Etats-Unis

Les banques centrales – encore d’autres empereurs tout nus.

Les banques centrales – encore d’autres empereurs tout nus.

La semaine dernière, la Banque d’Angleterre (BoE) a publié son Rapport sur l’Inflation en faisant part de ses prévisions économiques très moroses pour l’Angleterre. Son rapport n’entrevoit guère de signe de reprise durant sa période de prévision mais anticipe une inflation toujours supérieure à son objectif de 2 %. A prix constants, l’économie britannique ne retrouvera pas son niveau de 2008 avant2015 selon ces mêmes prévisions. On retrouverait ainsi les proportions bibliques, sept annéesde vaches maigres succédant à sept années de vaches grasses.

Avec l’art de la litote typiquement britannique, le gouverneur de la BoE a qualifié la situation de« combinaison guère attrayante entre une reprise modérée et une inflation supérieure à l’objectif pour une période indéterminée ». Votre auteur aurait plutôt tendance à exagérer la situation, l’économie du Royaume-Uni risquant de se contracter une fois de plus au quatrième trimestre. Mais le paradoxe qui trouble tant les dirigeants politiques porte sur le taux de croissance de la productivité et donc sur le taux de croissance potentiel de l’économie britannique. Plusieurs analyses du sell-side suggèrent que les capacités disponibles sont proches de zéro au Royaume-Uni malgré un taux de chômage de 7,8 %. Si tel est le cas, cela pourrait expliquer pourquoi le Royaume-Uni subit des pressions inflationnistes en dépit de mauvaises statistiques de croissance. D’autres suggèrent que le taux de croissance actuel de l’économie britannique est proche de zéro, si bien que l’écart de production serait bien plus faible que ce que laisserait penser le niveau du taux de chômage. Si tel est le cas, leRoyaume-Uni subirait alors une stagflation – sans être de la même ampleur que dans les années 1970 mais une combinaison guère attrayante entre inflation et stagnation.

Notre lecteur ordinaire ne s’intéresse probablement guère au cas du Royaume-Uni. Mais cela constitue un bon cas d’école des politiques monétaires mises en oeuvre dans les laboratoires des banques centrales dans le monde entier. Le cas du Royaume-Uni et les derniers commentaires suggérant que les Etats-Unis se demandent s’il faut assouplir encore une fois leur politique monétaire sont autant de signes avant-coureurs qui pourraient laisser craindre que les politiques monétaires non conventionnelles ne fonctionnent pas. Lors de notre dernier séminaire trisannuel, nous avons discuté de la politique monétaire et du fait qu’elle semble à court de munitions. Si nos conclusions n’ont pas été extrêmement pessimistes, nous restons néanmoins préoccupés par le fait que les investisseurs pourraient s’inquiéter d’une politique monétaire qu’ils jugent inefficace. Bien qu’il n’y ait pas de limites théoriques à l’expansion du bilan d’une banque centrale, il y a en revanche des limites pratiques, politiques et institutionnelles susceptibles de contraindre ses dirigeants, comme le Président de la Fed l’avait fait remarquer dans son ouvrage académique au début des années 2000.

Source JP Morgan Nov12

1 réponse »

  1. En décembre 2010, la BCE avait racheté 72 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries : Grèce, Irlande, Portugal. Jean-Claude Trichet a eu peur que ces trois pays européens en faillite soient incapables de rembourser. Jean-Claude Trichet a donc voulu couvrir les pertes subies par la BCE en cas de défaut de paiement d’un de ces trois pays.

    Concrètement : Jean-Claude Trichet a demandé aux actionnaires de la BCE de recapitaliser la BCE en urgence. Les 16 banques centrales nationales ont été obligées de recapitaliser la BCE de 5 milliards d’euros en urgence.

    En clair : les contribuables de la zone euro ont été obligés de payer 5 milliards d’euros pour recapitaliser la BCE. Le capital de la BCE n’était que de 5,76 milliards d’euros. Après la recapitalisation de décembre 2010, le capital de la BCE est passé à 10,76 milliards d’euros.

    Non, la force de frappe de la BCE N’est PAS illimitée.

    En réalité, la force de frappe de la BCE dépend des banques centrales nationales, c’est- à-dire des contribuables européens, qui sont obligés de recapitaliser la BCE au fur et à mesure qu’elle rachète des obligations d’Etat pourries.

    Lundi 20 décembre 2010 :

    Le contribuable à la rescousse de sa banque centrale.

    Ce n’est qu’une phrase dans la déclaration finale des chefs d’Etat de la zone euro lors du Conseil européen de vendredi 17 décembre 2010. Mais elle pourrait peser plusieurs milliards d’euros dans les comptes publics des seize Etats de la monnaie unique. Ces dirigeants européens déclarent en effet « être déterminés à garantir l’indépendance financière des banques centrales de l’Eurosystème », c’est-à-dire de la Banque centrale européenne (BCE) et des seize banques centrales nationales des pays ayant adopté l’euro, à l’instar de la Banque de France.

    Cela rappelle que les contribuables des Etats membres doivent renflouer la banque centrale de leur pays (par exemple les contribuables français pour la Banque de France) si elle n’était plus suffisamment capitalisée pour continuer sa mission.

    Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris soin de faire répéter cette obligation aux chefs d’Etat lors du dîner de jeudi 16 décembre 2010. Le matin même, il avait acté avec ses homologues du Conseil des gouverneurs de la BCE le doublement du capital de la banque centrale européenne, grâce à une injection de 5 milliards d’euros venant des banques centrales nationales (711 millions d’euros pour la Banque de France).

    Jean-Claude Trichet s’inquiète de couvrir les pertes éventuelles qu’encourent la BCE et, par ricochet, les banques centrales nationales de la zone euro, si les obligations de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, qu’elles ont achetées pour 72 milliards d’euros depuis mai pour aider ces Etats membres, n’étaient pas remboursées.

    Aussi, la BCE a rappelé, dans un avis du 9 décembre 2010 à propos du doublement du capital de la Banque de France (« une opération comptable ne modifiant pas ses fonds propres », selon une source proche de l’établissement), que, « dans l’éventualité où le capital de la banque centrale nationale deviendrait inférieur à son capital statutaire, voire négatif, l’Etat membre concerné serait tenu de la pourvoir des fonds nécessaires dans un délai raisonnable afin de respecter le principe d’indépendance financière ».

    Dès lors, le contribuable paierait aussi cette note d’une faillite d’un Etat de la zone euro, comme la Grèce ou l’Irlande, jusqu’ici secouru par la BCE et ne pouvant plus rembourser ses emprunts.

    http://www.latribune.fr/journal/edition-du-2012/economie-international/1091163/le-contribuable-a-la-rescousse-de-sa-banque-centrale.html

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