Art de la guerre monétaire et économique

FED et BCE : Deux approches quantitatives bien différentes

La semaine dernière a montré deux approches types de  politique de relance par une Banque Centrale.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

La Fed a laissé ses taux inchangés à 0,25 %, avec un communiqué quasiment identique au précédent (quoique avec quelques ajustements qui ont donné au document un ton semble-t-il plus restrictif). Le communiqué a abandonné toute référence au risque de déflation, mais a souligné un « substantiel » excédent de capacités disponibles. La Fed n’a pas modifié son engagement d’achat d’actifs à hauteur de 1750Md$, mais a annoncé le lendemain l’extension et la modification de ses injections de liquidités. L’impression qui domine est que la Fed n’envisage pas la fin de sa politique quantitative à court terme, mais réfléchit à la façon de réduire la taille de son bilan à un moment donné dans le futur.

Cela contraste avec l’annonce par la BCE d’une facilité de refinancement massive à long terme, dont 442 milliards d’euros ont été alloués au taux de seulement 1 %. Le montant dépasse le précédent record d’allocation de décembre 2007, quand la BCE avait prêté près de 349 milliards d’euros à l’occasion d’une opération de refinancement qui courait toutefois sur deux semaines Cette opération, bien plus importante que prévu, a concerné 1 120 banques soit deux fois plus que pour les opérations hebdomadaires dans le cadre de laquelle elles doivent fournir des actifs en garantie à la BCE. Cela s’est traduit par une augmentation significative des réserves excédentaires au sein du système bancaire. Dans les faits grâce à cette injection, elles disposent d’excédents de réserves estimés à 270 milliards d’euros, ce que l’on appelle :

Le Deposit Facility  http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=ECBLDEPO%3AIND  (cliquez sur le lien)

Cela se traduit aussi  par une pression à la baisse sur les taux sur l’ensemble de la courbe.

Dans le détail  cette mesure permet en fait  à la Banque Centrale Européenne de tourner la difficulté technique – de caractère institutionnel – que représente la quasi-impossibilité d’une vraie stimulation monétaire directe (par des achats d’obligations comme aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne) tout en visant le même objectif.

Les taux du marché sur les échéances plus courtes reflètent alors la nouvelle situation. Ainsi, le taux de l’Euribor 3 mois a atteint son plus bas historique à 1,038 % hier (il dépassait 1,26% en début de mois de juin 09), l’Eonia quant à lui, le taux au jour le jour, est tombé  à 0,36 % le 2/7 contre 0,752 le 23/6.

Suivre l’Euribor : http://www.francetransactions.com/taux/Taux-euribor-cours-du-jour.html

Suivre l’Eonia : http://fr.euribor-rates.eu/eonia.asp

Techniquement, l’étape est importante mais elle n’aurait de signification économique que dans l’hypothèse non réaliste  où les banques décideront d’utiliser ces capitaux. Dans la réalité faute d’offre de crédit supplémentaire , leur destination sera les obligations, un résultat équivalent des mesures prises par la Réserve fédérale. Les Banques visant avant tout par ce type d’opération à reconstituer leurs marges et à renforcer leurs fonds propres.

Pour la BCE outre l’offre d’ une marge d’intérêt substantielle pour les banques du fait du faible coût de ce financement (n’oublions pas que le système bancaire européen est en très mauvais état), l’avantage c’est qu’elle sera plus libre que d’autres banques centrales vis-à-vis de sa politique de sortie de crise. Compte tenu de la nature de l’opération, les liquidités allouées pourront être automatiquement reprises dans un an alors que la Banque Centrale américaine qui n’a pas vocation à détenir des obligations à long terme (gouvernementales ou dette hypothécaire)  devra les revendre, avec des effets imprévisibles sur le marché de ces titres en cas de timing inadapté.

Il est clair que les banques centrales américaines et européennes sont désireuses de maintenir une politique monétaire accommodante, La différence dans ces deux approches tient à l’importance relative du système bancaire dans le financement des entreprises.

 L’approche quantitative qui consiste à acheter des actifs vise à inciter les investisseurs à prendre davantage de risque sur les actions, le crédit ou en termes de duration, permettant ainsi de stimuler les prix des actifs et de réduire le coût du capital.

 Dans la zone euro, où les trois quarts du financement des entreprises sont assurés par les banques, l’approche de la BCE cible la rentabilité des banques en leur fournissant un financement peu coûteux, leur permettant ainsi de financer des actifs à plus fort rendement.

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Les besoins en liquidités des Banques US diminuent toujours et encore !!!!!

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