1984

A Pékin, la « Pensée Xi Jinping » domine le congrès de l’hégémonie communiste et chinoise

Le congrès quinquennal du Parti communiste chinois (PCC) s’est ouvert mercredi pour une semaine avec un discours fleuve du président Xi Jinping. Enorme structure incluse dans la constitution, comptant 89 millions d’adhérents et doublant les institutions par son contrôle totalitaire, le PCC est de fait un parti unique bien que subsistent huit autres petits partis-prétextes tenus en laisse dans un « Front Uni ». Devant ce dix-neuvième congrès, Xi Jinping a présenté des planss’étendant jusqu’en 2050, avec développement militaire massif, recherche de l’hégémonie économique et « victoire écrasante » sur la « corruption ». Ce dernier point, en langage sino-communiste, signifie l’interdiction de toute division à l’intérieur du parti, les accusations de corruption recouvrant souvent des règlements de comptes politiques. 

Congrès du PCC : hégémonie de Xi Jinping à l’intérieur, hégémonie chinoise à l’extérieur

Hégémonie de Xi à l’intérieur, donc, et hégémonie chinoise à l’extérieur avec une domination industrielle appuyée par l’argent public et un réseau de communication dédié, les « nouvelles routes de la soie ». « Il est temps pour nous d’assumer le rôle central dans le monde et de mieux contribuer au destin de l’humanité », a résumé Xi Jingping, à la fois secrétaire général, président de la commission militaire centrale du PCC, président de la République. A l’intérieur, il a promis une évolution vers un pays « prospère, fort, démocratique, culturellement avancé, harmonieux et magnifique », à un horizon compris « entre 2035 et 2050 » – la prétention planificatrice du communisme restera toujours un sujet fascinant. Ce congrès a été précédé d’une campagne destinée à préparer les esprits à l’instauration d’une « Pensée Xi Jinping » qui serait intégrée aux statuts du parti communiste, rejoignant ainsi les sacro-saintes références aux doctrines de Marx ou Mao. Cette « pensée », basée sur le rôle de la Chine dans le monde, permet de centraliser le pouvoir sur Xi et de lui offrir un statut d’exception. Xi est déjà l’un des dirigeants chinois les plus puissants de l’histoire moderne. Il viserait à obtenir le titre, qu’aucun président n’a porté depuis des décennies, de « directeur ». 

La « Pensée Xi Jinping » met l’accent sur les « caractéristiques chinoises » de la « nouvelle ère »

Si dans sa dissertation Xi Jinping a évité d’aborder toute question de pouvoir, il a en revanche insisté sur la nécessité d’instaurer « une nouvelle ère » dans l’histoire du pays, au cours de laquelle les communistes, clergé d’un sécularisme forcené, promettraient aux Chinois « une société modérément prospère, dans le respect de tous et par la mobilisation des efforts de tous pour construire un grand pays socialiste moderne ». Une « Pensée Xi Jinpig » marquée par l’emphase mise sur les « caractéristiques chinoises », qui invoquent lourdement le sentiment national. Le mondialisme de Xi, à l’opposé de celui de Jean-Claude Juncker, est celui d’une domination et non d’une dissolution. Son exceptionnalisme chinois, relève Frances Martel sur Breitbart.news, justifierait aussi en interne « les arrestations massives de cadres « corrompus » et les invasions répétées de territoires voisins qui ont marqué son action récente ». Le programme prométhéen de Xi Jinping est fascinant de précision dans sa datation. Dans une première étape, de 2020 à 2035, le parti va construire des fondations, grâce à la société « modérément prospère ». Dans une deuxième étape, de 2035 jusqu’au milieu du XXIe siècle, le PCC « travaillera pour transformer la Chine en un grand pays socialiste moderne, prospère, fort, démocratique, etc… ». Il y a du travail : Xi a relevé qu’aujourd’hui, dans un empire au taux de croissance qui reste considérable et qui affiche une balance commerciale obstinément excédentaire, « la principale contradiction est celle du développement déséquilibré et inadapté, et du besoin constamment croissant du peuple pour une vie meilleure ». 

La Chine « ne cherchera jamais une quelconque l’hégémonie » mais veut écraser le séparatisme à Hong Kong ou Taïwan

Le discours de Xi Jinping était lui aussi truffé de contradictions, la principale concernant le statut international de l’empire. Son insistance sur le fait que « La Chine ne recherchera jamais une quelconque hégémonie ni ne s’engagera dans une quelconque expansion » est contredite par sa promesse d’utiliser un outil militaire totalement modernisé pour assurer sa prééminence dans la région et éradiquer les mouvements séparatistes dans des territoires tels que Hong Kong ou Taïwan. « Nous ne permettrons jamais à quiconque, à une quelconque organisation ou à un quelconque parti, à un moment quelconque ou quelle qu’en soit la forme, de séparer un morceau du territoire de la Chine », a prévenu Xi. « Aucun parti de Taïwan ne rencontrera de difficulté à mener des échanges avec le continent », a-t-il précisé. Concernant Hong Kong, le président-secrétaire général a affirmé que la Chine travaillera, sous le régime « un pays, deux systèmes », à tirer profit des bénéfices de son organisation capitaliste sans pour autant l’autoriser sur le continent. 

L’agence Xinhua dénonce les républiques pluralistes « conflictuelles » pour appâter la gauche occidentale

Notons que le PCC sert de support de propagande pour appâter la gauche occidentale et la pousser à soutenir l’influence autocratique du communisme chinois sur les sociétés libres. Un article de l’agence Xinhua stipule ainsi que « La démocratie à la façon chinoise n’a jamais été en aussi bonne santé » et que « La Chine n’a absolument aucun besoin d’importer les systèmes politiques faillis d’autres pays ». Pour l’agence communiste d’Etat, les républiques pluralistes sont « conflictuelles » et l’Occident a été emporté dans « les crises et le chaos » en raison de sa soumission aux valeurs libérales classiques qui auraient « retardé l’économie et le progrès social, et ignoré les intérêts de la plupart des citoyens ». Les millions de consommateurs occidentaux qui financent l’industrie chinoise en subissant le quasi-monopole de ses produits, bradés grâce au moins-disant social, apprécieront. 

Matthieu Lenoir

http://reinformation.tv/pensee-xi-jinping-congres-pcc-chine-lenoir-76049-2/

La Chine force les entreprises privées à soutenir les entreprises publiques défaillantes

Chine entreprises privées publiques défaillantes

Le dernier rapport de l’indice Caixin/Markit des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier n’est pas rose et confirme un net déclin, en dépit de l’attente des économistes : il a atteint en septembre son niveau le plus bas depuis décembre 2015, tout proche du pire niveau depuis le début de l’enquête en 2005.
 
Autrefois, il était relativement facile d’afficher 10 % de croissance par an, après les folies économiques de Mao. Aujourd’hui, depuis au moins 2010, comme l’ont noté The New American et d’autres, l’économie chinoise a perdu à la fois de la vitesse et de la hauteur. Car les maîtres communistes en Chine ont décidé de stimuler l’économie par la dette.
 
Le montant que la Chine a emprunté pour maintenir son économie en plein essor a quadruplé au cours des sept dernières années et représente maintenant plus de 260 % de la production économique totale du pays. L’agence de notation Moody’s a noté que la dette du pays a augmenté de 15 % par an, soit deux fois le taux de croissance de l’économie.
 
Et bien qu’environ 70 % de l’économie chinoise provienne de plus de 30 millions d’entreprises privées du pays, l’État reste déterminé à encourager les entreprises d’État – entreprises publiques – quand bien même elles seraient pratiquement en faillite.
 
Pour ce faire, les dictateurs chinois commencent à exiger des renflouements de la part de certaines entreprises privées. Par exemple, ils ont « persuadé » Tencent et Alibaba d’acheter 13 % de la compagnie nationale de télécommunications du gouvernement China Unicom, en payant 4 milliards de dollars pour le privilège – l’avantage d’un joli capital à un coût quasi nul.
 
De l’art d’être communiste dans le monde moderne.

http://reinformation.tv/chine-entreprises-privees-publiques-defaillantes-vite-75757-2/

La Chine communiste fête les 100 ans de la Révolution d’octobre

Chine communiste 100 ans Révolution octobre

La Chine ne renie pas une seconde son orientation marxiste-léniniste. Dans un article publié par le Global Times, média anglophone sous contrôle du parti communiste, le journal cite l’un des hauts responsables du parti qui a vanté le chemin pris par la Chine, « le chemin socialiste ouvert par la Révolution d’octobre russe en 1917 » adapté à ses conditions nationales et en combinant les fondamentaux du marxisme-léninisme avec la réalité du pays.
 
Ces propos ont été tenus par Liu Qibao, membre du Politburo PC chinois et chef du département de la « publicité » lors d’un atelier sur le socialisme chinois le mois dernier à Pékin. C’est bien la Révolution russe qui a fait se rencontrer le marxisme-léninisme et la Chine, et qui a permis la création du Parti communiste qui a su se fondre avec le mouvement ouvrier, a-t-il affirmé.
 
Il y a un siècle « la Chine était un pays faible, pauvre, facile à influencer et à envahir », a-t-il ajouté : « Mais aujourd’hui, nous n’avons jamais été aussi proches du but, le grand rajeunissement de la nation chinoise ; nous avons plus de confiance et de capacité qu’à n’importe quel moment de notre histoire pour atteindre ce but », s’est-il réjoui.
 

La Chine communiste glorifie toujours le marxisme-léninisme

 
Pourquoi l’Union soviétique a-t-elle connu l’échec ? Parce qu’elle s’est écartée, à force de conservatisme et de rigidité, du chemin socialiste, a-t-il poursuivi. « Mais la raison la plus fondamentale aura été la déviation du chemin marxiste-léniniste et du chemin socialiste initié par la Révolution d’octobre. »
 
Et de vanter le grand bond en avant par lequel le socialisme est passé de l’idéal à la réalité et de la théorie à la pratique, alors qu’à la faveur de la Révolution bolchevique, Union soviétique est devenue le « premier pays socialiste de l’histoire ». Un héritage que l’effondrement de l’Union soviétique ne saurait effacer, d’autant que sous le règne du Parti communiste, le peuple russe a pu faire l’expérience sans précédent de la modernisation de son industrie, de son agriculture, de son éducation, de la science, de la société et de la vie quotidienne en devenant une puissance industrielle de niveau mondial.
 
On ne reste pas pantois devant cette accumulation de mensonges puisque ceux-ci sont consubstantiels au communisme. Mais le contenu de ce discours et sa mise en avant en disent long sur ce qu’est et sur ce que veut la Chine d’aujourd’hui. Ainsi Liu a déclaré que la révolution d’octobre a fondamentalement renversé le système de l’exploitation, poussant d’ailleurs de nombreux pays à adopter le système socialiste. Sa pauvreté, sa tyrannie, sa misère ?
 

Les 100 ans de la Révolution d’octobre font l’impasse sur des dizaines de millions de morts…

 
Cette auto-célébration du communisme continue de se répéter dans la presse chinoise. Dans un éditorial, cette fois, le même Global Times aligne les « réussites remarquables » de la Chine depuis 1949 et depuis la réforme et l’ouverture décidées en 1978. Une transformation qui a pour modèle l’exemple européen, assure l’éditorialiste Jin Canrong : à travers la Renaissance qui a rompu avec les préoccupations religieuses qui dominaient l’Europe pour imposer la recherche du bonheur personnel, la Réforme « qui a imposé une limite entre la religion et la vie laïque, la religion ne devant plus faire intrusion dans la vie sociale », et enfin la Révolution qui a aboli les privilèges. Une transformation sociale qui a permis l’industrialisation et une augmentation de la productivité.
 
Et les malheurs de la classe ouvrière, alors ? Passés par pertes et profits. Il s’agit de glorifier la Chine qui a pris ce même chemin : « La Chine est probablement le seul pays qui a achevé la transformation de sa structure sociale dans le monde non-occidental, en passant par l’introduction du bouddhisme, et aboutie grâce à l’introduction du marxisme avec la création de la République populaire et de la « démocratie ».
 
L’éditorialiste souligne la rapide industrialisation de la Chine comme un bel acquis socialiste : elle assure maintenant une production manufacturière qui dépasse celle, réunie, du Japon, de l’Allemagne et des Etats-Unis, en attendant de dépasser les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne dans dix ans, et carrément le reste du monde dans deux décennies. Et ce sans passer par la case «  colonisation », ce qui lui a permis d’avoir sa propre Renaissance, sa propre Réforme et pour finir sa Révolution « marxiste » qui la mettent maintenant sur le chemin de la globalisation et de la « gouvernance globale » pour laquelle elle montre un intérêt croissant.
 
C’est vrai mais cela va mieux en le disant : l’aboutissement du rejet de Dieu et de la Révolution c’est en effet le cauchemar communiste et un monde soumis à sa domination. Avec ses dizaines de millions de morts et son système concentrationnaire dont quasiment personne ne parle plus.
 

Anne Dolhein

http://reinformation.tv/chine-communiste-100-ans-revolution-octobre-dolhein-75583-2/

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