Behaviorisme et Finance Comportementale

Commentaires du Wolf : Marchés /Equations à multiples inconnus

Commentaires du Wolf : Marchés/Equations à multiples inconnus 

  L’euphorie s’estompe-t-elle ? Le rebond spectaculaire des Bourses suite à l’intervention de l’Europe, du FMI et surtout de la banque centrale européenne a fait long feu. Les investisseurs s’interrogent sur la manière dont les Etats européens sortiront de la crise économique si les plans d’austérité (mis en place pour rassurer ces mêmes marchés) sont mis en place. Car sans croissance, pas de recettes fiscales et donc de moyens pour réduire les déficits. Les plus pessimistes des observateurs se demandent si l’Europe n’est pas entrée dans une longue phase de croissance zéro soutenue à bout de bras par les Etats, un scénario qui conduirait à une hausse des dettes publiques. 

Cette défiance a entretenu la course à la sécurité parmi les investisseurs qui cèdent les actifs à risque comme les actions ou les matières premières pour se tourner vers les actifs plus sûrs comme le dollar et l’or. 

PLUS DE WOLF EN SUIVANT : 

 Le pic de l’économie mondiale ? 

 Vu des turbulences des marchés, on est en droit de se demander aussi d’ailleurs si le cycle d’activité n’est pas proche de son point haut. 

 Les indicateurs avancés de l’OCDE montrent que la croissance annualisée sur 6 mois a culminé dans plusieurs économies, et qu’elle se situe en-deçà de son point haut pour le 4ème mois consécutif aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, dans la zone euro et au Japon (les indicateurs avancés ont vu leur point haut en Chine en juin 2009). Cela laisse penser que la croissance du PIB réel atteindra son pic d’ici 1 à 2 trimestres (bien qu’il pourrait s’agir d’une pause de milieu de cycle). Les statistiques relatives au fret et aux stocks au Japon, en Corée et à Taïwan montrent que la croissance du fret est proche de son point haut, tandis que la croissance du crédit domestique en Corée s’est retournée de manière préoccupante – et l’expérience laisse penser que l’économie pourrait ralentir de manière plus marquée. La Corée et Taïwan pourraient être les premiers à signaler un éventuel retournement

Une croissance vigoureuse, des bénéfices exceptionnels. 

Malgré les craintes des investisseurs relatives à un retournement du cycle, l’activité est vigoureuse. 

En dépit des défis que la zone euro doit surmonter, ses indicateurs de surprise économique se sont redressés, les statistiques de production en Allemagne et en France étant ressorties plus robustes. Les données américaines ont révélé de très bonnes ventes de détail, en hausse de 8 % en annualisé sur les 11 derniers mois. Après les créations d’emplois, cela suggère que la demande domestique s’accroît. 

La vigueur de l’activité a été de pair avec la solidité des bénéfices du 1er trimestre aux Etats-Unis et en Europe. En termes de capitalisation, plus de 92 % des entreprises du S&P 500 ont publié leurs résultats, qui ont dépassé les attentes de 13 % grâce à la hausse des chiffres d’affaires et des marges d’exploitation. 77 % des entreprises ont atteint ou dépassé les attentes. En Europe, les entreprises ont connu leurs meilleurs résultats depuis le 1er trimestre 2005 : 68 % des entreprises ayant publié leurs résultats ont dépassé les attentes de bénéfices et 63 % celles de chiffres d’affaires. Les prévisions pour 2010 restent élevées : la croissance des bénéfices est attendue à 32 % cette année et à 19 % en 2011. 

La question est de savoir ce qui orientera les marchés ces prochaines semaines : le taux de croissance ou le taux d’accélération. 

 Les adeptes de la « croissance » souligne la vigueur de l’activité et des bénéfices, qui continuent d’être revus à la hausse. Cela assure que les valorisations des actions restent raisonnables, tant au plan historique que par rapport aux obligations. A contrario, les tenants de « l’accélération/décélération » suggèrent que la performance relative des actions par rapport aux obligations est influencée par les points de retournement du cycle. 

A cet égard, le cycle des stocks est considéré comme une variable déterminante ainsi que l’information tirée des indicateurs avancés. 

Marchés – tumulte à court terme.  

Les incertitudes liées à la zone euro et les craintes à l’égard de l’économie mondiale sont le terreau d’une volatilité accrue, ce qui  n’ incite pas à prendre d’importantes positions. Les investisseurs devraient se préparer à des turbulences au cours des prochaines semaines et il est possible que les marchés corrigent davantage jusqu’à ce qu’ils trouvent une base leur permettant de rebondir. 

Les marchés redoutent une contagion de la crise de l'euro, qui pourrait finir par peser sur la croissance mondiale, donc sur les bénéfices des entreprises. 

   

 

Les marchés boursiers de la zone euro font piètre figure par rapport à l’indice boursier mondial et ça ne va pas changer de sitôt. 

 

6,70 % :  la prime de risque du marché élaborée par Natixis Securities. Cette prime mesure l’écart de rentabilité attendu entre un investissement en actions et un placement obligataire. 

EN COMPLEMENT : William André Nadeau /  Notre analyse des marchés boursiers et financiers  

Justification fondamentale ou émotive du dérapage des marchés financiers ? 

Examinons un peu les réactions des marchés (au 21 mai)

L’indice  américain s&p500 est en abaisse de 13%, depuis le sommet. En hausse de 20% sur 12 mois, les actions  se transigent à 15.4 fois les profits passés, en bas du ratio historique de 16,4 fois depuis 1881. 

La bourse de Toronto est en baisse de 8% depuis son sommet et en hausse de 14.6% sur 12 mois. Les actions se transigent à 18,6 fois les profits passés, donc encore une surévalué selon les ratios historiques. 

L’indice Bloomberg européen 500 a baissé de 17% depuis son sommet, en hausse de 10,8% sur 12 mois. Le marché se transige à escompte, soit 13.2 fois ses profits passés. 

Les gains boursiers de 2010 se sont effacés.
Une baisse entre 10% et 20%, depuis un sommet, correspond à la première une correction boursière depuis le début de la hausse de mars 2009.
 

La zone euro est divisée en deux :
–        les pays du nord représentant 75% du PNB  où les taux d’intérêt sur 10 ans poursuivent leur baisse, démontrant la confiance envers les titres obligataires de qualité.
–         les pays du sud (excluant l’Italie) fortement endettés et en récession. 

Donc, il y a des économies où des surprises s’annoncent favorables au niveau des exportations, et des économies où le doute sur leur capacité de remboursement des dettes à moyen et long terme persiste.
Les gouvernements interviennent pour limiter les excès de spéculation. Les résultats, au moment d’écrire ces lignes, ont fait leur effet avec la stabilisation de la valeur de l’euro: http://fr.loobiz.com/graphique/euro+dollar-us (cliquez sur le lien) 


L’Asie, l’Inde et le Brésil
sont en surchauffe économique avec une croissance en forme de V. Le défi des ces gouvernements est de ralentir le rythme de la croissance pour maitriser l’inflation. 

L’Amérique du Nord connait une croissance modérée de l’économie. 

Le dollar canadien, à 0.94$ US a baissé de 6% depuis son sommet.
L’euro, à 1,25$ US s’est stabilisé depuis 2 jours , grâce à l’intervention des banques centrales étrangères.
L’indice de la peur VIX a grimpé à un seuil comparable au milieu de 2002. 

Justification fondamentale ou émotive? 

On peut affirmer que l’on revit la volatilité de 2008. 

Il faut savoir quelle est la portion de la correction justifiée fondamentalement et celle engendrée par un excès émotif de spéculation. C’est là que la Finance Comportementale peut  nous aider à déterminer les tendances.
Ce dérapage des marchés financiers a débuté en Grèce avec des risques de contagion pour le Portugal et l’Espagne. Avec l’intervention de la BCE, l’Union européenne s’est engagée à supporter les obligations de ces pays. D’un point de vue fondamental, ces économies n’occupent que 3% du PNB mondial ou 15% de l’Union européenne. 

D’un point de vue fondamental, la volatilité des marchés n’est pas suffisamment justifiée. Toutefois, on ne peut pas vivre un tel niveau élevé de volatilité sur une période de plus d’un mois sans conséquences dommageables pour l’économie. Nous sommes au deuxième mois de cet excès de volatilité et de spéculation.
Ces conséquences se concrétisent déjà dans les statistiques économiques américaines : une légère augmentation des demandes d’assurance chômage et l’indicateur avancé en baisse. 

Il est possible que le vent tourne rapidement et que les marchés se rendent compte que leurs réactions étaient exagérées. Dans ce cas, la confiance reviendrait rapidement, y compris la récupération des récentes pertes boursières.
Nous nous intéressons aux tendances de la gestion directionnelle sur l’évolution du prix des indices financiers et des statistiques économiques. 

Nos modèles tactiques nous exposent actuellement au minimum dans les actions américaines, à l’inverse du marché pour l’indice hors Amérique du Nord MSCI EAOL et sont à 50% investis dans les actions canadiennes. Si les bourses se détériorent au cours des prochains 10 jours, on verra ces modèles se positionner pour investir à l’inverse du marché. Certains de nos portefeuilles sont gérés avec ces modèles. 

Nous surveillons de près la possibilité d’une détérioration tendancielle sur l’économie nord-américaine. S’il y a détérioration graduelle, cela pourrait signifier une correction boursière plus forte que 20% depuis le sommet. Pour le moment, les signaux économiques de faiblesse ne sont pas confirmés.
Nous attendons avec impatience les révisions des prévisions des économistes :  http://www.economist.com/markets/indicators/displaystory.cfm?story_id=16168028s.(cliquez sur le lien) 

Les marchés financiers réagissent comme s’il y avait une forte crainte d’un risque systémique mondial pouvant provoquer une croissance en W. C’est la tendance actuelle qui se dessine. Les probabilités sont encore minoritaires que cela se produise en Amérique du Nord. 

Les gestionnaires de type acheteur/vendeur (Long/Short) des contrats à terme présentent actuellement le meilleur rendement à ce jour, avec des hausse de +4% pour le mois courant

En examinant les reprises boursières qui suivent les plus graves récessions depuis 1926, la deuxième année de la reprise boursière est historiquement accompagnée de correction boursière, même si le rendement :   http://www.osam.com/pdf/Commentary_Jan10.pdf  (cliquez sur le lien) a été positif de 14%
Ne soyons pas surpris que des événements comme la crise obligataire dans la zone euro soient le catalisateur d’une correction. 

Lire l’opinion :   http://www.theglobeandmail.com/globe-investor/markets/markets-blog/corrections-are-normal/article1576975/ (cliquez sur le lien) de quelques stratèges. 

William André Nadeau Gestionnaire canadien de portefeuille mai10

BILLET PRECEDENT : Commentaire du Wolf : Tous les indicateurs virent au rouge… (cliquez sur le lien)

ON LIRA AVEC GRAND INTERET : http://weinstein-forcastinvest.net/comparaison-des-trois-derniers-marches-baissiers-seculaires/ (BLOG WEINSTEIN FORCAST INVEST) (cliquez sur le lien)

http://weinstein-forcastinvest.net/les-auteurs-de-lettres-financieres-sont-tres-pessimistes/ (BLOG WEINSTEIN FORCAST INVEST) (cliquez sur le lien)

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