli détruire l’insurrection armée durant la guerre d’Algérie.

C’est l’Armée Syrienne Libre bis formée par des unités des forces de la Défense nationale (NDF, National Defence Forces), une force paramilitaire loyaliste se battant avec acharnement aux côtés de l’Armée syrienne, qui a bénéficié du soutien des frappes aériennes russes. Il en existe une autre encore, formée par des éléments mécontents issus des autres factions de la rébellion et d’officiers déserteurs de l’ASL soutenue par l’Otan. D’autres informations font état d’une quatrième ASL où prédomine l’influence des services spéciaux turques (bien que ces derniers jouent un rôle de premier plan au sein de l’ASL historique) et dont l’objectif demeure encore plus qu’ambigu.

Cependant, l’ASL n’est pas la seule faction rebelle à se dédoubler. Une trentaine d’organisations armée dont la puissante Jabhat Ennosra (le Front Ennosra) et Ahrar Al-Sham (les Hommes Libres du Levant) ont donné naissance à d’autres groupes armés suivant la fluctuation des influences exogènes ou du rapport flottant entre les différents pays soutenant ces factions.

Daech est pour le moment la seule organisation épargnée par ce mouvement de fragmentation.

https://strategika51.wordpress.com/2015/12/18/syrie-le-dedoublement-de-lasl/

Des tweets pour connaître Daesh Par Michel Santi

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Le 13 Décembre 2015

Daesh a donc sensiblement modifié sa stratégie ayant initialement consisté à imposer des règles draconiennes en matière d’habillement pour se consacrer désormais à l’unification du territoire (syro-iraquien) hétéroclite qu’il a conquis. L’objectif actuel de l’EI semble donc d’imposer une juridiction – voire une jurisprudence? – uniforme à travers la définition de seize départements centralisés. Pour ce faire, Daesh a carrément publié des offres d’emploi sur les réseaux sociaux, tout en imposant un contrôle des prix et des loyers sur l’ensemble de la région sous sa botte. Il faut dire que l’EI a les moyens de son ambition puisque ses revenus mensuels sont de l’ordre de 80 millions de dollars, dont plus de la moitié est générée par la taxation, par des confiscations et par le trafic de stupéfiants, le reste provenant de recettes pétrolières.

Contrairement à al-Qaeda, le groupe terroriste le plus riche au monde n’est donc pas dépendant de donateurs extérieurs pour assurer sa survie. Voilà pourquoi, si elles ont certes affecté sa contrebande de pétrole, les frappes de la coalition n’entameront pas sensiblement ses revenus. Dans la victoire contre l’EI, l’argent est en effet le nerf de la guerre car il autorise sa marge de manœuvre, comme sa capacité d’attirer encore et toujours plus de combattants. Tant qu’il sera en mesure de lever des impôts et des taxes, de se livrer à son trafic de denrées légales et illégales afin de se structurer intérieurement, Daesh se dotera jour après jour davantage des attributs d’un véritable Etat.

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http://www.michelsanti.fr/?p=6450

France/Attentats du 13 novembre: les infos qui vous manquent

Par Eric Verhaeghe 18/12/2015 Jusqu’ici tout va bien

Les Belges ont-ils raté Salah Abdeslam?

La polémique n’en finit pas après les propos maladroits du ministre de la Justice belge, le flamand Koen Geens, qui a glissé que la police fédérale avait raté Salah Abdeslam le lundi suivant les attentats. Selon toute vraisemblance, l’affaire tient de l’ubuesque typique de la Belgique.

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Il est très probable ou plausible que Salah Abdeslam se soit réfugié, après les attentats, dans une maison laissée vide par une famille partie faire le Jihad en Syrie. Cette maison se trouvait au 47, rue Delaunoy à Molenbeek (commune de la proche banlieue bruxelloise désormais mondialement connue comme zone de non-droit occidental). Les enquêteurs auraient « logé » le suspect la veille au soir, mais ont respecté la législation belge en matière de perquisition: rien avant 5 heures du matin.

La police belge s’est ensuite livrée à un calcul d’une complexité impressionnante: sachant que les terroristes ont coutume de se réveiller à 4h50 pour pouvoir riposter en cas de perquisition, qu’à 5 heures la mosquée située dans la même rue accueillerait des fidèles qui risquaient de prendre des balles perdues, qu’aux alentours de 8 heures, les enfants se rendraient à l’école… la police n’a perquisitionné qu’à 10 heures du matin.

Entretemps, Salah Abdeslam se serait fait la malle (dans tous les sens du terme!), probablement dans une simulation de déménagement et dans une camionnette conduite par Lazez Abraimi, toujours en détention en Belgique. Selon des médias belges, toutefois, la camionnette a été fouillée ce jour-là, et la police n’y a rien trouvé!

Bien joué, les Belges!

Combien de migrants Abdeslam a-t-il convoyé?

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La police autrichienne a procédé à deux arrestations la semaine dernière. Manifestement, ces deux suspects, l’un pakistanais, l’autre algérien, disposant de faux passeports syriens, avaient pénétré l’Union Européenne le 3 octobre par l’île grecque de Léros en même temps que les deux kamikazes du stade de France dont l’identité est toujours inconnue.

On apprend à cette occasion que Salah Abdeslam a effectué une véritable noria entre les Balkans et la Belgique pour convoyer des migrants. Il est sûr qu’il a effectué un voyage entre la frontière serbo-hongroise et la Belgique le 9 septembre. Durant le même mois de septembre, il aurait effectué une autre rotation entre la gare de Budapest et la Belgique.

Combien de voyages a-t-il exactement effectué? Combien de migrants a-t-il ramené avec lui?

L’attaque du Bataclan enregistrée

La police française dispose désormais d’un enregistrement sonore complet de l’attaque du Bataclan par les trois terroristes se revendiquant de l’Etat islamique. Cette pépite « glaçante » montre que les tirs sur le public se sont arrêtés à l’arrivée de la BRI. Voilà qui nuance donc fortement les reproches adressés à la police sur ses retards dans l’intervention et dans l’assaut.

Les terroristes semblent d’être appelés par leurs prénoms durant l’assaut.

L’impunité d’Abdelilah Ziyad

Le mentor de l’un des kamikazes du Bataclan, un imam de 57 ans appelé Abdelilah Ziyad, continue à prêcher dans les mosquées, sous des identités différentes. Selon France 2, l’intéressé prêchait à Troyes sous le nom d’Abdelkrim. Mis en examen par le juge Trévidic pour sa participation à un attentat au Maroc, l’intéressé semble bénéficier d’une véritable impunité en France.

On se souvient qu’il entraînait militairement un groupe de jeunes du côté de Chartres, tous mis sous surveillance… sauf celui qui est devenu terroriste.

http://www.eric-verhaeghe.fr/attentats-du-13-novembre-les-infos-qui-vous-manquent/

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EN BANDE SON : 

1 réponse »

  1. bonjour,
    « Jusqu’où pourra nous mener le conflit syrien » ?

    Préparons-nous au pire si comme pour le règlement des problèmes (?) de l’Irak, de la Libye ( merci à la République française ), celui de la Syrie passe par celui de l’éjection de son actuel chef d’État et l’abjection de son exécution..

    Pour ce qui nous concerne :
    Il est inadmissible qu’un homme d’un soi-disant état de droit, tirant son pouvoir de quelque 25% (vingt cinq) du corps électoral de son pays) s’arroge le droit de contester la légitimité du pouvoir d’un chef d’état étranger et décide de l’orientation future du statut de cet état !
    Notre République n’est plus à un viol près de l’esprit de la Constituante de 1789 !
    Accepter ?

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