Commentaire de Marché

L’Edito du Vendredi 23 Novembre 2012 : La France hait la démocratie par Bruno Bertez

L’Edito du Vendredi 23 Novembre 2012 :  La France hait la démocratie par Bruno Bertez

 Pour comprendre ce qui se passe en profondeur, sous la surface, derrière l’écume des choses, on ne peut faire l’économie d’une analyse de l’actualité. Pas pour s’en régaler, pas pour juger ou s’en contenter, mais pour  aller plus loin et voir ce qui reste systématiquement dissimulé. 

Pour nous, l’actualité, c’est le choix du Président de l’UMP.

 Nous soutenons que la procédure, le calendrier, la façon de poser et d’encadrer les débats,  sont déterminants pour l’avenir.

A quoi servent les majorités plurielles si les composantes ne sont pas autorisées à s’exprimer … à partager les prébendes, les voitures avec chauffeurs, les appartements de fonction ? 

C’est une  singulière conception de la démocratie que celle qui considère que la conquête du pouvoir doit être plurielle mais son exercice unifié, unilatéral et aligné. Chevènement avait tort quand il a déclaré « un ministre cela ferme sa gueule ou cela démissionne « 

Non, un ministre cela lutte pour défendre et imposer ce pourquoi le peuple le soutient, ce pour quoi il vote pour lui, ce pourquoi il lui fait crédit.

  • Première remarque: 

   La France a horreur de la démocratie. Sitôt qu’il y a discussion, divergence, incarnée -peut-il en être autrement?- par des luttes de personnes, on crie à la guerre des chefs, on vilipende.

Regardez ce qui s’est passé quand au sein du Parti gouvernemental, certains ont osé, fidèles à leurs convictions, défendre des idées et propositions différentes de celle de l’exécutif! On a crié haro sur les baudets, fait taire les voix discordantes. Les médias et les Français ont applaudi les rappels à l’ordre. 

Dans le cas présent du choix d’un Président pour l’UMP, n’est-il pas normal, sain pourtant,qu’avant que les candidats ne s’élancent dans le grand marathon de la prochaine présidentielle, une confrontation se déroule? Ne faut-il pas opposer les analyses, les diagnostics, les propositions, avant de s’installer sur la ligne départ? 

Ne faut-il pas  discuter, tout au moins, de la question de base: sur qui va-t-on  s’appuyer, quelles couches sociales peut-on fédérer, y a-t-il possibilité d’élaborer un projet unifiant et unificateur qui n’attrape pas les mouches avec du vinaigre et qui, en même temps, corresponde à  une solution aux problèmes du pays? Ne faut-il pas évoquer la question des alliances futures? 

Comment concilier le rejet accéléré de la politique de Hollande avec des propositions réellement constructives pour sortir de la crise, faire advenir une France plus adaptée, plus satisfaisante? Ne faut-il pas avoir l’ambition de recueillir le pouvoir, autrement que par défaut, par rejet des autres. Bref, comment concilier le règne de l’opinion court-termiste et guidée par les émotions avec un plan objectivement rigoureux et efficace pour traiter les problèmes réels, les problèmes vrais. 

Sitôt l’affrontement commencé, les voix s’élèvent pour le condamner, le stigmatiser, donc le refuser. On ne veut entendre qu’une seule voix, voir qu’une seule tête, le chef doit être de droit divin, illuminé par la Révélation, pas par le travail et la confrontation. Ce serait déchoir que d’élaborer, que de montrer le travail, la peine, le doute, qui président aux choix que l’on va proposer. Cela montrerait que, finalement, on peut se tromper, on peut faillir puisque l’on accepte la contradiction. Nous sommes à la racine du rapport des français au Pouvoir: il faut pour eux qu’il soit de droit divin. Comme nous le disons révélation.

Héritage de la religion et de la royauté réunis.

 PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

  • Seconde remarque: 

Le pouvoir culturel et médiatique des idées sociales-démocrates est tel que ce sont les adversaires de la Droite qui balisent le terrain de ses combats. L’arbitre des matchs au sein de la Droite, c’est le monde de Gauche. 

Un comble que personne ne relève ou analyse. La Droite et ses militants, tout comme ses électeurs, sont enfermés par la pseudo pensée de « goche » dans le thème de la droitisation. La question des commentateurs qui mettent en forme les débats est: qui est plus à droite que l’autre? Etant entendu,  bien sûr,  que ces mêmes commentateurs affirment qu’il y a une droitisation générale de la Droite. Diable que voilà un combat bien mené dont les arbitres sont… les adversaires! 

Le mot Droite est chargé de tellement de culpabilité, de connotions négatives, qu’il suffit de parler de droitisation, pour démoniser et même disqualifier. 

En fait, c’est le peuple politico-médiatique de Gauche qui s’octroie le pouvoir de désigner, son futur adversaire, celui qui lui convient le mieux comme validant ses propres idées, ses propres valeurs, ses propres thèmes. Car, que l’on ne s’y trompe pas, la pensée est tellement polluée que la Droite n’arrive pas à se situer, à élaborer par elle-même, elle ne se situe qu’en regard de celle que la Gauche impose. 

La référence de la pensée de Droite, c’est la pensée de Gauche. L’exemple le plus frappant étant la position sur la question des inégalités. L’autre exemple étant le corrolaire du diktat sur les inégalités, à savoir, la légitimité du monde politique à niveler, contrôler, taxer, rogner sans cesse sur les libertés individuelles. 

  • Troisième remarque: 

Nous sommes dans la plus totale mystification. Il n’y a pas plus de démocratie dans le choix d’un leader de parti  que dans le choix du Président de la République. 

Rien ne vient du bas, pour reprendre le thème de Raffarin. Raffarin déplore que la politique ne se préoccupe pas « des gens d’en bas »; il n’ose pas être radical. La vérité est que les représentants du peuple souverain sont… nommés d’en haut. 

Quand on vous propose un menu au restaurant, vous êtes capable de comprendre qu’en réalité vous n’êtes pas libre puisque vous devez choisir à l’intérieur de la liste que le patron vous propose. Et ce qu’il vous propose, c’est bien sûr, ce qui est dans son intérêt, le sien. Mais quand on aborde le mythe de la démocratie, tout se brouille, vous voulez croire que la démocratie, c’est bien, que vous êtes souverain, que c’est vous qui choisissez, mais, au fond de vous, vous savez que ce n’est pas vrai. Et d’ailleurs, dès la fin du rite électoral, vous le manifestez en descendant en flammes le candidat pour lequel vous avez voté. 

Les candidats des écuries présidentielles sont choisis par d’autres, selon des processus,des procédures, et en vertu de critères que vous ignorez. Plus le Pouvoir est proche de vous, et plus comprenez la mystification, elle vous est accessible. Ainsi vous comprenez que le maire est poussé par les intérêts dominants dans la commune; quelquefois, ces intérêts sont ceux des paysans, quelquefois ce sont ceux de l’hypermarché, quelquefois ce sont ceux de l’entreprise industrielle du coin, s’il en reste une… A Paris, ce sont encore d’autres intérêts qui sont en jeu… culturels? 

Ainsi, vous comprenez encore que vos députés ne sont pas les vôtres, mais ceux qui ont été reconnus, adoubés par le parti qui les a investis, la pitoyable comédie de Ségolène a beaucoup fait pour faciliter cette prise de conscience. Mais quand on arrive plus haut, là, vous perdez le fil, c’est trop loin, c’est hors de votre portée et vous préférez, plutôt que de ne rien voir, fermer les yeux et croire que vous avez le choix. Vous tenez à préserver le mythe de votre souveraineté, le sens de votre déplacement pour aller voter. 

Nous sommes désolés de vous dire que non  vous ne choisissez rien. Fabriquer un Président, c’est long, coûteux, c’est un investissement hors de votre portée. Un investissement que d’autres, eux, font. Un Président, cela ne tombe pas du ciel, cela résulte d’un processus. Un processus secret, soigneusement dissimulé, occulte. Ce sont des groupes, informels, difficiles à identifier, qui propulsent les individus considérés comme ayant des chances.

 Groupes pas forcément financiers ou industriels, pas forcément groupes de pensée, mais toujours d’influence. Ces groupes n’ont pas d’existence organisationnelle, nous sommes dans l’informel, dans les consultations à multiples niveaux avec réseaux de fondés de Pouvoirs, de missi dominici, de représentants, puis, de temps à autres, meetings discrets aux niveaux supérieurs, pour seulement, quand presque tout est décanté, que la discrétion est garantie, procéder aux réunions au sommet. 

Vous vous en doutez, mais vous n’arrivez pas à imaginer ce qu’il y a derrière une élection présidentielle, ce qu’il y a de besoins financiers, besoins de main d’œuvre dévouée. On a besoin de salles, d’informatique, de listings, de déplacements, de permanents, de matériel de propagande, de journalistes, de médias à la botte, de sondages, d’études de marché, de panels, de conseillers en communication, de services de sécurité, etc. et tout cela, très, très  longtemps avant l’échéance. Surtout maintenant, avec le nouvel échelon des primaires qui se généralise. 

Ce n’est absolument pas un hasard si on parle du candidat, comme d’un poulain, et de son équipe, comme d’une écurie. Il est amusant d’ailleurs que, symboliquement, les parrains de ces écuries politiques soient aussi, souvent, propriétaires d’écuries de chevaux de course!  Ou d’équipes de football, cela traduit quelque chose qui est à creuser. Mais ne vous y trompez pas, il n’y a pas que l’argent en jeu, nous avons connu des patrons d’écuries dont le point fort, les atouts, le capital, n’étaient pas l’argent , mais le Pouvoir, l’influence, le maillage. 

Une chose est sûre, ce n’est pas le capital intellectuel qui est dominant; on ne fabrique pas un candidat avec des idées. En France, ce n’est pas comme aux Etats-Unis, où les thinks tanks  alimentent la vie politique. Non. Les quelques pseudo think tanks français ne pensent pas, ils copient, ils transposent et rédigent. Ils n’ont aucun rôle moteur, propulseur, ce sont des auxiliaires. Ils ne font rien remonter du bas vers le haut. On ne part pas du réel, mais de ce que l’on veut justifier, démontrer et… servir. 

Nous avons dit, en débutant notre propos, que l’actualité forte, c’était l’affrontement des candidats au poste de Président de l’UMP.  Bien entendu, vous avez compris que c’était un piège et que nous allions, comme à notre accoutumée, chuter sur une dernière pirouette. C’est vrai, l’actualité, ce n’est pas seulement le combat pour le contrôle de l’UMP, c’est aussi l’audition de Nicolas Sarkozy, son nouveau statut de témoin assisté dans l’affaire Bettencourt. 

Vous avez compris que c’est précisément la même actualité! Sous deux modes d’apparaître différents, l’actualité est une. On parle de la même chose. d’un côté l’analyse intellectuelle, plutôt historique que théorique et, de l’autre, les travaux pratiques, la mise en application, l’exemplification dans le réel. Désignation des chefs et financement politique, même combat

BRUNO BERTEZ Le Vendredi 23 Novembre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

EDITO PRECEDENT : L’Edito du Lundi 18 Novembre 2012 : Derrière le fiscal cliff, l’ombre menaçante de l’échec …par Bruno Bertez

EN BANDE SON :

EN COMPLEMENT :  Politique Friction du Samedi 24 Novembre 2012 : Toujours et encore sur la démocratie par Bruno Bertez

 Les deux affaires en cours devraient susciter  de vifs débats sur la vie politique, la démocratie et même le mode de sélection des élites en France.

Les deux affaires en cours, ce sont, bien entendu, l’une la désignation du président de l’UMP, l’autre l’audition de Sarkozy et son statut de témoin assisté.

On devrait même rajouter une troisième actualité, déjà oubliée, celle de la remise du Rapport de la Commission Jospin sur la Rénovation de la Vie Politique et la Déontologie.

En passant vous remarquez que l’on a utilisé le mot, rénovation, chargé de connotation positive, et que l’on escamote l’éthique, la moralisation pour parler crument. Ainsi le travail couteux de la Commission Jospin ressemble plus à celui de Balladur en 2000. Ses objectifs deviennent moins sulfureux, dangereux pour la classe politique, nous allions dire profession politique.

EN LIEN :  Le RAPPORT DE LA COMMISSION JOSPIN

 Puisque l’on escamote la morale, l’éthique, la déontologie, réintroduisons la. Nous rappelons que la moralisation de la vie politique est un problème constant, récurrent, et que bien sur il n’a jamais été traité, comme il se doit. A- t- on déjà vu des médecins réformer le Conseil de l’Ordre? Non bien sur. 

D’abord une évidence. Quand un dirigeant nomme une Commission, déjà les dés sont jetés, biaisés. Pourquoi ? Parce que le fait de nommer une Commission c’est déjà dégager en touche, mais surtout par ce que l’on nomme à la tète de la Commission quelqu’un dont on connait les idées. 

On comprend que Jospin ait été choisi, pourquoi ne pas être audacieux dans un autre domaine et nommer sa femme Agacinsky , philosophe qui pense sinon bien, du moins assez juste grâce à son ex- proximité avec Derrida, à la tète d’une commission sur le mariage homo et l’homoparentalité.? Chiche! 

Ensuite, le vrai problème à traiter est un problème d’en bas et non d’en haut; Les Français se détournent de la démocratie on le voit dans les votes, on le voit dans les enquêtes. Ils sont sans illusion et le fameux « tous pourris », les terribles « la démocratie c’est cause toujours », toutes ces exclamations se généralisent, gagnent, infectent la vie sociale. 

A un point tel que le soutien à ceux que le peuple désigne ne dure maintenant que quelques semaines. Cela nous fait penser à cette médaille de Jean d’Ormesson, mais on nous corrigera s’il vous plait, les Français aiment tellement le changement qu’ils pratiquent l’alternance simultanée. 

Quand nous regardons les conclusions des uns et des autres, examinons les propositions, nous nous apercevons que rien, absolument rien, ne va dans la bonne direction afin de redonner un sens au système politique. 

Le problème de la démocratie est structurel, c’est un système qui a beaucoup de défauts, déjà dans ses fondements, mais  surtout qui en a acquis de plus en plus au fur et à mesure de l’évolution sociale, des progrès de la communication, de l’influence de la propagande, de l’argent, etc.. . 

Parmi les évidences de tous temps il est de rigueur d’empêcher la professionnalisation de la politique. La politique doit cesser de pouvoir être un métier. 

La question du mensonge, de la tromperie des électeurs doit être examinée. La pratique du mensonge, des promesses dolosives, des omissions volontaires, des escamotages, des mystifications doit être battue en brèche. Elle ne peut l’être réglementairement, elle peut l’être par le développement de certains corps intermédiaires, la montée en puissance de contre-paroles et contre-pouvoirs. Jospin parle d’Autorité, de déontologie de la Vie Publique.

Cela peut être intéressant à condition que l’on dépasse le stade de la forme et que l’on aille au fond, à l’esprit. 

Parmi les musts, nous plaçons, pèle mêle : Le doublement des peines en toute matière de faute et délit financiers pour les élus et fonctionnaires, l’interdiction des pantouflages, tourniquets entre le Public et le Privé, le séquestre des biens de élus à par partir d’un certain niveau de responsabilité, la déclaration solennelle sur l’honneur des biens et des revenus des élus avec sanction en cas de parjure, comme aux états Unis, la limitation des frais de campagne électorales et leur contrôle effectif et non cosmétique? Création d’un vrai compte transparent de campagne, ou toute dépense et tout recette doit être inscrite avec les bénéficiaires et les origines ultimes, l’interdiction de ce que l’on appelle les échanges marchandises, prestations non chiffrées, suppression du scandaleux système des investitures, suppression du système des accréditations politiques pour les journalistes… 

Quand on aura fait la moitié de cela, on se sentira déjà mieux!

BRUNO BERTEZ Le Samedi 24 Novembre 2012

llustrations et mise en page by THE WOLF

9 réponses »

  1. Votre tableau de « L’envahissement » de la droite par des idées de gauche a sa part de vérité, mais vous ne pouvez nier que la faiblesse idéologique de la droite n’est pas loin de celle de la gauche, si l’on ne retient pas les conneries du FN ou du Tea Party.
    La gauche et la droite sont mauvaises quand l’adversaire n’a rien dans la tête – Pour la droite, c’est vrai depuis le départ de de Gaulle – Pour la gauche, c’est depuis un loupage du Bad Godesberg français –

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr/

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  2. Quand on est élu avec 98 voix d’avance et qu’on se rend compte qu’on a oublié 1300 votes qui donneraient finalement 26 voix d’avance à votre adversaire on se retire. On demande au minimum à ce que le vote soit refait. Ce qui est clair dans cette histoire c’est que M Copé n’aime pas la démocratie. Ajoutez à cela sa bande de charcutières, Rosso-Deborde, Morano et Dati et vous avez la lie du parti au pouvoir sans la moindre légitimité. Navrant. Tout ceci va avoir de lourdes conséquences…Des personnalités de qualité émergent. Je pense à Philippot du FN ou à Dupont-Aignan qui vont tirer les marrons du feu.

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  3. cette « stérilisation » des pensées, ou être contre quand l’autre est pour est une évidente réalité !

    La gauche ou la droite commande des analyses de « ce qu’il faut faire », invariablement le rapport pourtant en grande partie lucide est tellement normalisé par ceux qui le commandent qu’il n’aboutit a……rien, ou presque. On sait depuis 20 ans que les systèmes administratifs français issus de lois sans cesse « patchées » (on met des rustines , on ne refonde pas la loi), agrémentées de multiples annexes et circulaires ne sert personne en fin de compte, ni ceux qu’elles doivent défendre ni le gouvernement, etc. et cela crée un surcroit de fonctionnaires…..fait on quelque chose ?

    Dès que l’on veut y toucher c’est haro sur les réformateurs parce que les gouvernements font croire et répètent a tous propos que la France a la meilleure sécurité sociale, le meilleur ceci, la meilleure cela…… – Cela sert bien les gouvernement de rendre « le bas » inapte à toute envie de modifications.

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  4. Samedi 24 Novembre 2012 : Toujours et encore sur la démocratie

    Les deux affaires en cours devraient susciter de vifs débats sur la vie politique, la démocratie et même le mode de sélection des élites en France.
    Les deux affaires en cours, ce sont, bien entendu, l’une la désignation du président de l’UMP, l’autre l’audition de Sarkozy et son statut de témoin assisté.
    On devrait même rajouter une troisième actualité, déjà oubliée, celle de la remise du Rapport de la Commission Jospin sur la Rénovation de la Vie Politique et la Déontologie.
    En passant vous remarquez que l’on a utilisé le mot, rénovation, chargé de connotation positive, et que l’on escamote l’éthique, la moralisation pour parler crument. Ainsi le travail couteux de la Commission Jospin ressemble plus à celui de Balladur en 2000. Ses objectifs deviennent moins sulfureux, dangereux pour la classe politique, nous allions dire profession politique.

    Puisque l’on escamote la morale, l’éthique, la déontologie, réintroduisons la. Nous rappelons que la moralisation de la vie politique est un problème constant, récurrent, et que bien sur il n’a jamais été traité, comme il se doit. A- t- on déjà vu des médecins réformer le Conseil de l’Ordre? Non bien sur.

    D’abord une évidence. Quand un dirigeant nomme une Commission, déjà les dés sont jetés, biaisés. Pourquoi ? Parce que le fait de nommer une Commission c’est déjà dégager en touche, mais surtout par ce que l’on nomme à la tète de la Commission quelqu’un dont on connait les idées.

    On comprend que Jospin ait été choisi, pourquoi ne pas être audacieux dans un autre domaine et nommer sa femme Agacinsky , philosophe qui pense sinon bien, du moins assez juste grâce à son ex- proximité avec Derrida, à la tète d’une commission sur le mariage homo et l’homoparentalité.? Chiche!

    Ensuite, le vrai problème à traiter est un problème d’en bas et non d’en haut; Les Français se détournent de la démocratie on le voit dans les votes, on le voit dans les enquêtes. Ils sont sans illusion et le fameux « tous pourris », les terribles « la démocratie c’est cause toujours », toutes ces exclamations se généralisent, gagnent, infectent la vie sociale.

    A un point tel que le soutien à ceux que le peuple désigne ne dure maintenant que quelques semaines. Cela nous fait penser à cette médaille de Jean d’Ormesson, mais on nous corrigera s’il vous plait, les Français aiment tellement le changement qu’ils pratiquent l’alternance simultanée.

    Quand nous regardons les conclusions des uns et des autres, examinons les propositions, nous nous apercevons que rien, absolument rien, ne va dans la bonne direction afin de redonner un sens au système politique.

    Le problème de la démocratie est structurel, c’est un système qui a beaucoup de défauts, déjà dans ses fondements, mais surtout qui en a acquis de plus en plus au fur et à mesure de l’évolution sociale, des progrès de la communication, de l’influence de la propagande, de l’argent, etc.. .

    Parmi les évidences de tous temps il est de rigueur d’empêcher la professionnalisation de la politique. La politique doit cesser de pouvoir être un métier.

    La question du mensonge, de la tromperie des électeurs doit être examinée. La pratique du mensonge, des promesses dolosives, des omissions volontaires, des escamotages, des mystifications doit être battue en brèche. Elle ne peut l’être réglementairement, elle peut l’être par le développement de certains corps intermédiaires, la montée en puissance de contre-paroles et contre-pouvoirs. Jospin parle d’Autorité, de déontologie de la Vie Publique.
    Cela peut être intéressant à condition que l’on dépasse le stade de la forme et que l’on aille au fond, à l’esprit.

    Parmi les musts, nous plaçons, pèle mêle : Le doublement des peines en toute matière de faute et délit financiers pour les élus et fonctionnaires, l’interdiction des pantouflages, tourniquets entre le Public et le Privé, le séquestre des biens de élus à par partir d’un certain niveau de responsabilité, la déclaration solennelle sur l’honneur des biens et des revenus des élus avec sanction en cas de parjure, comme aux états Unis, la limitation des frais de campagne électorales et leur contrôle effectif et non cosmétique? Création d’un vrai compte transparent de campagne, ou toute dépense et tout recette doit être inscrite avec les bénéficiaires et les origines ultimes, l’interdiction de ce que l’on appelle les échanges marchandises, prestations non chiffrées, suppression du scandaleux système des investitures, suppression du système des accréditations politiques pour les journalistes…

    Quand on aura fait la moitié de cela, on se sentira déjà mieux!

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  5. le drame de la France depuis Louis XIV est son arrogance,à force de tout inventer et mieux faire elle laisse passer tant d’occasions…navrant,la dispute éternelle(comme les Gaulois face aux Romains) à commencer lors des « tables rondes »à la TV où tout le monde parle simultanement n’en sont qu’un exemple, la rigidité des soi disant droits acquis,qui sont là pour toujours sans adaptation possible selon les circonstances en sont un second(voir les ridicules 45 heures).Comment alors développer exportations et renouveau industriel?J.A.Cramer

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  6. Bonjour,

    Analyse oh combien pertinente. Comment ne pas souscrire à l’une ou l’autre de vos conclusions. La réalité de ce pays est des plus prosaïque. Alors que notre pays, en dépit de son histoire et de ses richesses tombe dans un gouffre sans fond (au plan économique, culturel ou politique), quand il ne se décompose tout simplement pas, les citoyens que nous sommes sommes les spectateurs obligés d’un théâtre d’ombre, ou bien sommes simplement contenus dans une caverne comme Platon l’a si bien dit (http://fr.wikipedia.org/wiki/Allégorie_de_la_caverne), où l-insigne faiblesse et la vacuité du texte le disputent à l’inconsistance et la petitesse des acteurs. La différence majeure est que, et Internet n’est pas pour rien dans cette évolution ou révolution, que nous nous doutons au minimum, quand nous ne le savons pas, que la réalité est autre d’où ce décalage entre le discours politique traditionnel et la vie réelle. Pour ma part, la véritable opposition qui règne dans notre pays réside bien moins entre une droite confite et une gauche vermoulue qui ne sont, in fine, que les deux faces d’une même pièce ou, mieux, qui font partie du même anneau de Moebius (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ruban_de_Möbius) que dans une opposition entre un conservatisme étroit et étouffant, la sociale-démocratie, et un progressisme (par opposition avec le conservatisme dans sa conception la plus étroite) qui a pour nom libéralisme. Tant que le pseudo-débat tournera autour de la conception rétrograde et imbécile du Droite-Gauche actuel, rien de bon ne pourra sortir pour la société et le dégoût de la chose publique ira croissant alors que la vote blanc est en passe, enfin, d’être reconnu (http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121122.FAP6173/le-vote-blanc-aux-elections-reconnu-par-l-assemblee.html).

    Bonne journée

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  7. Dimanche 25 Novembre: Le mal de la Droite vient de loin

    Déjà, au début des années 1900 , Gustave Le Bon écrivait dans
    « Psychologie du Socialisme »:

    « Sous l’influence inconsciente des socialistes, la classe dirigeante a perdu toute confiance dans la justesse de sa cause. Elle recule de plus en plus et plus elle recule, plus elle abandonne de terrain, plus les socialistes les méprisent. Ces derniers ne seront satisfaits que lorsqu’ils auront dépouillés leurs adversaires, aussi bien de leur vie que de leur fortune.

    Comme du Mont Blanc, on devrait lire du Le Bon plus souvent.

    La question que soulève Le Bon est intéressante. Quel est le mécanisme qui fait que systématiquement la Droite abandonne tout à son adversaire. Par quel processus social et psychologique la Droite politique abandonne t elle?

    Au plan psychologique, il y a de la culpabilité la dedans, cela parait évident.

    L’une de nos idées est que le capitalisme ne sait pas assez faire son ménage; il laisse trop le champ libre aux brebis galeuses qui en fait ne sont pas capitalistes, pas producteurs, mais sont surtout des profiteurs. Et quand on est profiteur, on ne se sent pas très légitime, donc on ne sait se défendre face aux arguments socialistes.

    Un capitalisme qui fait du gras, ou qui devient financier klepto ou rentier est plus tenté de se laisser culpabiliser qu’un capitalisme de chef d’entreprise ou de capitaine d’industrie. En quelque sorte la version soft du capitalisme, le keynésien par exemple qui gomme les risques, produit des élites économiques qui n’en sont pas, et qui à ce titre sont prêtes à rendre les armes et plus s’il le faut aux adversaires socialistes.

    Il faudrait réfléchir sur cette question de la bonne ou mauvaise conscience.

    On aurait tort me semble t il de ne pas tenir du fait que, de l’intérieur, le capitalisme se mine. Et ce phénomène n’a rien à voir avec les contradictions du système capitaliste, avec ses faiblesses intrinsèques, cela a à voir avec l’absence de discipline provoquée par les dérives monétaires.

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  8. Sarko=Flamby ?
    Oui, aussi faux cul l’un que l’autre .
    Vous vous rappelez du recourt collectif en justice à la Sarko ?
    Une association gagne un procès contre un gros spoliateur.Ensuite, chaque client doit faire un procès en son nom propre pour se faire indemniser…
    Jospin avec le vote blanc, on compte les votes blancs.Mais le résultat final est exprimé comme avant (sans les blancs et sans les jaunes qui s’abstiennent pour les %).Ce qui fait que Sarko l’agité peut toujours dire qu’il avait la légitimité >50% des français.Flamby n’a aura aucun soucis de légitimité non plus même avec les abstentions massives à venir…
    Le vote blanc continuera à être complètement inutile !!!
    Pour renvoyer son mépris à ces politicards, autant rester chez soi , comme avant la « révolutionnaire » proposition de Jospin.Encore un nom à graver au Panthéon de la démocratie.

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