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Douce France : LE 2 AOÛT 2020, L’IMMONDE PUBLIAIT UN ARTICLE EN FORME DE TÉMOIGNAGES INTITULÉ « HÉBERGER DES MIGRANTS, CELA A CHANGÉ MA VIE ». UN MOMENT ÉDIFIANT DE PROPAGANDE MÉDIATIQUE. LECTURE.

LE 2 AOÛT 2020, LE MONDE PUBLIAIT UN ARTICLE EN FORME DE TÉMOIGNAGES INTITULÉ « HÉBERGER DES MIGRANTS, CELA A CHANGÉ MA VIE ». UN MOMENT ÉDIFIANT DE PROPAGANDE MÉDIATIQUE. LECTURE.

QUELQUES ILLUSTRATIONS

L’article, signé Julia Pascual, est très long et est accompagné de photographies montrant :

  • Deux migrants, un pakistanais et un guinéen, dans une piscine, avec deux jeunes femmes hilares, les parents assis sur le rebord. C’est dans la maison familiale.
  • Un migrant afghan âgé de 15 ans, prenant sa tasse dans la cuisine d’un appartement, en compagnie d’un couple. C’est chez eux.
  • Un migrant sénégalais assis sur le canapé d’un appartement, entouré de deux adultes et de leurs deux jeunes filles. Au premier plan, un chien à la mode.
  • Un migrant à la fenêtre d’un appartement, en compagnie de son hôte âgé de 72 ans.
  • Une migrante guinéenne, panier posé sur la tête, en compagnie de la femme qui l’accueille chez elle.
  • Mohamed Ali (pas le grand boxeur), en compagnie des deux jeunes femmes l’ayant pris en charge.

Des exemples de situation familiale divers, dans des régions elles-mêmes diverses, un peu partout en France. L’ensemble est construit comme une publicité ou une opération de communication.
Il commence par une accroche : « Touchés par le sort de jeunes réfugiés contraints de dormir dans la rue, des citoyens ordinaires leur ouvrent la porte de leur domicile. Ils racontent au « Monde » cette expérience. »

CE QUE RACONTE L’ARTICLE, DÉPART LARMOYANT

« C’est l’été et celui-ci, comme les précédents depuis cinq ans, n’offre pas de répit aux personnes migrantes qui vivent à la rue. Avant une opération de mise à l’abri de la préfecture d’Ile-de-France, mercredi 29 juillet, ils étaient plus de 2 000 à camper le long du canal, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) ; des demandeurs d’asile, afghans et soudanais en majorité. Parmi eux, des familles avec des enfants en bas âge et des femmes enceintes. En France, un demandeur d’asile sur deux n’est pas hébergé, faute de capacité dans le dispositif national d’accueil. Le 115 est, lui aussi, saturé. En plein centre de Paris, dans un petit square, autour de 70 jeunes se réclamant mineurs, vivent aussi sous tente depuis un mois. Ils viennent en majorité d’Afrique de l’Ouest (Guinée, Mali, Côte d’Ivoire) et ont migré seuls en Europe. Lorsque les départements dont relève l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ne les reconnaissent pas mineurs – à l’issue d’un entretien souvent sommaire –, ils ne font l’objet d’aucune prise en charge, malgré leurs recours devant le juge des enfants. »

Devant cette situation, que Le Monde ne cherche pas à décrypter (pourquoi sont-ils là ?), l’article veut présenter des réponses se voulant exemplaires, celles de « citoyens ordinaires », comme Cédric Herrou sans doute.

Le Monde met donc en avant « des élans de solidarité de simples citoyens, épaulés parfois par des associations ». Une façon soft de dire sans le dire que ce qui est décrit par cet article, l’accueil de migrants chez eux par des Français, est en fait une action probablement menée en sous-main par ces associations.

BÉCASSINES ET BÉCASSONS

Suivent donc six exemples censés être émouvants :

À Paris, Pascale et Bertrand ont accueilli un migrant et « ça a changé » leur vie. Il faut dire que Pascale est fille de déporté (elle a 58 ans) et « elle a toujours entendu son père lui raconter des histoires d’enfants juifs dont les parents avaient été envoyés dans les camps de concentration. Cette histoire familiale l’a marquée. » Bertrand est quant à lui de « ces juifs qui ont massivement dû quitter la Tunisie ». Ils sont militants « pour la paix en Israël ». Ils accueillent un Afghan musulman. Un tel symbole, s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.

À Paris, Marie et Stéphane, la quarantaine : « Un soir de novembre 2018, sous une pluie battante, un Sénégalais entre dans le lieu de coworking. Il est fatigué, il a froid et nulle part où aller. « Je n’ai pas compris tout de suite ce qui se passait », explique Marie Roussel. Elle finit par contacter une association qui lui conseille de l’amener porte d’Aubervilliers. Le jeune homme se verra remettre une couverture pour passer la nuit, lui dit-on. « Avec Stéphane, on s’est dit que ce n’était pas possible », relate-t-elle. Ismaïla est aussitôt hébergé par le couple, qui habite un duplex dans le 10e arrondissement, avec leurs deux enfants de 11 et 15 ans. « La troisième ou la quatrième nuit, Ismaïla a ramené son ami Samba », rapporte Marie Roussel. Les deux jeunes sont installés dans un coin aménagé de l’appartement. « C’est un peu bizarre au début, on ne sait pas comment communiquer, se souvient Marie. Mais les enfants ont permis d’établir un lien facilement. » L’expression « hébergeurs citoyens » naît donc dans l’article pour désigner ceux qui accueillent. Gageons qu’elle aura une postérité sous peu.

À Paris, Georges Lafon : « Le vaste appartement qu’il occupe, au pied de Montmartre, dans le 18e arrondissement de la capitale, est « trop grand » pour que Georges Lafon, 72 ans, y vive seul. Sa femme habite en Belgique, et il a pris l’habitude, depuis des années, d’héberger des amis ou de louer une chambre à des étudiants. Quand il est allé chercher Abdul Saboor à la gare d’Austerlitz, en novembre 2017, c’était pour « faire plaisir à [sa] belle-sœur ». Un groupe de Bruxellois investi dans le milieu associatif cherchait un pied à terre en urgence pour un Afghan qui débarquait en France. Ce devait être l’affaire de quelques jours. « Ce n’était pas un acte raisonné », assure-t-il. Près de trois ans se sont écoulés et Abdul, âgé d’une trentaine d’années, vit toujours chez lui. »
L’homme accueilli a quitté l’Afghanistan en 2016. Il indique : « Un ami m’a dit de venir en France pour les papiers ». Au moins, les choses sont claires : pour ceux qui se demandent encore pourquoi une telle masse de migrants vient en France, c’est parce qu’en France on obtient des papiers.

Valérie et Laurent, Montauban : « « Je veux rendre l’ISF [impôt sur la fortune]. » C’est animée par cette envie de réinjecter son argent dans la solidarité que Valérie Jorigné, 53 ans, a adressé un mail, fin 2018, à Utopia 56, une association d’aide aux migrants qu’elle a découverte au hasard de recherches sur Internet. Avec son mari Laurent, 55 ans, ils étaient prêts à « accueillir des gamins vivant à la rue », dans leur maison de 400 m² située sur une route de campagne près de Montauban. » Il n’est pas certain que l’exemple demande de plus amples développements, certains lecteurs pouvant déjà être choqués par cette indécence. Disons simplement qu’ils ont accueilli un serbe du Kosovo doué en athlétisme, puis un guinéen et un pakistanais. Ce dernier est très bien, en à peine un an il parle français « avec facilité ».

À Toulouse, Béatrice : après avoir hébergé une guinéenne, elle a « trouvé l’expérience intéressante dans le partage, j’ai appris plein de choses ». Il semble que ce soient bien les mots de la dame. Elle est petite-fille d’immigrés italiens installés en Algérie. « En décembre 2019, Mifta Keita arrive chez Béatrice. La jeune femme, danseuse professionnelle en Guinée et mère d’un enfant de 11 ans resté au pays, est en France depuis février 2019. Malgré sa demande d’asile, aucun hébergement ne lui a été proposé par l’État. » Il est tout de même incroyable que la France ne propose pas de logement à toutes les personnes qui décident de venir illégalement sur son territoire…

À Banyuls sur Mer, Olivia et Kelly partagent depuis deux ans leur appartement avec Mohamed Ali, soudanais au physique de boxeur, nommé ainsi peut-être comme l’illustre champion. Éloge de l’illégalité par Le Monde : « Leur rencontre est liée au hasard. Celui de l’itinéraire d’un chauffeur routier dans le camion duquel Mohamed et une poignée d’autres Soudanais et Erythréens s’étaient cachés en Italie, pour passer la frontière et entrer en France. Mais lorsque le petit groupe de migrants est extrait du poids lourd, plusieurs heures plus tard, ils découvrent avec surprise qu’ils sont en Espagne, à Figueras. Ils rebroussent chemin, en train, mais la police française les interpelle à la frontière et veut les refouler en Espagne. Mohamed et trois autres Soudanais parviennent à s’enfuir en courant vers les chemins de montagne. Deux heures après, ils arrivent sur les hauteurs de Banyuls-sur-Mer, par une petite route bordée de vignes, en pleine chaleur, à l’été 2018. ».

Conclusion de l’article : « Les deux femmes refusent de voir dans leur démarche un geste politique. « C’est juste humain, fait valoir Emilie Kelly. On ne devrait pas avoir à porter une bannière pour ce genre de droits fondamentaux. »

Tout cela est fort joli, digne d’un reportage d’une époque éculée, celle de l’URSS. Sauf si Le Monde décidait de consacrer autant de pages aux drames provoqués en France par des migrants et, pourquoi pas, par des migrants accueillis sympathiquement dans des maisons ? Ou même dans les rues, comme à Cologne en 2015 ? Chiche ?

TOUT LE MONDE LE CONSTATE, SAUF QUELQUES ÉGARÉS DOGMATIQUES : LA DÉLINQUANCE ET L’INCIVISME AUGMENTENT FORTEMENT EN FRANCE. FACE À CELA, DES CITOYENS DE PLUS EN PLUS NOMBREUX ESTIMENT QUE LA RÉPONSE TANT DE LA POLICE QUE DE LA JUSTICE EST TOTALEMENT INSUFFISANTE. POUR PALLIER LES CARENCES DE L’ÉTAT ET LE CONTRAINDRE À ASSURER LA SÉCURITÉ ET LA TRANQUILLITÉ PUBLIQUE, CERTAINS S’ORGANISENT. REVUE DE PRESSE D’UN PHÉNOMÈNE EN PLEINE EXPANSION.

La lecture des médias nous apprend que les initiatives de citoyens afin de contraindre l’Etat à assurer leur sécurité et leur tranquillité prennent diverses formes et essaiment sur tout le territoire.

À MARSEILLE, LES RODÉOS NE SONT PAS DANS LE FAR WEST

Les rodéos à motos sont devenus une pratique courante dans les quartiers nord de Marseille. Comme ailleurs serait-on tenté de dire. Ce divertissement serait inoffensif s’il n’était pas pratiqué à toutes les heures de la journée et de la nuit et surtout sous les fenêtres de certains habitants.

La chaine publique France 3 nous informe le 21 août que l’État français a été condamné pour insuffisance face aux rodéos urbains. L’article décrit en peu de mots l’essentiel du sujet : des nuisances sonores de jour comme de nuit, la police aux abonnés absents, en tous cas indisponible, une loi votée en 2018 sur les rodéos urbains pas appliquée, la création d’un collectif d’habitants mécontents, de nombreux dépôts de plaintes, et in fine l’action en justice d’une habitante de Marseille contre l’État devant le tribunal administratif.

Mars actu nous apprend le 17 août qu’en dépit de la condamnation de l’État pour inaction, ce jugement ne satisfait pas la plaignante, car il ne met pas fin aux nuisances. Le Monde y consacre un article le 20 août et constate plus globalement que « pendant le confinement imposé par l’État pour faire face à la pandémie de Covid-19, les rodéos urbains et les incidents qu’ils provoquent se sont accentués en France ». Le quotidien du soir dénombre les nombreuses interventions et infractions relevées récemment par la Police.

À LYON, LA PRESQU’ILE EST EN COLÈRE

Dans la capitale des gaules, en particulier dans la presqu’ile de la ville, des citoyens ont formé un collectif « Presqu’ile en colère ». Lyonmag.com recense le 24 juin les griefs du collectif, qui estime que la situation est « dramatique » : concerts de klaxons, conduite de véhicules à vitesse excessive, bagarres, cris, etc. Le site d’information conclut l’article en précisant que « le collectif demande une nouvelle fois  de vraies réponses et de vraies solutions ». Actu.fr nous apprend le 2 août que suite à un rodéo effectué par un jeune à bord d’un « bolide de 400 chevaux » dans les rues de la presqu’ile de Lyon, « l’association Presqu’il en Colère a sollicité un rendez-vous avec la nouvelle équipe municipale ». Un épisode de plus dans la vie mouvementée des riverains…

AMIENS, VILLE NATALE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, N’EST PAS ÉPARGNÉE

Dans la ville natale du président de la République, certains quartiers ne sont pas de tout repos. À tel point que selon Le Courrier picard le 16 juin, des habitants du quartier Saint Leu se sont organisés et ont demandé aux trois candidats au poste de maire de la ville « leurs engagements écrits pour lutter contre les nuisances ». Le problème n’est pas nouveau : le quotidien régional nous informait dès le 26 septembre 2018 que les habitants du quartier étaient « au bord de la rupture ». Le journaliste ne cache pas la longue liste de leurs récriminations : «  Bruits, cris, bagarres, urines et vomi sur les murs et les portes, volets défoncés, pavés envoyés dans les fenêtres, verres cassés jonchant le sol, sexe, capotes usagées, seringues, voitures portières ouvertes avec sono… ».

PARIS, LA CAPITALE DÉFIGURÉE

À Paris, mieux vaut ne passer s’adresser directement aux gêneurs en tous poils. Le Parisien relate le 26 août l’agression dont a été victime un habitant du 18e arrondissement qui, en l’absence d’intervention de la police, a demandé à ses voisins de cesser leur tapage nocturne. Le résultat de sa démarche fort civile : le visage plâtré et 17 d’ITT. Le quotidien fait le constat que « les habitants du 18e arrondissement de Paris (sont) à bout de nerf ». L’article fait ressortir que des habitants de certaines rues de cet arrondissement de Paris ont une perception radicalement différente de celle de la police et de la mairie.

Un habitant du quartier, Pierre Liscia, a décidé de prendre la parole. Il a constitué un collectif et s’est présenté aux dernières élections municipales. Le constat qu’il faisait en octobre 2019 dans les colonnes du Figaro était déjà, au-delà du 18 e arrondissement, que Paris est « sale, dangereuse, ghettoïsée ».

Dans un article publié en septembre 2019, nous soulignions l’importance des réseaux sociaux dans l’échange d’informations entre habitants sur la dégradation de leur vie quotidienne. L’interpellation des autorités se fait aussi parfois directement sur Twitter, comme en témoignent plusieurs messages envoyés par ce canal.

PALAVAS-LES-FLOTS : DES HABITANTS S’ORGANISENT

Même Libération le reconnait dans un article du 27 août, sans toutefois se départir du vocabulaire politiquement correct : « À Palavas les Flots, (on assiste à NDLR) une vague d’incivilités ». On y apprend que dans la ville, les réseaux sociaux ont permis de fédérer les habitants mécontents par des « jeunes qui ne respectent rien et viennent se défouler chez nous ». C’est un habitant qui nous informe de leur origine : « il y a beaucoup de jeunes des cités venus des grandes villes ». Outre l’interpellation des élus, une manifestation a été organisée le 7 août, rassemblant 300 personnes, nous informe France bleu. Une nouvelle manifestation a eu lieu le 21 août à l’initiative de commerçants de la ville, « après de nouveaux incidents avec des jeunes issus de la banlieue parisienne », nous informe Le Midi Libre.

À MAYOTTE, DES MILICES PATROUILLENT

La situation totalement chaotique à Mayotte, en proie à une immigration clandestine massive et à la délinquance parfois violente de bandes de jeunes d’origine étrangère, fait l’objet de fréquents articles dans les médias locaux. Le 26 mai, Mayotte hebdo relate l’enlèvement d’un jeune, en représailles à l’agression d’un frère d’un des kidnappeurs. « Nous n’accepterons pas que des milices se fassent justice », affirme martialement le procureur de la République. Cet avertissement semble avoir peu d’effet : le Parisien nous informe le 20 août que face à la montée de la délinquance, « des milices se créent pour traquer les délinquants, au risque que cela tourne mal ».

De nombreux autres articles font état d’initiatives citoyennes (manifestations, interpellation des autorités, etc.), à Annecy le 13 juin, Melun le 16 juillet, Nantes le 6 août, Colombes et Chateaubriant le 12 août, dans le 19e arrondissement de Paris le 14 août Kourou (Guyane) où une manifestation a été organisée le 16 août, Lons-le-Saunier le 29 août, etc.

LES ARTICLES D’ANALYSE DU PHÉNOMÈNE DES MOUVEMENTS CITOYENS

Deux médias ont consacré le 28 août des articles et un reportage sur les collectifs de citoyens qui exigent de l’État qu’il rétablisse la sécurité et la tranquillité.

La chaine d’information LCI a diffusé le 28 août un reportage sur le thème « Pallier l’absence de l’État, quels modes d’action ? ». On y apprend que des citoyens s’organisent également dans l’Aude, le Jura, en Loire Atlantique, en Seine Saint Denis, etc. et que les collectifs se multiplient. La genèse des mouvements d’auto-organisation y est retracée, avec les « voisins vigilants » qui veillent sur les maisons de leur quartier en l’absence de ses occupants.

Le même jour, Le Figaro fait le constat que « face à l’insécurité, les collectifs citoyens forcent l‘Etat à agir ». L’article signé par J.M. Lecerf souligne la place grandissante que prennent les collectifs de citoyens qui s’organisent pour forcer les autorités à assurer leur sécurité. Un vice-président de la région Île-de-France affirme que « les collectifs nous renvoient l’image de la déliquescence de l’État ».

DES RÉCITS SOUVENT PUREMENT FACTUELS

Les différents articles recensés consacrés aux initiatives citoyennes pour lutter contre les nuisances de tous ordres sont, à l’exception des articles du Figaro et de LCI, des récits purement factuels. La seule fois où un jugement est émis, c’est quand un procureur de la République à Mayotte condamne fermement l’organisation de « milices ». Les articles nous apprennent que le mouvement d’auto-organisation de citoyens face à l’inaction des autorités, police et justice, prend de l’ampleur et diverses formes : manifestation, pétition, interpellation des autorités, action en justice contre l’Etat, et à l’extrême comme à Mayotte, création de milices d’auto-défense. Les réseaux sociaux sont dans beaucoup de cas un moyen de fédérer les habitants d’un quartier et de donner naissance à des initiatives.

DES MOYENS D’ACTION DIVERS

Si à l’origine, il s’agissait d’éviter des cambriolages avec les « voisins vigilants », on constate qu’il s’agit désormais d’interpeller les autorités, d’avoir une visibilité en prenant les médias à témoin. Quand les nombreux appels à la police restent lettre morte, comme à Marseille, des citoyens font condamner l’Etat pour son inaction, sans que cela résolve les problèmes rencontrés. À Bordeaux, France 3 relate des initiatives de citoyens pour assurer eux-mêmes leur sécurité face à l’incurie des autorités : assistance d’agents de sécurité, cours d’auto-défense, accompagnement de personnes seules. L’article de la chaine publique omet soigneusement de préciser que les jeunes à l’origine des agressions sont très souvent étrangers. À l’extrême, à Mayotte, ce sont des milices qui se substituent à la police. Une étape de plus vers l’auto-organisation de citoyens dont les médias nous diront si elle concernera bientôt la métropole.

À Lyon, comme le relate Le Figaro, la recherche de « respectabilité » passe par un affichage politique à gauche d’un collectif, afin de ne pas « être pris pour des fachos et des réacs », preuve s’il en fallait, d’un cercle de respectabilité restreint et surtout étroit d’esprit.

On aurait aimé que les constats et l’analyse de ces initiatives citoyennes aillent plus loin. Aucun média ne souligne le fait que les régulations et médiations entre personnes pour résoudre des conflits dégénèrent fréquemment et se concluent parfois par un drame, comme à Bayonne. Comme si un fossé d’incommunication se creusait entre des habitants excédés et des racailles qui se croient tout permis, compte tenu du laxisme des autorités.

Commentant les émeutes de l’après match PSG-Bayern de Munich dans le quartier des Champs Élysées et au vu de la faible répression des voyous, Michel Onfray soulignait sur CNews le 24 août que l’« on achète la paix sociale au prix d’une guerre civile ». Le pédopsychiatre Maurice Berger pousse la réflexion dans les pages du Figaro en esquissant des solutions. « Maintenant que les politiciens ont laissé la situation dégénérer depuis des années, il est nécessaire de changer de paradigmes », en réhabilitant notamment la sanction.

L’avenir et les médias nous diront si en fait de changement de paradigme, face à l’incurie des autorités à assurer en certains lieux la sécurité et la tranquillité, l’auto-organisation de citoyens pour se protéger ne s’impose pas de plus en plus dans les faits.

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