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Nicolas Doze/BFM : La Grande-Bretagne quittera-t-elle l’Union européenne ?

Nicolas Doze/BFM: La Grande-Bretagne quittera-t-elle l’Union européenne ?

Le Royaume-Uni quitte l’UE… un scénario catastrophe pour la City Par Marc Roche, correspondant du «Monde»

A Londres, on ne parle plus que du référendum sur l’Europe, projet énoncé par David Cameron. La City s’inquiète profondément.

Qu’est-ce qui passionne la City en ce début 2013? L’Europe. Ah, le probable référendum sur l’adhésion britannique à l’Union, quelle affaire! Dans les clubs de Pall Mall aux profonds fauteuils de cuir comme dans les cafés branchés de Canary Wharf, il n’est plus d’autre sujet de conversation.

La BBC a imaginé les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni de l’Europe à l’issue de la victoire du non lors d’un référendum prévu en 2015. Après une période transitoire de cinq ans, en juillet 2020, le Royaume-Uni rompt toutes les attaches avec l’Union européenne. Fini les fardeaux de la politique agricole commune, de la pêche, de la Cour de justice européenne ou les oukases de la Commission. Du jour au lendemain, les PME d’Albion sont libérées du joug des directives communautaires. Des centaines de milliers de ressortissants est-européens quittent le pays, allégeant le budget du service de santé et des écoles. Le Trésor n’a plus à contribuer au budget communautaire. Le Royaume-Uni signe avec Bruxelles les mêmes types d’accords bilatéraux qu’ont conclus la Norvège ou la Suisse. La City devient un vrai centre offshore. Et tout va bien Madame la marquise, version anglaise…

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Ce cas de figure, Mark Boleat, responsable de la City Corporation, l’organisme de tutelle de la première place financière européenne, ne veut pas en entendre parler. «Le Royaume-Uni doit rester totalement engagé en Europe. Nous devons demeurer l’un des moteurs du marché unique des services financiers. Aspirer à devenir la Norvège ou la Suisse n’est pas sérieux.» Si, avec la crise économique au Royaume-Uni comme avec celle de la zone euro, l’europhobie profonde du public a resurgi, cette poussée de fièvre ne doit pas mettre en péril l’avenir de la City, l’une des institutions vitales de ce pays, assène notre interlocuteur.

Alors que la question européenne déchaîne à nouveau les passions, les milieux d’affaires sont enfin montés au créneau. «Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain», a averti le patron des patrons britanniques, John Crid­land.

La City redoute avant tout la réaction négative à un retrait des 160 institutions financières européennes installées dans le «square mile». Celles-ci représentent 17% des avoirs bancaires. En particulier, un rapatriement possible d’une partie de leurs activités à la demande de Bruxelles comme des gouvernements de l’Union donne des frissons aux seigneurs de l’argent.

Les transactions en euros, dont Londres est actuellement la première place traitante, sont les plus menacées. Siège de la Banque centrale européenne, Francfort est bien placée pour lui tailler des croupières. D’autant qu’à lire une récente étude du cabinet comptable Ernst & Young, cette année, l’Allemagne devrait devancer le Royaume-Uni comme destination favorite en Europe des investissements étrangers. C’est tout dire.

Surtout, comme en témoigne l’exemple suisse, Bruxelles serait à même d’imposer unilatéralement ses normes financières ou juridiques sur la City. Autre menace, l’effet sur la stratégie des banques asiatiques comme américaines, pour qui Londres est avant tout un tremplin vers le Vieux Continent. La fin de l’aventure communautaire risque de saper les atouts traditionnels de la capitale britannique.

Le Financial Times a bien senti le danger. Dans une chronique surprenante de la part d’un commentateur réputé pour son euroscepticisme, Gideon Rachman affirme que l’opinion britannique optera vraisemblablement pour la continuité: «Tout ce processus rappelle le référendum de 1975, où plus des deux tiers des Britanniques ont voté pour l’Europe. Même si les choses ont beaucoup changé depuis lors, le résultat final sera probablement similaire.»

L’une des raisons évoquées par notre confrère est que personne ne souhaite vraiment un tel schisme, ni le gouvernement britannique ni ses homologues européens, «avec l’exception possible de la France…». C’est bien sûr faux, mais le sniper du FT voué à la perte du coq gaulois préfère ignorer l’appui de Paris au maintien dans l’Union d’un grand partenaire comme le Royaume-Uni.

Mais, comme le disait le général de Gaulle à propos du référendum, «le peuple se prononce pour ou contre le gouvernement plutôt que sur la question posée». David Cameron ferait bien de s’inspirer de ce mot imparable de celui qui s’était opposé jusqu’au bout à l’adhésion du Royaume-Uni au Marché commun.

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