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Banques Centrales : Les faucons tirent leur révérence

Banques Centrales : Les faucons tirent leur révérence

Ben Bernanke et Mervyn King imposent leurs vues. Les partisans d’une certaine orthodoxie monétaire s’effacent.

Les «faucons» sont une espèce en voie d’extinction dans les banques centrales. En Europe, Axel Weber a renoncé à briguer le mandat de Président de la BCE pour succéder à Jean-Claude Trichet

PLUS/MOINS DE FAUCONS EN SUIVANT :

 Le candidat allemand avait pourtant les faveurs de la cote, bien qu’il se fût opposé à la décision de la BCE d’acquérir des obligations gouvernementales «périphériques» sur le marché secondaire. Son désistement n’est pas illogique, car on voyait mal le dissident Axel Weber défendre publiquement une ligne politique fixée par une majorité de gouverneurs ne partageant pas son intransigeance. Un avenir plus serein, et probablement plus rémunérateur, l’attend dans le secteur privé.

Aux Etats-Unis, la démission de Kevin Warsh n’est pas celle d’un rapace, ni celle d’une colombe

 Membre du conseil de la Fed depuis 2006, le gouverneur s’était prononcé en faveur du second programme d’assouplissement quantitatif. Il n’est pas un véritable faucon tel que Thomas Hoenig, Jeffrey Lacker ou Richard Fischer, mais il n’a pas hésité à exprimer des opinions qui tranchaient avec l’activisme débridé du président Ben Bernanke. Récemment, Kevin Warsh avait laissé entendre que la flambée des prix des matières premières et le déclin du dollar invitaient à reconsidérer le programme d’achats en cours.

Sachant que Kevin Warsch est démissionnaire et que les rares faucons ne siègent actuellement pas au FOMC, Ben Bernanke a les coudées franches pour poursuivre une politique monétaire archi-stimulante, sinon exubérante.

 A cet égard, le président de la Fed ne perd pas une occasion de défendre son effort de relance quantitatif, en dépit du redressement marqué des taux d’intérêt à long terme. Ben Bernanke se félicite des gains du marché des actions, du déclin des primes de risques sur le marché des obligations industrielles et du recul de la volatilité.

Le redressement des anticipations d’inflation n’inquiète guère Ben Bernanke, qui salue au contraire le retour à des niveaux «plus normaux». Le taux d’inflation projeté de 2.5% à dix ans (écart entre le rendement’réel’d’un TIPS et celui d’un T-Note traditionnel) aurait pourtant de quoi alerter un gouverneur de la BCE ou un investisseur soucieux de préserver son pouvoir d’achat. De fait, les «bonds vigilantes» semblent s’être réveillés depuis que la Fed a lancé son second programme quantitatif. Bien que Ben Bernanke estime que les achats d’obligations exercent une pression à la baisse sur les taux à long terme, le réveil des «vigilants» semble avoir annihilé les efforts de la banque centrale américaine.

bonds

Malgré l’évocation des moyens de «sorties» dont dispose la Fed, Ben Bernanke ne montre aucun empressement à infléchir le cours de la politique monétaire. Wall Street apprécie, tandis que les investisseurs en obligations ont de bonnes raisons de se méfier du cocktail indigeste combinant un activisme monétaire aventureux et un laxisme budgétaire périlleux (déficit cumulé de 419 milliards de dollars au terme des quatre premiers mois de l’année fiscale 2010/11).

François Christen Dynagest SA à Genève

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