Art de la guerre monétaire et économique

États-Unis : Voilà pourquoi il n’y aura pas de boom économique !

États-Unis : il n’y aura pas de boom économique

By Or-argent, or-argent.eu 19 Février 2018 

Aux États-Unis, le déficit public est en train d’exploser suite à la réforme fiscale de Trump et son désir d’augmenter les dépenses d’infrastructures du pays. Comme les crédits immobiliers en 2008, les crédits à la consommation ont été titrisés et atteignent le chiffre exponentiel de 3.840 milliards de dollars. Même phénomène pour les prêts sur véhicules automobiles titrisés pour un montant de 1.114 milliards de dollars, tandis que la dette étudiante en partie insolvable est de 1.490 milliards de dollars et que les crédits dits « revolving » aux consommateurs s’élèvent à 1.000 milliards de dollars. La croissance aux États-Unis n’est pas durable car elle est malsaine et repose sur une montagne de dettes.

36% des américains prévoient d’utiliser l’argent du aux réductions d’impôt pour se désendetter
62% paieront leur dette de carte de crédit, 29% celles des prêts auto

La semaine dernière, le Congrès a voté une résolution permanente afin que le gouvernement puisse être financé durant les élections de 2018. Même si la sobriété fiscale a été sacrifiée au nom des dieux de la réélection, il y a cependant un plus gros problème : cela va impacter l’économie et, en bout de course, les marchés financiers.

Le passage de cette résolution permanente de 400 milliards de dollars a des conséquences mal comprises. Lorsqu’une telle résolution est adoptée, cela signifie que le gouvernement peut dépenser 8 % de plus par rapport au budget de départ. La résolution permanente qui vient d’être votée a ajouté 200 milliards de dollars à cette somme initiale. Cela signifie que dans la décennie à venir, elle va ajouter 2 trillions de dollars de dépenses au budget fédéral. Il faut encore ajouter à cela toutes les dépenses votées comme les 200 milliards d’investissements dans les infrastructures, l’argent nécessaire pour la réforme de l’immigration, les montants additionnels qui seront nécessaires pour financer les programmes sociaux, etc.

Mais ce n’est que la moitié du problème. La réforme fiscale fraîchement votée va réduire également d’environ 2 trillions de dollars les rentrées fiscales du pays dans la décennie à venir.

Il s’agit d’arithmétique de base : supprimez 2 trillions de revenus et ajoutez 2 trillions de dépenses et vous obtenez un trou de 4 trillions de dollars dans le budget. De plus, ces 4 trillions se greffent bien entendu au rythme actuel de creusement des déficits, qui ne font qu’accélérer le problème de la dette.

Mais il y a pire, comme Oxford Economics l’a rapporté via Zero Hedge :

« Les baisses d’impôts adoptées en fin d’année dernière, en combinaison avec le budget de dépenses ratifié la semaine dernière par le Congrès, vont faire augmenter fortement les déficits. De plus, le propre budget de Trump anticipe une dette américaine à 30 trillions de dollars en 2028, soit une hausse de 10 trillions. »

Oxford a raison. Afin de financer les dépenses proposées durant une période de rentrées fiscales en baisse, la différence sera financée par la dette.

Simon Black propose aussi un avis intéressant sur la question :

« Il y a moins de 2 semaines, le Trésor américain a publié sans faire de bruit ses propres projections concernant les déficits du gouvernement fédéral dans les années à venir. Les chiffres avancés sont plutôt horribles.

Afin de combler le trou creusé par ces déficits grandissants, le département du Trésor s’attend à devoir emprunter presque un trillion de dollars cette année. Presque 1,1 trillion l’année prochaine. Et jusqu’à 1,3 trillion l’année suivante.

Cela signifie que la dette nationale devrait excéder 25 trillions de dollars d’ici le 30 septembre 2020. »

On peut ensuite faire des projections quant à la suite des opérations. Ce n’est pas joli joli :

Bien entendu, la responsabilité fiscale a déserté Washington depuis longtemps. Alors 10 trillions de plus, qu’est-ce que cela change ?

Même si de nombreux Américains restent attentifs à ce dossier, le problème a été rapidement balayé du revers de la main par la majorité des médias dominants, ainsi que les membres du Congrès désireux de se faire réélire, en suggérant que la réforme fiscale permettra de doper significativement la croissance dans la décennie à venir. L’opinion qui prévaut est la suivante :

« En ratifiant cette réforme fiscale tellement nécessaire, nous allons enfin débrider le moteur de la croissance économique, qui permettra de financer les baisses d’impôts, et plus. »

Le Congrès vient de tuer la croissance

Si l’argument semble vraiment convaincant, la réalité est que cela est tout simplement faux. Comme nous l’avons démontré précédemment, il n’y a absolument aucune preuve historique indiquant que les baisses d’impôts qui ne sont pas couplées à des baisses des dépenses débouchent sur une croissance économique plus forte.

Les déficits ont de gros impacts destructeurs sur la croissance. (…)

La réalité est que la majorité de la croissance globale depuis 1980 a été financée par les déficits, la création de crédit et la baisse de l’épargne. Cela a réduit les investissements productifs dans l’économie ainsi que la productivité. Alors que l’économie ralentissait et que les salaires baissaient, les consommateurs ont été forcés de s’endetter davantage pour maintenir leur niveau de vie, ce qui a fait baisser en conséquence l’épargne. Une part grandissante des revenus des ménages sert à rembourser leur dette. Son cancer se propage dans le système. (…) »

Source : realinvestmentadvice.com

Train fou! Les rendements des États-Unis grimpent au rythme de la vente d’un quart de billion de dollars de Bons du Trésor

(Bloomberg) – Les obligations du Trésor américain ont reculé mardi, les investisseurs exigeant des rendements plus élevés avant l’émission record de bons à trois et six mois cette semaine.

Les bons du Trésor à deux ans ont mené la liquidation, tandis que la courbe de l’eurodollar – qui est utilisée pour extrapoler les attentes de la Réserve fédérale – s’est aussi accentuée. Le Trésor vend des bons à trois mois d’une valeur de 51 milliards de dollars et des bons à six mois d’une valeur de 45 milliards de dollars, deux chiffres sans précédent. Le total des émissions cette semaine devrait atteindre 258 milliards de dollars.

La surabondance de l’offre fait suite à l’adoption d’un accord budgétaire de deux ans par le Congrès contrôlé par les républicains le 9 février, qui augmente les dépenses publiques de près de 300 milliards de dollars. Les investisseurs pourraient devoir se préparer à d’autres émissions au cours des prochains mois et des prochaines années si les mesures de relance budgétaire du président Donald Trump ne stimulent pas suffisamment la croissance pour contenir les déficits.

« Le marché est en train de se mettre en place pour les adjudications de bons du Trésor, avec des obligations à taux variable à deux ans, des bons du Trésor à cinq ans et à sept ans à venir cette semaine », a déclaré Davies. « La question qui se pose immédiatement est de savoir quel niveau de rendement sera requis pour l’approvisionnement supplémentaire à digérer, et bien sûr au-delà de la façon dont le déficit se développera réellement. »

Le rendement des bons du Trésor à deux ans a grimpé de cinq points de base pour atteindre 2,24%, un niveau jamais vu depuis près de dix ans. Ceux sur les obligations à 10 ans ont augmenté de cinq points de base à 2,91%. La courbe des eurodollars s’est accentuée, le contrat à terme arrivant à échéance en mars à 97,96 contre 97,9550 vendredi.

Le budget fédéral ne cesse de croître et de croître, notamment en termes de dépenses obligatoires.

OK+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

EN BANDE SON :

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