Allemagne

Mondialisme vs Pangermanisme : La Deutsche Bank , analyse et opinion Par Bruno Bertez

La Deutsche Bank , analyse et opinion Par Bruno Bertez

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By Brunobertezautresmondes, brunobertez.com octobre 1er, 2016

L’AFP  de source inconnue, mais autorisée a fait savoir que la DB pourrait bénéficier de la clémence du DOJ américain pour son rôle scandaleux dans la crise des Mortgage Backed Securities (MBS) . Nous sommes revenus au temps de Tim Geithner, lequel professait que malgré la morale et les exigences citoyennnes, il ne fallait pas être trop sévère avec les banques parce que leur chantage  à la catastrophe systémique,  à la révulsion générale était tout à fait justifié. Bref, les punitions doivent être légères, quand vous nuisez beaucoup,  quand avez un gros pouvoir de nuisance.

C’est le pragmatisme dans toute sa splendeur et nous sommes bien en temps de guerre, en temps de guerre tout est autorisé , car la survie prime. Il est trop tard pour faire la fine bouche et avoir des vapeurs de vierge, le vin est tiré et il faudra aller jusqu’au bout , jusqu’au bout de la nuit (car c’est une nuit que cela se passera, en Asie)  de la grande révulsion/dislocation;  on ne peut se permettre d’épisodes intermédiaires. Ce sera tout ou rien.  Il faut aller le plus loin et tenir le plus longtemps possible, voila la logique de la situation: nous sommes bien dans « le coûte que coûte », même si cela détruit les bases de nos sociétés, les fondements des marchés etc. Regardez le cours de DB, vous verrez qu’il y avait des initiés, bien sur, mais c’est le PPT et il a tous les droits, y compris celui de s’enrichir sur le dos du public.

Donc on irait vers une réglement-cadeau de 5,4 millards sur cette affaire des MBS. On ignore les contreparties consenties à la fois par la DB, et surtout par les autorités Allemandes, les américains  ont bien entendu tordu le bras des Allemands et ils n’ont pas fait ce cadeau gratuitement, même si au fond ils craignaient eux aussi un peu  les conséquences contagieuses de l’affaire.

Il ne faut pas oublier que même si les comparaisons avec Lehman sont stupides, Lehman c’était les subprimes, sur le fond la DB est dans une position comparable, il suffit de remplacer la « pourriture » d’alors, le logement par celle d’aujourd’hui: les fonds d’état. En 2008 c’étaient les MBS et autres produits qui étaient surévalués voire non solvables, en 2016, ce sont les états. La DB n’a pas sur résister à la tentation, elle s’est engouffrée dans toutes les brêches; elle a augmenté ses parts de marché dans le Prime Brokerage, les dérivés, l’Investment Banking. Elle a un levier colossal, elle est immergée dans le désordre monétaire global, dans la fragilité est surtout dans l’aberration gnéralisée des prix de tout, elle est partie prenante du mispricing mondial. A ce titre comme la Chine l’an dernier, elle peut à elle seule faire éclater La Bulle, ou si on veut la myriade de bulles.

Cependant la situation est différente. D’abord parce qu’il y a eu Lehman et que les autorités ne sont pas censées commettre deux fois les mêmes erreurs; ensuite parce que la DB a un volume de liquidités considérables, près de 250 milliards de dolars  soit 12,5% de son bilan, enfin parce que la BCE peut si nécessaire fournir les liquidités en toute quantité. Par ailleurs il semble faux de dire que les gouvernements ne peuvent intervenir en cas de difficultés bancaires, elles le peuvent dans une certaine mesure à condition que ce soit aux conditions de marché.

Ce qui s’est passé en fin de semaine constitue en quelque sorte une intervention: on a fait remonter les cours de Bourse de façon spectaculaire. Le cours de Bourse est essentiel dans une affaire comme celle de la DB , à deux titres au moins:

  • -1  c’est le cours de Bourse , par sa baisse qui alarme les inestisseurs et les suiveurs, ils sont moutonniers et même s’ ils ne savent pass ce qui se passe ils se disent, cela doit être grave , en quelque sorte le cours de Bourse est un baromètre de la confiance
  • -2 le cours de Bourse pointe la valeur de l’affaire et sa capacité à opérer un appel de fonds, une décote importante face à l’actif et aux banques comparables empêche de faire une augmentation de capital  et oblige à des solutions hors marché.

Plutot que sur une déconfiture, nous parions sur un coup de semonce, un avertissement. Un avertissement aux Allemands, à l’Europe et un avertissement, indirect, involontaire aux marché mondiaux. Il ne faut pas oublier la succession d’accidents et de mini krachs depuis le fameux Taper Américain.

Les USA , chaque fois qu’ils affaiblissent un concurrent/ partenaire , renforcent leur pouvoir, leur impérialisme monétaire et financier et c’est tout ce qui les intéresse. Les titillements de Bruxelles sur la fiscalité des fers de lance de l’innovation Apple, Amazon etc, les rois de la valeur ajoutée, de la « dark matter », américaine vont à notre avis bientot cesser, du moins c’est une hypothèse…

La Deutsche Bank est un symbole, c’est la DB du Docteur Joseph Abs. C’est le symbole de la grandeur allemande, de son pangermanisme, de la reconstruction et de tout ce qui constitue la force recouvrée de l’Allemagne. Abs est un symbôle, tout comme VolksWagen, voila ce qu’il faut absolument comprendre. Ce sont les symboles du défi géopolitique Allemand, celui qui a été lancé par Hitler en particulier dans son fameux « Second Book », trop peu lu et plus intéressant que Mein Kampf.  Abs était une personnalité forte, et il faut étudier sa vie pour comprendre un peu de la la DB. Abs, c’est presque la survivance et le renouveau que certains qualifierait de nazi, de la Deutschland Uberalles.  Abs était un homme de pouvoir, un homme d ‘état et il a marqué l’Allemagne, il lui a rendu, selon nous, sa fierté.

La financiarisation de la DB par ses successeurs est une colossale erreur. Ils n’ont pas compris que cette financiarisation les sortait du modèle Allemand du capitalisme productif, et les plaçait dans le modèle anglo-saxon du capitalisme d’écart, le capitalisme d’arbitrage, le capitalisme parasite. La tentation de participer à la grande fête du recyclage des déficits Américaisn et de jouer une rôle leader en matière d’eurodollar, en matière de »dollars » a été trop forte, elle a tourné les têtes et elle a placé le fer de lance de l’impérialisme Allemand, sous la dépendance discrète des Américains. Les Allemands ont ignoré la dialectique du maitre et de l’esclave, ils ont cru profiter des faiblesses Américaines alors qu’ils construisaient leurs propres faiblesses et leur asservissement. Exactement comme les Suisses lesquels sont aussi passés à la moulinette et sont maintenant soumis à des lois étrangères.  On ne peut prétendre  comme l’ont fait d’ailleurs les géants suisses, bénéficier de la manne des déficits US  et en même temps prétendre à l’autonomie et l’indépendance, les deux sont antinomiques. La dépendance est réelle, on est serf, car celui qui a la machine  à injecter les dollars, les lois, les réglements , les controles juridiques et fiscaux,  les théories, les modèles, celui là est le maitre réel. Pas d’indépendance pour un pays, aussi grand soit-il , Suisse, Allemagne, si on ne met pas le genou à terre quand le suzerain l’exgie. Les russes et les Chinois eux, l’ont compris.

La manip boursière pue  à plein nez: annonce anonyme, au bon moment, un vendredi, dans un marché survendu et attaqué par les « shorts ». Il est évident que dans tout pays démocratique, compte tenu des sommes en jeu on exigerait une enquête sur cette annonce/ fuite dont a bénéficié l’AFP , mais les gens sont habitués à vire à genoux sinon couchés et personne n’y retouve à redire. On admet la dissymétrie, on admet qu’il y ait un monde à deux vitesses.

A ce propos il faut que je vous parle de la radio nationale France Info. J’ai écouté en voiture par hasard le flash et le développement sur la DB par un soit disant journaliste et un professeur, soit disant spécialiste des banques, un économiste du Cercle des Economistes, dites donc!  C’était incrroyable de nullité surtout, de contresens  et de propagande. Ces deux zozos n’ont rien compris  au fonctionnement de la DB, au fonctionnement des marchés sur lesquelles opère la DB, et encorer moins aux  problèmes qu’elle connait. Ils ont conclu, ce qui n’avait aucun rapport,  sur la litanie de la nécessaire séparation des activités bancaires et le rôle néfaste des banques d’investissement, lesquelles s’adonneraient à la spéculation. Ils ont conclu sur la nécéssité de renforcer et approfondir l’Europe! Rien compris,  rien appris et dire que les élites françaises n’ont que cela comme source d’information. Dans un pays normal, avec un patron privé, conscient de ses devoirs et de ses responsabilités, pareille prestation vaut la porte immédiatement.

l’information offcielle en France: rien à voir!

Merkel

BRUNO BERTEZ Le 1er Octobre 2016

Une poignée de hedge funds sont vendeurs à découvert sur l’action de la banque allemande dont ils attendent l’effondrement. Les fonds alternatifs ont d’autres poids lourds de la cote allemande en ligne de mire.

Le plongeon ininterrompu de l’action de la Deutsche Bank, qui réveille le spectre de Lehman Brothers, a profité à quelques hedge funds opportunistes qui avaient vendu à découvert l’action. Ils attendent que le titre ait atteint son plus bas pour racheter leurs actions et gagner de l’argent. Autour de 2,2% du capital de la banque allemande est concerné, contre 0,5% au début de l’été. Le signe d’inquiétudes grandissantes à l’égard de la santé et vulnérabilité de la Deutsche Bank. Les fonds qui pratiquent la vente à découvert sur ce titre, une technique très risquée encas de fort rebond de l’action , sont tous des fonds anciens et de taille importante. Ils sont spécialisés sur les actions, qu’ils achètent ou vendent à découvert (stratégie « Long/short ») selon la conjoncture et les opportunités.

Ainsi, un des plus célèbre fonds Long/short lancé en 1997, Marshall Wace (25 milliards de dollars) est vendeur à découvert sur près de 1% du capital. Il parie sur la chute de l’action allemande depuis le mois de février. Ce fonds est aussi vendeur à découvert sur d’autres actions allemandes comme Lufthansa (2,7% du capital), E.ON (0,7%), K+S (1,7%), Metro (1,1%) et Bilfiger (0,7%), parfois depuis de longs mois. Highfields Capital, unhedge fund de 12 milliards de dollars, est vendeur depuis la mi-juillet sur 0,7% du capital. Discovery Capital (12,5 milliards de dollars), fondé en 1999 par Robert Citrone, un ancien gérant passé par le fonds et l’école de Julian Robertson, a entamé une position vendeuse à découvert sur la banque allemande, portant sur 0,6% du capital de la société. Le gérant est très pessimiste en général. «Nous sommes au milieu d’une correction qui pourrait durer encore de 3 à 4 mois, et serait la plus forte depuis la crise de 2008 », a-t-il prévenu ses clients. Le family office de George Soros avait pris une position vendeuse à découvert sur 0,5% du capital de la banque allemande, après le vote du Brexit et la chute généralisée des valeurs bancaires européennes qui s’en était suivie. Il avait par la suite clos sa position. En 2016, il a aussi parié sur la chute de Software AG.

Les autres fonds et hedge funds particulièrement actifs en matière devente à découvert sur les actions allemandes sont BlackRock, GLG, Citadel et Oxford A.M. Thirdpoint de Dan Loeb est vendeur à découvert sur Ströer SE alors que le fonds activiste Elliott de Paul Singer est vendeur sur 2,2% du capital de BB Biotech. Point72 le family office de Steve Cohen a des positions vendeuses sur Alstisource et Mobileye.

Le Qatar, premier actionnaire de la banque allemande

Dans deux structures séparées, Paramount et Supreme Universal Holdings, la famille royale du Qatar, Al Thani, détient autour de 9% du capital de la Deutsche Bank, contre 6% en 2014. Elle dispose aussi d’options. A la différence des investissements passés du Qatar dans des banques comme Barclays et Credit Suisse, la participation dans la banque allemande serait en partie couverte par des produits dérivés afin d’en protéger la valeur. Les fonds souverains gardent en effet des souvenirs plus que mitigés de leur incursion dans les banques occidentales au moment de la crise de 2007-2008. Des investissements qui se sont parfois avérés désastreux. Il reste maintenant à savoir si le Qatar va monter au capital de la banque allemande, et si oui, à quelles conditions il va apporter son aide et soutien.

1 réponse »

  1. A chaque fois que les Allemands ont fricoté avec les Us, ils l’ont payé… DB a racheté Morgan-Grenfell et a été entrainé dans des folies qui aboutissent aujourd’hui. Ils ont continué en rachetant Daimler Chrysler et le fisaco que l’on sait… ils continuent avec Bayer qui rachète Monsanto. Ils ont indéniablement un côté bourrin….

    Or toutes ces proies US deviennent des chevaux de Troie et permettent aux américains de tenir les allemands par les parties. les américiains sont protectionnistes ; quand ils laissent une de leurs boites être rachetée, c’est qu’ils y ont un intérêt stratégique.

    Mais il y a d’autres exemples, CS a racheté First Boston et est aujourd’hui la 3ème banque systémique la plus risquée… De là à dire que ses sont des suisses-allemands qui ont décidé de cette acquisition….

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