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Deepwater/BP : La marée noire est bien pire qu’annoncé

Deepwater/BP :  La marée noire est bien pire qu’annoncé

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La plateforme Deepwater Horizon, qu’exploitait BP à 80 km des côtes américaines, a coulé il y a sept semaines provoquant la pire marée noire jamais vue aux Etats-Unis. L’évaluation des autorités américaines a été réalisée avant la pose le 3 juin d’un entonnoir destiné à contenir le brut sortant du puits situé à 1.500 m de profondeur. L’entonnoir placé il y a quelques jours continue d’absorber seulement une partie du pétrole qui s’échappe du puits endommagé.

BP récupère actuellement 15.000 barils de brut par jour grâce à cet entonnoir, et celui-ci est transporté à bord d’un navire en surface. La capacité maximale de récupération est de 28.000 barils par jour, mais le groupe espère la porter à entre 40.000 et 50.000 barils en envoyant de nouveaux navires sur place.

Jusqu’à 40.000 barils de pétrole se déversent chaque jour dans le golfe du Mexique… La précédente estimation faisait état d’un écoulement allant de 12.000 à 19.000 barils par jour. .

PLUS/MOINS DE CATASTROPHE ECOLOGIQUE

 Les autorités américaines estiment que la fuite de brut dans le golfe du Mexique est deux fois plus importante que ce qu’on redoutait jusqu’ici, un nouveau coup dur pour BP qui devrait annoncer prochainement la suspension du paiement des dividendes à ses actionnaires.Le groupe britannique, qui subit la colère croissante des responsables américains, devrait faire cette annonce dès la semaine prochaine, a rapporté vendredi la BBC. Cette suspension ne devrait toutefois pas être annoncée avant une rencontre entre la direction du géant pétrolier et le président américain Barack Obama mercredi, précise la BBC. 

La Maison Blanche a confirmé vendredi que Barack Obama rencontrerait mercredi M. Svanberg, convoqué à une réunion sur la marée noire

Par ailleurs, environ 800 membres d’équipages de 120 bateaux intervenant sur la marée noire ont été rappelés à terre vendredi, après une fuite de gaz toxique sur une plateforme, qui a conduit à l’hospitalisation de 36 personnes, a annoncé le géant pétrolier BP. 

Les équipages « ont été rappelés à terre » par précaution, après qu’un bateau de ravitaillement, amarré à une plateforme de gaz naturel à Cocodrie, au sud-ouest de la Louisiane (sud-est des Etats-Unis), eut accidentellement brisé un gazoduc, provoquant une fuite de gaz, a indiqué à l’AFP Nicole Lachance, des relations publiques de BP. 

La décision fait suite à l’hospitalisation de 36 personnes – sur les 42 présentes sur le bateau ayant rompu le gazoduc -, parmi lesquelles deux employés se plaignant de symptômes sévères d’essoufflement, de désorientation et de douleurs de poitrine. Un examen de sécurité pour les 800 personnes rappelées sera pratiqué samedi, a ajouté Nicole Lachance. 

Jusqu’à 40.000 barils de pétrole -quelque 5.260 tonnes- se déversent chaque jour dans le golfe du Mexique, selon l’estimation haute des experts mandatés par l’administration américaine pour évaluer l’ampleur de la fuite. L’estimation basse tourne autour de 20.000 barils. La précédente estimation faisait état d’un écoulement allant de 12.000 à 19.000 barils par jour. 

A titre de comparaison, en tenant compte de la fourchette haute, c’est comme si tous les quatre jours un Erika coulait. Le naufrage du pétrolier au large des côtes françaises en 1999, avait souillé 400 km de côtes et mazouté environ 150.000 oiseaux. Quelque 20.000 tonnes de brut s’en étaient échappées

BP devrait annoncer dès la semaine prochaine la suspension du paiement des dividendes à ses actionnaires .Les dividendes du groupe représentent une manne pour des millions de retraités britanniques actionnaires du groupe, qui a déjà perdu près de 50% de sa valeur en Bourse.L’action BP a en effet atteint un plus bas jamais vu depuis avril 1997

Graphique intraday:

BP Intraday 10 juin bis

Le Times précise que le montant des dividendes — attendu à 1,7 milliard de livres (2,1 milliards d’euros) devrait être placé dans un compte sous séquestre jusqu’à ce que le coût final de la marée noire incombant à BP soit déterminé. Les dividendes des prochains trimestres pourraient subir le même sort, selon un article sur le site internet du quotidien britannique.

Le CDS à 5 ans sur BP a flambé ce jeudi matin (+40%) à 538,23 points de base. Concrètement pour couvrir un emprunt d’un million de dollars émis par BP, il faudra débourser 53.800 dollars, soit cinq fois plus qu’à la mi-mai.

BP CDS CMA

Source: CMA  

Jeudi, BP avait indiqué que la marée noire lui avait coûté jusqu’ici près d’un milliard et demi de dollars, mais a répété qu’il était trop tôt pour évaluer la facture finale

Selon Matt Simmons, un spécialiste américain de l’industrie de l’énergie et auteur d’un ouvrage remarqué sur le pétrole, il reste un mois à BP avant de se placer sous la protection du Chapitre 11 (1ère étape de la faillite) et cela en raison de tous les frais que cette marée noire provoquera.  Voici ce qu’il dit:

  

Il signale aussi que la seule façon de mettre un terme à cette fuite sera peut-être de faire comme l’Union Soviétique l’a fait il y a plusieurs décennies : provoquer une explosion. Pour lire son interview, cliquez ici.

Le scénario d’une éventuelle OPA refait surface sous la plume d’un analyste de la banque Standard Chartered. Il estime qu’une offre de PetroChina, permettrait au groupe chinois de se transformer d’une société à la croissance lente en champion global du pétrole. Reste, bien sûr, à lever certains obstacles comme le feu vert des régulateurs. Pour en savoir plus sur ce scénario d’OPA cliquez ici.

Cette marée noire commence aussi à polluer les relations diplomatiques américano-britanniques. Barack Obama a violemment critiqué cette semaine le géant pétrolier, provoquant une levée de boucliers au Royaume-Uni. Le nouveau Premier ministre britannique David Cameron, qui se vante de cultiver avec les Etats-Unis une « relation spéciale », a dû intervenir, indiquant qu’il évoquerait la marée noire au cours d’une conversation téléphonique avec Barack Obama ce week-end. Il s’est entretenu vendredi après-midi au téléphone avec le président de BP Carl-Henric Svanberg, lui disant qu’il était « inquiet » de la pollution et que BP devait rester « financièrement solide ». 

Une initiative diplomatique destinée aussi à contenir le sentiment anti-britannique qui apparaît au sein de la population américaine. Un exemple : le réalisateur Spike Lee suggère à l’équipe américaine de football de porter, en dessous de leur vareuse, un T-shirt avec l’inscription « BP sucks » lors de leur rencontre samedi face à l’Angleterre. A chaque goal, ils pourront ainsi soulever leur vareuse…pour autant qu’ils marquent, bien sûr !

 source afp+ echo juin10

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES  : La marée noire du golfe du Mexique est un avertissement ! par Kenneth Rogoff (cliquez sur le lien)

 Marées noires: stratégies d’hier et d’aujourd’hui (cliquez sur le lien)

ON LIRA AVEC GRAND INTERET : Catastrophes écologiques : analyse libérale (INSTITUT TURGOT) (cliquez sur le lien)

 
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3 réponses »

  1. Sortie du documentaire « Gasland » le 21 juin 2010 :

    Sur un sujet proche qui va faire de plus en plus parler de lui (voir l’exploitation de pétrole non conventionnel selon des techniques similaires dans le bassin parisien par la société Hess Oil France (HOF) filiale à 100% de l’américain Hess : potentiel « brut » 65 milliards de barils de pétrole !)

    http://www.enerzine.com/10/9865+de-la-prospection-petroliere-dans-le-bassin-parisien+.html

    les gisements de gaz de schiste qui ont la particularité d’être présents à peu près partout dans le monde, souvent dans des zones à densité de population élevée, vont faire l’objet d’une exploitation de plus en plus importante et posent plusieurs problèmes qui peuvent parfois être lourds de conséquences, évoqués entre autres dans un documentaire qui sera diffusé le 21 juin prochain (« GasLand »). Extrait :

    http://www.youtube.com/watch_popup?v=dZe1AeH0Qz8

    Pour mémoire, les Etats-Unis sont devenus en 2009 le premier producteur mondial de gaz naturel devant la Russie, une percée en grande partie due à l’exploitation de ces gisements prisonniers sous la roche parfois à près de 3.000 mètres de profondeur. Ils sont contenus dans des roches sédimentaires argileuses très compactes et très imperméables qui renferment au moins 5 à 10% de matière organique. Ils font partie des types de gaz non conventionnels parce qu’ils ne peuvent pas être exploités avec les modes de production classiques. Ils sont aujourd’hui produits en grande quantité aux Etats-Unis où ils représentent 12% de la production de gaz contre seulement 1% en 2000. A part quelques pays qui n’ont pas de bassins sédimentaires on peut trouver des shales gas à peu près partout. En Europe, le Consortium Gash vise à établir d’ici trois ans une cartographie des ressources européennes.

    Les réserves mondiales représenteraient plus de 4 fois les ressources de gaz conventionnel. De quoi, si on arrivait à les exploiter, changer la donne de la géopolitique gazière.

    La production s’est développée aux Etats-Unis en partie grâce à l’amélioration des techniques d’extraction ces dernières années, en particulier le forage horizontal et la fracturation hydraulique des roches qui permet d’augmenter la perméabilité à proximité des puits, les fluides ne migrant pas naturellement dans les argiles.

    Les gas shale étant dispersés dans la roche imperméable, il faut forer de très nombreux puits et fracturer la roche. Le puits produit quelques années puis est abandonné et un nouveau puits est foré quelques centaines de mètres plus loin. La fracturation de la roche suppose par ailleurs d’injecter de grandes quantités d’eau à haute pression et du sable.

    L’accroissement de la production outre-Atlantique a été favorisée au début par des incitations fiscales. Le faible coût des forages, un droit de propriété des particuliers étendu au sous-sol ainsi qu’une réglementation environnementale bien moins contraignante, associées aux avancées technologiques, expliquent cet engouement.

    L’impact environnemental n’est pas neutre puisque la fracturation hydraulique utilise une grande quantité d’eau. Cette eau doit être ensuite traitée car elle est souvent salée et peut contenir des métaux lourds, du benzène, méthane et autres produits toxiques, à des concentrations parfois 1500 fois supérieures aux normes de sécurité. Il y a parfois des risques de contamination de nappes phréatiques quand ce n’est pas du gaz qui sort directement des robinets d’eau des particuliers ! comme le souligne le reportage. Par ailleurs, la multiplication des forages et des réseaux de « pipes » affectent les paysages, ce d’autant plus que la zone de drainage autour des puits étant faible, il peut y avoir un puits tous les 500 mètres. Même si l’impact sur l’environnement n’est pas le même aux Etats-Unis qui possèdent de grands espaces inoccupés qu’en Europe, c’est un sujet qui fait de plus en plus débat et qui devrait conduire au développement de techniques plus rationnelles et respectueuses de l’environnement.

    L’exploration des shale gas n’a commencé que récemment en Europe mais elle suscite beaucoup d’intérêt de la part des compagnies pétrolières. Les bassins les plus intéressants sont situés en Europe du Nord et de l’Est et plus au sud, notamment en France dans le bassin du sud-est. Total vient d’obtenir un permis d’exploration dans la région de Montélimar. Des permis ont aussi été pris en Suède par Shell, en Allemagne par ExxonMobil, en Pologne par presque tous les majors ainsi qu’en Lituanie. En tenant compte des contraintes environnementales, les coûts de production des shale gas européens risquent d’être plus élevés qu’aux Etats-Unis. Reste donc à démontrer qu’ils peuvent être
    produits de façon économique et durable en accord avec les populations. Leur développement généralisé va toutefois probablement prendre du temps.

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