Changes et Devises

WSJ : Le dilemme de la Banque d’Angleterre

Nouvel élément à la rubrique simplement consacrée a la présentation  d’articles TRADUITS en français issus du WALL  STREET JOURNAL….Si comme moi vous appréciez un angle et un point de vue différents  sur les marchés financiers et boursiers mondiaux vous y verrez la l’occasion d’enrichir et vos connaissances, et votre suivi des marchés et je vous le souhaite aussi une manière de booster ou de protéger vos investissements…et de vous assurer une retraite complémentaire, vous en aurez besoin….

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Quels ont été les bénéfices pour le Royaume-Uni de la politique d’assouplissement quantitatif ?

La liste qu’en fait la Banque d’Angleterre semble s’allonger tous les jours : les taux des gilts ont baissé, le marché des obligations d’entreprises a retrouvé des couleurs, le chômage a diminué, les marchés d’actions se sont redressés… Presque tout ce qui arrive de bien en ce moment dans le pays y figure, mise à part peut-être la douceur de l’été indien.

Mais ce qui n’y figure pas, c’est le dégel du crédit bancaire et l’augmentation de la masse monétaire, alors que ce sont justement là les objectifs que la banque centrale britannique cherchait à l’origine à atteindre avec son programme de rachat d’emprunts d’Etat.

Le marché n’a pas manqué de remarquer que la Banque d’Angleterre changeait régulièrement de justification pour sa politique d’assouplissement quantitatif. Or une telle attitude alimente les craintes qu’elle ne sache pas ce qu’elle fait ou comment faire machine arrière.

L’incertitude ainsi créée est en partie responsable du récent affaiblissement de la livre sterling.

La prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, où doit être décidé de poursuivre ou d’interrompre le programme de rachat d’actifs doté de 175 milliards de livres, revêt donc une importance toute particulière. Ce sont la crédibilité et l’indépendance de la banque centrale britannique qui sont en jeu.

L’assouplissement quantitatif n’est pas encore devenu un sujet politique au Royaume-Uni. Mais compte tenu du redressement de l’économie, de la hausse des prix des actifs et de la résistance étonnante de l’inflation, la décision éventuelle de poursuivre le programme de mesures non conventionnelles nécessitera d’être bien argumentée.

Jusqu’à présent, la Banque d’Angleterre a pu défendre sa politique d’assouplissement quantitatif en mettant en avant la morosité de la conjoncture économique qui maintenait l’inflation à un niveau faible. A présent, de nombreux économistes prévoient que l’inflation dépassera l’an prochain le taux de 2% visé par la banque centrale, ce qui suggère qu’un durcissement de la politique monétaire pourrait bientôt être nécessaire.

Mais en présentant à plusieurs reprises la baisse des taux des gilts comme une mesure clé du succès de sa politique, la Banque d’Angleterre a créé une certaine confusion sur le marché. En effet, dans la mesure où les mesures d’assouplissement quantitatif augmentent les anticipations d’inflation, ce qui fait grimper les taux des gilts et oblige la banque centrale à faire marcher la planche à billet, l’argument paraît défier le bon sens. Il renforce en outre le sentiment que le véritable objectif de la Banque d’Angleterre est en fait d’utiliser l’assouplissement quantitatif pour faciliter le recours de l’Etat à l’emprunt.

Voilà qui ne serait guère surprenant. L’état déplorable des finances publiques britanniques constitue une menace pour la stabilité financière. Le déficit budgétaire du Royaume-Uni devrait atteindre 13% cette année, un niveau que, parmi les pays industrialisés, seule l’Irlande dépasse. Les émissions de gilts pour la période 2008-2010 devraient dépasser le montant cumulé des 10 précédentes années. 

Certes, le marché pourrait être capable d’absorber des adjudications de cette ampleur même sans mesures d’assouplissement quantitatif. L’épargne du secteur privé est en plein essor, et il y a donc des capitaux à investir. D’autre part, les nouvelles règles en matière de liquidités vont contraindre les banques à acheter plus de gilts. Mais la demande de gilts provenant habituellement à hauteur de 30% d’investisseurs étrangers, la Banque d’Angleterre s’inquiète probablement de ce qu’il adviendrait si la demande étrangère venait à se tarir.

Sans sérieux efforts pour améliorer la situation budgétaire, un abandon des mesures d’assouplissement quantitatif risquerait dans le meilleur des cas de provoquer une hausse des taux du marché, qui menacerait la reprise. Dans le pire des cas, il pourrait déclencher une crise de la livre sterling — dont la Banque d’Angleterre serait tenue pour responsable.

Quelle conduite devrait tenir la banque centrale britannique ? David Blanchflower, ancien membre du comité de politique monétaire, recommande de laisser l’inflation monter à 5%, une approche qui mettrait à rude épreuve la crédibilité de la Banque d’Angleterre. Il n’est pas certain d’ailleurs que la banque centrale soit prête à risquer de déclencher une crise.

Peut-être qu’elle parviendra à esquiver le problème lors de sa prochaine réunion en décrétant une pause dans son programme. Mais si l’inflation continue d’augmenter comme le prédisent les économistes, elle ne s’aménagera ainsi qu’un répit de courte durée. Tôt ou tard, il lui faudra faire un choix.

Simon Nixon, The Wall Street Journal Europe oct09

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