Etats-Unis

WSJ : Banques / la simplicité est une vertu

Combien de sociétés comme Citigroup un système bancaire peut-il supporter?

 Le Congrès américain va devoir se pencher sur cette question alors qu’il tente de faire adopter son projet de loi de refonte du secteur financier.

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La débâcle de Citigroup durant la crise financière est due principalement à sa taille – avec 2.200 milliards d’actifs en 2007 – qui a entravé la bonne gestion du groupe bancaire et l’application de la réglementation.

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Pourtant, régulateurs et politiques n’ont pas hésité à donner leur feu vert à des fusions, faisant croître d’autres banques et exacerbant encore davantage leur complexité.

Bank of America (BAC) détient actuellement 2.330 milliards de dollars d’actifs, contre 1.460 milliards fin 2006,

tandis que J.P. Morgan Chase (JPM) affiche 2.140 milliards de dollars d’actifs contre 1.350 milliards en 2006

. Comme avec Citigroup, les dirigeants de J.P. Morgan et BofA doivent être constamment sur le qui-vive pour repérer les risques émergeant de segments d’activité très divers, des portefeuilles de crédits à la consommation, en forte expansion, à des opérations de trading complexes.

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Les défenseurs des « mégabanques » soutiennent à juste titre que des banques ayant un éventail d’activités moins complexe se sont également effondrées, comme Lehman Brothers et Washington Mutual. Et ils ont également raison d’évoquer les piètres performances des systèmes d’information et de gestion de Citigroup mis en place par son ex-PDG, Sanford Weill.

Mais si la gestion des grandes banques est meilleure que celle de Citigroup en 2006, il pourrait ne pas en être toujours ainsi, et la réglementation sur laquelle planche actuellement le Congrès devra pouvoir s’appliquer pendant plusieurs décennies.

Aussi peut-on se demander si la nouvelle réglementation sera suffisamment stricte pour empêcher que la gestion d’une grande banque puisse représenter à terme un risque systémique.

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 Certes, les dispositions qui seront prises devraient s’attacher pour l’essentiel à rendre certains actes commis par le passé plus difficiles à réitérer. Par exemple, le niveau des fonds propres, dont Citigroup était insuffisamment doté, va fort probablement être relevé pour l’ensemble des banques, tandis qu’un durcissement des règles de prêt devrait entraîner une diminution des crédits à surprime.

Mais la principale faiblesse de Citi, à savoir son exposition aux CDO, a échappé à la direction, et vraisemblablement aux régulateurs. Dans l’immédiat, il semble difficile d’imaginer, avec une crise des subprimes encore fraîche dans les mémoires, que l’on puisse de nouveau rater quelque chose d’aussi important que l’accumulation des risques liés aux CDO.

Or il n’a fallu en réalité que la croyance de tous dans la hausse d’un actif comme l’immobilier, la confiance dans l’ingénierie financière, ou une mauvaise appréciation des notes de crédit pour qu’une telle crise survienne. Et ces trois éléments sont tous susceptibles de se reproduire.

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Le plus convaincant pour amener les banques à se recentrer serait peut-être à évoquer Wells Fargo (WFC), qui n’a pas d’activité développée dans les valeurs mobilières, et dont les principaux segments opérationnels sont plutôt homogènes.

Si le groupe bancaire américain n’est certes pas sorti indemne de la crise du crédit, il peut se prévaloir aujourd’hui d’un rendement de ses fonds propres au cours des cinq dernières années de 14,2%, contre 8,9% pour BofA, 8,2% pour J.P.Morgan et 1,2% pour Citigroup, ce qui plaide pour un portefeuille d’activités simplifié.

Peter Eavis, Wall Street Journal AVRIL10

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