Art de la guerre monétaire et économique

Les fonds américains se détournent massivement des banques européennes

Les fonds américains se détournent massivement des banques européennes

 Les grands fonds monétaires américains accélèrent la réduction de leur exposition aux banques européennes. C’est ce que montre un rapport de l’agence de notation Fitch, publié vendredi 23 septembre.

L’exposition en dollars aux titres bancaires européens de l’échantillon de Fitch, qui regroupe les dix plus grands « money market funds » (MMF) américains, a chuté en août de 8 %, après un recul de 9 % en juillet.

Sur les trois derniers mois, ces fonds ont retiré un peu plus d’un quart (27 %) de leurs placements. Fin mai, ces titres représentaient un montant de 926 milliards de dollars, réduit depuis à 676 milliards, soit 42,1 % du portefeuille détenu par ces dix fonds (contre 47,2 % il y a un mois).

Les MMF sont considérés aux Etats-Unis comme le type même de l’investissement sécurisé (l’équivalent des Sicav, avec un mode de rémunération différent). Dans leurs portefeuilles, les banques européennes ont été essentiellement remplacées par des titres bancaires australiens, canadiens ou japonais.

Jamais, indique Fitch, le ratio de l’Europe n’a été aussi faible depuis que cet indice a été mis au point, en 2006. Jamais, non plus, la part des banques françaises n’y a été aussi réduite. Celles-ci constituent 11,2 % du total des actifs de ces fonds, contre 14,1 % fin juillet. L’exposition aux banques britanniques a un peu moins régressé et celle aux banques allemandes légèrement augmenté. 

Comme en juillet, les fonds ont eu tendance à modifier leur portefeuille de façon à disposer davantage de titres (certificats de dépôts, billets de trésorerie, papier commercial adossé à des créances etc.) à très court terme (0 à 7 jours) plutôt qu’à 61 jours et plus. Là encore, ce mouvement a concerné particulièrement les banques françaises.

 Celles-ci apparaissent néanmoins moins dépendantes des grands fonds américains pour leur financement à court terme que leurs concurrentes. L’étude montre que sur les quinze banques d’envergure mondiale dépendant le plus des grands fonds américains sur ce point, on ne trouve qu’un établissement français, BNP Paribas, qui arrive en dixième position, derrière Barclays ou Credit Suisse, avec un taux de dépendance à ces financements de 2,3%, contre 9,2% pour la première du classement, la banque suédoise Svenska Handelsbanken

Celles-ci apparaissent néanmoins moins dépendantes des grands fonds américains pour leur financement à court terme que leurs concurrentes. L’étude montre que sur les quinze banques d’envergure mondiale dépendant le plus des grands fonds américains sur ce point, on ne trouve qu’un établissement français, BNP Paribas, qui arrive en dixième position, derrière Barclays ou Credit Suisse, avec un taux de dépendance à ces financements de 2,3%, contre 9,2% pour la première du classement, la banque suédoise Svenska Handelsbanken.

Qui va en effet remplacer la Réserve fédérale dans ses achats d’emprunts d’Etat à court terme? Cela pourrait bien être les «fonds monétaires locaux», estime le directeur de la recherche au sein de Natixis Patrick Artus, présent à Genève au salon des gérants indépendants Invest’11.

Cela n’est pas une bonne nouvelle pour les banques européennes. Car ces fonds américains étaient – jusqu’à cet été – d’importants fournisseurs de financements à court terme pour les établissements du Vieux Continent. «Au lieu de [les] financer, ces fonds monétaires pourraient bien acheter de la dette publique américaine», poursuit Patrick Artus. Une telle réorientation de leurs prêts signifierait que la réticence de ces fonds à refinancer les banques européennes est partie pour durer des mois

source Le Monde+le Temps+AFP  sep11

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