Mon Banquier est Central

Du Créationnisme religieux au « Créationnisme monétaire »

A l’image de son cousin le créationnisme  religieux, le concept de « créationnisme monétaire » fait des ravages dans les cerveaux ramollis de nombreux pseudo « analystes et commentateurs » de la chose économique…C’est en effet au final tellement rassurant que de s’en  tenir au conformisme ambiant ,et de se dire que déflation comme hyperinflation serait un simple problème de volume  de masse monétaire lévitée par le crédit et non corrélé avec la masse des actifs dits tangibles  en circulation…Et qu’Il suffirait d’un retour à l’étalon or comme monnaie de mesure et de référence ou d’opération de vases de type communicants pour qu’un juste retour à l’harmonie des choses et des êtres puissent  se faire…, Pour résumé on a là sur le plan de la théorie une sorte de double combinaison de  la Petite maison dans la Prairie et du monde merveilleux de nos parents et grands parents pré 1971 ou tout était si parfait, si pure, même la concurrence faudrait il ajouter (grâce au protectionnisme entre autre chose)…Outre l’ aspect parfaitement « crétiniste »  de ce créationnisme monétaire il faut noté son aspect subrepticement réactionnaire tant au niveau de la vision du monde qu’il suggère (colonialisme sur fond de bonne conscience Tiersmondiste)  que de son simplisme intellectuel  témoignant  d’un refus et de l’effort neuronal  , et de toute innovation en tant que projet sociétal….Au total le syndrome « planche à billet » formule méprisante si il en est, est devenu une sorte de réponse à tout dès que l’on ne maitrise pas ou ne comprend pas des concepts et formulations en rapport avec la théorie monétaire et monétariste (par essence mondialisatrice parce qu’universelle), sorte de clin d’œil de connivence et de raccourci cérébral  pour tous ceux qui tentent désespérément de magnifier leur incompréhension et paresse  en une pseudo doctrine…que celle-ci  puisse mais pas seulement  s’apparenter au néo keynésianisme  ou au libertarisme…

Quelques éléments pour une nouvelle approche :

 

Les injections massives ne créeront pas
d’inflation. C’est une fausse croyance
 
 
 

 

 

 

 

Le chef économiste Jean Pierre Béguelin de la Banque Pictet estime que les banques centrales ont répondu à une demande de monnaie. Elles pourront retirer ces liquidités facilement…AGEFI avril 2009

 Le spectre de l’inflation refait son chemin dans l’esprit des investisseurs.
Et si l’abondance de liquidités
déversées par les banques
centrales faisait décoller les prix
à la consommation de manière
incontrôlée?

 C’est une fausse
croyance, déclare Jean-Pierre Béguelin.
Pour le chef économiste
de Pictet, la confiance ne reviendra
pas subitement et les banques
centrales pourront retirer les liquidités
afin d’éviter que les scénarios
noirs se mettent en place.
Pour lui, les institutions monétaires
ont fait ce qu’elles devaient
faire si bien que ni le risque de déflation
à court terme, ni le risque
d’inflation à moyen terme ne devrait
se matérialiser.
 
 
 

 

 

 

 

Les banques centrales, et la BNS
ne fait pas exception, ont déversé
des liquidités pour lutter contre
la crise. Y-t-il un risque pour l’inflation?
 
 
 

 

 

 

 

On peut répondre que non. Certes,
les banques centrales ont
créé beaucoup de monnaie
mais elles ont simplement répondu
à une demande de liquidités
absolument inhabituelle
de la part du public et, surtout,
des banques. Ainsi, en une année,
la BNS a multiplié par 10 la
quantité de monnaie qu’elle
met à disposition des banques.
Alors que ces institutions y gardaient
généralement 4,5
milliards d’avoirs, elles en ont
maintenant 45 milliards.
Depuis 12 mois, les montants et
le nombre des transactions entre
les banques, qui
représentent la contrepartie des
paiements de l’économie, n’ont
en revanche pas changé. C’est
pourquoi le nombre de fois
qu’un franc d’une banque déposé
à la BNS est échangé dans
une journée est passé de 50 à 6.
Les banques thésaurisent ces
liquidités supplémentaires dont
l’augmentation ne s’est alors
absolument pas traduite par un
gonflement de la masse monétaire
en mains du public, ni évidemment
des crédits. Par conséquent,
il n’existe pas de risque
inflationniste à court terme. Au
contraire, c’est plutôt la déflation
qui menace.
 
 
 

 

 

 

 

D’où vient cette forte augmentation
de la demande de monnaie?
 
 
 

 

 

 

 

De la peur du public et, en particulier,
du manque de confiance

entre les banques qui ne veulent
plus se prêter entre elles car le
risque de contrepartie leur paraît
démesuré. Si cette situation
s’est un peu calmée
récemment, ces besoins et
craintes bancaires subsistent
toujours en partie. Or le remplacement
d’une forme de
monnaie par une autre n’est pas
une simple substitution, l’économie
s’est toujours organisée
pour minimiser les besoins de
paiements. Grâce au clearing
interbancaire, la vitesse de circulation
d’un dépôt bancaire
est en effet beaucoup plus forte
que celle d’un billet dans la poche
d’un quidam. Un dépôt retiré
d’une banque doit être ainsi
remplacé par un montant nettement
plus élevé de billets si les
autorités monétaires veulent
maintenir inchangées les capacités
de paiements de l’économie.
D’où les augmentations en
apparence gigantesques du bilan
des banques centrales, qui
paraissent à première vue susceptibles
de déclencher une
forte inflation, mais qui sont
tout simplement nécessaires
pour éviter que le système de
paiements ne soit
complètement bloqué.
 
 
 

 

 

 

 

Le jour où les banques se referont
confiance, ne vont-elles pas
utiliser ces quantités de réserves
pour faire exploser le crédit?

La
vitesse de circulation de ces
avoirs augmentera en effet brutalement
avec des conséquences
sur l’inflation.
Il ne faut pas exagérer. La
confiance ne reviendra pas d’un
coup de baguette magique. Cela
sera évidemment progressif.
Avec les bas taux d’intérêt et les
mesures de relance, les entreprises
paraîtront peu à peu plus
solides, les risques de défaut diminueront
si bien que les banques
redonneront des crédits et
l’économie repartira. Une fois la
reprise bien entamée, nous tendrons
à nouveau vers le plein
emploi et c’est à ce moment que
les tensions inflationnistes
pourront ressurgir. Mais, entre
temps, les autorités monétaires
auront pu résorber les liquidités
en surplus qu’elles viennent de
créer, ne serait qu’en cessant
d’accorder de nouveaux crédits
aux banques si celles-ci sont jugées
trop liquides.
 
 
 

 

 

 

 

Le fait que les banques centrales
aient accordé aux banques des
prêts à plus longues échéances
ces derniers mois posera-t-il un
problème?
 
 
 

 

 

 

 

En fait non, même si habituellement
les crédits que les autorités
monétaires font aux banques
sont des prêts à courte échéance,
d’un jour à quelque mois. Dans
ces conditions, les banques centrales
contrôlent plus
facilement l’évolution des conditions
monétaires. Il leur suffirait
de couper leurs crédits durant
quelque semaines pour réduire
quasiment à néant les réserves
bancaires. Il en va de même si les
autorités monétaires ont offert
des liquidités en achetant des
papiers à court terme sur le marché.
Depuis 12 mois certes, les
banques centrales ont rallongé
l’échéance de leurs crédits ou
avoirs, mais si on ne parle plus
en semaines, on ne parle qu’en
mois, en particulier en Europe.
Mais, une économie ne pourrait
pas accélérer si rapidement
pour que des tensions inflationnistes
surgissent dans un délai si
court. L’inflation en effet ne réapparaît
pas ex nihilo. Elle naît
d’un processus qui prend du
temps. Il faut que la demande
finale progresse et que l’ensemble
des coûts et des rémunérations
grimpe.
 
 
 

 

 

 

 

Et dans le cas où les banques
centrales ont acheté des titres à
long terme?
 
 
 

 

 

 

 

La, évidement, la question est
un peu plus compliquée. Une
banque centrale ne peut simplement
attendre plusieurs années
pour restreindre un excès temporaire
de liquidités, d’où les
craintes de certains à l’annonce
des achats d’obligations
longues par la Réserve fédérale
et d’autres banques centrales. Il
faut toutefois savoir qu’au besoin,
celles-ci pourront toujours
revendre ces papiers sur le marché
et ainsi détruire le trop plein
de liquidités. Certes, elles
feraient remonter les taux
longs, mais on peut supposer
que l’économie aura besoin de
taux plus élevés puisqu’elle ira
mieux. Les taux à long terme
remontent de toute façon avant
les taux courts au début d’une
reprise conjoncturelle sous l’effet
des anticipations. Si bien que
les ventes d’obligations de Trésor
auxquelles les banques centrales
procéderont d’ici un à
deux ans ne feront qu’accélérer
un processus habituel.
 
 
 

 

 

 

 

Les gens vont-ils perdre
confiance dans la monnaie car les
banques centrales ont fait gonfler
leur bilan de manière impressionnante
et utilisé la planche à
billet?
 
 
 

 

 

 

 

L’expression «planche à billet»
est vague. De nos jours, toute
création monétaire est en fait
due à la planche à billets. Pour
une banque centrale et pour le
public, il n’y a aucune
différence entre créer de la
monnaie en achetant des titres
du Trésor ou en faisant des
avances couvertes par d’autres
gages. A terme, ce n’est
d’ailleurs pas important pour la
banque centrale. En réalité, la
perte de confiance dans la monnaie
ne se produit que si cette
création monétaire conduit à
une très forte hausse des prix ou
de l’hyperinflation.
Aujourd’hui, on en est loin et
demain les risques sont minuscules
si les banques centrales
agissent rationnellement, ce
qu’elles ont fait ces derniers
mois. Ceux qui craignent le
contraire me paraissent manquer
de jugement historique.
Jamais les déflations ne se sont
transformées rapidement en
inflation, sauf peut-être en cas
de guerre et je n’en suis pas certain.
 
 
 

 

 

 

 

Que se passerait-il si les investisseurs
ne faisaient plus crédit aux
Etats-Unis?
 
 
 

 

 

 

 

Je n’y crois pas. Et même si
c’était le cas, il ne faut pas sousestimer
les capacités d’adaptation
d’une économie aussi
grande et aussi développée que
les États-Unis. Dans le cas où les
investisseurs refusaient de prêter,
cela provoquerait une chute
du dollar. Les Américains éprouveraient
des difficultés à acheter
à l’étranger. Ainsi, il serait
plus que vraisemblable que l’industrie
automobile américaine
se redresse spectaculairement
de telle sorte que spécialisations
internationales se
modifieraient. Il ne faut pas oublier
que les capacités de substitution
des États-Unis sont telles
que le scénario catastrophe est
plus de l’ordre du roman que de
la réalité.
 
 
 

 

 

 

 

Pourquoi se focalise-t-on sur
l’équation «excès de création
monétaire = inflation»?
 
 
 

 

 

 

 

Parce que le public est persuadé
que la demande de monnaie ne
change pas. Ceci est normal car
cette demande est
extrêmement diffuse et difficile
à identifier. En fait, la plupart
des gens, et c’est une vieille tradition,
pense que l’on demande
de la monnaie seulement pour
acheter et faire des transactions.
Ils oublient simplement qu’on
cherche aussi à obtenir de la liquidité
comme motif de précaution
pour se protéger des imprévus.
Or si brutalement les gens
deviennent plus craintifs et que
cette liquidité n’est pas disponible,
les taux d’intérêt montent
très violemment. Une
succession de faillites suit et
l’économie entre dans une profonde
récession. C’était le
schéma classique des crises du
19e siècle lorsque la demande
de monnaie gonflait
brutalement car la quantité de
liquidité était alors limitée par
l’étalon-or.
 
 
 

 

 

 

 

Justement, que pensez-vous des
propositions de rétablissement
de l’étalon-or? Certains l’évoquent
comme une solution à la
crise.
 
 
 

 

 

 

 

Ceux qui veulent rétablir l’étalon-
or devraient penser à ce qui
s’est passé sous ce régime, en
particulier dans les années 1880,
lorsque le monde manquait
d’or. Les récessions se
succédaient. Cela doit d’ailleurs
être l’une des raisons pour lesquels
la distribution des revenus
se faisait de plus en plus en défaveur
des ouvriers, ce qui peut expliquer
en partie la montée du
syndicalisme et du
communisme au début du 20e
siècle. Dans ces conditions, je ne
comprends pas les velléités de
retour à l’étalon-or. On ferait dépendre
la masse de monétaire
de l’or disponible si bien que,
sauf à supposer une déflation
bénéfique, ce dont je doute, la
croissance mondiale serait dictée
par le rythme des découvertes
d’or – ce qui me semble
absurde. Il ne faut pas oublier
quel progrès cela a été de pouvoir
se débarrasser du rôle monétaire
de l’or. La création, mesurée,
du crédit a été cruciale
pour la croissance depuis un siècle.
Bien sûr, il y a toujours les
risques d’hyperinflation, mais
ces périodes ont été
extrêmement rares.
 
 
 

 

 

 

 

Que pensez-vous des propositions
de création d’une monnaie
de réserve internationale?
C’est un serpent de mer qui revient
de temps à autre, le plus
souvent sous forme d’une monnaie
panier style DTS . Or, une monnaie
panier ne peut être qu’une monnaie
de compte et non pas un
véhicule de paiements. Je doute
fort que des autorités veuillent
garder l’essentiel de leur réserves
sous cette forme Le feriez vous
vous même pour vos réserves
liquides devant couvrir des
dépenses imprévues comme on
le dit couramment ou pour vos
encaisses précaution comme le
disent les économistes? Probablement
pas. Le dollar, lui, sert
de moyen de paiement international
et l’État américain, aussi
endetté soit-il, ne l’est qu’en sa
propre monnaie qu’il peut toujours
créer. Le seul risque dans
ce cas serait celui d’une révolution
aux États-Unis qui répudierait
la dette publique, ce qui
semble extrême.
 
 
 

 

 

 

 

On parle actuellement beaucoup
du risque de déflation, qu’en pensez-
vous?
 
 
 

 

 

 

 

Il serait beaucoup plus important
si les gouvernements
avaient laissé tomber les
banques, car la contraction monétaire
aurait été dramatique.
 
 
 

 

 

 

 

Mais les banques centrales et les
gouvernements ont-ils réagi assez?
 
 
 

 

 

 

 

Vraisemblablement oui, du
moins aux Etats-Unis, en Suisse
et en Angleterre.
 
 
 

 

 

 

 

Interview: Mathilde Farine

——————————————————

L’Effet multiplicateur des banques

 

Il ne faut pas confondre ici les capitaux propres et les réserves. Lorsqu’on veut parler de l’effet multiplicateur propre aux banques, il faut alors se référer aux capitaux propres. Ces derniers se composent en premier lieu des actions émises, comme pour toute entreprise. La définition des capitaux propres est cependant plus large dans le cas des banques que pour les autres entreprises. C’est ainsi qu’aux actions émises s’ajoutent les actions privilégiées (certaines catégories) et certains types de billets à terme. L’ensemble de ces titres forme le capital dit de premier tiers. Selon les règles harmonisées dans tout l’Occident, ce capital doit au minimum correspondre à 8 % des dépôts en circulation (les dépôts constituent le passif au bilan des banques alors que les prêts qu’elles octroient ainsi que les placements qu’elles font à la Bourse, dans le marché obligataire et ailleurs, constituent leur actif). Le pourcentage de 8 % est le minimum requis. La plupart des banques visent cependant depuis plusieurs années à maintenir ce pourcentage bien au-dessus de 8 %, souvent à 9,5 % ou plus. Plus récemment, avec les nombreuses émissions d’actions, d’actions privilégiées et de billets, les banques canadiennes ont poussé le poids de leur capital propre à plus de 10 %. Cela signifie que, pour 10 000 $ de capitaux propres, les banques lèvent des dépôts auprès des épargnants jusqu’à concurrence de 100 000 $ (selon un ratio de 10 %: jusqu’à 125 000 $ selon le ratio minimum de 8 %). Si la Banque du Canada, la banque centrale, n’exigeait aucun niveau de réserve à maintenir sur lesdits dépôts, la banque pourrait réinvestir dans l’économie 100 000 $ sous forme de prêts, ledit montant pouvant ainsi tourner et générer un volume d’affaires somme toute illimité comme suit : la banque prête par exemple à un individu 100 000 $ pour acheter une maison. Ce dernier verse le montant de 100 000 $ au vendeur qui, lui, le dépose à sa propre banque. Cette dernière répétera le processus en prêtant à nouveau le montant de 100 000 $ à un autre acheteur qui versera ledit montant à un vendeur qui le déposera à sa banque… et ainsi de suite. La réserve qu’exige la banque centrale aux banques canadiennes a pour but, certes, de mettre de côté des liquidités en cas d’imprévus (pertes sur prêts) mais aussi, et surtout, de limiter le nombre de fois que le montant de dépôt initial de 100 000 $ tournera dans l’économie. Supposons que la banque centrale exige de ses banques de maintenir une réserve correspondant à 10 % des dépôts. Selon l’exemple précédent, avec un capital propre de 10 000 $, la banque pourrait lever des dépôts jusqu’à concurrence de 100 000 $. Sauf qu’elle ne pourrait plus retourner la totalité de ce montant dans l’économie sous forme de prêts. Sur des dépôts de 100 000 $, elle ne pourrait plus en retourner dans l’économie que 90 000 $ (au lieu de 100 000 $ dans le premier cas) sous forme de prêts. C’est ainsi qu’elle ne pourrait prêter à notre acheteur d’une propriété que 90 000 $. Pour acheter la maison de 100 000 $ qu’il convoite, soit il devrait retirer 10 000 $ de son épargne, soit le vendeur devrait baisser le prix de sa maison de 10 000 $. Supposons que ce dernier consente à baisser le prix de la maison à 90 000 $. Fort de son prêt de 90 000 $, notre acheteur pourrait alors réaliser la transaction et verser lesdits 90 000 $ au vendeur qui, lui, les déposerait à sa banque. Cette dernière devrait retenir sur ledit dépôt une réserve de 10 %, ou 9000 $. Elle ne pourrait alors prêter à un éventuel acheteur que 81 000 $, ledit montant étant ainsi versé à un autre vendeur qui déposerait à son tour le montant de 81 000 $ à sa banque. Cette troisième banque retiendrait une réserve de 10 % ou 8100 $ et ne pourrait plus prêter que 72 900 $ et ainsi de suite. Comme vous le constatez, la réserve vient limiter le nombre de fois que le montant du dépôt initial tournera dans l’économie. La réserve est donc un outil qu’utilise la banque centrale pour assouplir ou durcir sa politique monétaire. Si elle veut restreindre le crédit, elle relève le niveau des réserves exigées, et fait l’inverse si elle veut accroître l’offre de crédit dans le marché. Bien que le ratio capitaux propres de 10 % soit prudent, il n’immunise pas nécessairement les banques contre tout désastre. Avec un effet de levier de 10 pour 1, ou plus, une multiplication rapide des prêts en défaut et/ou une chute radicale de la valeur des placements peut faire fondre le capital à vue d’oeil. C’est ce qui est arrivé lors de la présente crise financière, alors que le marché a complètement disparu pour des pans entiers de produits financiers dérivés et autres. Étant incapables de revendre ces placements dans le marché libre, les banques de par le monde ont été contraintes de radier de leurs livres la valeur de leurs placements à coups de dizaines de milliards de dollars américains. Ces radiations se sont traduites par des pertes sèches gigantesques, des pertes qui ont amputé d’autant l’avoir propre des banques. Ne respectant plus le ratio minimum de 8 % en capital par rapport au passif, les banques ont dû se renflouer en émettant des centaines de millions de dollars d’actions (diluant ainsi fortement l’avoir des actionnaires) et en vendant des actifs à vil prix, exacerbant ce cercle infernal des radiations et des pertes. Incapables de vendre leurs actions aux investisseurs privés, de grandes banques ont dû se tourner vers leurs gouvernements respectifs pour obtenir des fonds. Par ailleurs, les banques montrent aujourd’hui des actifs hors bilan souvent de deux ou trois fois supérieurs à l’actif inscrit au bilan. Si bien qu’elles ont de facto contourné la règle de 8 % des capitaux propres, montrant plutôt dans les faits un ratio de 5 %, parfois bien moins. *** LE DEVOIR 21/2/09

 L’excellent billet de JEAN PIERRE CHEVALLIER :

 Planche à billets et idiots inutiles

 

ET TOUJOURS HELAS D’ACTUALITE :

 http://lupus1.wordpress.com/2009/03/19/de-lobscurantisme-en-matiere-economique/

3 replies »

  1. Fond monétaire ? Je penche pour une association simpliste avec cette expression « C’est le fond qui manque le moins »…

    En tout cas, c’est un post que j’ai le projet d’écrire depuis quelques jours suite à une simple observation…
    Mais comme l’économie n’est quand même pas vraiment mon domaine, j’ai un peu la trouille de faire une grosse boulette. Manier le paradoxe est assez risqué surtout lorsque c’est en rapport avec un domaine assez sensible. A noter en passant qu’on dit qu’un certain Pasteur a lutté contre la génération spontanée !!!

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    • Josick il faut foncer, parce que franchement question grosses boulettes et grosses konneries il y a un sacré paquet d’économistes, se pensant très sérieux, qui en écrivent toute la sainte journée et qui en plus sont rémunérés pour le faire :-)

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