Europe

Samu Bancaire : la BCE alloue 100 mds d’euros et relance comme prévu ses prêts en dollars

Sur fond de cannicule systèmique la Banque centrale européenne a alloué en urgence mardi près de 100 milliards d’euros aux banques installées en zone euro sur une semaine et relancé ses prêts en dollars comme prévu dans l’accord d’échanges de devises (« swap ») avec la Réserve Fédérale. 

PLUS DE BCE EN SUIVANT : 

 La BCE a prêté exactement 99,57 milliards d’euros lors de son opération de refinancement principale, soit presque 10 milliards de plus que lors de l’appel d’offre précédent

A total, 81 banques ont demandé des crédits à court terme, au taux historiquement bas de 1%. Toutes les demandes ont été honorées

Les taux à une semaine sur le marché monétaire sont actuellement inférieurs à 0,40%. Cela revient donc cher pour une banque d’emprunter auprès de la BCE à 1%, et ce sont surtout les établissements ayant des difficultés à se refinancer sur le marché qui y ont recours. Les banques grecques sont considérées ainsi comme très dépendantes des opérations de la BCE depuis plusieurs mois. 

Le nombre des banques demandant ces crédits à court terme a augmenté ces dernières semaines, signe d’une montée des tensions sur le marché, rendu nerveux par la tourmente budgétaire hellénique et plus généralement la grave crise de confiance dans la zone euro. 

Commentaire du Wolf : La crise grecque et celle plus globale de la Zone euro va t elle entamer la reprise américaine ? (cliquez sur le lien) 

Pour assurer que les banques puissent correctement se refinancer, la BCE a décidé de relancer certaines de ses mesures d’urgence, comme ses prêts sur six mois. En plus d’achat d’obligations d’Etat, ces mesures doivent soutenir le plan massif de 750 milliards d’euros décidé lundi par les responsables européens pour sauver la zone euro. 

La BCE a aussi réactivé ses accords d’échanges de devises (swap) avec les principales banques centrales (Réserve Fédérale, Banque d’Angleterre, Banque nationale suisse notamment). Lors de la première opération sur huit jours réalisée mardi, elle a prêté 9,2 milliards de dollars à sept banques demandeuses, au taux fixe de 1,22%. 

Les banques européennes retrouvent ainsi une source d’approvisionnent sûre en billets verts, ce qui était devenu très compliqué, les établissements américains ayant pratiquement cessé de prêter en dollars, selon des économistes.Cet instrument avait été utilisé par les banques centrales après la débâcle de Lehman Brothers à l’automne 2008. 

Parallèlement, la BCE a absorbé mardi un montant massif de liquidités, de plus de 319 milliards d’euros. 193 banques ont répondu à l’appel d’offre de la BCE qui proposait de leur reprendre leur cash excédentaire, au taux moyen de 0,76%

Il s’agissait de corriger « un large déséquilibre de liquidités » sur le marché en ce dernier jour de constitution par les banques de leurs réserves minimum obligatoires, a expliqué la BCE, qui procède désormais régulièrement à ce type d’opération. A la mi-mars, elle avait épongé quelque 294 milliards d’euros. 

Fitch juge que grâce à ses mesures la BCE «va continuer à soutenir et à travailler à restaurer la confiance du marché» mais avertit toutefois qu’elles n’ont qu’un caractère temporaire. 

L’agence de notation fait part de ses «inquiétudes», dans la mesure où toutes les banques n’auront pas la possibilité ou le souhait de profiter de ces mesures pour mettre en place à terme une meilleure gestion des liquidités. 

Fitch relève que les banques grecques, irlandaises et dans une moindre mesure espagnoles et néerlandaises sont celles qui font déjà le plus appel au refinancement de la BCE. Cette tendance révèle ainsi la dangereuse dépendance des banques de ces pays aux mesures de la BCE afin de combler leurs besoins de financement structurels et d’améliorer leur rentabilité 

Fitch juge que grâce à ses mesures la BCE «va continuer à soutenir et à travailler à restaurer la confiance du marché» mais avertit toutefois qu’elles n’ont qu’un caractère temporaire. 

L’agence de notation fait part de ses «inquiétudes», dans la mesure où toutes les banques n’auront pas la possibilité ou le souhait de profiter de ces mesures pour mettre en place à terme une meilleure gestion des liquidités. 

Fitch relève que les banques grecques, irlandaises et dans une moindre mesure espagnoles et néerlandaises sont celles qui font déjà le plus appel au refinancement de la BCE. Cette tendance révèle ainsi la dangereuse dépendance des banques de ces pays aux mesures de la BCE afin de combler leurs besoins de financement structurels et d’améliorer leur rentabilité   

FRANCFORT (Allemagne), 11 mai 2010 (AFP) 

EN COMPLEMENT : Berlin impose Weber en chef de la BCE en échange du plan d’aide UE (presse) 

L’Allemagne a imposé dans les négociations sur le vaste plan d’aide à la zone euro la nomination d’Axel Weber, président de la Bundesbank, pour succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) à l’automne 2011, rapporte le Handelsblatt mercredi.  

Les négociateurs allemands –la chancelière Angela Merkel, le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière et le secrétaire d’Etat aux Finances Jörg Asmussen– auraient insisté sur ce point lors des discussions à Bruxelles dimanche, qui ont vu la mise sur pied d’un mécanisme massif de soutien aux pays les plus endettés de la zone euro, rapporte le quotidien économique sur la foi de sources gouvernementales haut placées.  

« Face à la crise de confiance de la zone euro, même les Français ont dû se rendre à l’argument qu’un Allemand engagé pour la stabilité devait s’y coller », écrit le journal.  

« Il n’y a pas eu de tel accord annexe » aux négociations du week-end, a réagi une porte-parole du gouvernement allemand, démentant l’information du Handelsblatt.  

Celui-ci citait une source gouvernementale allemande affirmant que « la BCE (devait) redevenir un pilier de la stabilité monétaire ».  

Les chances de M. Weber, déjà membre du conseil des gouverneurs de l’institut de Francfort (ouest de l’Allemagne) et faucon en matière de politique monétaire, avaient déjà nettement augmenté avec la nomination en février du Portugais Vitor Constancio au poste de vice-président.  

Zone Euro: La faillite d’Etat n’est plus taboue (cliquez sur le lien) 

En vertu d’un équilibre tacite entre pays du nord et pays du sud de l’Europe, le choix de M. Constancio avait fait de M. Weber un favori, aux dépens de son adversaire, le chef de la banque centrale italienne Mario Draghi. 

 Le Handelsblatt conclut en remarquant que, en devenant président de la BCE, M. Weber « serait le deuxième Allemand le plus important dans une instance internationale », seul le Pape Benoît XVI ayant plus de pouvoir. 

BERLIN, 12 mai 2010 (AFP)

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