Allemagne

On a lu, vu et entendu du Vendredi 18 Janvier 2012 : La longue pause allemande…

On a lu, vu et entendu du Vendredi 18 Janvier 2012 : La longue pause allemande..

Nous avons expliqué que de l’avis même des spécialistes allemands, les affaires européennes étaient mises au congélateur jusqu’à l’élection Allemande. Tout le monde y a intérêt. L’année 2013  est placée sous le signe du parapluie de la BCE et de la menace de son gros bazooka ce qui dissuade  les marché de  s’exciter. Les pestiférés dérapent tranquillement sans qu’aucune remarque ne leur soit faite, les balances target 2  ne croissent plus, les levées de fond des pays du sud sont couvertes. La spéculation et les hedge funds connaissent tout cela , et ils travaillent donc à l’abri, quasi à risque zéro.

Les élections allemands sont pour l’automne et en fait , tout est en place pour une victoire des conservateurs. Les allemands sont satisfaits de la façon dont Merkel gère la crise de l’euro et , pour l’instant le ralentissement économique ne « mord pas »  dans le moral du pays. 

Dans le dernier sondage Stern de cette semaine, les conservateurs de Merkel sont à 43% et le SPD de son rival désigné Steinbruck n’est qu’à 23%. Le SPD est dans ses plus bas historiques, malgré la chance qu’il a de ne pas être au pouvoir. Le leader désigné pour affronter Merkel , Steinbruck est à 18% contre 58% contre la Chancelière. 

La stratégie de Merkel a consisté à vider de tout contenu le programme du SPD, ce qui explique bien sur ses positions surprenantes sur les bail out à répétition, l’acceptation des dérives de la BCE. Cette dérive n’a pas couté cher à ce stade puisque le gros bazooka est resté au hangar, sa seule menace a suffi, pas besoin de dépenser quoi que ce soit! En fait le SPD  n’a pas de plan de rechange à partir du moment ou la Chancelière s’est comportée comme une bonne sociale-démocrate. 

Cette politique de Merkel a donné de bons résultats pour elle même, mais elle a détruit son allié, le  FDP, beaucoup plus libéral. Compte tenu du système politique allemand, les jeux ne sont pas encore faits, toutes les  formules de coalition de gouvernement sont encore possibles, y compris avec le SPD.  Ainsi, Steinbruck a été ministre des finances de Merkel de 2005  à 2009  lors du gouvernement de grande coalition CDU-SPD. Nous vous rappelons que Steinbruck est un orthodoxe en matière financière et budgétaire, économiste de qualité, obsédé fiscal. Il considère que les marchés doivent être mis au pas. 

Une chose nous parait sure, la situation réelle est instable en Europe, qu’il s’agisse de la réforme de l’Europe, de la question britannique ou de la tolérance à l’égard du regain de dérives des pays du sud ou de la France.

2 réponses »

  1. Vendredi 18 janvier 2013 :

    Jean-Claude Juncker a déclaré : Chypre est « un problème plus grave que la Grèce ».

    Lisez cet article :

    C’est Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, qui a mangé le morceau, peu avant Noël : ni les marchés ni la presse n’ont l’air de réaliser qu’un pays de la zone euro pose aujourd’hui «un problème plus grave que la Grèce», lâchait le Premier ministre luxembourgeois face à quelques journalistes. Ce problème, à son avis «sous-estimé», c’est Chypre, minuscule république comptant pour moins de 0,2% du PIB des Dix-Sept…

    Victime collatérale de la faillite de la Grèce, la petite île méditerranéenne appelle à l’aide depuis juin. Une affaire d’abord jugée bien anecdotique : qu’est-ce qu’une quinzaine de milliards d’euros face aux 400 milliards mobilisés pour le sauvetage grec ? «Chypre, ça n’a l’air de rien, et pourtant, c’est très compliqué», acquiesce à Berlin une source gouvernementale. D’ailleurs, sept mois après son appel au secours, aucun accord n’a pu être signé, jusqu’ici, entre le pays et la troïka des créanciers associant l’Europe, la BCE et le Fonds monétaire international.

    Mafia russe.

    Le «cas Nicosie» est épineux à deux titres. Sur le plan économique, le sauvetage des banques chypriotes – évalué à environ 9 milliards d’euros, selon l’audit encore confidentiel qui sera soumis lundi à l’Eurogroupe – est déjà voué à entrer dans les annales. Rapporté à la taille du pays, ce serait le deuxième plus gros du monde (50% du PIB), après le renflouement du secteur bancaire indonésien en 1997. Et en ajoutant l’aide de 7,5 milliards dont l’Etat a besoin pour boucler son budget et honorer le service de sa dette jusqu’en 2015, la facture pourrait dépasser… 92% de son PIB !

    Sur le plan politique, ensuite, le dossier chypriote constitue un cocktail explosif : calendrier électoral néfaste, mafia russe, évasion fiscale et blanchiment d’argent. A son entrée dans l’Union européenne (UE) en 2004, Chypre a beau avoir fait moult efforts de ravalement de façade, son image de paradis offshore est redevenue terriblement gênante. Surtout en Allemagne où, fin 2012, a «fuité» un rapport des services secrets fédéraux évaluant à 20 milliards d’euros les capitaux russes mis au chaud sur des comptes chypriotes.

    En campagne contre Angela Merkel, qui brigue un troisième mandat cet automne, la gauche et les Verts ont été les premiers à refuser que les contribuables allemands renflouent des banquiers présumés voyous. La CDU a dû emboîter le pas : «Nous exigeons la garantie que l’aide ira aux citoyens chypriotes et pas aux oligarques russes», réclamait ces jours-ci l’eurodéputé Markus Ferber.

    Pour d’autres pays, comme la France, l’Italie ou la Slovaquie, le problème est surtout le dumping fiscal. Durant les négociations d’adhésion, l’une des priorités de Bruxelles fut que Chypre abolisse son alléchant système offshore offrant un accueil discret aux capitaux étrangers, taxés à seulement 4,25%. Désormais, toutes les sociétés basées dans l’île sont soumises au même taux d’imposition de 10%. L’attrait de Chypre n’en a pas souffert, sa fiscalité restant la plus basse de la zone euro : sur ce territoire grand comme la Corrèze, sont aujourd’hui enregistrées 270 000 compagnies – deux fois plus qu’en 2005 -, dont bon nombre de holdings de multinationales. En visite à Nicosie cette semaine, le sénateur français Philippe Marini ne s’est pas privé de dire au ministre des Finances ce qu’il pensait d’un «impôt sur les sociétés à 10% dans un pays qui demande un renflouement de 17 milliards d’euros». La France, espère-t-il, saura conditionner son aide à la fin de ce dumping fiscal. Un chantage identique à celui que les Européens avaient tenté – en vain – envers Dublin (qui a sauvé son taux à 12,5%), quand ils avaient volé fin 2010 au secours des banques irlandaises.

    Nul doute que Chypre ne se laissera pas faire, vu l’importance économique de son activité de business center international. Quant aux accusations de lessiveuse d’argent sale, l’île a lancé la contre-offensive. Tous les ambassadeurs européens à Nicosie étaient conviés le 10 janvier au ministère des Finances à un exposé montrant que Chypre se conforme mieux que l’Allemagne, le Luxembourg ou l’Italie aux règles internationales antiblanchiment. La petite république bataille enfin pour ne pas payer trop cher ce plan de sauvetage, qui ferait grimper sa dette au niveau insoutenable de 140% du PIB.

    Potion amère.

    Si les banques chypriotes sont aux abois, c’est que la décote de la dette grecque leur a coûté plus de 4 milliards d’euros, plaide aussi Nicosie. Des circonstances atténuantes dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler. Que Chypre ne compte pas sur «des conditions particulières», a prévenu Angela Merkel. Ne resterait que la potion amère déjà préparée par la troïka, avec sa panoplie de privatisations et de coupes salariales. L’actuel président communiste, Demetris Christofias, s’y refuse mordicus. A Bruxelles, on ne compte donc plus résoudre le «cas Nicosie» avant mars : jouant la montre, la zone euro va laisser passer l’élection présidentielle des 17 et 24 février à Chypre. Et reprendre la négociation avec la droite, donnée gagnante par tous les sondages.

    http://www.liberation.fr/economie/2013/01/18/chypre-le-moucheron-qui-agace-l-europe_875130

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