Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito : L’austérité ne fait du bien que quand elle fait mal Par Bruno Bertez

L’Edito :  L’austérité ne fait du bien que quand elle fait mal Par Bruno Bertez

  

  Il faut rendre justice aux Américains et singulièrement à Bernanke. Ils savent travailler les marchés. Il est vrai que,  non seulement ils les connaissent bien, ils les pilotent efficacement, mais en plus, ils sont bien aidés par un secteur bancaire et des médias complaisants et connivents.

source Wall Street Journal

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Sans annoncer de Quantitative Easing N°3, Bernanke a réussi à faire monter le S&P500 de 4,7% la semaine dernière. Les banques ont assuré le leadership avec un rebond de 7,4%. Chapeau ! Même si les volumes et la profondeur du mouvement laissent à désirer, c’est une belle performance.

*

source Bespoke

Lundi 29 août, on est resté sur la lancée. Mardi, alors que les prises de bénéfices l’emportaient et que le soufflé menaçait de retomber, Evans de la Fed de Chicago, est venu ranimer le moral des troupes en suggérant qu’un QE3 n’était pas exclu en raison de la situation calamiteuse du marché du travail.

Pour l’instant, Evans n’a pas réussi à embarquer les actions, mais il a quand même réussi à provoquer une hausse de 40 points sur l’or. En quelques minutes, l’once est repassée à 1833.

 L’issue du combat bull/bear sur les actions est incertaine car il y a quand même des statistiques économiques très négatives. Ainsi, la confiance des consommateurs mesurée par le Conference Board chute à 44,5 contre plus de 59 en juillet. Et puis le Case Shiller est lui aussi encore en recul.

Autant dire que le marché est incertain.

A la faveur d’un marché techniquement mur pour un rebond, le ressort était bandé. L’annonce d’une réunion de deux jours du FOMC de septembre pour « des discussions approfondies » a contrebalancé ce qui aurait pu être une déception, à savoir l’absence d’annonce de nouvelles mesures monétaires de stimulation.

Un peu d’espoir distillé au bon moment, dans un environnement propice, a remplacé l’action et les décisions. Grâce à l’espoir si savamment distillé, les Etats-Unis ont gagné un mois de répit.  Le temps de voir si les mauvaises statistiques des dernières semaines étaient exceptionnelles ou si elles préludaient à une rechute.

Si les Européens, spécialistes du contretemps et de la cacophonie, étaient capables d’en faire autant, nous aurions oublié le problème de la dette depuis longtemps !

Plus sérieusement, disons qu’à l’occasion de Jackson Hole, le pire ne s’est pas produit. Dans un monde sombre et menaçant, c’est finalement une bonne nouvelle.

L’économie mondiale ralentit. On parle beaucoup de « double-dip » et de rechute, mais c’est encore à titre de Verneinung, c’est-à-dire que le double-dip peut encore être évité.

source Financial Times

Il reste que les indicateurs sont médiocres, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe. Le ralentissement allemand en particulier est brutal.

source New York Times

 Les organismes internationaux révisent en baisse leurs prévisions 2011 et 2012. Rien d’étonnant puisque les plans d’austérité se multipliant un peu partout alors que les plans de stimulation se terminent, les économies manquent de soutien et retrouvent l’allure maussade qu’elles auraient dû avoir en l’absence de dopage.

 Ce qui nous a frappé à Jackson Hole et nous attirons l’attention sur ce point, c’est le fait que Bernanke a passé plus de temps à discourir sur la situation fiscale et budgétaire qu’à parler de politique monétaire. Il semble que le mouvement soit général. Le balancier est reparti du côté des budgets et des gouvernements, tout se passe comme si les banquiers centraux disaient « messieurs, nous avons atteint les limites de ce que nous pouvons faire, maintenant, c’est à vous de prendre vos responsabilités ».

 Tout se passe aussi comme si on se résignait à un peu de souffrance à court terme et que l’on acceptait le ralentissement, à condition bien sûr qu’il ne dégénère pas en déflation. C’est une donnée importante à garder présent à l’esprit pour opérer sur les marchés. Aux Etats-Unis, on parle moins de QE3 et un peu plus d’un énième plan pour l’emploi. Bien entendu, s’il y en a un, on fera l’hommage habituel du vice à la vertu et l’on dira que l’on creuse les déficits pour mieux les résorber demain et si ce n’est pas demain, après-demain.

En Europe, la situation  semble marquer un répit, mais il pourrait être de courte durée.

D’abord, la situation de Merkel dans son pays semble de plus en plus contestée. La CSU, le président du Bundestag, le président de la Bundesbank, et même  le Président  allemand, d’habitude si silencieux, ont stigmatisé le comportement de Merkel. Grosso modo, on lui reproche ses errements, son absence de concertation avec le Parlement et évidemment ses entorses à la Constitution. Tout cela n’est pas de bon augure pour les grosses échéances politiques et constitutionnelles qui se profilent pour le 7 septembre.

 A noter que la déclaration commune avec Sarkozy sur  la mise en place d’une politique économique commune en Europe a suscité une telle levée de bouclier que d’ores et déjà on peut considérer que le projet est condamné, mort-né.

Ensuite, la situation des banques européennes sur le marché de gros international du refinancement  retient l’attention des journaux.

source Pragmatic Capitalist

  A priori, la presse française semble ignorer le problème. Le Financial Times joue un rôle très en pointe. Il fait observer que les établissements européens subissent un « run » silencieux sur le marché de gros, qu’ils sont « à la courette » sur les refinancements en dollars, qu’ils sont obligés d’aller ratisser ce qu’ils peuvent jusqu’en Asie. Il est vrai que le mismatch de refinancement de certains établissements que nous ne nommerons pas, et il est donc inutile de suivre notre regard, ce mismatch est important et difficile à combler.

source Financial Times

 La situation est suffisamment sérieuse pour que maladroitement, comme à l’accoutumée, les autorités européennes aient publié déclarations et communiqués pour nier le phénomène.  Certains vont même jusqu’à tenir des propos d’où il ressort manifestement qu’ils ne comprennent même pas la matière dont ils parlent. Trichet, Roehn, Parisot, l’autorité bancaire européenne ont fait assaut contre les soi-disant porteurs de mauvaises nouvelles.

Parisot dont on se demande ce qu’elle comprend au phénomène a été jusqu’à critiquer Christine Lagarde qui, dans ses nouvelles fonctions strauss-kahniennes, s’est permise de dire que les banques devaient se dépêcher d’augmenter leurs fonds propres.  Il est vrai que si elle était restée à Paris, elle aurait, comme Baroin, dit le contraire.

Enfin, du côté de la dette souveraine, il y a peu d’amélioration. La Grèce continue de sombrer avec des taux d’intérêt à 2 ans de 41,7% et un 10 ans à 17,29%.

source Bloomberg

Mais ce n’est plus très grave car le cas de la Grèce est déjà entendu. Il y aura défaut dans les trois ans. Plus intéressante est l’attention renouvelée car elle s’était déjà manifestée en mai, sur l’Italie.

 Ce souverain a besoin de 200 milliards de refinancement dans les six prochains mois. Il vient d’opérer une auction qui a été présentée comme satisfaisante mais qui, en réalité, ne l’est pas.

« Le Trésor Italien a émis le 30 août  7,74 milliards d’euros de titres dans des conditions plus favorables que lors de sa dernière opération significative du 28 juillet dernier. La BCE aurait en effet racheté des titres sur le marché pour un montant significatif afin de contenir les taux d’intérêt italiens d’après des traders cités par Reuters. Le rendement du nouveau BTP à dix ans ressort à 5,22 %, contre 5,77 % en juillet. 3,75 milliards d’euros de titres, à savoir le montant maximum prévu, ont été vendus. Le ratio de couverture s’inscrit à 1,27. 2,99 milliards d’euros de titres à trois ans et un milliard d’euros de titres à taux variable ont également été émis. Dans la matinée, la Banque d’Italie a par ailleurs revu en baisse ses prévisions de croissance, compte tenu de la mise en œuvre du plan d’austérité prévu de 45,5 milliards d’euros. La progression de l’activité serait inférieure à 1 % en 2011, et plus basse encore en 2012, a déclaré ce matin le directeur général adjoint de l’institution. Ignazio Visco. Dans ce contexte, le taux d’intérêt italien à dix ans s’est tendu de 4 points de base à 5,1%. »

Le taux à 10 ans sur cette auction est ressorti à 5,22%. On fait valoir que c’est une baisse par rapport à la levée de fonds précédente, mais en réalité, le spread sur l’Allemagne s’est élargi et surtout l’opération intervient après des achats de la BCE sur le marché secondaire et en bonne logique, on pouvait espérer que le taux resterait juste autour des 5%, voire en-dessous. L’Italie, là aussi nous insistons, est maintenant dans le collimateur des marchés.

Le problème des responsables européens est que, d’une part, ils maitrisent assez mal la matière sur laquelle ils s’expriment, mais surtout, le problème est qu’ils se trompent de cible de communication. Ils parlent et font des rodomontades comme s’ils s’exprimaient pour le grand public alors que la dette est une affaire de spécialistes et même d’hyper-spécialistes, ce qui fait que leur discours ne comporte  aucune crédibilité. Ainsi, un exemple. Tous les spécialistes de la dette souveraine savent que le problème italien n’est pas un problème d’austérité. Le problème italien, c’est une insuffisance de croissance. Sur 10 ans, la croissance italienne a été de moins de 0,25% l’an. Et on révise en baisse fortement la minuscule croissance de 2011 et on ampute encore les prévisions de 2012. Un plan d’austérité, fut-il de 45 milliards ou de 90, ne changerait strictement rien au problème italien, le ratio de dette continuerait de rester entre 115 et 120% du PIB.

Un mot sur la France pour clôturer. Le plan d’austérité détaillé ces derniers jours a suscité, comme on pouvait s’y attendre, une levée de boucliers.

 On peut s’interroger sur le bien-fondé de la stratégie qui est utilisée. Cette stratégie est une stratégie de petits pas, elle s’apparente à du gradualisme. Certes, elle rassérène temporairement les agences de notation, mais en contrepartie, elle donne l’impression de plans d’austérité à répétition qui lassent le public et les partenaires sociaux et leur donnent à chaque fois l’occasion de se remobiliser et d’exprimer leur mécontentement. Tout se passe comme si on avait une succession de mécontentements face à une succession de petits plans qui, pourtant en eux-mêmes, ne s’attaquent jamais à quoi que ce soit d’essentiel.

Or il en va de l’austérité comme de la musculation dont parlait le grand philosophe Arnold Schwarzenegger, l’austérité « cela fait du bien quand cela commence à faire mal ». Plus sérieusement, les mesures d’austérité françaises marquent une volonté pré-électorale de l’actuel Président, volonté de prendre ses distances avec les riches. L’ennui est que l’on ne peut prendre ses distances avec les riches sans toucher aux classes moyennes, confère la taxation des résidences secondaires, lesquelles sont l’un des rares avoirs des classes moyennes.

L’efficacité de cette démarche de type social-démocrate est douteuse au plan politique. Elle nous paraît socialement et politiquement critiquable. Elle nous confirme ce que nous pensons du système français géré finalement de la même manière par la droite et par la gauche : il s’agit toujours de s’assurer que les classes moyennes le restent et qu’elles ne deviennent jamais supérieures.

BRUNO BERTEZ lE 30 aOUT 2011

EDITO PRECEDENT:   

L’Edito : Nous sommes passés près de la catastrophe, le monde global aussi par Bruno Bertez

EN BANDE SON:

 

19 replies »

  1. Très bon article, merci.
    Plan Français d’une nullité rare, tout à fait d’accord, cible => classe moyenne mais presque invisible.
    La volonté de revenir aux affaires l’an prochain où la place est trop confortable, ce qui remet en question notre système démocratique, qui permet aux élus de ruiner le pays pour continuer à profiter des privilèges monarchiques toujours en vigueur, n’est plus tolérable, car il est la cause de notre endettement.
    La peur d’affronter la rue les a tous poussé à toujours faire plus de dettes, embaucher ou conserver beaucoup trop de fonctionnaires bons électeurs.
    Il ya une montagne de niches non évoquées par les politiques ou les fonctionnaires, qui ruinent l’état => un nombre incroyable d’emplois publiques très rémunérés qui ne sont des planques pour les copains, mais là on n’y touche pas, pourtant il n’y aurait pas de manifs si on fait le ménage, et il y aurait beaucoup à récupérer.
    Casser le budget de tous les politicards de 20 à 30% ne ferait que faire parler, mais pas de manifs, seulement pas touche aux copains, et pourtant c’est à eux de montrer l’exemple car ce sont eux qui nous ont mis dans ce pétrin, pour que le peuple accepte quelques baisses de revenus sans trop se révolter.

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  2. En France, les bancaires vont en prendre plein la gueule.

    Exposition de BNP Paribas à la Grèce : 8,499 milliards d’euros.

    Exposition du Crédit Agricole à la Grèce : 27,096 milliards d’euros.

    Exposition de BPCE à la Grèce : 1,720 milliard d’euros.

    Exposition de la Société Générale à la Grèce : 6,592 milliards d’euros.

    Total : les quatre banques françaises sont exposées à la Grèce pour 43,907 milliards d’euros.
    Autrement dit : les quatre banques françaises sont exposées à la Grèce pour 63,422 milliards de dollars.

    En ce qui concerne La Banque Postale :

    La Poste a vu son bénéfice net reculer de 21,2 % à 377 millions d’euros au deuxième trimestre en raison d’une provision de 158 millions d’euros liée à la dépréciation des titres grecs détenus par La Banque Postale, sa filiale bancaire.

    Conclusion :

    La Banque des Règlements Internationaux, BRI, (en anglais : Bank for International Settlements, BIS) donne les détails dans la table 9E, page 102 :

    http://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qa1106.pdf

    Grèce :
    Prêts des banques françaises au secteur public grec, aux banques grecques, au secteur privé non-financier : 56,740 milliards de dollars.
    « Other potential exposures » ( = dérivés, garanties étendues, engagements de crédits) : 8,307 milliards de dollars.
    Total : 65,047 milliards de dollars.

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  3. Pour ceux qui sont intéressés par l’analyse technique :

    L’indice Sand P 500 dessine depuis fin juillet , de façon comprimée un double bottom en forme de W , c’est une configuration positive

    Ce jour a l’heure ou nous écrivons le S & P 500 a fait un plus haut à 1230,71
    Le retracement de 50% de la baisse précédente se situe a 1232,35
    il n’y a donc rien d’étonnant si le marché a subi des dégagements et prises de bénéfices à 1230,35 c’est a dire a l’approche de l’objectif de retracement
    Le franchissement ce jour des 1232.35 pourrait , en analyse technique donner un signal positif

    A noter que les indications sur les actions ne sont pas confirmées par les autres indicateurs du risk-on , ainsi les spreads de risque ont tendance encore a se détériorer De même le pétrole est a la traîne.

    Des observateurs émettent depuis quelques jours l’hypothèse que le trade risk-on / risk-off est en train de perdre de sa validité. Cette alternative qui a guidé les marches depuis de nombreux mois semble moins assurée et les corrélations se détériorent.

    1 ressort bande par la baisse précédente, beaucoup de positions à découvert jouaient une déception sur Jackson Hole

    2 instillation d’espoir par Bernanke sur des mesures en cas de confirmation du ralentissement de la croissance,

    3 perspectives de mesures fiscales en faveur de l’emploi , de grands travaux et mesures spécifiques sur le logement, l’hypothécaire et le surendettement

    Pour notre part nous ne prenons pas position

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  4. Qu’est-ce qu’on fait des cinq Etats insolvables de la zone euro ? Le cas le plus énorme : la Grèce. En Grèce, l’Etat est insolvable. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

    Deuxième question : les banques françaises sont exposées à la Grèce pour 45,268 milliards d’euros, soit 65,047 milliards de dollars. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

    Troisième question : en Grèce, le ministère des Finances avait commandé un rapport aux commissaires aux comptes du Parlement grec. Mercredi 31 août, ils ont rendu leur rapport : « la dette grecque est hors de contrôle. » Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110831.REU2362/la-dette-grecque-hors-de-controle-dit-une-commission-d-experts.html

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    • @BA
      Vos remarques vont au cœur des choses en particulier dans la mesure ou elles pointent concrètement le fait que tout est lié: la dette , les banques, l’économie etc.

      Ces remarques vous conduisent à poser la question: qu’est ce que l’on fait ?
      Les réponses dépendent de l’objectif qui est poursuivi.
      Si l’objectif est de sauver l’Euro, ce n’est pas la même chose que de résoudre les problèmes conjoints de la dette, la croissance, la stabilité sociale etc
      Chaque objectif implique une conduite différente de la crise.
      L’un des problèmes vient du fait que l’on poursuit un objectif , à savoir sauver l’euro, sans accepter de s’en donner les moyens , sans dire aux peuples le cout et les sacrifices que cela représente.

      Si l’on prend l’objectif étroit actuel qui semble prévaloir , sauver l’euro, il n’y a que deux solutions

      1 inflater la monnaie européenne

      2 créer l’eurobond

      Le tout accompagne d’une bonne dose de mensonges et de mystifications pour le faire avaler aux citoyens

      Si l’on se fixe pour objectif de restaurer la croissance, la prospérité, la justice sociale alors il faut

      1 accepter les restructurations de dettes souveraines c’est à dire des moratoires et conversions

      2 recapitaliser les banques par diverses mesures conjointes comme conversion partielle de la dette obligataire en capital, comme augmentations des vrais fonds propres, abandon des activités risquées trop gourmandes en fonds propres, le tout devant être fait a l’abri d’une pseudo nationalisation temporaire afin de les mettre a l’abri des « runs » sorte de receivership a l’américaine

      3 changement a 180 degrés des règles du jeu bancaire, des dirigeants et des rémunérations

      4 reforme fiscale pour décourager l’usage abusif du leverage, encourager l’investissement productif , revenir en arrière sur la financiarisation des économies

      5 nouvelle politique économique pour augmenter le potentiel de croissance, réduire l’excès d’inégalités créé par la dérive kleptocratique des 25 dernières années

      Bref les solutions existent mais elles nécessitent ce qui est le plus rare : le courage

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  5. Suivi Italie :

    La dernière auction a été faible ; la BCE repris ses achats de bonds italiens néanmoins le spread sur les Bunds remonte a 3,164
    Le chef économiste de la Banque d’Italie déclare que le niveau actuel des spreads est intenable ce qui est un appel du pied pour les eurobonds
    il déplore également que le budget italien de comporte aucune mesure pour améliorer la croissance
    Enfin a retenir : le FAZ allemand affirme que l’Italie ne mérite pas la solidarité de l’Allemagne

    En Europe

    Forte chute de la confiance des entreprises a 98,3 en août contre 103 en Juillet

    En France

    Forcing des responsables pour essayer de rassurer sur la situation des banques
    Toujours en France le déficit sera supérieur aux prévisions du fait du ralentissement mais cela sera sans incidence sur l’avis des agences de notation
    Le renouveau des attaques contre Sarkozy mérite d’être suivi dans la mesure ou cela pourrait gêner son action internationale

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  6. Toujours pour ceux qui sont intéressés par la technique

    Nous attirons votre attention sur le dollar que nous suivons par le dollar index. Le dollar est actuellement a 74,20 pour des extrêmes 52 semaines de 72,83 / 82,99

    Depuis 4 mois il varie dans d’étroites limites et dessine une figure d’accumulation qui nous fait penser a ce que nous avons vu en 2008.
    A cette époque le billet vert a fait une accumulation similaire dans la zone 72 / 75 avant de s’envoler jusque la zone des 90. La hausse avait duré jusqu’au printemps 2009.
    L’éventuelle hausse du dollar est inversement corrélée aux actions, aux matières premières et bien sur a l’or
    Mais attention aux flux des nouvelles car la situation de l’Euroland est prévisible mais le calendrier et les modalités sont aléatoires !

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  7. Les commissaires au comptes du Parlement grec viennent de rendre leur rapport :

    « La dette grecque est hors de contrôle. »

    Maintenant, il va falloir agir.

    1- Première possibilité : le statu quo.
    On continue de faire ce qu’on a toujours fait.
    La BCE continue de racheter des obligations d’Etat grecques pour « rassurer les marchés », qui ne sont jamais rassurés.
    On continue de faire des « plans de sauvetage », qui ne sauvent jamais personne.
    On continue de faire des « Fonds de Stabilité », qui ne stabilisent jamais rien.
    On continue de faire des centaines de réunions, qui ne règlent jamais les problèmes.
    On continue d’apporter des milliards d’euros en garantie, que nous ne reverrons jamais puisque la Grèce ne peut pas rembourser ses dettes.
    Rappel : concernant le Fonds Européen de Stabilité Financière, la France s’est engagée pour un plafond de garantie de 159 milliards d’euros. Je dis bien : 159 milliards d’euros. La Grèce est incapable de rembourser : les contribuables français vont l’avoir dans le …

    2- Deuxième possibilité : l’Union des dettes.
    L’Union Européenne devient une Union des dettes. Le problème grec est réglé. Les contribuables européens paieront.

    3- Troisième possibilité : l’explosion.
    Les pays européens ne peuvent pas avoir la même monnaie. La Grèce sort de la zone euro. La Grèce retourne à sa monnaie nationale, la drachme. La Grèce dévalue massivement pour relancer son économie.

    4- Quatrième possibilité : la privatisation de tout.
    La Grèce privatise tout, sauf la Justice, la Police et l’Armée, parce qu’il va falloir réprimer les émeutes. La dette grecque est enfin remboursée. Le chaos s’installe.

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  8. Vendredi 2 septembre 2011 :

    L’économie américaine n’a créé aucun emploi en août, selon une estimation publiée vendredi à Washington par le département du Travail et nettement moins bonne que celle des analystes, qui tablaient sur 70.000 embauches nettes dans le pays.

    (Dépêche AFP)

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  9. Lundi 5 septembre 2011 :
    En zone euro, deux groupes de pays sont en train de s’éloigner l’un de l’autre de plus en plus vite.

    1- Premier groupe : les Etats européens en qui les investisseurs ont confiance.
    Leurs taux d’intérêt sont en train de s’effondrer.
    Allemagne : taux des obligations à 10 ans : 1,8 %.
    Pays-Bas : taux des obligations à 10 ans : 2,3 %.
    Finlande : taux des obligations à 10 ans : 2,3 %.
    Autriche : taux des obligations à 10 ans : 2,6 %.
    France : taux des obligations à 10 ans : 2,6 %.

    2- Second groupe : les Etats européens en qui les investisseurs n’ont plus confiance.
    Leurs taux d’intérêt sont en train de monter.
    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 5,2 %.
    Italie : taux des obligations à 10 ans : 5,5 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 8,7 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 10,7 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 19,3 %.

    Ces deux groupes de pays divergent de plus en plus.
    Cette divergence est intenable.
    La zone euro est un navire dont la proue et la poupe s’éloignent l’une de l’autre : ça va finir par craquer.
    Aujourd’hui, lundi 5 septembre 2011, nous sommes en train de vivre la dislocation de la zone euro.

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  10. Mardi 6 septembre 2011 :

    Grèce : taux des obligations à un an : 88,485 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 52,314 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 19,815 %. Record historique battu.

    Mathieu Bruckmüller : Comment expliquez-vous la déroute des banques en Bourse ?

    Sébastien Korchia, gérant actions chez Meeschaert : La semaine dernière, une mission d’évaluation composée du FMI, de l’Union Européenne et de la BCE qui s’était rendue en Grèce pour superviser la mise en place de leur plan d’austérité a claqué la porte. Le marché se dit que le FMI pourrait arrêter de renflouer la Grèce. Pour preuve, le taux d’intérêt des obligations grecques à un an a atteint hier les 80%. A deux ans, il est à 49%. De tels chiffres suggèrent que les investisseurs parient sur un défaut quasi-certain du pays. Si cela se produit, c’est la fin de la partie. La Grèce sera en faillite et les obligations grecques ne vaudront plus rien. En conséquence, les banques européennes qui détiennent en partie de la dette grecque (dont la Société Générale, BNP Paribas et BPCE) subiront des pertes conséquentes. Elles devront donc être recapitalisées jusqu’à 200 milliards d’euros si l’on en croit le FMI. Seul hic: faire une augmentation massive de capital en période de chute des marchés boursiers n’est pas très opportun, surtout si toutes les banques se livrent de concert à cet exercice.

    Mathieu Bruckmüller : Quelle est la solution pour enrayer cette spirale à la baisse ?

    Sébastien Korchia : La décision est politique. La question qui se pose est : ne faut-il pas laisser sortir la Grèce de l’euro pour qu’elle puisse procéder à une dévaluation massive afin de s’en sortir ? Pour le marché, la solution serait que les sommes consacrées au sauvetage de la Grèce soient désormais dédiées à la recapitalisation des banques européennes. Bref, laisser la Grèce faire faillite et créer un plan de sauvetage pour les institutions financières. C’est la seule solution pour arrêter l’hémorragie. Car au final, une chute en dominos des banques serait beaucoup plus grave que la faillite de la Grèce.

    http://www.20minutes.fr/economie/782068-sebastien-korchia-laisser-grece-faire-faillite-creer-plan-sauvetage-banques

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  11. Mercredi 7 septembre 2011 :

    Crise de la dette : la justice allemande valide les aides à l’euro.

    La plus haute instance judiciaire allemande a jugé à cet égard que le gouvernement « avait l’obligation d’obtenir le feu vert préalable » de la commission budgétaire du Bundestag, la chambre basse du parlement, avant de prendre un quelconque engagement.

    Pas question par ailleurs pour Berlin de ratifier des accords prévoyant une « communauté de dettes (…), surtout si elle est liée à des conséquences difficilement prévisibles », ont prévenu les juges suprêmes, ce qui peut donner des arguments aux adversaires des obligations européennes communes ou « eurobonds ».

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=7c6991258e29eab8c386806b32d20fa3

    En clair :

    – L’Union Européenne ne deviendra jamais une union des dettes.

    – Et il n’y aura jamais d’eurobonds.

    – De toute façon, les Etats européens riches n’arrêtent pas de répéter qu’ils sont contre la création d’eurobonds.

    – Bon, maintenant, qu’est-ce qu’on fait des cinq Etats européens en faillite ?

    J’aimerais que Nicolas Sarkozy, François Fillon, François Baroin, etc, répondent clairement à cette question :

    « Maintenant, qu’est-ce qu’on fait des cinq Etats européens en faillite ? »

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  12. Cette semaine, trois Etats européens ont emprunté sur les marchés internationaux : la France, le Portugal, la Grèce. Nous pouvons donc comparer la confiance que ces trois Etats européens inspirent aux investisseurs internationaux.

    Pour un emprunt à 3 mois :

    Mercredi 7 septembre 2011, la France a lancé un emprunt à 3 mois : elle a dû payer un taux d’intérêt de 0,554 %. C’est à peu près le taux d’intérêt que doit payer l’Allemagne : pour un emprunt à 3 mois, l’Allemagne doit payer environ 0,540 %.

    Mais en revanche, le même jour, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,959 % ! Les taux étaient en hausse par rapport à la précédente émission.

    Pour un emprunt à 6 mois :

    Mercredi 7 septembre 2011, la France a lancé un emprunt à 6 mois : elle a dû payer un taux d’intérêt de 0,564 %. C’est à peu près le taux d’intérêt que doit payer l’Allemagne : pour un emprunt à 6 mois, l’Allemagne doit payer environ 0,550 %.

    Mais en revanche, la veille, mardi 6 septembre 2011, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 4,8 % ! Tous ces chiffres montrent ce qui se passe en zone euro :

    – Les Etats européens riches (France, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande, etc) continuent à emprunter à des taux d’intérêt de plus en plus bas.

    – Les Etats européens en faillite ne peuvent même plus emprunter sur les marchés internationaux pour des emprunts à un an, à deux ans, à trois ans, à quatre ans, … Sinon, ils devraient payer des taux d’intéret démentiels.

    – Les Etats européens en faillite sont condamnés à se financer en empruntant à trois mois et à six mois : les Etats européens en faillite doivent payer des taux d’intérêt exorbitants.

    – Les Etats européens en faillite foncent vers le défaut de paiement.

    http://www.europe1.fr/Economie/Le-Portugal-emprunte-854-M-d-euros-705933/

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  13. Jeudi 8 septembre 2011 :

    Wolfgang Schäuble : il faut pouvoir recapitaliser rapidement les banques européennes.

    Le ministre allemand des Finances a estimé jeudi qu’il fallait pouvoir recapitaliser rapidement les banques européennes en raison de « nouvelles inquiétantes » en provenance de la zone euro et a mis en garde la Grèce à propos des prochains versements d’aide européenne.

    Wolfgang Schäuble, qui défendait devant les députés allemand le renforcement décidé en juillet des moyens et des compétences du fonds de secours européen FESF, a déclaré qu’il était « très important surtout au vu des nouvelles inquiétantes en provenance de la zone euro que ce fonds soit en mesure si besoin de libérer à court terme des moyens pour recapitaliser les banques ».

    La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde avait lancé un débat très vif en Europe en évoquant récemment un besoin urgent de renflouer les banques.

    M. Schäuble a par ailleurs adopté un ton dur à propos de la Grèce, jugeant « très prématuré » de concrétiser un deuxième plan d’aide à Athènes tant que le pays n’aurait pas rempli les conditions pour toucher dans son intégralité la première aide accordée au printemps 2010.

    « Le débat sur une deuxième aide à la Grèce est très prématuré au vu des difficultés actuelles autour du versement de la prochaine tranche », a dit le ministre.

    M. Schäuble a mis en garde contre « de nouvelles conséquences » pour cette deuxième aide si Athènes échouait à tenir ses promesses de réforme.

    http://www.romandie.com/news/n/DETTESchauble_il_faut_pouvoir_recapitaliser_rapidement_les_banques_europeennes080920111009.asp

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  14. Jeudi 8 septembre 2011 :

    Grèce : le PIB au 2ème trimestre s’est enfoncé plus qu’annoncé : – 7,3 % sur un an.

    L’Autorité des statistiques grecques a révisé jeudi à la hausse, à – 7,3 % sur un an, la contraction du produit intérieur brut (PIB) grec au deuxième trimestre, contre une baisse évaluée à – 6,9 % par de premières estimations.

    Cette nouvelle estimation, toujours provisoire mais incluant de nouvelles données, révise aussi à la hausse le recul du PIB au premier trimestre, à – 8,1 %.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Grece_PIB_au_2e_trimestre_s_est_enfonce_plus_qu_annonce__73_sur_un_an080920111309.asp

    Grèce : taux des obligations à un an : 94,716 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 55,050 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 20,127 %. Record historique battu.

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  15. Samedi 10 septembre 2011 :

    La signification de la démission de Jürgen Stark : cette démission signifie que la France n’est plus dans le groupe des Etats européens du Nord. Cette démission signifie que la France vient de basculer dans le groupe des Etats européens périphériques.

    1- Le groupe des Etats européens du Nord était jusqu’à présent constitué des Etats du coeur de l’Europe, du Nord de l’Europe, et la France en faisait partie.

    La caractéristique de ce groupe est la suivante : les Etats européens du Nord ne veulent pas payer pour sauver les Etats européens périphériques.

    Exemple numéro 1 : jeudi 30 juin 2011, le Royaume-uni, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Finlande, le Danemark et la Suède déclarent qu’ils ne veulent pas que le budget de l’Union Européenne soit porté à 1,11 % du PIB de l’Union Européenne. Ils veulent que le budget de l’UE reste au niveau ridicule de 1 % du PIB de l’UE.

    Exemple numéro 2 : les Etats européens du Nord ne veulent pas la création des eurobonds.

    Exemple numéro 3 : les dirigeants de la BCE originaires des Etats européens du Nord ne veulent pas que la BCE rachète les obligations des Etats européens périphériques. L’Allemand Jürgen Stark était notoirement opposé à cette action, rejoint en cela par le patron de la Bundesbank, l’Allemand Jens Weidmann, ou encore le Néerlandais Klaas Knot.

    Lisez cet article très important :

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/09/09/04016-20110909ARTFIG00668-la-bce-se-dechire-sur-la-strategie-pour-sauver-l-euro.php

    2- Le groupe des Etats européens périphériques était jusqu’à présent constitué des cinq Etats européens en faillite : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne.

    La caractéristique de ce groupe est la suivante : les Etats européens périphériques sont en faillite, et ils veulent que les Etats européens du Nord paient davantage pour les aider.

    Exemple numéro 1 : les Etats européens périphériques veulent que le budget de l’UE soit augmenté de façon massive.

    Exemple numéro 2 : les Etats européens périphériques veulent la création des eurobonds.

    Exemple numéro 3 : les Etats européens périphériques veulent que la BCE rachète massivement leurs obligations d’Etat.

    Conclusion : la zone euro est en train de se disloquer. Les Etats européens ne sont pas d’accord entre eux. Leurs intérêts ne sont pas les mêmes. Et en plus, à l’intérieur même de la BCE, les dirigeants de la BCE ne sont pas du tout d’accord entre eux.

    Conclusion numéro 2 : samedi 10 septembre 2011, la zone euro s’est brisée en deux groupes d’Etats :
    – le groupe des Etats européens du Nord
    – et le groupe des Etats européens périphériques : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne, France.

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