Banque Pratique

Rosengren (FED) : Pour un contrôle accru des dividendes bancaires

Pour un contrôle accru des dividendes bancaires

Fed. Un dirigeant de la banque centrale américaine, Eric Rosengren  estime que quelques banques d’envergure internationale ont perdu la confiance des investisseurs.

Les autorités de surveillance financière nationales devraient contrôler de plus près les projets de dividendes des grandes banques, quitte à les suspendre en ces temps de tensions financières, a estimé hier à Stockholm un dirigeant de la banque centrale américaine (Fed).

«Quelques banques d’envergure internationale semblent avoir perdu la confiance des investisseurs», a estimé Eric Rosengren, président de l’antenne de la Fed à Boston (nord-est des Etats-Unis) à l’occasion d’un discours dans la capitale suédoise dont le texte a été transmis à la presse. M. Rosengren en veut pour preuve le fait que «certaines valeurs bancaires ont vu leur cours chuter de façon spectaculaire, et [que] les dérivés de crédit contre la défaillance de certaines banques internationales sont à des niveaux élevés».

Dans le monde entier, les autorités de contrôle des banques pourraient se servir davantage de ces signes des marchés lorsqu’elles décident d’autoriser ou non les banques à distribuer des dividendes ou à mener des programmes de rachats d’actions», estime-t-il.

«En autorisant (le versement) des dividendes ou des rachats d’actions lorsque le risque de crise est élevé, on autorise des capitaux à quitter le système bancaire à un moment où ils sont rares et où ils sont plus nécessaires que jamais», fait valoir M. Rosengren. Selon lui, «de telles pratiques risquent d’avoir des conséquences douloureuses pour les contribuables, les détenteurs de titres de dette et l’économie dans le cas où les banques viendraient à manquer de capitaux pour passer la crise». M. Rosengren plaide donc pour des actions préventives. Pour lui, si l’évaluation de la solidité des banques par les marchés s’avère mauvaise, «les banques n’auront fait que retarder des dividendes ou des rachats d’actions», et ces projets pourront «être repris et augmentés une fois que les problèmes auront été résolus».

Depuis près de deux mois, les valeurs bancaires, en particulier celles des plus grands établissements, ont fortement chuté sur les principales places boursières européennes, et, dans une moindre mesure aux Etats-Unis. La banque française BNP Paribas a indiqué avoir consacré 487,6 millions d’euros, soit 1,22% de son capital depuis le début du mois d’août pour racheter 14,7 millions de ses propres titres, afin de soutenir le cours de Bourse de son action.

EN COMPLEMENT :  Les banques sont particulièrement matraquées actuellement  et ont perdu 37% de leur valeur depuis le début de l’année et 73% de leur valeur d’avant la crise en 2008.

 Les banques de l’Eurozone ont pratiquement touché leur plus bas atteint le 9 mars 2008 au plus fort de la crise. Les capitalisations sont devenues ridicules par rapport à la taille des actifs. Crédit Agricole détient un total de bilan de 1.6 trillions € pour une capitalisation boursière de… 11Mds. Commerzbank a un total de bilan de 683Mds € pour une capitalisation de 8.3Mds. La Société Générale présente 1.2 trillions pour une capitalisation réduite à 13Mds. La crise de la dette souveraine s’est transformée en crise des institutions financières (banques et assurances) qui sont les gros détenteurs de cette dette risquée.

La capitalisation boursière de certaines banques en dessous de 30% de leurs fonds propres

Vers la nationalisation des grandes banques ?

Le moment approche très vite où la nationalisation des grandes banques sera nécessaire. L’Allemagne, l’Autriche ou les Pays Bas qui sont les plus réticents à un plan européen ne sont nullement à l’abri. La Commerzbank a perdu 92% de sa valeur depuis 5 ans et se paie 35% de ses fonds propres. ING et Aegon sont très mal en point et les deux banques autrichiennes Erste bank et Raiffeisen Bank souffrent de leurs excès d’exposition à l’Est.

Quand le price/book de la Société Générale flirte avec les 30%, on doit se demander si c’est le price qui est faux ou le book qui l’est. Il en est de même du P/E quand il représente 3.5x les profits. La probabilité est forte de voir se transformer les profits de 3.6mds du consensus pour 2011 en grosses pertes si des provisions sont faites sur les actifs à risque.

Jacques Chanine/Chanine Capital

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