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Rapport S&P : Le dollar reste la monnaie internationale de référence après la crise

Malgré les débats générés pendant une récession mondiale qui a trouvé son origine aux Etats-Unis, le dollar reste la monnaie internationale de référence, affirme l’agence de notation Standard and Poor’s dans un rapport publié mercredi.

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« Standard and Poor’s considère le dollar américain comme la monnaie clef dans le monde pour plusieurs raisons, toutes ayant au final un rapport avec notre opinion sur la force fondamentale de l’économie américaine« , écrit John Chambers, principal auteur du rapport.

Le fait que la récession mondiale observée en 2008 ait trouvé son origine aux Etats-Unis n’a pas altéré le fait que le dollar reste la devise la plus acceptée dans le monde, note S&P.

« Aussi longtemps que l’inflation reste modérée et stable, que les marchés financiers sont solides et relativement sans entraves, que les dépenses du gouvernement américain sont efficaces et viables, Standard and Poor’s Rating Services s’attend à ce que le dollar reste la monnaie internationale de référence », explique l’agence.

Le rôle clef du dollar dans le monde se traduit par sa domination des échanges sur les marchés de devises, la dénomination de presque la totalité des importations et exportations des Etats-Unis dans sa propre monnaie, la quantité de billets verts en circulation en dehors du territoire américain ou encore la proportion du dollar dans les réserves internationales.

S&P estime toutefois que la part du dollar dans les réserves internationales identifiées (de 62% en 2009 selon le Fonds monétaire international, contre 72% en 1999 et 54% en 1991) est susceptible de reculer au profit de l’euro, et alors que certaines banques centrales de pays moins liés commercialement aux Etats-Unis diversifient leurs réserves.

Un tel repli serait toutefois « régulier, graduel et prolongé sur plusieurs années, si l’histoire du recul de la part de la livre sterling est une indication ».

La vulnérabilité de la monnaie américaine vient de la position grandissante de débiteur des Etats-Unis, en partie à cause de la dépendance du gouvernement à l’épargne extérieure. En 2009, 46% de la dette américaine était détenue par des étrangers, rappelle S&P.

Conséquence de la récession, le déficit courant des Etats-Unis –qui traduit le besoin de financement des Etats-Unis– s’est tout de même réduit à 4% du produit intérieur brut estimé en 2010, contre 6% en 2006. L’agence s’attend à un maintien de ce niveau de 4% dans les prochaines années, « ce qui sous-entend une décélération dans le rythme auquel la dette extérieur nette des Etats-Unis va croître ».

Une deuxième faille a émergé pendant la crise: la situation budgétaire.

 S&P s’attend à ce qu’un déficit budgétaire américain de 11% du PIB en 2011 ne soit réduit qu’à 5% d’ici 2013, « date à laquelle le ratio de la dette publique par rapport au PIB aura atteint 82%, plus que doublant son niveau de 38% en 2007, avant la récession ».

Sans une action à moyen terme, « les créanciers extérieurs pourraient réduire leurs positions en dollars, en particulier s’ils concluent que les membres de la zone euro adoptent des politiques macroéconomiques plus solides ».

Cette place prépondérante de la monnaie américaine est l’un des éléments justifiant la note optimale de « AAA » que S&P accorde à la dette des Etats-Unis, la meilleure possible, précisent les analystes.

« Si le dollar n’avait pas ce rôle, nous pensons que les Etats-Unis n’auraient pas un tel accès à des financements extérieurs, les taux d’intérêt devraient monter pour générer une épargne intérieure plus élevée, et la croissance potentielle chuterait », estime S&P.

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