Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise

L’Edito du Dimanche 4 Aout 2013: Les marchés créent de la valeur, pas à Detroit! par Bruno Bertez

L’Edito du Dimanche 4 Aout 2013: Les marchés créent de la valeur, pas à Detroit! par Bruno Bertez

 

   Nous ne sommes évidemment pas les seuls à prétendre que les marchés financiers sont des pièges destinés à vous faire vous séparer de votre argent au profit des banques, des kleptos et des gouvernements. Beaucoup d’autres gestionnaires, économistes ou commentateurs pensent comme nous. Il faut cependant reconnaître que leurs rangs sont de plus en plus clairsemés. Il est difficile de tenir une position opposée au consensus car, comme disait un de nos vieux amis, financier, « il est difficile de pisser contre le vent, cela mouille les chaussures ».

La logique, pourtant, voudrait que plus on se rapproche de la fin, plus le camp des détracteurs de la politique actuelle devrait s’étoffer, puisque les vices qui ont conduit à la catastrophe sont magnifiés.

Le camp des Cassandre se réduit comme peau de chagrin.Comme le dit Bernanke à propos de la chute de l’or, « c’est parce qu’il y a de moins en moins de gens qui craignent une issue extrême ». Extrême au sens de fatale.

Tout en considérant que les marchés sont des pièges dont le public sortira, une fois de plus, grugé, nous ne nous rangeons pas dans le camp des Cassandre qui prédisent l’apocalypse pour demain.

Vousavez pu le remarquer. Pourquoi? 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT:

– Nous défendons l’idée que les Pouvoirs sont incapables de résoudre les problèmes que pose la situation présente ; mais, en même temps, nous affirmons qu’ils ont le pouvoir de reculer sans cesse l’inéluctable au prix d’une aggravation des souffrances futures. Les souffrances étant les vôtres, bien entendu, pas les leurs. Comme le disait Feldstein le 1er Juillet, il n’y a aucun moyen de sortir de la situation présente, il faudra que les investisseurs prennent des pertes, « plus le mouvement en cours durera et plus les pertes devront être importantes ». 

– Nous défendons l’idée que les fondamentalistes se trompent, ils utilisent une conception de la valeur des assets, actifs financiers, qui n’est plus valable depuis 30 ans et qui ne redeviendra valable qu’après la grande purge, la grande réconciliation entre la Sphère Financière  et la Sphère de l’économie réelle. 

On a séparé durablement l’ombre, c’est à dire le prix des actifs financiers, du corps, lequel corps est constitué de la production de richesses destinées à les honorer. Le prix des assets n’est pas le reflet, la manifestation de la valeur des choses, le prix est dirigé, volontariste, dans le but de déclencher un mouvement, une spirale, des comportements qui, espèrent les apprentissorciers, relancera la bicyclette de la croissance. Le prix des assets est, ce que l’on pourrait appeler, une incantation. 

On a séparé l’ombre du corps, disons-nous, on a rompu le lien entre les signes et le réel, entre la valeur dite fondamentale et le prix et on s’est accaparé le pouvoir de faire dire aux marchés ce que l’on veut qu’ils disent. 

A ce stade, les marchés n’expriment rien d’autre que les volontés, les souhaits, les plans des Maîtres du Monde. Tant qu’ils n’auront pas perdu le contrôle de leur funeste expérience, cela sera ainsi. Et toute personne qui se mettra en travers, qui osera défier la Fed, « fight the Fed » et ses vassaux sera balayée, ruinée, déclassée. 

Nous soutenons, en plus, que la valeur fondamentale n’existe pas. C’est un mythe, une survivance du passé. Ou plus exactement, c’est un horizon, une sorte de statue du commandeur, une sorte de régulateur caché, secret, inconscient. 

La valeur existe, mais à  titre de  logique enfouie du système. On ne peut promettre indéfiniment plus que l’on ne produit, donc il y a bien un régulateur final, une limite. Et cette limite, c’est la production de richesses réelles, c’est le travail direct et indirect emmagasiné dans les productions. Les plans d’austérité en cours constituent le meilleur exemple de l’existence de cette limite, de cette statue du commandeur. La vraie valeur des biens et services ne se donne pas à voir, mais elle agit, elle fait retour comme une vengeance, sous la dure forme de l’impasse, de la rareté. De la perte de confiance. 

Elle saute au visage des démiurges qui feignent de s’en moquer. Chassez le naturel, il revient au galop. Le naturel, ce sont les lois, les lois de la gravitation économique.  Le marginalisme, les théories des Autrichiens, celles de la relativité généralisée, sont à l’origine de cette séparation de l’ombre et du corps. L’esprit a fait chuter Dieu, les référents, et cet esprit est tellement aliéné qu’il croit à ses propres productions.Les fous croient à leurs délires, n’est-ce pas. Surtout quand ils les enrichissent. 

Depuis Say, on dit que la valeur des choses, ce n’est pas la valeur travail, ce n’est pas la valeur du travail, de l’investissement et de l’industrie qu’elles contiennent. Non, la valeur des choses, c’est le désir qu’elles suscitent. La valeur des biens et services est dans la tête, dans l’œil de celui qui les apprécie. On a séparé  l’ombre du corps, coupé l’arrimage, supprimé l’ancrage. La valeur, ce sont les gens comme l’Oréal et comparses, qui ont compris ce que c’était, suscitez le désir et vous augmenterez la valeur. La modernité, c’est cela. Si on crée une demande infinie, alors, on peut créer de la valeur à l’infini, même pour des biens et services totalement inutiles ou nuisibles.

C’est comme en Bourse, quand « ils » font monter les cours, ils croient qu’ils créent de la valeur, de la richesse! Dérive spiritualiste qui croit, névrose suprême aux produits de l’esprit, cet esprit magique qui habite les Bernanke, Draghi et autres usurpateurs. 

 

Il est fini, le bon vieux temps des besoins qui, eux, étaient ringards, vulgaires, bornés, limités. Bien entendu, toutes ces théories modernes ne marchent qu’un temps, on crée de la valeur à  l’infini… tant que l’on ne bute pas… sur la statue du commandeur, du surendettement, de l’inflation, du déficit extérieur… c’est à dire sur la rareté. 

Et nous soutenons que l’on n’a pas encore touché les limites, on peut aller plus loin, on peut déconnecter plus, tricher plus, tromper plus. La divergence entre la Sphère Financière et la Sphère Réelle peut encore béer, s’agrandir, beaucoup. Elle peut béer jusqu’au vertige. 

Après, d’accord, on verra. Mais ce n’est pas encore le moment. Il y a tellement de trucs, de subterfuges, qui n’ont pas été utilisés et qui sont là, en attente dans la panoplie de nos enfumeurs Maîtres du Monde. 

Il n’y a pas de contre-pouvoir aux Maîtres du Monde, ils contrôlent tout. La Chine est un tigre de papier, conformiste et peureux; la Russie,c’est pire encore, gesticulations et rodomontades qui masquent l’acceptation de l’ordre américain,les émirs ne tiennent que par la puissance militaire américaine, l’Europe a choisi de devenir une bourgeoise bancaire ploutocrate comprador plutôt que d’affronter le Maître. Il n’y a plus de social, il n’ y a que des masses de consommateurs terrorisés à l’idée de perdre le peu qu’ils ont. 

Il n’y a pas de contre-pouvoir sauf… le seul… le vrai, le réel. Le réel avec son poids, sa finitude, son épaisseur, ses limites, empêcheurs de buller en rond, sanction suprême. Le réel est incontournable car on peut créer autant de valeur que l’on veut, faire monter le prix du blé jusqu’au ciel, cela ne produira pas un gramme de pain. Il faut du travail pour semer le blé et faire le pain. Cette valeur ectoplasme  ne vaut que tant que l’on y croit car elle n’a pas de contrepartie, pas de répondant, pas de consistance. 

La valeur, le système actuel, la hiérarchie présente des valeurs, tout cela est un bluff et l’histoire, tôt ou tard, exige que l’on montre les cartes. « Show me the money », disait le philosophe dans le dialogue rapporté par Kant; et « the money », ce n’est pas le dollar, c’est le métal, les espèces sonnantes, lesquelles n’équivalent pas à du vent,  mais à des biens, services concrets. 

Le cycle dans lequel nous nous trouvons n’est pas un cycle économique et c’est pour cela que ceux qui disent que, dorénavant, ce n’est et ce ne sera plus comme avant, ont raison.

Non, le cycle, c’est un cycle culturel, sociétal, philosophique. Il y a toute une culture de la modernité qui repose sur la disjonction des signes et du réel, qui évacue le réel et qui s’incarne dans un ordre, dans une pratique sociale. Dans une échelle de vraies, d’authentiques inégalités, pas celles dont parlent les socialistes bien sûr, pas celle, la fausse, dont ils font leurs choux gras et l’ascenseur de leur volonté de domination. 

Les Maîtres, les démiurges, les grands prêtres de la religion du signe, détiennent le grand secret qui permet de faire passer les vessies pour les lanternes. Ils détiennent ce secret et celui de la propagande qui leur permettent d’exploiter les classe moyennes. Grâce à la  détention de ce secret,  d’une part,  et au goût incroyable des foules pour les billevesées. Grâce à la peur qu’ils entretiennent,à la culpabilité qu’ils instillent. Les foules jouissent d’être bernées. Elles échangent la médiocrité du présent contre l’Espoir. Elles jouissent d’être tondues, tondues mais contentes, elles sont protégées. 

Le réel sera le sauveur, cela ne fait aucun doute. Pourquoi? Parce que ce qui se perd,  dans la disjonction religieuse entre les signes et le réel, c’est l’efficacité, c’est l’adaptation, la capacité à traiter les vrais problèmes. Prisonnier de théories fausses, on fait tout à l’envers. 

Nos zozos, les Maîtres, ont perdu tout contact avec la réalité. Si vous croyez encore à leurs compétences, à leurs capacités d’anticipation, allez faire un tour du côté de Detroit. Dans les rues. Vous verrez, à l’œuvre, la Sanction. 

Nous parlons de Sanction. Nous prétendons qu’elle existe. 

Detroit’s Debt Pales in Comparison to the National Debt

Détroit fait une faillite à 20 milliards de dollars. 

En 1960,  la cité était la ville la plus prospère des Etats-Unis avec le revenu par tête le plus élevé. Il y avait 1,8 millions d’habitants; aujourd’hui, on en compte moins de 700.000. La dette représente 25.000 dollars par habitants. 

En 1950, la ville s’enorgueillissait de 295.000 emplois manufacturiers ; aujourd’hui, il en reste un peu plus de 25.000. 

Plus rien n’est entretenu, plus de service public, la sécurité des biens et des personnes n’est plus assurée. Tout le patrimoine immobilier part à l’abandon, on peut acheter des maisons pour moins de 500 dollars. Quelquefois, on vous les donne purement et simplement. On dénombre 90.000 maisons abandonnées. 

Les terrains vagues envahissent la ville. Plus de la moitié des réverbères restent éteints la nuit. La police n’a plus de matériel, ses effectifs ont été amputés de 40%. Le taux de criminalité est cinq fois supérieur à celui de la moyenne américaine. 

En incidente, signalons que le même phénomène, la même situation, se retrouve à Atlantic City, autrefois paradis des casinos. 

La catastrophe sociale est manifeste. La moitié de la population est illettrée. Plus de la moitié des jeunes sont au chômage. Le taux de pauvreté est de 60%. 

Détroit montre:

– Que la Sanction existe, que le pire peut arriver.

– Que derrière les signes, le réel est là, douloureux.

– Que les gouvernements n’ont rien prévu, rien compris.

– Que la dette ne résout rien, mais aggrave tout.

– Que l’histoire, cela existe, elle ne s’est pas arrêtée.

 BRUNO BERTEZ Le Dimanche 4 Aout 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

EDITO PRECEDENT: L’Edito du Mardi 16 Juillet 2013: Bernanke baisse son pantalon, la FED capitule, elle se rend sans résistance Par Bruno Bertez

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15 réponses »

  1. Mais l’expérience de détroit, comme celle de la grece apprend une chose. C’est que quand la chute commence véritablement, on touche très vite le sol…. en une poignée de mois ou d' »années.

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    • @Patrick

      Vous mettez le doigt sur quelque chose de très important, à savoir la vitesse à laquelle les choses chutent quand la dégradation atteint un stade critique: Il se produit une sorte de phénomène de » tout ou rien », la linéarité disparait, on sort de l’extrapolable et du prévisible.
      Il y a certainement beaucoup de raisons et cela mériterait analyse, mais je vois trois raisons majeures:

      -Tout est faux tout est bidon, mensonger et les Maitres le savent, ceci veut dire que ce qui disparait dans une crise, c’est l’illusion, une fausse certitude. Ce n’est pas situation qui se dégrade d’un seul coup, c’est la révélation qui se fait brutalement; Révélation d’une situation qui existait déjà depuis longtemps.

      -L’interconnexion du monde moderne est colossale et ce qui se passe d’un côté, rejaillit tout de suite ailleurs. Il n’y a plus de vraie valeur, les fausses valeurs ont une durée de vie courte à l’échelle de l’histoire et la relativité des valeurs fait qu’elles s’effondrent de proche en proche.

      -Le lien commun entre tous les évènements, toutes les crises, tous les échafaudages c’est la monnaie et les théories sous-jacentes à cette monnaie: Rien n’est indépendant, rien n’est statistiquement réparti donc pas de division des risques. Ainsi le vrai sous-jacent des emprunts subprimes n’était pas le housing , c’était l’illusion que ces emprunts étaient aussi bons que du cash, c’était l’illusion qu’ils étaient money-like.

      Conclusion terrible et déprimante, dans le monde moderne, la diversification est impossible, c’est un leurre, tout est corrélé et dans l’effondrement, tout se révèlera corrélé…

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    • Wow Bravo ! Mon film de chevet … sans doute le meilleur film sur le sujet et datant des années 70. Un chef d’oeuvre, un joyau ! A voir absolument pour certains acteurs disparus et aussi certains sujets prémonitoires :
      – collusion des politiques avec le pouvoir financier
      – effets de levier (Karbaoui !)
      – arnaques des traders
      – spéculation sur les matières 1ères
      – bailout des banques payé par le contribuable et les « petits »
      – mutualisation des pertes, privatisation des gains
      – répression fiscale
      – oligarchie
      – manipulation des courts
      etc etc etc
      Enfin un cinéphile \o/

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  2. Ne pas jouer les cassandres, ne pas prédire l’apocalypse. Oui bien entendu.
    Cependant je crois que nous interprétons mal, dans le contexte présent, l’expression apocalypse. En regardant l’Espagne, la Grèce, le Portugal il faut comprendre que perdre en 3 années son confort, son emploi, sa maison et du coup se retrouver à la soupe populaire est bel et bien à interpréter comme un choc grave. Et ce n’est pas fini!

    Bien à vous

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    • Bonjour Gaetan

      Assertion non fondée ou du moins sans rapport avec le fond de l’article car si vous aviez été jusqu’au bout vous auriez vu qu’on y cause Détroit en fin et ce n’est pas par hasard, juste par effet de style !!! Motor City c’est le cœur du système, et vous vous causez périphérie européenne ce qui pour un américain est un dommage collatéral et pour un allemand un mauvais élève ce qui est cyniquement bien confortable pour tous ces gens là et une sorte de punition de Dieu pour de mauvais prêcheurs….Mais Détroit, splendeur et décadence de l’Amérique triomphante, cela va bien au-delà de tout l’imaginaire des cassandres réunis, là on passe un cap, on défie les lois du système, on est « over the wall » et sans rédemption possible… Illustration parfaite de l »hymne des Stooges(les Idiots!)légendaire groupe rock des années 70 de Détroit: search and destroy!!! prémonitoire en quelque sorte!

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  3. Le monde de la finance n’est pas le seul monde.
    L’idéal serait de pouvoir se faire une idée globale des choses, sur tous les plans.
    Tout ce qui ne dépend pas de l’économie et des prétendus maîtres de la finance a aussi un impact majeur sur le déroulement des choses.
    Imaginez, par exemple, ce que ferait un tsunami équivalent (ou supérieur) à celui de Fukushima dans l’atlantique nord…
    L’illusion de maîtrise n’est qu’une illusion.
    Personnellement, j’estime que le monde que nous connaissons est chanceux d’avoir pu retarder de plusieurs décennies une confrontation mondiale, toujours en devenir.
    Autre éventualité que nos maîtres de la finances croient probablement contenir…
    Carpe diem….

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  4. Merci à l’auteur pour cet article intéressant et très lisible.

    La valeur est intrinsèque, seul le prix change en fonction des paramètres choisis, que ce soit la rareté, le désir ou la mode.

    Les parasites détournant, d’une façon ou d’une autre, le travail des hommes productifs, ont toujours existés, pillards devenus rois et soldats, pirates sans foi ni loi, aristocrates vivant de privilèges, prêtres vendeurs de mondes meilleurs après la mort, bourgeois rentiers, etc.. et les hommes grognaient et pliaient sous la charge mais travaillaient toujours. Ce qui change aujourd’hui, c’est la masse des improductifs par rapport au productif.

    La proportion des « improductifs » par rapport aux « productifs » dans une entreprise ne doit pas dépasser 1 pour 10 pour qu’elle soit viable. Sans doute que la société moderne informatisée et robotisée peut en supporter 1 pour 2 voire moins, mais il y a forcément une limite à ne pas franchir sous peine d’effondrement.

    La question à 100 milliards est : Quel va être l’évènement déclencheur de l’effondrement de ce château de cartes qu’est devenu l’économie mondiale ? Une centrale nucléaire qui explose en France, un des états américains en faillite, une provocation frontalière qui tourne mal ou l’abandon concerté du dollar comme monnaie d’échange par les BRICS ?

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    • Non, la question a 100 milliards n’est pas de savoir ce qui va déclencher la catastrophe, c’est une position résignée , fataliste de renoncement.

      La question à 100 milliards de dollars est celle ci :

      Comment se fait-il que les mensonges, réussissent si bien, mieux que la vérité ? Comment se fait il que les peuples, les peuples soient anesthésiés, aliénés, au point de tout accepter , de perdre toute dignité et de courber la tète face aux Maitres ?

      Comment décoder, démystifier, ridiculiser les Moscovici, Lagarde, Bernanke, Hollande, …?

      L’une des réponses à la question de l’apathie des masses est la consommation.
      Une autre est l’absence de culture et de capacité de comprendre.
      Une autre la trahison des élites.
      Une autre la domination des médias complices.
      Une autre …
      etc etc

      Le combat , pour ceux qui ont encore la dignité de refuser d’être des objets , commence par la compréhension de tout cela , seulement , après, ensuite , on peut envisager quelque chose , que ce soit pour soi dans une démarche individuelle ou pour un groupe dans le cadre d’une action collective.

      L’histoire ne s’est pas arrêtée avec les zozos qui gouvernent ou prétendent le faire, pseudo gestionnaires d’une situation qui les dépassent, réels tigres de papier qui ne dominent que de nos renoncements.

      Il ne s’agit pas de deviner , mais de travailler.
      L’avenir ne se devine pas, il se construit. Nous le devons à nos enfants.

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      • la meilleure action collective actuellement c’est de limiter notre consommation au strict nécéssaire.ce n’est absolument pas douloureux,au contraire!

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  5. Mardi 6 août 2013 :

    D’abord, la cause :

    Evoquant les achats d’actifs que la Fed entreprend depuis le début de l’année au rythme de 85 milliards par mois pour soutenir l’économie, Dennis Lockhart, président de la Fed d’Atlanta, a déclaré dans un entretien à Market News International mardi que leur réduction « pourrait intervenir, comme beaucoup s’y attendent, dès septembre ».

    « Mais je ne pense pas que ce soit forcément septembre », a-t-il ajouté n’excluant ni la session du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) d’octobre, ni celle de décembre.

    Ensuite, la conséquence :

    Wall Street a nettement reculé mardi, de nouveau gagnée par la fébrilité alors que plusieurs membres de la Banque centrale américaine ont évoqué un ralentissement de son aide à l’économie : le Dow Jones a cédé 0,60% et le Nasdaq 0,74%.

    «De nouveau, la rhétorique de la Fed (la Banque centrale des Etats-Unis) a donné aux courtiers un prétexte pour retirer leurs mises», a estimé Peter Cardillo de Rockwell Global Capital.

    Dennis Lockhart, président de l’antenne locale de la Fed d’Atlanta, a d’une part indiqué que l’institution pourrait commencer à réduire ses injections de liquidités dans le circuit financier «dès septembre» si la croissance économique des Etats-Unis et les créations d’emplois s’accélèrent.

    Ces propos ont été confortés par des déclarations de son homologue de la Fed de Chicago, Charles Evans, pour qui l’institution va réduire son programme de soutien à l’économie «d’ici la fin de l’année», voire même dès le mois prochain.

    Pour stimuler la croissance, la Fed injecte notamment chaque mois sur les marchés financiers quelque 85 milliards de dollars en rachetant des bons du Trésor et des titres adossés à des prêts immobiliers, une mesure qui a largement participé à l’embellie de Wall Street depuis le début de l’année.

    La perspective de la disparition progressive de cette aide «incite le marché à reprendre son souffle après ses récents records», comme le démontre «le faible volume des échanges» observés sur la séance, a noté M. Cardillo.

    http://www.liberation.fr/economie/2013/08/06/wall-street-ouvre-en-legere-baisse_923188

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  6. Vendredi 9 août 2013 :

    Le déficit de l’Etat se creuse : 59,3 milliards d’euros fin juin.

    Le déficit de l’Etat s’est creusé de 2,6 milliards d’euros fin juin sur un an, essentiellement en raison de dépenses européennes exceptionnelles, a annoncé vendredi le ministère du Budget.

    A fin juin, le déficit atteignait en cumulé 59,3 mrd EUR, contre 56,7 mrd EUR fin juin 2012, a précisé le ministère dans un communiqué, avec des recettes en hausse.

    L’écart s’explique selon Bercy par la perception, début 2012, de 2,6 mrd EUR de recettes perçue en l’échange de l’attribution de licences de téléphonie mobile 4G, mais aussi de dépenses pour l’augmentation de capital de la Banque européenne d’investissement (1,6 mrd EUR), et la dotation au Mécanisme européen de stabilité (3,3 mrd EUR).

    Fin de citation.

    Conclusion :

    – augmentation de capital de la Banque européenne d’investissement : 1,6 milliard d’euros

    – dotation au Mécanisme européen de stabilité : 3,3 milliards d’euros

    Mais comme la France n’a pas ces 4,9 milliards d’euros, la France a été obligé de les emprunter.

    Pour aider les pays européens en faillite, la France surendettée est obligée de se surendetter encore plus.

    Et comme les pays européens en faillite ne rembourseront jamais leur dette, la France subira des pertes de dizaines de milliards d’euros.

    La zone euro, c’est le tonneau des Danaïdes.

    La zone euro, c’est un suicide collectif.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22072013-AP/FR/2-22072013-AP-FR.PDF

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  7. En Europe, quels sont les Etats qui ont été en défaut de paiement le plus souvent ?

    Réponse (Carmen Reinhart, Kenneth Rogoff, « Cette fois, c’est différent », édition Pearson, page 120) :

    1- L’Espagne a été 13 fois en défaut de paiement.

    2- L’Allemagne a été 8 fois en défaut de paiement.

    3- La France a été 8 fois en défaut de paiement. Rappel : le dernier défaut de paiement de la France remonte au 30 septembre 1797 (les historiens l’appellent « la banqueroute des Deux Tiers »).

    4- L’Autriche a été 7 fois en défaut de paiement.

    5- La Hongrie a été 7 fois en défaut de paiement.

    6- Le Portugal a été 6 fois en défaut de paiement.

    Atlantico : L’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur général des finances de Louis XV, affirmait « la banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’Etat au pair. » La France a déjà fait défaut au cours de son histoire (huit fois) et s’en est à chaque fois relevée. A quel prix ? Et avec quels effets pervers ?

    Gaspard Koenig : Les Rois de France tranchaient régulièrement la tête de leurs créanciers, le plus célèbre étant Philippe Le Bel, qui au début du XIVe siècle expulsa les Juifs et massacra les Templiers pour éviter d’avoir à les rembourser. Puis l’idée de « dette souveraine » indépendante de la personne du débiteur commençant à voir le jour, les défauts se sont faits plus rares, le dernier ayant eu lieu pendant la Révolution Française (qui est née, je le rappelle, d’une crise de la dette). Ce sont des moments forts de remise à plat et de remise en question ; un choc à la fois financier et moral. Aujourd’hui, je crois que la France a besoin d’un tel choc pour pouvoir repartir sur des bases plus saines.

    Gérard Thoris : Tant que la banqueroute porte sur de riches propriétaires qui ne savent rien faire d’autre de leur argent que de prêter à l’Etat, c’est de bonne guerre que de les priver d’une rente qui affaiblit la puissance publique. S’ils perdent sur le flux de revenus de leurs actifs financiers, ils conservent le flux de revenus de leurs actifs réels (terres, etc.). Il n’en est plus de même si la banqueroute porte sur les actifs financiers gérés par les institutions financières au nom des ménages pour s’assurer d’une retraite convenable. Ici, c’est la croissance présente et future que l’on affaiblit. Cependant, notre époque dispose d’une manière de faire banqueroute sans mal ni douleur pour personne. Il s’agit d’une remise ordonnée des dettes publiques par la Banque centrale. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon en pratiquent la première étape, qui consiste à permettre à leur Banque centrale d’acquérir des obligations publiques. Quant à savoir si ces dettes seront un jour remises sur le marché, le rendez-vous américain a été fixé dans 30 ans. Cela laisse un peu de temps pour restaurer les fondamentaux de l’économie sans être accablé de remords (qui paie ses dettes ne s’enrichit pas) et sans imposer d’excessives obligations fiscales aux agents privés.

    Propos recueillis par Alexandre Devecchio.

    http://www.atlantico.fr/decryptage/fiction-dure-realite-chiffres-france-est-elle-vraiment-abri-faillite-gerard-thoris-gaspard-koenig-810371.html?page=0,3

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