Cycle Economique et Financier

Vers une économie plus responsable et une croissance plus durable ?

 Vers une économie plus  responsable et une croissance plus durable ?

La planète ne pourra pas absorber une croissance économique mondiale de 4% l’an pendant les prochaines décennies, sans l’imminence d’une succession de catastrophes.

PLUS/MOINS DE MILLINARISME EN SUIVANT :

  La croissance économique mondiale enregistre un rythme moyen annuel d’environ 4% après inflation. Ce qui signifie que les besoins en matières premières et en énergie augmentent d’autant.

Certes, il y a d’autres sources énergétiques non traditionnelles disponibles, mais elles sont de plus en plus coûteuses à exploiter et de plus en plus dangereuses pour l’environnement. On n’a qu’à penser aux sables bitumineux, aux forages en profondeur, aux gaz de schiste pour réaliser le potentiel et le danger subséquent.

Même si, grâce aux technologies, on réussit à exploiter les ressources planétaires qui alimenteront la demande de consommation mondiale, le coût pour l’environnement est catastrophique.

Si la demande grimpe de 4% l’an (volume) et 1% de la croissance a été produit grâce à de l’énergie verte non polluante, le danger reste énorme. Si on divise 72 par 4, on verra qu’à tous les 18 ans le volume double. Cela veut dire qu’en l’an 2046, la production mondiale de matière première sera multipliée par 4. La planète ne peut survivre à une telle exploitation.

La règle des 72 est très simple. Pour déterminer en combien de temps un investissement doublera de valeur, il suffit de diviser 72 par le taux de rendement annuel. Exemple : Un investissement qui vous rapporte 8% en moyenne doublera tous les 9 ans (72/8 = 9). Et donc un investissement qui rapporte 12% doublera tous les 6 ans. 

Le pouvoir des intérêts composés. Maintenant vous connaissez la règle des 72, alors … chaque fois que votre investissement double, votre investissement initial est multiplié par 4, par 8, par 16, par 32, et ainsi de suite. Si vous disposez d’un centime d’euro et que vous arrivez à faire fois 2 chaque jour, pendant seulement 30 jours, vous disposerez de plus de 5 millions d’euros !

Les signaux d’alarme sont nombreux, mais comme les gouvernements et les populations prennent des décisions d’abords à court terme, on es loin de résoudre ce grave problème.

Il existe certaines  solutions conditionnelle à d’intervention politique mondiale concertée.

 Investir dans l’énergie verte et dans le transport en commun électrique au lieu du réseau routier est une option très rentable et écologique. La consommation individuelle excessive pourrait être graduellement remplacée par des services de consommation collective qui demande beaucoup moins de matière première et d’énergie par habitant. Les optimistes estiment que l’on pourrait possiblement fournir un niveau de vie élevé à 4 fois plus d’habitants planétaires qu’aujourd’hui avec peu d’augmentation du volume de production de matières premières.

Il est illogique que des millions de Chinois aient accès à des voitures polluantes pendant que le transport en commun pourrait être raffiné au maximum.

C’est une bonne nouvelle que le prix des matières premières grimpe, car plus c’est cher plus la conscientisation s’élève et plus la demande d’économie et des nouvelles technologies le permettant sont offertes.

D’ici à ce que des solutions soient mises en place au cours des prochaines décennies, les probabilités de l’émergence de catastrophes environnementales augmenteront plus rapidement que 4% l’an. Si le taux de probabilité des catastrophes augmente de 8% l’an, il doublera à tous les 9 ans. Les pressions seront énormes et malheureusement en retard.

Plus les catastrophes augmenteront, moins la production mondiale augmentera. Il y a un coût pour gérer des catastrophes. Pour les prochaines décennies, il ne sera pas surprenant que le taux de croissance mondiale ne soit plus de 4% mais de 2% ou 3%.

William André Nadeau Gestionnaire canadien  de portefeuille janv11

http://investisseur.finances.sympatico.ca/2011/01/l%C3%A9conomie-responsable-.html

EN COMPLEMENT : Nourrir la planète en 2050 sans la détruire imposera des sacrifices aux pays riches

Nous avons la capacité de nourrir la planète à l’horizon 2050, conclut « Agrimonde », une étude conjointe de deux instituts français de recherche agronomique. Mais si l’on veut que ça ne se fasse pas au détriment de l’environnement, il faudra faire des choix et des sacrifices.

Nous sommes depuis peu 7 milliards d’être humains, nous serons 9 milliards en 2050 et à cette date, lorsque la démographie se sera un peu stabilisée, deux scénarios s’offrent à nous, selon l’étude conjointe de deux instituts français de recherche agronomique, l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), pour garantir la sécurité alimentaire (1).

D’abord un scénario qui suivrait la tendance actuelle de forte croissance dans les pays émergents et en développement, où de rapides avancées technologiques, accompagnées de gros investissements en infrastructures, et d’une plus grande libéralisation du commerce encore, verrait la consommation alimentaire globale augmenter de 20%, mais avec de grandes disparités de par le monde et au prix d’une forte dégradation de l’environnement, eau et climat.

Un autre scénario plus « durable », moins vorace en énergie se dessine, mais il demandera d’inverser radicalement certaines tendances et d’instaurer de solides garde-fous, comme la régulation du commerce mondial des denrées et de leur prix.

L’augmentation des rendements, les innovations agronomiques ne se feront que dans le respect des processus écologiques.Comme dans l’agroforesterie où l’on constate que les cultures de rente peuvent coexister avec d’autres cultures, en conservant plus d’azote dans le sol, ou en se protégeant mutuellement des ravageurs, sans trop d’apport en engrais et en pesticides.

Enfin, pour que ce scénario vertueux se réalise, plus question pour les pays riches de continuer à consommer autant de calories, dont 30% sous la forme de viande et de lait, quand en Afrique au sud du Sahara on ne consomme que 6% de protéines animales !

Plus question non plus pour les pays de l’OCDE de continuer à gaspiller autant : aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne entre 30 et 50% des pertes de produits agricoles ont lieu en bout de chaîne, chez le consommateur.

Si ces efforts étaient réalisés, concluent les chercheurs, la consommation alimentaire globale resterait stable sur la planète, mais elle serait beaucoup mieux répartie.

(1) Agrimonde. Scénarios et défis pour nourrir le monde en 2050. Coord. Sandrine Paillard, Sébastien Treyer, Bruno Dorin. Paris, Editions Quae (Cirad, Inra), 2010.

Par Claire Fages RFI janv11

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Un monde à 7 milliards d’humains: très bien!

La population mondiale continue sur sa formidable lancée. Après avoir mis des centaines de milliers d’années pour parvenir à un milliard, elle a explosé ces deux derniers siècles au point qu’elle atteindra sept milliards courant 2011. Si une baisse spectaculaire du taux de fécondité à l’échelle mondiale a commencé à ralentir sa croissance, l’humanité est condamnée à gonfler encore: jusqu’à neuf milliards environ aux alentours de 2050.

Cet essor spectaculaire est un développement positif dans la mesure où il traduit une chute importante du taux de mortalité. Un homme né en 2011 possède une espérance de vie deux fois et demie plus longue que ses ancêtres de la fin de l’Ancien Régime. Et de cela on ne peut que se réjouir. Le seul problème est celui des moyens. La Terre a-t-elle des ressources suffisantes pour offrir une vie décente aux foules actuelles et futures?

A cette question, une ribambelle de penseurs ont répondu depuis deux siècles par la négative. De Thomas Malthus au XVIIIe siècle à Paul Ehrlich il y a cinquante ans, ces prophètes de malheur se sont heureusement trompés les uns après les autres en pronostiquant trop rapidement disettes et famines. Mais s’ils ont péché par pessimisme, sans doute ont-ils eu raison de souligner la finitude des ressources de la planète. Le tout est de savoir quelles sont précisément ses limites.

La population mondiale actuelle occupe très peu de place. Le magazine américain National Geographic affirme que sept milliards de personnes placées épaule contre épaule tiendraient dans le périmètre de la ville de Los Angeles. En revanche, l’humanité a besoin de beaucoup d’espace pour assurer son existence. Elle en aura sans doute assez pour nourrir neuf milliards d’êtres humains au milieu du siècle. Mais elle risque d’en manquer, au cas par cas, pour d’autres ressources comme certains minéraux rares.

Si des pénuries surviennent, l’humanité devra s’y adapter en développant ses capacités techniques ou en modifiant son mode de vie. Une solution souvent préconisée serait évidemment qu’elle diminue de taille. Mais il est vain de compter sur une telle évolution à court ou même à moyen terme. La démographie est lente. Et la population mondiale ne repassera pas avant très longtemps au-dessous des milliards qu’elle aura atteints. 

La population mondiale sera passée de 6 à 7 milliards en douze ans. Mais sa croissance ralentit

Sept milliards… A en croire les démographes, l’humanité passera dans le courant de l’année le cap des sept milliards de personnes. Pour donner la mesure de ce chiffre, la revue National Geographic affirme sur son site Internet qu’il faut 200 ans pour compter à haute voix jusqu’à sept milliards. Autant dire qu’une vie d’homme, et même deux, n’y suffirait pas.

L’événement est d’autant plus marquant que l’humanité a passé de six à sept milliards en un temps record. Alors que notre espèce, l’Homo sapiens, a attendu de 100 000 à 200 000 ans pour gagner (autour de 1800) son premier milliard, il ne lui a fallu que douze ans pour obtenir ce septième milliard-là. Autre indice de cette folle accélération: entre le dernier âge glaciaire et la Renaissance, la population mondiale aurait doublé en moyenne tous les seize à dix-sept siècles. Or, elle est passée de 2,3 à 7 milliards de 1941 à 2011. Ce qui signifie que – expérience unique dans l’histoire humaine – un homme âgé aujourd’hui de 70 ans a connu… son triplement.

L’essentiel est ailleurs pourtant. Il réside dans la confirmation d’une décélération de la croissance démographique humaine. «Ce septième milliard a été gagné, comme le sixième, en douze ans, explique Gilles Pison, directeur de recherche à l’INED. Les années 1999 à 2011 ont connu par conséquent une augmentation d’un sixième «seulement» de la population mondiale contre une augmentation d’un cinquième pour les années 1987 à 1999.»

L’explosion actuelle de la population mondiale comme la stabilisation qui se dessine sur le long terme corroborent la théorie dite de la «transition démographique» émise en 1929 par l’Américain Warren Thompson. D’abord boudée parce que trop étrangère à l’air du temps, cette thèse a été adoptée par l’Organisation des Nations unies aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale avant d’être confirmée année après année sur le terrain.

Selon Warren Thompson, la modernité bouleverse l’équation démographique. Enrichissement, progrès techniques et évolution des mœurs entraînent le passage d’un état de mortalité et de natalité élevées à un état de mortalité et de natalité basses. Ce mouvement n’est pas uniforme cependant: le taux de mortalité fléchit avant le taux de fécondité, d’où une explosion de la population au cours d’une période transitoire.

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La transition démographique est pratiquement achevée aujourd’hui dans les pays industrialisés. L’espérance de vie y a augmenté de 35 ans au début du XIXe siècle à 77 ans aujourd’hui. Et le taux de fécondité est passé de 5 ou 6 enfants à moins de 2,1 enfants par femme, ce qui représente le nombre nécessaire au renouvellement naturel (sans immigration) d’une population.

Si le schéma général est partout semblable, son déroulement diffère dans les détails. Ainsi, rappelle Gilles Pison, la France a vu son taux de fécondité baisser en même temps que son taux de mortalité, ce qui a eu pour effet une faible augmentation de sa population au cours du XIXe siècle. La Grande-Bretagne a connu en revanche une baisse plus tardive du taux de fécondité, d’où un excédent important des naissances sur les décès pendant tout le XIXe siècle et une hausse spectaculaire de sa population depuis le début de la révolution industrielle. Alors qu’elle comptait trois fois moins d’habitants que la France en 1800, elle en possède autant désormais.

Les pays en développement connaissent actuellement la même transition démographique que les pays industrialisés mais sur un rythme beaucoup plus rapide. Ayant bénéficié d’un seul coup des progrès médicaux réalisés durant une longue période par le monde développé, ils ont vu leur taux de mortalité chuter à une vitesse sans précédent. En un peu plus d’un demi-siècle, l’espérance de vie est passée de 38 à 64 ans en Inde et de 41 à 73 ans en Chine.

De manière plus surprenante, le taux de fécondité des pays en développement se retrouve également en baisse rapide. Les obstacles culturels censés retarder durablement le mouvement ont beaucoup moins bien résisté que prévu aux politiques de dénatalité et aux aspirations nouvelles des individus (désir des femmes de ne plus se limiter au rôle de mère, souhait des couples de donner une instruction solide à chacun de leurs enfants, etc.). Résultat: si le taux de fécondité reste très élevé en Afrique subsaharienne, dans certains pays du Moyen-Orient et dans le nord du sous-continent Indien, il s’est réduit de manière drastique en Extrême-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Parmi les exemples les plus remarquables figurent la Chine, où les femmes ont quatre fois moins d’enfants qu’en 1965, et l’Iran, où elles en ont trois fois moins qu’au début des années 1980.

La décélération de la croissance mondiale possède des bases trop solides pour ne pas se poursuivre. Les démographes prévoient ainsi que la population mondiale gagnera son huitième milliard en treize ans (comme le cinquième) et son neuvième milliard en plus de vingt ans, avant de se stabiliser d’ici au milieu du siècle. Après, différents scénarios redeviennent possibles mais l’explosion démographique qu’aura connue l’humanité de 1800 à 2100 devrait rester à jamais unique: la population mondiale aura de la peine à décupler une deuxième fois…

 Par Etienne Dubuis /le Temps janv11

EN LIEN : – www.ined.fr (aller sur «Tout savoir sur la population»).
www.nationalgeographic.com (aller sur vidéo).
– «Atlas mondial de la population» de Gilles Pison, Ed. Autrement.
– «National Geographic», janvier 2011

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L’indispensable partage par Martin Wolf

De quelle façon la « grande convergence » entre les économies occidentale et émergentes va-t-elle façonner le monde du XXIe siècle ? Pour aborder cette question, j’ai heureusement un guide : le livre de Ian Morris de l’université américaine de Stanford, Why the West Rules – For Now (« Pourquoi l’Occident domine – pour l’instant », Profile Books, 2010), qui couvre 16 000 ans d’histoire humaine.

Selon le professeur Morris, le développement social est produit par « des gens avides, paresseux et anxieux » qui, « chacun, cherchent leur équilibre personnel entre vivre confortablement, travailler le moins possible et être en sécurité ».

Du fait que les êtres humains sont intelligents et hautement sociaux, ils inventent des technologies et créent des institutions pour atteindre ces objectifs. Mais c’est la géographie qui détermine ce que chaque groupe humain peut accomplir. Or l’impact de la géographie change avec le temps : il y a mille ans, les océans représentaient un formidable obstacle ; il y a cinq cents ans, ils étaient devenus de grandes voies de communication.

Le professeur Morris livre le récit fascinant de deux pôles de civilisation : l' »Occident », qui regroupe les civilisations issues de la révolution agricole survenue dans le « croissant fertile » de l’actuel Moyen-Orient, et l' »Orient », c’est-à-dire les civilisations nées d’une révolution agricole indépendante qui se déroula dans une partie de ce qui est aujourd’hui la Chine.

L’Occident plus dévelloppé que l’Orient jusqu’à la chute de l’Empire Romain

L’Occident fut, conclut-il, un peu plus avancé que l’Orient jusqu’à la chute de l’Empire romain occidental ; ensuite, il fut dépassé par l’Orient jusqu’au XVIIIe siècle, puis il repassa en tête. L’exploitation orientale des « avantages de l’arriération » laisse augurer un nouveau renversement de situation au cours du XXIe siècle.

Pour le professeur Morris, le développement social agrège quatre facteurs : la consommation d’énergie, l’urbanisation, les capacités militaires et les technologies de l’information. Le premier est fondamental : la maîtrise de l’énergie est une condition indispensable à l’existence ; plus la société est complexe et avancée, plus elle capture d’énergie.

C’est pourquoi il est incorrect de parler de « révolution industrielle » pour qualifier ce qui s’est passé il y a deux siècles. Il s’agissait d’une révolution de l’énergie : nous avons appris à exploiter la lumière solaire fossilisée. L’énergie et les idées sont les deux fondements de notre civilisation.

Les mesures du développement social et de la « capture de l’énergie », qu’utilise le professeur Morris, coïncident les unes avec les autres. La capture de l’énergie était, en Occident, la même en l’an 1700 qu’en l’an 100, tandis qu’elle n’atteint son apogée en Chine prémoderne qu’au XIIe siècle. La capture de l’énergie et le développement social ont explosé au cours des deux derniers siècles, mais la consommation d’énergie de l’Orient augmente rapidement.

Une analyse de l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE) soutient que la convergence a modifié l’équilibre global de l’offre et de la demande de ressources (« Perspectives on Global Development 2010 : Shifting Wealth », http://www.oecd.org).

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne que la demande primaire globale d’énergie pourrait augmenter de 50 % d’ici à 2035. Si toute l’humanité en utilisait la même quantité par tête que les pays riches, la consommation de l’énergie commerciale serait, en l’absence de changement dans l’intensité de production, trois fois ce qu’elle est actuellement.

Mais, comme le remarque l’OCDE, l’intégration dans l’économie mondiale des mains-d’oeuvre chinoise, indienne et ex-soviétique a multiplié par deux le nombre de personnes travaillant dans des économies ouvertes. Cela a certainement tiré vers le bas les salaires relatifs des travailleurs peu qualifiés, même si l’évidence contredit la notion répandue selon laquelle cela aurait été le principal facteur de la montée des inégalités dans les pays riches.

La croissance de la Chine et de l’Inde a directement aidé, d’une part, les exportateurs de ressources, et, d’autre part, les acheteurs de produits gourmands en main-d’oeuvre.

Dans le premier cas, les pays riches en ressources ont été les grands bénéficiaires, même s’ils courent le risque d’une désindustrialisation.

L’épargne a augmenté plus vite que l’investissement

Dans le second cas, ce sont les consommateurs des pays riches qui sont bénéficiaires. Par ailleurs, l’une des conséquences les plus surprenantes de cette situation a été que l’épargne a augmenté plus vite que l’investissement, générant ainsi une pression à la baisse sur les taux d’intérêt réels.

Bien qu’importantes, ces conséquences traduisent des développements à somme positive : prospérité croissante et élargissement des opportunités. Les plus grands défis surviennent lorsque les résultats à somme nulle deviennent plus probables. Les ressources en fournissent un exemple. Le pouvoir politique en est un autre. Un Orient émergent doit modifier l’équilibre du pouvoir mondial et l’abondance de ressources à bas prix.

Concernant ce dernier point, une ironie de l’histoire intellectuelle veut que Thomas Malthus, le prophète de la surpopulation, se soit inquiété de la pénurie de ressources au moment précis où ses hypothèses pessimistes se trouvaient démenties.

La plus grande question du XXIe siècle pourrait être de savoir si les ressources vont s’avérer une fois de plus des contraintes, comme elles l’ont été si souvent avant 1800.

L’ingéniosité continuera-t-elle ou non à compenser la rareté ?

Si la réponse est oui, alors l’humanité entière pourrait un jour bénéficier des modes de vie que connaissent les gens les plus favorisés.

Si la réponse est non, nous pourrions alors succomber à ce que le professeur Morris appelle les cinq cavaliers de l’Apocalypse – changement climatique, famines, effondrement des Etats, migrations et épidémies.

De plus, même si ces problèmes sont solvables, il faudrait, pour les résoudre, un niveau de coopération politique infiniment plus élevé que celui que l’on constate. Cela est particulièrement vrai lorsque la croissance économique engendre des conséquences telles que le changement climatique. Or on ne s’y attaque pas. Le développement politique est en retard sur la réalité.

Il en va de même pour les rapports de forces politiques. Maintenant que nous avons la possibilité de détruire la civilisation, les relations entre Etats puissants sont devenues périlleuses. Après l’utilisation de la bombe atomique, Albert Einstein avait déclaré que « le seul salut pour la civilisation et la race humaine réside dans la création d’un gouvernement mondial ». Einstein fut qualifié de naïf mais sa remarque pourrait être pertinente aujourd’hui encore.

La grande convergence offrira à la majorité de l’humanité une économie fondée sur l’énergie abondante. Mais si nous ne maîtrisons pas la pression que cela entraînera sur les ressources, cela pourrait se terminer dans la misère ; et si nous ne maîtrisons pas les changements dans l’équilibre des pouvoirs, cela pourrait finir dans la guerre. Optimiste, le professeur Morris estime que chaque époque échafaude la réflexion dont elle a besoin. Vu la rapidité du changement, celle-ci viendra-t-elle à temps ?

Martin Wolf, éditorialiste économique LE MONDE ECONOMIE | 17.01.11 |

 (cette chronique est publiée en partenariat exclusif avec le « Financial Times ». Traduit de l’anglais par Gilles Berton).

EN BANDE SON :

1 réponse »

  1. « Dans le second cas, ce sont les consommateurs des pays riches qui sont bénéficiaires. Par ailleurs, l’une des conséquences les plus surprenantes de cette situation a été que l’épargne a augmenté plus vite que l’investissement, générant ainsi une pression à la baisse sur les taux d’intérêt réels. »

    En économie, on dit que lorsqu’une chose coûte plus chère, elle est moins consommée. En supposant que les ressources commencent à se raréfier, il est probable effectivement que l’on consomme moins pour épargner davantage. Ceci permet deux choses :
    -contenir la flambée des prix
    -rendre le capital plus disponible pour l’investissement

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