Commentaire de Marché

Humeurs de Loups du Lundi 17 Septembre 2012 : Ah, ce DSK on l’adore!!!! par Bruno Bertez

Humeurs de Loups du Lundi  17 Septembre 2012 : Ah, ce DSK on l’adore!!!! par Bruno Bertez 

DSK refait surface. Au bras de Myriam, bien sûr. Mais pas seulement. Notre DSK est intervenu aussi à l’occasion d’une réunion organisée par le Yalta European Strategy Forum.  

   L’ancien pressenti-candidat à la Présidence de la République française a suggéré que  les pays les mieux notés et dont les taux d’intérêt de la dette sont très faibles, voire négatifs, « remettent au pot une partie de l’écart de taux » au profit d’autres en difficultés comme l’Espagne ou l’Italie. L’objectif de la proposition de DSK  serait de  ramener les taux d’intérêt à des niveaux raisonnables et de (permettre) retrouver le calme sur le marché de la dette. 

Cette mesure, au premier abord, fait penser à un retour masqué, avec des bretelles et des moustaches, des fameux eurobonds. A priori, il s’agirait d’une forme de mutualisation, une forme de répartition des avantages des uns au profit des autres qui en sont privés.  Il est évident qu’il faudrait passer du temps pour décortiquer une telle proposition sous tous ses aspects. 

Il n’est pas sûr cependant que cette proposition vaille le temps perdu. Pour deux raisons : 

  • La première est que si elle s’apparente vraiment à une mutualisation, les Allemands auront vite fait de l’analyser comme tel et donc s’y opposeront.
  • Le seconde est que la ristourne d’intérêt au profit de ce que l’on appelle les plus mal lotis mais qui sont en réalité les plus mal gérés, ne changera en fait strictement rien à leur solvabilité. Les ristournes d’intérêt représentent des masses de capitaux sans commune mesure avec les besoins de ces pays. 

La question centrale de la crise, c’est la solvabilité des pays surendettés. La perte d’accès aux marchés n’en est qu’une conséquence, un symptôme. Les eurobonds n’ont pas seulement un aspect « taux d’intérêt », ils ont un aspect « solvabilité ». Avec eux, les investisseurs sont sûrs de retrouver leur capital puisque ce serait la solvabilité de l’Allemagne qui se substituerait à celle, défaillante, des pays surendettés. 

DSK confond l’éventuelle possibilité d’accès aux marchés avec ce qui conditionne un vrai retour aux marchés, la solvabilité. 

Dans cette proposition, on voit mal enfin comment les pays mal gérés auraient une incitation quelconque à mettre en œuvre les politiques de redressement budgétaire nécessaires et les efforts qu’elles impliquent. 

Nous avons beaucoup d’admiration pour DSK. Nous pensons qu’il est très utile, et même indispensable dans nos sociétés. Il faut des DSK. Et cette utilité ne se situe surtout pas dans le domaine économique, mais dans le domaine politique au sens noble du terme.

 PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Sa fonction dans le système politique est de nous rappeler qu’après tout, nous ne sommes que des hommes et que pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Des êtres faillibles. Des êtres de désir, de failles et de faiblesses. Avec DSK, pas question de se laisser berner et d’admettre que nous ne sommes que de purs esprits, positifs, rationnels, bons pour le fascisme  et sa positivité débridée. DSK a eu une fonction de Révélation. Il a mis au grand jour, comme Wikileaks et beaucoup d’autres « whistleblowers » type Kerviel, que le monde est ce qu’il est et que, qui veut faire l’ange,  dixit Pascal, fait la bête.

 

DSK, Trierweiler, même combat, c’est la réintroduction des passions, de l’humain, dans la politique; DSK finalement, c’est lui le vrai, l’homme normal, ce n’est pas Hollande; lequel malheureux a déjà endossé le paletot de  Maître au-dessus de tout, qui sait tout et fait taire les voix discordantes, au besoin en faisant des abus de biens nationaux en cherchant un point de chute, prise illégale d’intérêt, pour la mère de ses enfants. 

DSK est là pour nous rappeler, nous empêcher d’occulter, le fait que le mal existe et qu’il est en chacun de nous. 

La fonction de fou utile ou de déviant utile de notre DSK est de démystifier le Pouvoir. 

Avec lui, on est sûr que le Pouvoir, ce sont des hommes comme vous et moi, pas mieux, peut-être un tout petit peu pire; en tous cas peut-être un peu plus pervers. 

Car le Pouvoir, qu’on l’admette ou non rend pervers, suscite des besoins «testostéronesques»  démesurés; confère le comportement de  notre ami Poutine en ce moment, qui, dit-on, pour satisfaire sa libido galopante, va jusqu’à se faire tirer et retendre afin d’être sûr d’être aimé par ses partenaires.

 DSK, Poutine, Berlusconi, sont des êtres sympathiques qui font plus pour la démocratie que tous les hiérarques bien-pensants qui occupent les sommets des Etats. Ils donnent à voir ce que les autres cachent. 

Ceux-là, au moins, montrent que nous ne sommes pas gouvernés par des êtres infaillibles, des Maîtres, mais par des hommes comme nous et que nous sommes, par conséquent, légitimes à les combattre. On  ne combat pas Dieu sur terre, mais on est validé à combattre des hommes de chair et de sang comme nous. Les De Gaulle, par exemple, ouvraient la voie à des tyrannies, puisque demi dieux, ils n’avaient pas de faiblesse, ils étaient au-dessus de nous, participant d’un autre monde. La tendance actuelle des journaux, même les médias MSM, mérite d’ailleurs d’être saluée, ils ne se contentent plus de fabriquer des idoles, ils ont maintenant le courage de les déboulonner. 

Tous ces gens, par leurs faiblesses et leurs insuffisances, donnent le feu vert à nos refus, à nos révoltes, à nos combats.

 Nous avons finalement beaucoup de sympathie pour cet homme qui a choisi, accepté, de se perdre socialement et politiquement pour satisfaire sa passion du sexe féminin. Au moins, avec lui, on ne risque pas l’apologie du mariage et des pratiques homosexuelles; au moins, on ne risque pas le monde Père-fouettard, l’ordre moral des peine -à-jouir de la rigueur et de l’écologie réunies. Notre DSK nous autorise à revendiquer, nous aussi, notre liberté. Notre liberté de vouloir vivre notre vie et non pas celle des Ayrault, Mélenchon et autres Copé et Fillon.

 DSK, c’est la brèche ouverte dans ce système du Maître, négation de la démocratie qui, au lieu de représenter le souverain, les hommes, prétend les modeler à son image; à son image, bien sûr, pas à ce qu’il est vraiment. A ce Pouvoir qui ose crier et ordonner : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Soyez humbles, baissez la tête, obéissez surtout, n’ayez ni désir de puissance, ni désir de richesse. On est là pour cela, à votre place et sur votre dos. 

Notre DSK vient de ressortir de ses résidences vacancières offertes par les tiers payants habituels du système et de déclarer: « les pays en bonne santé devraient rétrocéder aux pestiférés le bénéfice qu’ils font grâce aux taux d’intérêt plus bas dont ils jouissent ».  

C’est exactement ce que nous attendions de la part d’un être immoral, Raspoutine aux petits pieds: si vous êtes vertueux, vous ne devez pas toucher les fruits, les récompenses de votre vertu, non, vous devez les abandonner à ceux qui n’ont pas eu, qui n’ont pas la chance d’avoir votre vertu. 

Merci DSK de caricaturer et donc étaler le fond de la pensée de nos socialistes, socio-démo et autre répartiteurs. Venant de vous, les citoyens comprennent mieux; les gens comme vous ont une véritable vocation didactique.

BRUNO BERTEZ LeLundi 17 Septembre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON :  

6 réponses »

    • Il faut vraiment être naïf ou besogneux pour s’imaginer que DSK a été suspendu de ses fonctions en raison de ses amourettes tarifées… Lisez plutôt le compte-rendu de son procès aux States : son accusatrice a été payée pour le faire chanter. Il est bel et bien tombé à la suite d’une manipulation, disons d’un petit complot bien huilé. Car ce monsieur DSK n’était plus l’homme qu’il fallait à la tête du FMI (retrouver l’agenda du G20 juste après son éviction). On lui a préféré Lagarde, beaucoup plus sure et totalement assujettie aux intérêts des ses maîtres… qui ne sont pas gaulois…

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  1. DSK est un pervers, un petit pervers, rattrapé par sa petitesse…
    Avec lui on ne risque pas l’apologie du mariage homosexuel/pervers ? Qu’en savez vous ? Ils sont prêts à tout…
    De Draghi ou de DSK qui est le plus dangereux ?

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  2. Même en tentant de conserver votre verve coutumière, vous n’êtes ici plus drôle!
    DSK n’est qu’une sous m…. qui méprise les femmes au point de les traiter comme des quartiers de boucherie, et je ne vois là aucun sujet de réjouissante, à moins que de se confiner à l’âge des cavernes pour toujours soit réjouissant à vos yeux.
    Quant à ses positions déconnocrates, ou d’éconokrates comme vous préférez, rien de neuf ni de drôle, le Bernanke à fait mieux ces derniers jours dans l’humour à froid…dans le dos!
    S’il vous plait laissez les blagues gluantes à Dieudonné, et restez dans l’éco!

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  3. Mardi 18 Septembre 2012 : Toujours l’euro des élites

    Vous vous en doutiez mais cela est encore mieux en le précisant : Les élites ne se posent pas la question de savoir quelle est la meilleure politique pour les Peuples, les Gens , ou même les Nations, bref pour tout ce qui est concret, non, ils se posent la question de ce que l’on peut et doit faire pour sauver l’euro. D’ailleurs DSK ne se cache pas dans sont intervention au Yalta Forum, ce qu’il propose c’est pour empêcher, éviter l’explosion de l’euro. Nulle allusion à la croissance, à l’emploi, aux libertés, à la justice, ou même à la démocratie.
    Faites y attention maintenant chaque fois que vous lirez ou entendrez un article sur la crise, faites attention à ce qui apparait ou n’apparait pas, ce que l’on propose concerne t- il le sauvetage des kleptos, de leurs alliés, des politiciens qui ont attaché leurs noms à cette erreur ? Ou bien ce qui est proposé est-il en faveur du bien être des Peuples ?

    Vous serez surpris de ce que vous découvrirez. Vous constaterez que l’on ne parle que de sauver des abstractions sur le dos de ce qui existe concrètement, les Peuples, les Nations.

    Le journal allemand Die Zeit fait sa « une » ce jour sur un sondage qui lui, fait parler les Peuples. C’est un comble que la soi disante démocratie escamote, nie les Peuples, et que ce soient les sondages qui les réintroduisent.

    On y découvre que le soutien des Citoyens à l’euro est au plus bas historique.

    On y découvre que 49% des Allemands pensent qu’ils seraient mieux sans l’euro, 39% seulement pensant qu’ils sont mieux avec l’euro.

    On y découvre que 34% des Français seulement pensent qu’ils seraient mieux sans l’euro. Le retard des Français dans la prise de conscience est intéressant car il prouve le rôle des politiques, le role des corps intermédiaires, le role de l’obscurantisme entretenu par les medias dans la fabrication de l’opinion.

    En Allemagne le débat sur l’euro est éclairé par la Bundesbank, les Professeurs d’Université les partis politiques et bien sur une vraie presse. Ce n’est pas le cas en France ou à l’inverse, on a réussi à faire passer l’idée que la France était comme l’Espagne, l’Italie, dans le camp des pestiférés et les Français par conséquent croient que leur intérêt est d’être du coté des profiteurs.

    Les Français ne comprennent pas qu’on les tond pour sauver les Grecs, Espagnols, Italiens…etc… et que l’austérité et les prélèvements qu’on leur impose n’est pas destinée à bonifier leur situation mais à permettre de soutenir et garantir les dettes des pestiférés. Il faut être solvable parce que les Espagnols et les Italiens ne le sont pas. Cela les Français ne l’ont pas compris.

    La France a une situation réelle, appréciée par les marchés, qui ne nécessite, en elle même, aucun sacrifice. Ses taux courts et moyens ne sont pas en danger, avec de temps à autre, même, des taux négatifs.

    Les sacrifices que l’on impose aux Français sont uniquement justifiés par la solidarité c’est à dire l’agenda de l’Internationale Socialiste, les Socialistes et les Socio démos.

    Y a t il un politicien dans la salle?

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  4. Mardi 18 Septembre : un document de travail de la BDF passionnant.

    Pour les étudiants ou les passionnés d’économie qui refusent le café du commerce des TV et des politiciens, nous signalons un travail de recherche de très grande qualité publié par la Banque de France. Les auteurs Gilles Dufrenot et Karim Triki se sont penchés sur une longue période de l’histoire économique et financière et, chiffres à l’appui, ils s’interrogent sur les succès obtenus par la France en matière de réduction de poids de la dette dans le passé.

    Publié en Juillet, ce document est répertorié sous le numéro 386.

    http://www.banque-france.fr/economie-et-statistiques/la-recherche/documents-de-travail/document/386-1.html

    Vous y découvrirez une excellente description de l’histoire économique, financière et monétaire française.

    Les chapitres consacrés au décorticage des périodes inflationnistes sont passionnants; ils sont riches de réflexions et d’enseignements pour l’avenir. Car contrairement à ce que disent les gouvernements et les banquiers centraux, l’ histoire se répète, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

    Vous aurez également l’occasion de survoler les mutations institutionnelles qui ont gouverné le financement de l’état.

    A la lecture de ce document nous avons acquis la conviction, ou plus exactement nous avons renforcé nos convictions, à savoir que l’on ne lutte pas contre l’excès de dettes par l’austérité. L’histoire indique que les seules périodes où on a réussi à réduire le ratio de dette sont des périodes de croissance.

    Peut être que les gouvernants prendront le temps d’analyser ce travail, s’ils le font cela leur permettra de se rendre compte de l’absurdité qu’il y a à vouloir réduire le poids de la dette en misant sur l’austérité fiscale, en entretenant la morosité et l’incertitude.

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