Argentine

Les Clefs pour comprendre du Lundi 8 Juillet 2013: Les crises, l’éternel retour par Bruno Bertez

Les Clefs pour comprendre du Lundi 8 Juillet 2013: Les crises, l’éternel retour par Bruno Bertez 

Il y a deux idées fortes que nous abordons régulièrement, mais nous voudrions y insister.

La première est que les crises font partie de l’histoire. On en trouve tout au long de l’histoire économique et politique, le progrès est jalonné de crises.

 

   Le schéma est toujours le même. Tout au long d’une période de développement, on accumule des « traces », des fardeaux qui, peu à peu, empêchent la marche en avant et font que le système se bloque. Presque toujours, ces traces, qui constituent la mémoire du système, se concrétisent dans un stock de dettes, un stock de promesses ou un stock de droits acquis. La fonction de la crise, car la crise, quoi qu’on en dise, a une fonction positive, est de remettre, sous cet aspect, les compteurs à zéro. Donc, première idée, les crises sont inéluctables et elles se répètent au fil de l’histoire. 

Seconde idée forte, l’enjeu des crises est de savoir quelles sont les classes sociales, quels sont les groupes qui vont s’en sortir indemnes, préserver leurs acquis et leurs privilèges et, face à eux, quels seront les groupes qui vont être ruinés, laminés, prolétarisés. 

Il est évident que le combat est là et c’est celui qui se déroule sous nos yeux. Les ultra-riches les politiciens et les bureaucrates qui ont le contrôle de l’Etat veulent laminer les plus faibles au nom d’un pseudo intérêt général dont ils se prétendent les détenteurs et les défenseurs.

 Seule la trahison des classes politiques soi-disant d’opposition, des syndicats, des médias et corps intermédiaires, des soi-disant intellectuels, seule la trahison de tous ces gens réunis dans leurs bassesses, permet effectivement le laminage de tous ceux qui le méritent le moins. Quand on vous parle de risque, n’oubliez jamais ceci : le risque c’est ce que l’on veut faire prendre à celui qui a le moins vocation à le supporter. 

Il faut donc étudier le passé et l’histoire, la géographie et ce qui se passe ailleurs. 

La comparaison avec l’Argentine est opportune. Quelles que soient les situations, les gouvernements et leurs alliés utilisent les mêmes méthodes. Est opportune également la référence avec ce qui s’est passé aux sortir des grandes guerres. Les classes dominantes s’en servent comme modèles ou canevas de réflexion.  

Il faut bien se rendre compte que malgré les apparentes originalités et malgré la spécificité de chaque crise, les problèmes à résoudre sont les mêmes :

            Comment résorber les liquidités excédentaires?

            Comment revenir à des taux d’intérêt normaux sans mettre en péril les banques et les Trésors Publics?

            Comment ponctionner les réserves des agents économiques qui en ont encore?

            Comment effacer les traces du passé qui se sont accumulées sous forme de dettes? 

La structure du problème est toujours la même car il s’agit de dépasser la terrible contradiction : comment détruire le passé, comment effacer les erreurs antérieures tout en conservant le (dés)ordre social et le système qui ont conduit aux crises. 

C’est pour cela que les alliances entre classes sociales dominantes, monde politique, Administration, ultra-riches, sont déterminantes. C’est pour cela que la propagande, le mensonge, les mystifications sont nécessaires pour tromper les classes dominées, les faire rester calmes et ensuite repartir, une fois spoliées, le nez dans le guidon, à l’assaut d’une nouvelle et illusoire prospérité.

BRUNO BERTEZ Le Lundi 8 Juillet Juillet 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

2 réponses »

  1. Dimanche 7 juillet 2013 :

    La BCE est impuissante à résoudre la crise de la zone euro. Merci, on avait remarqué.

    Lisez cet article :

    La BCE ne peut pas résoudre la crise de la zone euro (Jens Weidmann).

    « La Banque centrale européenne n’est pas en mesure de résoudre la crise de la zone euro », a déclaré dimanche le président de la Bundesbank Jens Weidmann lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône.

    Dans une allocution prononcée devant des économistes trois jours après la décision de la BCE d’annoncer un maintien des taux bas « pour une période prolongée », Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé que l’institution monétaire en avait déjà « fait beaucoup pour absorber les conséquences économiques de la crise. »

    « Mais elle ne peut pas résoudre la crise », a-t-il poursuivi.

    « Cela fait consensus au sein du conseil des gouverneurs. La crise trouve ses racines dans des problèmes structurels, elle nécessite donc des réponses structurelles. Pour permettre à la monnaie unique d’exprimer l’intégralité de son potentiel économique, il faut que des efforts soient déployés sur deux fronts, celui des réformes structurelles et sur celui de l’abolition absolue des garanties consenties aux banques et aux emprunts souverains. Nous devons faire en sorte que dans le cadre d’un système de contrôle national et de responsabilité nationale, il puisse être possible qu’un emprunt souverain fasse défaut sans menacer le système financier. »

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/reuters-00533969-la-bce-ne-peut-pas-resoudre-la-crise-de-la-zone-euro-weidmann-583547.php

    J'aime

  2. Avec les derniers spasmes de Chypre, du Portugal, de la Grèce, on avait oublié l’Italie.

    L’actualité de mardi vient de nous rappeler que l’Italie est en faillite.

    On avait presque fini par l’oublier.

    Mardi 9 juillet 2013 :

    Standard & Poor’s dégrade l’Italie à BBB.

    Standard & Poor’s a annoncé mardi avoir abaissé la note souveraine de l’Italie à BBB contre BBB+. La perspective de la note est négative, a précisé l’agence dans un communiqué.

    Jeudi 13 juin 2013 :

    La dette publique italienne, qui s’élèvera à 130% du PIB cette année, est la deuxième plus importante de la zone euro après celle la Grèce.

    http://www.capital.fr/bourse/actualites/l-italie-promet-de-maintenir-son-deficit-sous-la-barre-des-3-850984

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s