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La baisse de l’influence du dollar

La baisse de l’influence du dollar

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Le prix d’environ 25% des exportations chinoise est indiqué en yuan qui est devenu la principale monnaie de règlement dans certaines régions.

Le sujet a largement été débattu, a suscité des fantasmes quelques fois, mais surtout des certitudes: le dollar est la monnaie de référence des échanges économiques internationaux. Cependant, plusieurs évènements récents relancent le débat et pourraient amorcer un début de changement de tendance susceptible de bouleverser les échanges internationaux.

Pourquoi une telle évolution? Quelles sont les implications pour les devises? Les Etats-Unis peuvent-ils fermer les yeux sur ce qui est en train de se passer?

Explication sous forme de questions-réponses.

Depuis quand le dollar domine-t-il les échanges internationaux?

Le dollar américain règne sur les transactions de devises sans interruption depuis la deuxième guerre mondiale. La devise américaine s’est imposée comme la première monnaie de réserve et le premier choix des banques centrales. Les réserves de change en dollars détenues par les banques centrales du monde entier représentaient 3800 milliards de dollars au troisième trimestre 2013, soit 61,4% du montant des réserves allouées. Toutefois ces chiffres sont à relativiser très fortement dans la mesure où d’une part la Chine refuse de divulguer la répartition de ses réserves de change, et d’autre part les réserves non allouées sont en augmentation.

Quelles sont les raisons d’une telle dominance?

Il y a quatre raisons principales à la prédominance du dollar dans les échanges internationaux.

  • 1) La stabilité de l’économie américaine est la première raison d’investir et d’avoir confiance dans le dollar. Les États-Unis ont dernièrement montré que le pays avait les moyens de résister à un choc quelconque (hausse des prix des matières premières ou des biens manufacturés, crise du crédit, catastrophe naturelle, dérapage du commerce extérieur, etc.)
  • 2) Pour aider leurs exportations, les pays asiatiques (notamment) accumulent des dollars pour maintenir leurs propres devises à un taux de change bas (d’une façon générale, les économies asiatiques sont, à l’instar de l’économie japonaise, axées sur les exportations).
  • 3) L’omniprésence du dollar dans les coffres mondiaux est aussi le résultat de l’émission surabondante de titres de dette américaine.
  • 4) Pour ne pas se retrouver face à un endettement local incontrôlé en dollar comme en 1997 (dévaluation de la monnaie), certains pays (notamment asiatiques) tiennent compte du risque de change en achetant de la devise américaine.

La Chine a-t-elle les moyens de changer la donne?

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Aujourd’hui, le prix d’environ 25% des exportations chinoise est indiqué en yuan qui est devenu la principale monnaie de règlement dans certaines régions. Si, pendant des années, la Chine a accumulé des dollars et s’est attelée à garder élevée la valeur du dollar et basse celle du yuan, l’objectif est clairement aujourd’hui que la devise chinoise devienne une des principales monnaies de réserve dans le monde d’ici à 2030.  Tel n’est pas encore le cas, mais plusieurs éléments récents montrent que la tendance est en train de s’inverser. La nouvelle a été quasiment entièrement passée sous silence par les médias américains, mais elle devrait faire date. Selon les déclarations de Yi Gang, un député gouverneur à la Banque Centrale « ce n’est plus dans l’intérêt de la Chine d’accumuler des réserves en devises étrangères».

Pour mémoire, au 3ème trimestre 2013, les réserves en devises étrangères ont été estimées à environ 3,66 trillions de dollars. Et, bien sûr, la majeure partie était en dollars américains pour rendre les produits chinois moins chers sur le marché international.

Mais à présent, la Chine a annoncé que le temps était venu d’arrêter de faire des réserves en dollars US.

Autre exemple concret en date, la suspension de toutes les transactions en dollars avec les banques commerciales afghanes (au-delà de la volonté de contrecarrer les opérations terroristes de la région dominée par les musulmans de la région du Ouïghour) montre qu’il n’y a concrètement aucun problème à changer de devise de référence en un temps record.

La Russie va-t-elle changer de monnaie de référence?

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La Banque centrale russe, grâce aux recettes pétrolières et gazières du pays, détenait 493,4 milliards de dollars de réserves de change au dernier pointage officiel du 21 février.

Pour répondre aux sanctions imposées par l’Union Européenne (UE) et les États-Unis après le référendum en Crimée, la Russie est en train de mettre ses menaces à exécution en répondant par ses propres sanctions contre ces mesures économiques. Le 12 mars 2014, selon les données publiées par la banque centrale américaine, 104,5 milliards de dollars d’obligations américaines de la Réserve fédérale ont été retirés, suscitant les rumeurs les plus folles d’une sortie ou d’un transfert de la part de la banque centrale russe….

Début mars 2014, le conseiller présidentiel russe, Sergueï Glaziev, a lancé un avertissement laissant peu de place au doute en déclarant que «Nous détenons une quantité décente de bons du Trésor – plus de 200 milliards de dollars – et si les États-Unis osent geler les comptes des entreprises et des citoyens russes, nous ne pouvons plus considérer l’Amérique comme un partenaire fiable», ajoutant que «nous allons encourager tout le monde pour vider les obligations du Trésor américain, se débarrasser de dollars comme monnaie fiable et quitter le marché américain.»

Les menaces ont été mises à exécution puisque le pays a été un vendeur net pour une somme combinée de 11,3 milliards de dollars de T-bonds au cours des mois de février et de mars 2014.

L’on se souvient que la Chine et la Russie ont conclu mi-mai à Shanghai un méga-contrat d’approvisionnement gazier, fruit d’une décennie de négociations. Selon les termes du contrat, la Russie fournira Pékin en gaz à partir de 2018, et le volume livré à la Chine augmentera progressivement «pour atteindre à terme 38 milliards de mètres cube par an». Si cet accord confirme l’amélioration des relations sino-russe, il pourrait aussi confirmer la volonté de la Russie de réduire sa dépendance aux dollars. En ce sens, le contrat devrait être libellé soit en Roubles, en Renminbi ou en or.

Mi-mars 2014, les deux géants des paiements, Visa et MasterCard, ont arrêté sans préavis de fournir leurs services de paiement aux clients de plusieurs banques russes après l’annonce de sanctions par Washington pour condamner «l’annexion» de la Crimée par Moscou.

La banque Rossia, visée par les sanctions américaines, avait annoncé le 21 mars 2014 que Visa et Mastercard avaient «sans préavis arrêté de fournir leurs services de paiement aux clients de la banque».

Sa filiale à 100%, Sobinbank, était aussi touchée car contrôlée par les frères Arkadi et Boris Rotenberg, dont les noms avaient été ajoutés à la liste des personnes visées par les sanctions.

Concrètement, les clients ne pouvaient plus retirer d’argent avec leurs cartes que dans les distributeurs, et ne pouvaient plus effectuer d’achats avec leurs cartes.

La Russie aurait donc aussi dans l’idée de créer son propre système de paiement pour réduire sa dépendance à certains groupes occidentaux tels que Visa et/ou Mastercard.

Ce nouvel épisode pourrait donc être une énième preuve de la volonté de la Russie de réduire sa dépendance au dollar.

Finalement, la Russie a produit en mai 2014 un document décrivant une stratégie de retrait du dollar à adopter dans un contexte de coopération des Brics.

John-F. Plassard   Mirabaud Securities/Agefi Suisse 24/6/2014

http://agefi.com/marches-produits/detail/artikel/le-prix-denviron-25%25-des-exportations-chinoise-est-indique-en-yuan-qui-est-devenu-la-principale-monnaie-de-reglement-dans-certaines-regions.html?catUID=19&issueUID=615&pageUID=18404&cHash=d982951b5f56a18c89e2f002d20dd888

Gaz russe: la tentation chinoise

Le contrat passé entre la Russie et la Chine sur le gaz (400 milliards sur trente ans) remet en perspective la construction géopolitique actuelle

Le Premier ministre russe Dimitri Medvedev a admis, le 20 mai 2014, la possibilité théorique d’une réorientation vers la Chine des exportations de gaz russe qui n’iraient plus vers l’Europe, dans un entretien publié alors que le président Vladimir Poutine était à Shanghai.

Au-delà du «mega-deal» gazier signé le 18 mai 2014, il ne faut pas oublier non plus qu’un nombre record de 49 accords a été conclu entre Beijing et Moscou, couvrant les domaines politiques, commerciaux, les infrastructures et les technologies de pointe – et militaire, dans un mouvement visant à renforcer davantage le partenariat sino-russe.
Entre menaces, coups de bluff et rapprochements stratégiques, le réchauffement apparent entre la Russie et la Chine peut-il déstabiliser un équilibre géopolitique qui a mis plusieurs siècles à s’installer et quelles pourraient-être les conséquences économiques de ce potentiel chamboulement historique?

Durant les deux dernières décennies, les échanges économiques ont dominé la relation sino-russe, la Russie fournissant à la Chine des technologies militaires et spatiales ainsi que du pétrole, tout en important massivement des produits de consommation courante chinois. Plus précisément, les échanges commerciaux bilatéraux ont été multipliés par 14 en 20 ans et ont atteint l’année dernière la somme record de 88,2 milliards de dollars.
L’une des priorités affichée par les deux puissances est de porter les échanges à 100 milliards de dollars d’ici à 2015 et de développer le partenariat énergétique.

Concentrons-nous tout d’abord sur le sujet gaz qui a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières semaines.

Le président russe Vladimir Poutine a en effet conclu le 18 mai 2014 avec son homologue chinois Xi Jinping un énorme contrat d’approvisionnement gazier à la Chine, évalué à 400 milliards de dollars sur trente ans. Les deux chefs d’Etat ont signé à Shanghai ce méga-contrat entre le géant énergétique chinois CNPC et le russe Gazprom, finalisé après une décennie de pourparlers.
Le volume livré à la Chine augmentera progressivement, jusqu’à 38 milliards de mètres cubes par an. La signature de cet accord est intervenue quelques heures après que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ait appelé Vladimir Poutine à respecter son engagement de poursuivre les livraisons de gaz à l’Europe, alors que Moscou menaçait de couper les approvisionnements de gaz à l’Ukraine le 9 juin 2014 en raison des impayés de Kiev (un premier versement partiel a été effectué le 3 juin).

«Nous avons suffisamment de réserves, suffisamment de gaz pour livrer du gaz et à l’est, et à l’ouest. Mais si l’on envisage le pire, de manière purement théorique le gaz qui ne serait pas livré en Europe peut être envoyé (…) en Chine», a déclaré M. Medvedev dans un entretien à Bloomberg mi-mai 2014. Et d’ajouter: «Ce n’est, je le souligne, pour l’instant, qu’une possibilité absolument théorique».

Pour mémoire, la Russie fournit un quart de son gaz à l’Union européenne. La majeure partie de ces achats, soit 85 milliards sur les 133 milliards de mètres cubes fournis par Gazprom, transite par l’Ukraine. L’Allemagne et l’Italie ont déjà fait part de leur anxiété quant à un arrêt brutal de l’approvisionnement en gaz russe. Les pays d’Europe de l’Est sont extrêmement dépendants des livraisons de Gazprom. Les membres historiques de l’Union européenne sont eux-mêmes gênés aux entournures. Gazprom fournit un quart de son gaz à l’Italie. Et plus d’un tiers de son gaz à l’Allemagne.

Le pétrole ensuite.

Rappelons qu’en 2013, Moscou avait signé avec Pékin un (autre) méga-contrat de 270 milliards de dollars sur 25 ans qui doublait les exportations de pétrole à la Chine, confirmant ses ambitions de conquête des marchés asiatiques.

Ainsi, au-delà des relations «gazières», la construction de pipelines de pétrole et de gaz en Chine montre la nécessité stratégique pour la Chine, de réduire sa dépendance vis-à-vis des pays du Moyen-Orient et par la même occasion renforcer sa position économique. D’autre part la Russie bénéficiera d’un nouveau grand consommateur d’énergie et deviendra moins dépendante de l’Europe.

La prédominance américaine va ces prochaines années, rencontrer de plus en plus de résistance et de volonté «d’indépendance» et devrait très logiquement s’estomper.

Il est difficile de penser que les derniers événements politiques et économiques n’ont aucun rapport entre eux.

Le taux de concentration des microparticules dans l’air de Pékin tourne depuis plusieurs semaines autour de 400 à 500 microgrammes par mètre cube – soit 16 à 20 fois le maximum conseillé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). A Shijiazhuang, une ville industrielle proche de Pékin, la concentration des microparticules dans l’air dépasse parfois 900 (36 fois le niveau maximum conseillé par l’OMS). L’arrivée du gaz russe vient donc à point nommé. Le gaz est en effet une énergie dite propre qui correspond mieux aux standards des pays qui se soucient des questions écologiques, mais plus coûteuse. Or, la Chine utilise énormément de ressources polluantes, tout en disposant, selon l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) de réserves importantes de ressources non-conventionnelles (pétrole et gaz de schiste), également polluantes. A court terme, l’avantage pour la Chine serait donc d’obtenir du gaz à bas prix en construisant des gazoducs en conséquence.

Concernant les alternatives énergétiques en cas de blocage ou de ralentissement de la livraison russe, l’Union européenne à la possibilité de se tourner vers d’autres fournisseurs, comme la Norvège, la Hollande ou l’Algérie.

Cependant le gaz nord-africain est plus cher que Gazprom. La Norvège elle a des ressources limitées et le gaz hollandais est de trop mauvaise qualité selon les argumentations officielles du ministre allemand de l’économie Sigmar Gabriel. Pour lui, il n’y a tout simplement pas d’alternative raisonnable au gaz russe.

Signalons que pour se passer de Gazprom, certains dirigeants européens prônent aussi l’acheminement par l’Italie du gaz libyen, iranien (le projet du gisement de South Pars va permettre à l’Iran d’augmenter ses exportations de gaz naturel à partir de la prochaine année iranienne, qui débutera en mars 2015) en Europe de l’Est, et à terme du gaz d’Azerbaïdjan. Ce qui n’est aujourd’hui pas à l’ordre du jour ou très (trop) coûteux. Enfin, on parle aussi des États-Unis pour supplanter le gaz russe, mais deux conditions au moins ne sont pas encore réunies pour se faire: la libéralisation les licences d’exportation de gaz de schiste américaines et la conclusion du traité de libre-échange euro-américain.

La Chine et la Russie partagent les mêmes questions d’avenir sur l’évolution de leur situation militaire et politique. Cet état de fait découle directement et indirectement de leur situation géographique.

Début mai 2014, Moscou a annoncé l’annulation de 90% de la dette Nord-Coréenne selon les termes d’un accord bilatéral signé le 17 février 2012 et ratifié mardi 29 avril 2014 par le Conseil de la Fédération (Chambre haute du parlement russe). La dette Nord-Coréenne, d’un montant de 10.94 milliards de dollars date du temps de l’ex-URSS. La Russie n’est pas le seul pays voisin de la Corée du Nord à lui offrir quelques facilités économiques, la Chine n’est pas en reste….

La coopération sino-russe-iranienne s’articule autour de l’énergie sous toutes ses formes: les hydrocarbures mais aussi l’énergie nucléaire. Les réactions chinoises sur le dossier nucléaire iranien sont proches des réactions russes, soit une opposition aux sanctions et au recours à des moyens militaires, avec une nette préférence pour les négociations. Pour mémoire, en décembre 2011 le major-général Zhang Zhaozhong déclarait ainsi que «la Chine n’hésiterait pas à protéger l’Iran, même si cela (devait) doit déclencher une troisième guerre mondiale.» La résolution de la crise syrienne, contre toute attente, est venue de Moscou. Vladimir Poutine a en effet pris l’initiative en suggérant de placer l’arsenal chimique de Damas sous contrôle international et de le détruire. L’accueil sera favorable de la part de la communauté internationale mais aussi de la part de la Chine qui a toujours détesté se mettre en porte-à-faux avec les organisations régionales (rappelons que le principal producteur de pétrole syrien, Al Furat Petroleum Company, est une le fruit d’une alliance sino-syrienne). Si l’on parle beaucoup du «mega-deal» de Gazprom, il ne faut pas oublier que d’autres secteurs d’activité bénéficient de plus en plus du réchauffement sino-russe. D’autres compagnies russes prennent désormais les devants et, à l’image du numéro un mondial de l’aluminium Rusal, entrent sur le marché chinois. Rusal a ainsi conclu depuis plus de deux ans plusieurs accords de plusieurs milliard de dollars avec des sociétés chinoises, Norinco notamment. Si les accointances entre Chine et Russie devaient se confirmer, il faudra donc s’attendre à plusieurs opérations dans divers secteurs tout au long de ces prochains mois. Enfin, des rumeurs persistantes font état de restructuration de la dette extérieure russe avec l’aide de la Chine.

Les deux plus grands perdants européens d’un rapprochement entre la Russie et la Chine sont sans aucun doute l’Allemagne et le Royaume-Uni. L’Allemagne assure en effet plus de 42% des exportations de la zone euro vers la Russie, ce qui explique les réticences du gouvernement d’Angela Merkel à accélérer les sanctions à l’encontre de Moscou sur le dossier ukrainien. La Grande-Bretagne de son côté pâtirait d’un éloignement de la Russie; la problématique étant moins énergétique que financière.

La City est en effet très prisée des oligarques russes qui y détiennent d’importantes liquidités, et pourraient craindre un gel de leurs avoirs. Les dernières rumeurs en date font état de débuts de retrait de la part des fortunes russes (pour compenser les fuites de capitaux constaté en Russie depuis le début de la crise ukrainienne?).

En terme sectoriel, c’est le secteur bancaire français qui est le plus exposé au risque russe. Les banques françaises sont en effet très présentes en Russie avec 36 milliards de créances, essentiellement auprès d’entreprises privées. On peut également craindre un blocage des avoirs occidentaux en Russie, dommageable pour les entreprises étrangères implantées. Cependant, n’oublions pas que la Russie est, elle aussi, très dépendante aujourd’hui de ses importations européennes en biens de consommation et biens d’équipements (la moitié de ses importations concerne cette catégorie). Dans un premier temps la Russie aurait donc tout à perdre d’une rupture franche avec les pays de «l’ouest»…. Enfin, en terme géopolitique et militaire, les Etats-Unis pourraient aussi pâtir, à terme, d’un rapprochement entre la Russie et la Chine. Une alliance stratégique entre ces deux derniers pays ne manquerait pas de mettre à mal la vision hégémonique des Etats-Unis.

La Chine (largement énergivore) est logiquement le principal marché vers lequel peut se tourner la Russie pour soutenir son rythme de croissance. Cependant, plusieurs problèmes géostratégiques persistent. Tout d’abord, la renaissance d’une relation économique et politique entre la Chine et la Russie, pourrait avoir des conséquences néfastes pour la Russie étant donné la faiblesse du gouvernement en Extrême-Orient russe et l’absence de stratégie politique étrangère.
La Russie pourrait alors se retrouver en situation d’infériorité et faire le jeu de la Chine.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la Chine a toujours déclaré qu’elle n’entrerait jamais en négociation avec un pays (Russie incluse) pour créer une union.

Ainsi, la solution qui pourrait satisfaire tout le monde et qui semble la plus probable, est celle d’un avenir commercial à trois (avec l’Inde par exemple) plutôt qu’à deux. Une alliance stratégique entre trois des pays les plus étendus et les plus peuplés de la planète, dans laquelle Moscou pourrait jouer à nouveau un rôle (politique) important deviendrait, très concrètement, une menace pour la zone euro tout d’abord pour les Etats-Unis ensuite.

Une alliance entre trois des pays les plus étendus et les plus peuplés de la planète deviendrait concrètement une véritable menace pour la zone euro et les Etats-Unis

John-J. Plassard  Mirabaud Securities/Agefi Suisse 24/6/2014

http://agefi.com/europe-monde/detail/artikel/le-contrat-passe-entre-la-russie-et-la-chine-sur-le-gaz-400-milliards-sur-trente-ans-remet-en-perspective-la-construction-geopolitique-actuelle.html?catUID=16&issueUID=603&pageUID=18053&cHash=d6d65c7de0200a8204e4ac260ce27b9c

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