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Carry trade rémunérateur pour les Banques sur fond de Nouvelle Guerre des changes

Carry trade rémunérateur pour les Banques sur fond de Nouvelle Guerre des changes

Depuis le début 2012, la fièvre du ­ «forex» s’est ainsi propagée sur les marchés émergents dont certaines monnaies très prisées ont affiché d’importants gains. Cette tendance s’est confirmée, avec une progression de l’indice MSCI EM Currency, qui mesure la progression des devises des marchés émergents de près de 9%.

Here is a basket of emerging market currencies and their performance in January…

 

Suite au dernier sursaut des marchés des changes des pays émergents en 2010, bon nombre de responsables politiques ont introduit des mesures et des contrôles. Ils avaient pour but de freiner cette flambée de leurs monnaies et de soutenir la compétitivité de leurs exportations. Aujourd’hui, la tolérance des politiques vis-à-vis d’une appréciation modérée de la monnaie et des flux de capitaux étrangers semble s’accroître, surtout dans les économies luttant toujours contre l’inflation comme la Turquie, la Russie et l’Inde. Mais il ne pourrait s’agir que d’un feu de paille. Les Brésiliens, notamment, se plaignent beaucoup des effets néfastes de toute nouvelle appréciation du real – déjà surévalué – sur un secteur des exportations en difficulté, ce qui alimente les anticipations d’intervention. Ainsi, une nouvelle guerre mondiale des changes pourrait avoir lieu.

PLUS DE GUERILLA EN SUIVANT :

Par ailleurs, les traders actifs sur le marché des changes ont le choix des monnaies de financement en 2012. La Fed s’est engagée à maintenir une politique très souple jusqu’en 2014 et devrait démarrer un troisième programme d’assouplissement quantitatif (AQ). La Bank of England a, elle, réenclenché son programme d’AQ. La Banque nationale suisse (BNS) a abaissé ses taux à un zéro historique et fixé la parité euro contre franc, qui ne peut pas passer en dessous de 1,20. La deuxième vague de LTRO de la BCE, qui sera lancée le 29 février pour 1000 milliards d’euros, devrait à nouveau attirer les banques. Ces politiques claires ont entraîné une dépréciation des monnaies sous-jacentes et en font de parfaites cibles pour des opérations de portage (carry trade) à court terme.

Pour mémoire, le carry trade consiste en l’achat d’une monnaie offrant un taux d’intérêt élevé simultanément à la vente d’une monnaie à faible taux d’intérêt. Le carry trade devient profitable dès lors que l’investisseur encaisse la différence d’intérêt ou le spread entre les deux monnaies.

«Les monnaies de portage à rendement plus élevé sont encore, pour la plupart, celles des marchés émergents. Toutefois, en période de regain d’aversion au risque, ces stratégies comportent un risque de dévaluation rapide des monnaies à rendement élevé», relève le département Investment Advisory de Julius Bär. Qui recommande de recourir à ce type d’opération de manière diversifiée. «Actuellement, la lire turque, le real brésilien, le rouble et la roupie indienne offrent toujours les taux d’intérêt plus intéressants.»

En effet, les opérations de carry trade sont plus intéressantes en période de faible aversion au risque. Dans la mesure où ce type de transaction implique l’achat d’une devise qui paie un taux d’intérêt élevé et la vente d’une devise qui paie un faible taux d’intérêt, l’investisseur prend un risque lié à la capacité d’une économie à maintenir ou améliorer ses  performances  et sa capacité à rémunérer fortement les investisseurs.

source Le Temps/Agefi fev12

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