Déflation

Douce France : Le nombre de naufragés de l’immobilier s’accroît

Douce France : Le nombre de naufragés de l’immobilier s’accroît

La part des dettes immobilières augmente dans le surendettement.

Par le passé, certains ont pu emprunter sans apport et à longue durée. 

Largesse du crédit immobilier sur fond de hausse à deux chiffres du prix des logements : le cocktail des années d’expansion de l’immobilier a ruiné de nombreux emprunteurs en Espagne ou aux Etats-Unis. En France, la situation n’a jamais été aussi brutale, les banques étant réputées plus conservatrices dans l’attribution des prêts. Pourtant, le pays compte aussi ses naufragés de l’immobilier.

A lire les chiffres du surendettement de la Banque de France, le crédit immobilier pèse toujours plus dans les dossiers retenus par les commissions chargées d’aider les ménages à remettre leurs finances en ordre. En deux ans à peine (du premier trimestre 2011 au premier trimestre 2013), la hausse est sensible : le crédit immobilier est désormais présent dans 10,3 % des dossiers (contre 8,8 % deux ans plus tôt). Et l’encours moyen a lui aussi augmenté, de 96.800 euros par dossier en 2011 à 105,10 euros en 2013. Les dettes, dites de « charges courantes » – qui incluent les loyers – ont vu leur part progresser dans le surendettement. C’est donc le poste logement dans son ensemble qui pèse désormais plus lourd.

Facialement, il s’agit d’une conséquence de la loi Lagarde qui, depuis fin 2010, ouvre explicitement aux propriétaires l’accès aux procédures de surendettement. Mais l’évolution observée ici porte sur les années 2011 à 2013.

Cette tendance s’explique aussi par le poids relatif de la dette immobilière, qui augmente dans le temps. «  Fin 2004, le rapport entre les dettes immobilières et le crédit à la consommation était de 79 %, – 21 %. Fin 2011, la part de l’immobilier était passée à 85 % », explique un bon connaisseur du crédit. C’est la conséquence de la montée des prix de l’immobilier sur la dernière décennie, ainsi que du recul du crédit à la consommation.

Mais l’explication se trouve également dans les conditions d’octroi appliquées par les établissements, avec plus ou moins de sévérité, selon l’état du marché. «  Entre 2005 et 2007, puis en 2010-2011, il était possible d’emprunter sans aucun apport et sur des durées plus longues », rappelle-t-on chez Meilleurtaux.com. En cas de difficulté de remboursement, c’est alors la double peine : le montant du crédit est plus élevé, et comme la durée est relativement longue, le capital reste en grande partie à rembourser. Depuis 2012, les banques appliquent strictement la règle du « reste à vivre » (calcul des revenus à disposition des emprunteurs après paiement des dettes et charges courantes), exigent au moins l’apport des frais de notaires, et prêtent sur des durées plus courtes (maximum 25 ans).

Pour l’heure, cependant, le crédit à la consommation reste le premier pointé du doigt dans la lutte contre le surendettement. Le registre national du crédit (« fichier positif »), en cours de discussion au Parlement, ne devrait ainsi pas recenser les crédits immobiliers.

Par Edouard Lederer/Les Echos | 05/07

 http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202875089141-le-nombre-de-naufrages-de-l-immobilier-s-accroit-582925.php

1 réponse »

  1. Que n’entendons-nous pas dire autour de nous, des jeunes qui préfèrent acquérir un appartement plutôt que de payer un loyer et ne rien avoir au bout de tant de temps. Un mauvais calcul puisqu’un appart est un boulet qu’on ferre à notre cheville pour le reste de la vie.

    Que n’avais-je déjà point alerté mes proches que si ils n’avaient pas beaucoup de fric, de ne pas acquérir une maison ou un appartement fin des années 1980. Je voyais passer des terrains qui valaient 150.- le m2 un jour, et 450.- une semaine plus tard. Des soumissions qui ne rentraient pas parce que les entreprises avaient trop de travail. On adjugeait alors les travaux aux entreprises qui faisaient péter leur loi financière.

    Et la bulle immobilière claqua comme un ballon plastoc qu’on pique avec une aiguille.

    Aujourd’hui, rien n’est plus dangereux que d’acheter un appart avec peu de moyen…le taux hypothécaire n’a jamais été aussi bas…et lorsqu’il va reprendre des couleurs, ce seront d’autres qui vont devenir pâles!
    Gene

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