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Energie : La décennie du boom solaire

Energie : La décennie du boom solaire 

Les experts révisent à la hausse les perspectives de l’industrie solaire. C’est spectaculaire

Un jour, dans moins d’un siècle peut-être, l’énergie solaire sous ses diverses formes dominera le monde. Ce jour semble pourtant bien lointain. Or, à y regarder de plus près, la lente transformation qui libérera l’humanité des énergies fossiles se déroule sous nos yeux, à un rythme si rapide qu’elle surprend les experts les plus prudents. Ainsi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), peu connue pour céder aux prévisions optimistes, estime que l’énergie solaire représentera, d’ici à 2050, 20 à 25% de la production mondiale d’électricité, soit une proportion bien supérieure à ses évaluations antérieures, établies il y a quelques années seulement et revues une fois de plus à la hausse.

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Selon les experts de l’AIE, nous entrons dans une décennie décisive. Peu à peu, l’énergie solaire gagne en efficacité (abaissement continuel des coûts) et trouve de nouvelles sources, comme la production d’énergie à partir de grandes centrales thermiques solaires installées aux portes des déserts.

 L’Europe, en particulier l’Allemagne, n’est plus un acteur isolé mais est rejointe par les Etats-Unis, le Japon, la Chine, l’Inde et l’Australie, l’Italie tout récemment, dans un mouvement d’industrialisation qui s’amplifie chaque jour davantage. L’effondrement du marché espagnol en 2009, qui avait pris courageusement le relais de l’Allemagne, ne restera au final qu’un épiphénomène dans l’histoire du solaire. C’est la première bonne nouvelle: la récession économique ne devrait pas stopper la longue marche du solaire.

Actuellement, l’électricité photovoltaïque représente à peine 0,1% de la production d’électricité mondiale (1% en Allemagne, 2% en 2011).

Ce n’est encore qu’une goutte d’eau dans un océan, mais la goutte grossit comme le ruisseau qui dévale les falaises: la production double chaque année alors que les prix ne cessent de baisser. Selon les experts de l’AIE, le prix du kWh solaire sera à parité avec les prix du réseau vers 2020, soit entre 18 et 20 ct. pour les consommateurs suisses. Si l’électricité solaire restera trois à quatre fois plus chère que le courant produit à partir du gaz, cela signifie que la production locale devient attractive pour les producteurs-consommateurs. Dans les régions les plus ensoleillées, la parité sera atteinte avant, probablement en 2013-2015. Enfin, l’année 2010 devrait être celle de tous les records. Selon plusieurs estimations, la production mondiale de cellules photovoltaïques atteindra, en 2010, 23 700 MWc, contre 15 861 MWc en 2009, soit une augmentation de plus de 30% environ. Concrètement, en termes de production, l’industrie solaire fournira en 2010 l’équivalent du débit de deux centrales nucléaires. Par comparaison, en l’an 2000, la production photovoltaïque équivalait à un cinquantième d’une centrale atomique de 1000 MW!

Le solaire change de dimension. Les cartes industrielles sont en passe de changer de mains. Quatre des dix plus gros producteurs solaires sont aujourd’hui chinois. Il n’est pas certain que les pionniers européens parviennent à suivre le rythme de géants asiatiques qui ont fait d’énormes progrès dans la qualité de leurs produits et bénéficient au surplus d’un marché local en pleine croissance. Car c’est la deuxième nouvelle: la locomotive européenne n’est plus seule: la Chine et l’Inde viennent d’annoncer de gigantesques plans solaires qui devraient soutenir leur industrie dont le développement s’appuyait jusqu’ici presque exclusivement sur l’exportation. Les industriels japonais semblent bien positionnés. Une politique constante d’investissements du gouvernement et une riche expertise technologique assurent leurs arrières.

Les jeux sont pourtant loin d’être faits. Personne n’avait imaginé que le groupe américain First Solar, utilisant la filière technologique des cellules à couche mince de silicium, détrône en 2010 tous ses concurrents «victimes» de deux longues années de pénurie atypique de silicium, le matériau de base des cellules (voir graphique). Plus que jamais, la course aux rendements est relancée, notamment par l’arrivée de nouveaux matériaux ou techniques d’assemblage qui permettent d’augmenter la conversion des photons lumineux (efficacité) à des niveaux que l’on pensait irréalistes il y a peu encore.

Energie : Face au “péril chinois” les énergies renouvelables clef de l’indépendance pour les Etats-Unis (cliquez sur le lien)

Dans l’examen de la filière solaire, les experts de l’AIE livrent une troisième bonne nouvelle: l’émergence des grandes centrales à concentration (Concentrating Solar Power). C’est la reconnaissance de l’idée avant-gardiste défendue par le Club de Rome et son projet Désertec, qui vise à construire une ceinture de grandes usines à concentration dans le désert saharien. Des centrales de ce type sont en cours de réalisation aux Etats-Unis, en Australie et démarrent leur production en Espagne. Mais plusieurs projets d’envergure sont annoncés en Chine et en Inde. Pour les experts de l’AIE, les grandes centrales solaires à concentration sont d’autant plus intéressantes qu’elles permettront d’alimenter en courant des usines de désalinisation dans des régions qui vont au-devant de graves pénuries d’eau douce.

Les experts de Pricewater­houseCoopers franchissent un pas supplémentaire. Selon eux, les perspectives du photovoltaïque et du solaire à concentration combinés sont si fortes que l’on peut envisager de couvrir 100% des besoins en électricité de l’Europe et de l’Afrique du Nord d’ici à 2050 si les deux continents coordonnent leurs investissements et accélèrent le pas. Les révisions sont spectaculaires. Ainsi, les objectifs prévus par le Livre blanc de l’Union européenne (1997) ont été très largement dépassés. D’un facteur 8!

Il n’y a plus de doute, le XXIe siècle sera bien celui de l’énergie solaire.

Sources: Technology Roadmap: Solar Photovoltaic Energy et Concentrating Solar Power, International Energy Agency, 2010.

Baromètre photovoltaïque – EurObserv’ER – Avril 2010.

100% renewable electricity, PricewaterhouseCoopers, 2010.

Par Pierre Veya le temps mai10

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Energie : Berlin va tailler nettement dans son soutien à l’énergie solaire (cliquez sur le lien)

 

3 réponses »

  1. USA : 35% de la demande couverte par les Enr en 2017

    http://www.enerzine.com/14/9774+usa—35-pct-de-la-demande-couverte-par-les-enr-en-2017+.html

    Selon un rapport publié par le NREL (Laboratoire national sur les énergies renouvelables), le solaire et l’éolien pourraient répondre en 2017 à 35% de la demande en électricité dans cinq États des Etats-Unis, sans aucun investissement supplémentaire dans de nouvelles infrastructures.

    En moins de sept ans, le solaire et l’éolien seraient ainsi en mesure de satisfaire 35% de la demande en électricité dans la région Ouest des Etats-Unis et notamment dans cinq États : le Wyoming, le Colorado, le Nouveau Mexique, l’Arizona et le Nevada.

    Plus précisément, les éoliennes pourraient satisfaire 30% de la demande et l’énergie solaire 5%, selon le rapport intitulé « Western Wind and Solar Integration Study »
    (rapport d’intégration de l’éolien et du solaire dans l’Ouest), rédigé par le NREL, un centre dédié à la recherche et au développement sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

    Afin de parvenir à ce résultat en si peu de temps, l’étude montre que les investissements qui ont déjà été réalisés dans les parcs éoliens et l’infrastructure solaire semblent suffisants pour atteindre cet objectif. Néanmoins, une réorganisation structurelle demeure nécessaire, et plus précisément, une meilleure coordination entre les nombreuses compagnies d’énergie et une planification d’approvisionnement en énergie remise à jour plus fréquemment.

    « Le rapport montre qu’avec ces principaux changements, l’éolien et le solaire pourraient être intégrés au réseau électrique sans avoir recours à d’énorme quantité de production de secours. La coordination des opérations entre les services publics sur une grande surface diminue l’effet de variabilité des ressources éoliennes et solaires », a déclaré le Dr Debra Lew, directeur de projet au NREL.

    En outre, toujours selon ce rapport, même avec un objectif moins ambitieux – 27% d’électricité, au lieu de 35% – cette production serait suffisante pour réduire les émissions de dioxyde de carbone de 25% à 45%.

    L’étude complète un rapport similaire publié récemment, qui examine la possibilité d’intégrer une part de 30% d’énergie éolienne dans la région Est des Etats-Unis.

    TELECHARGER l’étude à cette adresse (.PDF en anglais) :

    http://www.nrel.gov/wind/systemsintegration/pdfs/2010/wwsis_final_report.pdf

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  2. Inde : un gisement d’opportunités dans les énergies renouvelables

    http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20100528trib000513760/inde-un-gisement-d-opportunites-dans-les-energies-renouvelables.html

    Moins connu que le marché chinois, le marché indien des énergies renouvelables offre pourtant de nombreuses opportunités pour les entreprises étrangères, a souligné l’agence Ubifrance lors d’une conférence sur l’énergie en Inde.

    Les secteurs de l’éolien, du solaire et de l’efficacité énergétique sont particulièrement concernés.

    Les lacunes énergétiques de l’Inde sont nombreuses. Dans ce pays d’1,1 milliard d’habitants, environ 45% des ménages n’ont pas accès à l’électricité et les coupures d’énergie sont récurrentes. Le pays souffre également d’une infrastructure de transmission et distribution d’énergie obsolète, source de perte importante estimée entre 30 et 40%. Le secteur de l’efficacité énergétique offre ainsi de nombreuses opportunités, tant du côté des réseaux que dans le bâtiment.

    Entre aujourd’hui et 2022, l’Inde aura besoin de 295 GW de puissance énergétique supplémentaire, estime Sophie Clavelier, chef du pôle Infrastructures Transport Industrie de la Mission économique d’Ubifrance de New Delhi. Soit l’installation de 24 GW par an ! Ce chiffre donne le vertige quand on sait que le pays ne dispose que de 16 GW d’énergies renouvelables installées à fin mars 2010, c’est à dire environ 10% de la capacité énergétique totale du pays.

    Des besoins énormes dans le solaire et l’éolien

    Environ 70% de son mix énergétique renouvelable est constitué par l’éolien et le pays est d’ailleurs le cinquième producteur au monde derrière l’Allemagne, l’Espagne, les Etats-Unis et la Chine. Il compte un fabricant parmi le top 10 mondial, Suzlon. Le potentiel éolien national est évalué à 45 GW avec une répartition plutôt favorable pour le sud et l’ouest du pays.

    Le pays a surtout placé la barre haute dans le solaire avec la National Solar Mission, un programme visant à disposer d’une capacité solaire installée de 20 GW en 2020, contre 125 MW actuellement !

    Des réformes ont été engagées. Le pays est par exemple l’un des seuls au monde à s’être doté d’un ministère chargé exclusivement des énergies renouvelables. Même si le mix énergétique est constitué à plus de 60% par des centrales thermiques, avec une prédominance du charbon pour encore quelques décennies, l’Inde fait du développement des énergies renouvelables une priorité nationale et a autorisé 100% des investissements directs étrangers dans le secteur.

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  3. Qui est en train de gagner la course des énergies renouvelables – rapport sur les investissements, les politiques et situations actuelle par pays :

    http://www.pewglobalwarming.org/cleanenergyeconomy/pdf/PewG-20Report.pdf

    Le cas de la Chine : première en termes d’investissements dans le domaine des énergies renouvelables en 2009

    La Chine se place, en 2009, en tête des investissements dans les énergies renouvelables, dépassant de loin les vingt autres grandes économies étudiées par la fondation PEW Environment Group. L’année dernière la Chine a investi près de 25,9 milliards d’euros dans les énergies renouvelables, soit près du double de l’investissement des Etats-Unis avec environ 13,9 milliards d’euros. Il semble qu’en 2010 la Chine a multiplié par deux cet investissement. L’amélioration du réseau au niveau de la transmission, représentant la véritable colonne de l’économie verte en Chine, se verra attribuer un budget d’environ 74,7 milliards d’euros. La France quant à elle occupe la 12ème place du classement G20 en ayant investi environ 1,3 milliard d’euros.

    La Chine, qui est devenue le premier pays émetteur de gaz à effet de serre, a aussi pris la décision stratégique d’investir dans les énergies renouvelables et s’est fixé des objectifs des plus ambitieux. Elle a adopté des objectifs nationaux, notamment des mandats de 30 GW chacun pour l’énergie éolienne et l’énergie de la biomasse et de 1,8 GW pour l’énergie solaire d’ici 2020. Les chiffres actuels, pour comparaison, sont de 12,2 GW pour l’énergie éolienne, 2,88 GW pour la biomasse (biocarburant, biogaz) et de 140 MW pour l’énergie solaire. Cela constitue ainsi un important développement de la capacité installée de l’énergie renouvelable, qui représente actuellement 52,5 GW au total.

    La Chine mettra l’accent sur l’éolien avec des prix préférentiels garantis, sur les énergies renouvelables en mettant en place des subventions, ainsi que sur le solaire avec des subventions pour les toitures solaires et le photovoltaïque intégré au bâtiment.

    A l’échelle de la planète, la tendance des investissements dans les énergies renouvelables est à l’inverse. Ils ont diminué d’environ 6,6% en 2009 à environ 121,3 milliards d’euros dans le monde entier en raison de la récession économique, mentionne le rapport de PEW. Il prévoit que les investissements pourront augmenter de 149,7 milliards d’euros en 2010. En termes de capacité installée, les énergies renouvelables mondiales totalisent 250 GW, soit 6% de la génération d’énergie globale, une puissance suffisante pour couvrir les besoins de consommation énergétique de 75 millions de foyers.

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