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Le Graphique du Jour : L’Avilissement sur 110 ans de la Monnaie Papier face à l’Or

Le Graphique du Jour : L’Avilissement sur 110 ans de la Monnaie Papier face à l’Or  

Source Zerohedge juin12

6 réponses »

  1. Mardi 26 Juin 2012 : Chut ! On parle de l’or

    Nous n’aimons pas parler de l’or. Pourquoi? Parce que, comme toutes les bonnes choses, elles perdent leur saveur quand on en abuse. Vous savez que nous méprisons l’or papier qui est un moyen pour les kleptos de contrôler le cours du métal, un moyen d’en vendre plus qu’il n’y en a, c’est à dire de contrôler son prix.

    L’or papier est une colossale vente à découvert du système bancaire et de ses complices du central banking, pour faire en sorte que la monnaie, l’argent, reste piégée dans les assets papiers, dans la sphère d’influence et de manipulation des démiurges qui croient gouverner.

    Pour être une véritable assurance, l’or doit être réservé à une minorité, nous ajouterions une minorité qui le mérite et est capable de l’aimer et de le comprendre. Les vertus de l’or ne peuvent être exposées sur la place publique, les exposer, c’est les affaiblir, sinon les tuer.

    Nous croyons à l’or, comme les alchimistes y croyaient, comme un symbole de quelque chose d’universel, comme la lumière, le soleil. L’or des alchimistes, c’est beaucoup plus que du métal jaune brillant, inaltérable, c’est l’objet d’une quête qui donne sens à une vie. Le processus alchimique est, en symbolique, le processus de transformation de ce qui est noir en l’homme, inconscient. En quelque chose qui voit la lumière, qui rayonne. Qui vient au grand jour, donc est susceptible d’échange.

    C’est par imbécilité et manque de culture, ou mépris de la culture, que des idiots ne voient dans l’or que ce qu’il est, et à partir de là, le dénigrent.
    Les analyses et intuitions des grands alchimistes rejoignent les grandes intuitions universelles des religions telles que l’accès de l’homme à la Lumière et au Verbe.

    Le processus alchimique était beaucoup moins un processus de chimie primaire qu’un travail de l’alchimiste sur lui-même, une découverte de soi, certains sont allés jusqu’à dire, une quête du Graal.
    C’est ce que nous pensons profondément. La quête de ce Graal, par la voie symbolique et par ces expériences physiques et initiatiques, est une sorte de processus de conquête de l’homme sur lui-même. Au cours du cheminement,
    l’homme advient, quelque chose lui est révélé. Révélé de lui et de l’humanité.
    L’âme humaine, déculturée, acculturée, niée par les torrents de matérialisme et de marchandises qui se déversent sur elle à notre époque, a perdu le sens du symbolique. Ou plus exactement, elle a perdu conscience de la connaissance symbolique qui l’unit au monde. Mais elle en conserve une connaissance inconsciente, un savoir en quelque sorte ignoré mais structurant.
    Et c’est pour cela, à cause de ces liaisons profondes, constitutives de notre psyché, que l’or est ce qu’il est et, en même temps, plus encore. Ce n’est pas un hasard s’il est associé à tout ce qui important dans notre vie, naissance, fiançailles, mariage, anniversaire. Il est symbole, il est un lien, il trace des ponts entre le passé, le présent et l’avenir.

    Les zozos du type Warren Buffett ou Soros, perdus dans le monde de l’accumulation de signes artefacts, ont perdu cet accès au symbolique, ils dénigrent le métal et apportent leur connivence aux démiurges des Banques Centrales et de beaucoup, pas tous, de gouvernements.
    Ces zozos sont du côté du Pouvoir, de ce Pouvoir qui corrompt, transforme, alchimie en sens inverse, l’or de l’activité humaine en marchandise qui sert de support à leurs prébendes et à leurs dominations.
    Le Pouvoir, ce n’est rien d’autre que celui d’imposer des équivalences, de dire
    cela, c’est égal à cela, cela vaut cela. Hélas, ou plutôt heureusement, il n’y a pas de Pouvoir absolu, nos zozos qui ont dit les subprimes, cela vaut AAA, cela vaut 100, se sont ridiculisés.
    Et ceux qui disent un dollar cela vaut cela, un euro cela vaut cela, une livre cela vaut cela, se ridiculiseront plus encore, car leur Pouvoir se heurte au Réel.

    Tenter de mesurer le prix de l’or, sa valeur à partir de ces juments monétaires, pas étalons car les monnaies font des petits, trop de petits, tenter de mesurer le prix de l’or avec ces instruments est une sottise sans nom.
    On mesure avec quelque chose qui ne varie pas, c’est avec l’or que l’on mesure la valeur des monnaies et pas l’inverse.
    On mesure la prégnance du Pouvoir sur les esprits, Pouvoir qui fait marcher sur la tête et impose aux hommes de penser faux.

    Reconnaitre le caractère universel, symbolique, de l’or n’implique nulle négation de l’homme, de ses activités, de ces capacités créatrices, de sa capacité de progrès, bien au contraire, car la noblesse de l’activité humaine est là, dans la reconnaissance de ce qu’il est, humble, mortel, soumis à la rareté.
    L’or symbolise au plus haut point les combats de l’homme contre la rareté, contre la finitude, contre la domination des tyrans. L’or est instrument de lutte contre les mensonges, les fausses promesses, les « demain on rase gratis », les free lunchs.

    • Bonsoir Bruno Bertez
      Je reprends ma respiration, j’étais en apnée en lisant votre texte, je me suis rapproché des grandes profondeurs, un peu comme le petit Jacques dans « le grand bleu », sans voir les dauphins, j’y ai ressenti tout ce que je ne pouvais dire et écrire.
      Merci du voyage, c’était fascinant.

    • Merci Mr Bertez de cet article remarquable. Quand je serais grand, j’aimerais avoir la moitié de votre profondeur et de votre culture. 🙂 En attendant, j’arrive à vous suivre, c’est déjà ça.

      En vous lisant, je me prenais à rêver à un échange épistolaire entre vous et Mr Gave sur la question de l’or. Il me semble que là serait la racine du point de séparation de vos réflexions respectives. Pensez-vous que ce soit de l’ordre du possible?

      • Bravo Mr Bertez pour cette méditation de type métaphysique. Toutefois il y a là une sorte d’artifice rhétorique sur le mode action-contemplation qui a des racines lointaines jusque dans la chrématistique d’Aristote, et qui se noue sur le pardoxe que vous évoquez, et qui peut d’ailleurs se dénouer d’une certaine manière:
        1. L’alchimiste n’est pas poussé à rechercher l’or. Il en fait le centre mystique de sa quête qui est une recherche métaphysique, comme vous l’avez très bien montré… Alors que l’économie pousse a chercher l’or lorsque la monnaie fléchit.
        2 Lorsque la recherche économique de l’or se fait à grande échelle, c’est que l’économie stagne et tourne au ralenti. A la limite si tout le monde cherchait de l’or au lieu d’investir dans les actions, l’économie s’arrêterait. Ce serait la dévaluation à grande échelle, suivie de la misère généralisée.
        3 Le recours à l’or est le réflexe même de la rente qui se protège. D’où la thèse de Bernanke sur le rôle de la thésaurisation française comme vecteur de la crise économique des années 30.
        Donc très bien pour l’alchimie et l’or; mais lorsque l’or entre dans l’économie il perd sa mesure métaphysique

        Pour terminer, évidemment s’opposent la contemplation et l’action. L’alchimiste était un contemplatif, il n’aurait pas été pour le rôle de l’or dans la spéculation économique. D’abord peut-être parce qu’à la renaissance l’or était la monnaie justement, et qu’on avait très peu compris (à l’exception de Bodel) que lui aussi, l’or comme monnaie pouvait se déprécier… alors qu’on s’enrichissait de plus en plus par le nouveau monde…
        Maintenant évidemment qu’il faut en revenir à une norme de type étalon-or pour que la spéculation ne dérive pas trop. Mais la contemplation est là-dedans une méprise.

        • @Kieffer

          Ne me prétez pas des idées ou des analyses qui ne sont pas les miennes, Je me pose une question : qu’est ce qui fait que l’or a une valeur universelle, valeur que l’on retrouve dans toutes civilisations et ce depuis fort fort longtemps.

          Ma reponse n’est abolument pas d’ordre économique ou physique ou chimique , ma reponse est que l’or est un symbole. Je parle de l’empreinte de l’or dans la psychée .

          Ce qui est inalterable , universel, ce n’est pas le metal ,c’est le symbole . ou encore autrement formulé, il semble que l’or fasse partie des archétypes constitutifs de l’ame humaine.

          Le developpement sur son role dans l’alchimie vise à montrer comment quelque chose d’intérieur, une quète intérieure non pas metaphysique mais ontologique pour certains et mystiques pour d’autres , peut se projeter et se manifester en une quète , en un processus extérieur.

          L’interprétation la plus elaborée de l’alchimie est qu’il s’agit là d’un processus comparable à la quète du Graal , un processus dans lequel l’alchimiste en fait se cherche lui mème, non pas n’importe comment mais en tant qu’individu faisant partie d’un grand tout. D’une unité cosmique.

          La quète alchimique est en quelque sorte le manifeste de quelque chose qui est inconscient. C’est parce que le symbole, l’archétype de l’or est enraciné dans l’inconscient que l’or est inaltérable.

          Le développement que vous faites est totalement étranger à ma reflexion, je ne suis pas dans l’économie ou la finance , je suis dans le sens,, ce que l’on peut approximativement formuler de la manière suivante : Qu’est ce que l’or représente pour qu’il soit universellement , historiquement, précieux. Je m’attaque à une question très compliquée qui est celle de la place de l’or en tant que sens, symbole, dans la tète des gens, et je me sers de l’alchimie pour extraire, par analogie ce qui est intérieur, caché et le porter au grand jour.

          Les démiurges qui fabriquent les fiat monnaies pour reprendre la terminologie gnostique ne pourront jamais rien contre l’or. il reprendra toujours son role, il refera toujours surface parce qu’étant gravé dans l’inconscient, structure ou point nodal de l’inconscient , là bas, ou ici, il est bien enfoui donc à l’abri de toute action qui se fixerait pour objectif de lui oter son pouvoir. Le statut de l’or dont je parle est aussi mystérieux que celui d’un autre grand mystere: le Verbe.

          De la mème facon que votre developpement ne vise pas l’or dont je parle, les paroles des demiurges comme Bernanke ne touchent pas l’or symbole. Bernanke , soi disant liberal, ne sait pas qu’il n’est qu’un pauvre materialiste pollué sans le savoir par les idées de Marx et des philospohes monistes, ma discussion s’inscrit radicalement hors de cet ordre, elle est dans ses fondements, spiritualiste, dualiste.

          Pour cloturer sur ce sujet qui pourrait lasser les lecteurs, je dirais que l’ordre séculier dans lequel sévit le pauvre Bernanke n’a aucune mesure, aucun rapport, aucun acces à l’ordre supérieur des secrets de l’ame humaine. Interrogez vous sur le role universel de l’or dans les domaines de la religion, de la mort ….et du Pouvoir.

          Je vous remercie de votre intéret.

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