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Du faux semblant au faux fuyant les vraies causes des récentes « turbulences » européennes par The Wolf

Du faux semblant au faux fuyant les vraies causes  des récentes « turbulences » européennes par The Wolf

Pour résumer la crise de la zone euro est constituée de trois pressions interdépendantes : la solvabilité budgétaire, la compétitivité extérieure et l’illiquidité du système bancaire (c.-à.-d., des ratios prêts/dépôts bien supérieurs à 100 %). Ce que les dernières mesures des gouvernements européens  n’ont pas accompli, et qu’elles ne peuvent probablement pas faire, est d’améliorer la compétitivité extérieure des pays périphériques de la zone euro. Si les mesures prises ont aidé la capacité de ces pays à assurer le service de leur dette, elles n’ont pas pour autant résolu les problèmes plus profonds que sont la compétitivité ou le financement des déficits de la balance des opérations courantes. Pas plus que ces mesures ne rassurent de quelque manière que ce soit sur les futures perspectives de croissance qui demeurent peu encourageantes. 

  Les deux principaux ingrédients du fardeau de la dette de tout pays sont : l’excédent ou le déficit primaire (la différence entre les recettes fiscales et les dépenses publiques) et le service de la dette (le montant dépensé au titre du paiement des intérêts et du refinancement de la dette).  

PLUS DE THE WOLF EN SUIVANT :

Si un pays désire stabiliser son endettement, le premier objectif est de parvenir à un excédent primaire, puis ensuite de croître à un rythme suffisant afin de réduire le service de la dette par rapport au PIB. La croissance est primordiale. En effet, si l’encours de la dette est trop important, même avec un excédent primaire les coûts liés au service et au refinancement de la dette feront alors en sorte que l’endettement global continuera de se creuser.

Si le taux d’intérêt payé sur la dette est d intérêt supérieur à la croissance du PIB nominal, c’est alors le piège infernale de la dette qui se referme….ce que nous aimons ici à appeler la trappe à dettes…

Prenons l’exemple de l‘Italie qui a mauvaise presse en matière de gestion économique mais qui n’a pourant pas faux sur toute la ligne …

Le pays présente un excédent primaire depuis 20 ans, pratiquement chaque année depuis qu’il a été éjecté du Mécanisme de taux de change en 1992 En outre les niveaux d’endettement de ses ménages et de ses sociétés non financières sont raisonnables en pourcentage du PIB (tous deux sont sensiblement inférieurs à la moyenne de la zone euro). Le taux d’épargne des ménages est élevé et il existe une bien plus grande volonté de réparer les excès budgétaires du passé que dans d’autres pays. Poussées par le gouverneur de la Banque d’Italie, mister Draghi himself , les banques italiennes ont levé des capitaux. Mais alors ou est le problème ?

Le problème vient tout simplement de la croissance ou plus exactement du manque de croissance : c’est son rythme anémique au cours des deux dernières décennies qui a masqué l’amélioration des finances publiques et qui plombe aujourd’hui  l’Italie….La croissance italienne étant devenu si faible qu’elle menace de ne mème plus suffire à honorer à moyen terme le service à la dette…

Face à cette absence de croissance la vision initiale européenne  d’une monnaie unique sans une autorité budgétaire centrale n’est manifestement pas la bonne. Pour autant, les européens ne partagent pas l’idée selon laquelle cela prouve qu’ils devraient abandonner le projet européen et revenir à des devises nationales. La raison pour laquelle les Etats membres de la zone euro veulent conserver l’euro est qu’ils en retirent tous un avantage enfin plus exactement que certains lobbys, cartels et corporations  y trouvent un avantage :

Les pays traditionnellement plus endettés bénéficient de taux d’intérêt moins élevés et d’une devise plus forte….pour faire court les pays du sud bénéficient des conditions allemandes sans avoir à faire le moindre effort en matière de rigueur et d’éfficacité économique

 –Les entreprises exportatrices  ont un accès illimité aux marchés européens sans encourir le moindre risque de voir leurs marges pâtir d’une dévaluation compétitive. Avec à la clé mise en place de cartels ou de monopoles propice à des situations de rente…

Les consommateurs obtiennent des prix moins chers à la faveur de la disparition du coût frictionnel du commerce et plébiscitent ce qu’ils assimilent à tord à du libre échange et qui n’est rien souvent qu’une énième parodie de la loi du plus fort et qui faute de rapport gagnant/gagnant passe par l’annhilation totale du plus faible…

 –Le lobby bancaire avec des Banques qui pèsent  souvent plus en termes de valeur économique que le PIB des pays dont elles sont issues .Les banques se sont ainsi diversifiées au-delà des frontières, impliquant que faute d’une zone  monétaire optimale , nous avons  aujourd’hui une union européenne de la dette très performante .

Et, ce sont précisément ces crédits transfrontaliers, octroyés par les Banques tant aux Etats qu’aux entreprises, qui font que le coût d’un défaut, ou d’une sortie de l’euro, serait prohibitif pour le secteur bancaire de la zone euro et par là mème constitue un vrai risque systèmique pour les finances de l’ensemble de la zone. Menace et chantage dont usent  et abusent  les « banksters » pour arriver à leurs fins : obtenir l’assurance que quelque soient les risques pris; quelques soient les pertes non assumées  le contribuable européen. sera toujours là en payeur de dernier ressort… et ceci avec la bénédiction des gouvernements en place tour à tour pyromane, père fouettard et sauveurs de dernier ressort pour le plus grand malheur  de leurs concitoyens…

Quelles perpectives ?

Dans la plupart des crises bancaires de ces dernières années, un ajustement a nécessité une substantielle dévaluation du taux de change afin de doper les exportations et de réduire le déficit extérieur. Allié à des tours de vis budgétaires, cela a aidé à rééquilibrer les économies. Là rien de telle ne peut se mettre en place au sein de la zone européenne,  et l’euro demeure significativement surévalué du point de vue des pays périphériques en conséquence de quoi  la réduction de leurs déficits extérieurs dépend uniquement  du durcissement au plan national (c.-à-d., encore plus de rigueur et encore plus de douleur). Ce qui  aura  pour ultime conséquence de mettre en péril les recettes fiscales et, ce faisant, de peser encore plus lourdement sur la solvabilité budgétaire.

Cerise sur le gateau  le financement des déficits de la balance des opérations courantes (qui varient de 4,5 % à 9,5 % du PIB en Espagne, en Grèce et au Portugal) nécessite probablement des capitaux à court terme, d’où des inquiétudes à l’égard de l’illiquidité des banques gorgées à souhait de créances douteuses, tout subprime US et Obligations PIIGS confondus…

EN BANDE SON :

10 réponses »

  1. Mercredi 3 août 2011 :

    Le ministre italien des Finances Giulio Tremonti a commencé mercredi un entretien avec le chef de file de la zone euro, Jean-Claude Juncker, à Luxembourg, alors que son pays est soumis à de fortes pressions des marchés.

    M. Tremonti n’a fait aucune déclaration lors de son arrivée, vers 08H00 GMT, à la résidence du Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois.

    L’Italie, troisième économie de la zone euro, est sous la pression des marchés, comme les autres pays fragiles de la zone euro, et le but de cette rencontre est notamment d’endiguer la panique, même si Bruxelles a exclu toute discussion sur un plan de sauvetage pour l’Italie ou l’Espagne.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=034236591f64ea1df18b5e21049a273e

  2. Fonds Européen de Stabilisation Financière (FESF) : quels sont les Etats qui apportent le plus de garanties ?

    Réponse :

    1- L’Allemagne apporte une garantie de 119,39 milliards d’euros, soit 27,13 % du FESF.

    2- La France apporte une garantie de 89,66 milliards d’euros, soit 20,37 % du FESF.

    3- L’Italie apporte une garantie de 78,78 milliards d’euros, soit 17,90 % du FESF.

    4- L’Espagne apporte une garantie de 52,35 milliards d’euros, soit 11,89 % du FESF.

    5- Les Pays-Bas apportent une garantie de 25,14 milliards d’euros, soit 5,71 % du FESF.

    6- La Belgique apporte une garantie de 15,29 milliards d’euros, soit 3,47 % du FESF.

    7- La Grèce apporte une garantie de 12,39 milliards d’euros, soit 2,81 % du FESF.

    Autrement dit :

    Pour sauver les Etats européens surendettés, les Etats européens ont décidé de créer un Fonds de sauvetage, mais ce sont les Etats européens surendettés qui apportent des dizaines de milliards d’euros de garanties !

    Exemple : pour sauver l’Italie surendettée, l’Italie surendettée apporte 78,78 milliards d’euros de garanties au FESF !

    J’éclate de rire !

    C’est du pipeau, ce FESF !

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201534442871-les-quatre-questions-sur-les-nouvelles-fonctions-du-fonds-europeen-de-stabilite-financiere-199279.php

  3. L’Espagne réussit à emprunter 3,3 milliards d’euros, mais à un prix plus élevé.

    Le Trésor espagnol a émis jeudi pour 3,311 milliards d’euros d’obligations à 3 et 4 ans, à des taux d’intérêt en forte hausse par rapport aux dernières émissions similaires, souffrant de la crise de défiance des investisseurs envers l’Espagne et l’Italie.

    La demande a cependant a été importante, atteignant 7,4 milliards d’euros, soit le double de l’objectif fixé qui était de lever 2,5 à 3,5 milliards, a annoncé la Banque d’Espagne.

    Les taux ont particulièrement bondi sur l’émission à 4 ans, à 4,984 %, contre 2,862 % lors de la dernière émission comparable. Mais il faut noter que celle-ci avait eu lieu le 15 octobre 2009.

    Sur celle à trois ans, le taux a aussi augmenté, à 4,813 %, contre 4,037 % lors de la dernière émission de cette échéance, le 2 juin 2011. Il est toutefois inférieur au taux du marché, les obligations espagnoles à trois ans ayant clôturé mercredi à 5,090 %.

    http://www.romandie.com/news/n/_L_Espagne_reussit_a_emprunter_33_mds_EUR_mais_a_un_prix_plus_eleve040820111108.asp

  4. Jeudi 4 août 2011 :

    Dette : Barroso prône une « réévaluation » des capacités du fonds de soutien.

    Le président de la Commission européenne a prôné une réévaluation des capacités du Fonds de soutien européen, déclarant que la crise de la dette s’étend au-delà des pays fragiles de la zone euro, dans un courrier adressé aux dirigeants de l’Union européenne, obtenu jeudi.

    « Je saisis l’occasion pour inviter à une rapide réévaluation des éléments relatifs au Fonds européen de stabilité financière (FESF) et au mécanisme appelé à lui succéder (le MES), afin de s’assurer qu’ils sont proprement équipés pour gérer des risques de contagion », a écrit José Manuel Barroso, dans une lettre datée de mercredi 3 août.

    Interrogée pour savoir si cela signifiait une augmentation du fonds, une porte-parole de la Commission européenne a répondu que la taille « faisait partie des éléments » appelés à être réévalués.

    Ce fonds créé en 2010 pour venir en aide à l’Irlande puis au Portugal a une taille de 750 milliards d’euros, avec une capacité effective de prêts de 440 milliards d’euros, jugée insuffisante pour sauver un pays comme l’Italie.

    Or, la crise de la dette « ne touche plus uniquement la périphérie de la zone euro » (pays les plus fragiles, ndlr), a estimé M. Barroso.

    Des risques de contagion ont touché cette semaine l’Italie et l’Espagne, mais des pays moins endettés ou mieux notés par les agences de notation ont également été sous pression par les marchés, et ont vu la prime de risque qu’ils paient pour se financer sur les marchés atteindre des niveaux record, comme la Belgique.

    http://www.romandie.com/news/n/DETTEBarroso_prone_une_reevaluation_des_capacites_du_fonds_de_soutien040820111408.asp

    En clair : le FESF était prévu à 750 milliards d’euros, puis ensuite le MES devait prendre le relais. Le MES était prévu à 700 milliards d’euros.

    Malheureusement, ce total de 1450 milliards d’euros sera insuffisant pour sauver tous les Etats européens surendettés.

    Les Etats européens riches vont être obligés d’emprunter sur les marchés internationaux des centaines de milliards d’euros supplémentaires pour sauver de la faillite :
    – la Grèce
    – l’Irlande
    – le Portugal
    – l’Italie
    – l’Espagne
    – Chypre
    – la Belgique
    – etc.

    Il faudrait que les Etats européens riches acceptent d’emprunter environ 145 000 milliards d’euros, et après on serait peinards.

  5. Merci Monsieur The Wolf pour cet article synthétique et pédagogique. Les perspectives semblent quand même bien sombres et bloquées. Dans les lobbys, cartels et corporations, vous pouvez rajoutez les « entrepreneurs politiques », au sens donné par Monsieur Jean Claude Werrebrouck.

    • Merci The Sheep…ce n’est pas à vous que je vais apprendre que sur le Titanic il y avait un excellent orchestre et qu’il y a eu quand mème quelques survivants !!!!

  6. Vendredi 5 août 2011 :

    Taux espagnols et italiens au plus haut.

    La prime de risque payée par l’Espagne et l’Italie sur les marchés obligataires a atteint un plus haut historique vendredi matin par rapport à l’Allemagne, pays de référence de la zone euro, sur des craintes de contagion de la crise de la dette en zone euro.

    A 08H58 (06H58 GMT), le « spread », ou prime de risque, était à 417 points de base pour l’Espagne et 416 pour l’Italie.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/08/05/97002-20110805FILWWW00284-taux-espagnols-et-italiens-au-plus-haut.php

    Italie : la Bourse de Milan ouvre sur une chute de 3,5 %.

    La Bourse de Milan a ouvert vendredi sur une chute de 3,5% à 15.563 points après s’être effondrée de 5,16 % jeudi, le marché étant pris de panique en raison des perspectives inquiétantes de l’économie mondiale et des craintes de contagion de la crise de la dette.

    Toutes les valeurs étaient dans le rouge. Parmi les plus fortes baisses, la banque Intesa Sanpaolo lâchait 7,72 %.

  7. Vendredi 5 août 2011 :

    Italie : nouveau repli surprise de la production industrielle en juin.

    La production industrielle a accusé un nouveau repli surprise de 0,6 % en Italie en juin sur un mois, alors que les économistes misaient sur une légère hausse, a annoncé vendredi l’Institut national des statistiques Istat dans un communiqué.

    Les économistes s’attendaient en effet à une légère progression de 0,1 %, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires.

    Sur un an, la production industrielle a augmenté de 0,2 % en juin, un chiffre largement inférieur aux attentes des économistes qui misaient sur une hausse de 1,7 %.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=52108207f961754d216c9e6e9fac95c0

  8. La BCE va acheter des obligations italiennes à partir de lundi.

    La Banque centrale européenne (BCE) est d’accord pour commencer à acheter des obligations d’Etat italiennes à partir de lundi en échange de l’engagement du gouvernement italien à accélérer la réduction des déficits, a annoncé vendredi un ministre italien.

    « Tout le monde craint que nos obligations ne deviennent des bouts de papier sans valeur mais avec le retour à l’équilibre budgétaire un an plus tôt que prévu, la BCE a garanti qu’à partir de lundi elle achèterait nos obligations », a déclaré aux journalistes le ministre des réformes institutionnelles Umberto Bossi.

    « Pour nous, c’est une solution, une garantie », a déclaré M. Bossi, qui est aussi le chef de la Ligue du Nord, principal allié du Premier ministre Silvio Berlusconi au sein de la coalition gouvernementale de centre droit.

    « Nous avons absolument besoin de ces obligations parce que si nous n’arrivons pas à les vendre nous ne pourrons pas payer les retraites ou la santé, c’est donc une obligation pour nous », a-t-il ajouté.

    M. Berlusconi avait indiqué plus tôt dans la journée que l’Italie allait accélérer son programme d’austérité adopté par le parlement le mois dernier afin de faire en sorte que l’équilibre budgétaire soit atteint en 2013 et non plus en 2014 comme prévu initialement.

    Les marchés boursier et obligataire italiens ont été bousculés au cours des dernières semaines en raison des craintes suscitées auprès des investisseurs par l’ampleur de la dette publique, la croissance anémique et les tensions qui affaiblissent le gouvernement.

    La prime de risque, à savoir l’écart entre le taux des obligations allemandes, référence du marché, et les bons du Trésor italiens a atteint des niveaux record au cours des derniers jours.

    http://www.romandie.com/news/n/_La_BCE_va_acheter_des_obligations_italiennes_a_partir_de_lundi_050820112308.asp

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