Art de la guerre monétaire et économique

L’achat d’or et d’argent-métal se justifie s’il s’agit de se protéger contre la chute du dollar US et l’issue nécessairement inflationniste des politiques monétaires de manipulation des banques centrales qui sont toutes les deux inéluctables par Pierre Leconte

L’achat d’or et d’argent-métal se justifie s’il s’agit de se protéger contre la chute du dollar US et l’issue nécessairement inflationniste des politiques monétaires de manipulation des banques centrales qui sont toutes les deux inéluctables par Pierre Leconte

Quoi qu’en disent certains analystes, l’or et l’argent-métal, parce que principalement côtés en dollars US, ne montent (quand ils ne sont pas manipulés pour en supprimer les prix par les banques centrales occidentales et les bullion banks) que lorsque le dollar US baisse. Soit par rapport aux autres principales monnaies étatiques de papier, soit en terme de chute de sa valeur intrinsèque (c’est-à-dire de l’inflation qui peut l’affecter). Et non pas en raison des paramètres relatifs à leur consommation et à leur production, ni même à leurs stocks disponibles. Sauf si les prix de l’or et de l’argent-métal venaient à baisser en dessous de leurs coûts de production (ce qui n’est pas encore le cas), puisqu’ ils remonteraient alors assez vite mécaniquement du fait de la pénurie qui les affecterait, indépendamment des fluctuations du dollar US. Tout cela pour la simple raison que l’or, et accessoirement l’argent-métal, sont des monnaies et non pas des matières premières. Ils sont même LA VRAIE MONNAIE alternative au dollar US. Lequel est abusivement devenu la monnaie mondiale à leur place en 1971 (une illustration de la loi de Greesham: “La mauvaise monnaie chasse la bonne”), lorsque les USA ont unilatéralement décidé qu’il cessait d’être convertible en or entre banques centrales, par artifice politique sans que cela change l’ “ordre naturel des choses” puisque la valeur de l’or s’est accrue depuis cette date de 35 USD l’once à 1.310 ce jour et que la valeur du dollar US s’est dévaluée d’autant. Il convient donc de se demander, pour tenter de prédire le prochain mouvement de hausse ou de baisse de l’or et de l’argent-métal: 1/ si le US Dollar Index risque de s’effondrer ou pas, 2/ si l’inflation aux USA va croitre fortement ou pas.  

L’honnêteté oblige à constater que le US Dollar Index et que l’inflation aux USA sont actuellement étonnamment stables, en dépit de la politique monétaire ultra laxiste de la Federal Reserve US se traduisant par la création ex nihilo de milliers de milliards de dollars US à taux zéro ou négatifs, parce que (comme le montrent les graphiques de la vitesse de circulation de la monnaie et du multiplicateur de crédit ci dessous) toute cette fausse monnaie ne s’investit pas dans l’économie réelle (ce qui explique la stagnation économique), mais reste dans les bilans des grandes banques privées -ou bien est placée à leurs comptes courants auprès des banques centrales- dans le but de couvrir leurs gigantesques pertes encore latentes ou alors va sur le marché des actions d’où la  bulle qui le caractérise.  

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Ce qui n’empêche pas certaines anticipations inflationnistes et le renchérissement de beaucoup de biens et de services de se développer en Occident (mais surtout dans les pays émergents) sans pour autant se transformer déjà en forte inflation. Autrement dit, nous sommes actuellement en Occident encore en stagflation, porteuse de chômage de masse et de perte collective de pouvoir d’achat. Laquelle pourrait perdurer un certain temps tant que les banques centrales ne se décideront pas à cesser leur Quantitative Easing (ce qui ferait repartir la vitesse de circulation de la monnaie puisqu’elle ne serait plus stérilisée dans la “trappe à liquidités”) ou que la hausse des taux d’intérêt à moyen et long termes ne provoquera pas de krach obligataire majeur (ayant finalement pour effet de contraindre au défaut voire à la faillite les Etats,  les institutions publiques et les grandes banques privées les plus endettés, mais aussi les banques centrales précitées dont les bilans pourris auront alors atteints des niveaux si élevés par rapport aux PIB et aussi des pertes sur leurs positions obligataires si grandes que plus personne ne pourra rien faire pour les sauver). Pas plus qu’elles ne pourront continuer à jouer les pompiers pyromanes étant donné la perte de crédibilité qui les affectera, ce qui ne les empêchera toutefois pas (elles ne savent rien faire d’autre !) de se lancer en dernier recours dans un programme radical hyper-inflationniste (dans lequel la Federal Reserve US, la Banque d’Angleterre et la BCE ne se sont pas encore jetées tout en incitant d’abord la Banque du Japon à le faire expérimentalement à leur place) avec à la clef une “guerre des monnaies” entre blocs commerciaux pour la dévaluation compétitive maximale de chacune d’entre elle par rapport à l’autre.  

Le krach obligataire aux USA qui a commencé, faisant évidemment plonger les obligations mais aussi les actions de ce pays, fera surtout s’effondrer le US Dollar Index (étant donné que le bilan de la FED est celui de toutes les banques centrales dont la détérioration est la plus forte et que cela s’aggrave puisque Bernanke semble avoir renoncé à diminuer le QE… mais aussi parce que les USA -contrairement à la plupart de leurs partenaires- s’enfoncent dans un déficit de balance des paiements croissant) pendant que l’or et l’argent-métal devraient à ce moment-là, en parallèle, monter puissamment étant donné que les autres monnaies de papier étatiques actuelles (émises en quantité trop faibles pour satisfaire les besoins mondiaux de liquidités) ne pourront pas offrir d’alternative au billet vert lorsqu’il sera en voie de carbonisation (une séquence similaire s’étant déjà produite lorsque dans l’entre-deux guerres mondiales la livre sterling perdit son statut de monnaie de réserve mondiale qui fut la vraie raison du grand krach boursier d’alors). 

Le scénario précité, qui nous parait inévitable sans bien entendu que l’on puisse en prévoir le timing (bien qu’il soit rampant puisqu’à bien des égards il a déjà commencé étant donné que les obligations US et le US Dollar Index baissent déjà notablement), est celui de la fin du Système monétaire et bancaire actuel basé sur l’ “étalon-dollar US”. Ce qui n’aurait rien d’extraordinaire puisque, depuis la première cassure de l’étalon-or en 1914-1918, on a changé de Système presque tous les 20 ou 30 ans sans parvenir à trouver celui assurant la stabilité indispensable à l’économie et à la finance et que la plupart des monnaies de papier ont perdu l’essentiel de leur pouvoir d’achat du fait de leur création ex nihilo par les banques centrales ou les Etats en quantité toujours plus grande, bien supérieure à la hausse des PIB. Sans compter que la montée exponentielle de l’endettement public et privé, actuellement à son niveau historique le plus haut jamais atteint aux USA , en Europe, au Japon et à un moindre degré en Chine, rendant la plupart des dettes non remboursables, implique que le Systéme actuel est devenu intenable, même (et surtout) si la répression financière et la hausse des impôts et taxes de toutes sortes se poursuivaient. 

Il y a bien entendu un scénario alternatif qui est celui de la prolongation de la situation actuelle, les banques centrales, dont le seul but est de gagner du temps en faisant prendre des vessies pour des lanternes au plus de gens possible, parvenant encore et toujours à submerger le monde de liquidités sans valeur intrinsèque et de crédit gagé sur le néant, de façon illimitée, en prolongeant à l’infini Quantitative Easing, LTRO, dévaluations compétitives, etc…, sans que cela produise d’inflation notable, faisant même monter à des niveaux de plus en plus hauts actions et obligations, déconnectées de l’économie réelle mais produisant un effet psychologique de “richesse” supposée suffisant sur les investisseurs privés et institutionnels qui les achèteraient quels que soient les prix astronomiques qu’elles pourraient atteindre. Selon la tactique bien connue du “miroir aux alouettes”, à laquelle succombent tellement d’investisseurs animés par un désir de gains les faisant plonger dans n’importe quel piège irrationnel. Pendant que la plupart des grandes banques privées “too big to fail” verraient leurs bilans redevenir solides comme des rocs par la magie de la politique de centralisme monétaire des banques centrales, toutes unies avec la BRI, le FMI et autres institutions, dans un effort conjoint pour reprendre leurs actifs pourris.  Ce qui serait à terme suffisant pour faire repartir emploi et croissance économique comme pour colmater les dettes publiques et privées qui n’exploseraient jamais et seraient même en mesure de s’accroitre à la japonaise (en dépassant 300 – 350% des PIB un peu partout dans moins d’une dizaine d’années). Pendant que la confiance persisterait dans le dollar US, qui resterait la monnaie de réserve mondiale, et les obligations d’Etat US, qui resteraient la réserve de change unique de plus de plus de banques centrales partout dans le monde (Chine et Russie comprises), lesquelles, finalement, vendraient leur or en même temps que les bullion banks feraient fortune en faisant s’écrouler l’argent-métal.  

Évidemment, le nirvana s’étendrait à la zone euro dont la monnaie unique européenne, subitement adaptée à la situation de tous ses États-membres y compris les moins compétitifs et les plus endettés, deviendrait la base de leur union perpétuelle sans que l’Allemagne n’ait à payer l’addition de leurs dettes passées, présentes et futures puisque ce serait la BCE (à partir de son utilisation maximale de la “planche à billets”) qui financerait de façon illimitée directement lesdits Etats (et les escroqueries de leurs dirigeants), suite à une révision générale des traités européens instituant solidarités fiscale et budgétaire permettant la mise sur la touche de la Bundesbank -dont le nouveau gouverneur viendrait du  Zimbabwe puisque c’est dans ce pays que le Quantitative Easing (et la démocratie avec) a le mieux réussit-. Ce qui ouvrirait la voie au “Grand Pacte Transatlantique” (que réclament de plus en plus de personnalités supposées “éclairées”), c’est-à-dire au libre-échange total entre les USA et l’Europe autour d’une nouvelle monnaie de papier commune puis unique à créer, intégrant le dollar US et l’euro, dont rêvent les Obama et autres Merkel, Hollande, Barroso et consorts, qui remettrait ainsi le sort des nations européennes dans les mains de la Federal Reserve US, devenue la banque centrale du monde presque entier… puisque la livre sterling, le franc suisse et les autres monnaies étatiques ne manqueraient pas de s’y intégrer.  

Sans préjudice de toutes sortes d’inventions statistiques, comme de manipulations de marché et de bourrage de crâne des opinions publiques que l’on convaincraient du retour de la prospérité sans limite basée sur l’illusion monétaire absolue, avec l’aide du trading à haute fréquence généralisé à tous les marchés financiers et de la pyramide sans fin des dérivés puisque tout serait titrisé à l’infini et vendu par petits paquets aux plus offrants (par Goldman Sachs et autres JP Morgan ayant pris le contrôle du reste des marchés et des Etats qu’ils ne dirigent pas encore directement ou indirectement).  

L’abomination qu’il faut absolument éviter: 

http://www.atlantico.fr/decryptage/seul-espoir-pour-occident-rester-puissant-est-creer-euramerique-alexandre-melnik-805177.html

Si vous croyez au conte de fée de ce scénario alternatif, alors vendez tout de suite les métaux précieux, achetez tout de suite actions et obligations US comme le dollar US et remerciez Ben Bernanke et Mario Draghi, inspirés par le dieu Keynes et promis c’est certain au Prix Nobel d’Économie plusieurs années consécutives (Obama a bien reçu le Prix Nobel de la Paix !), de vous avoir assuré la fortune ! 

Si vous n’y croyez pas, alors débarrassez vous le plus possible du papier en achetant massivement l’or et l’argent-métal s’ils atteignaient leurs coûts de production aux alentours des 1.000 et 14 USD l’once respectivement mais achetez en assez légèrement dès à présent et beaucoup plus sur la cassure à la hausse de leurs résistances vers 1.355 et 20,60 (étant donné qu’il se pourrait que les coûts de production précités de 1.000 et de 14 ne soient jamais atteints), vendez les obligations (déjà entrées dans un marché baissier) et les actions en particulier US (qui sont à un record historique injustifié) et surtout sortez le plus possible du dollar US au profit du franc suisse et à un moindre degré de l’euro qui sont les moins mauvaises des monnaies de papier (même si le risque d’implosion de l’euro continuera d’exister tant qu’une solution ne sera pas trouvée pour en créer deux, l’un -nécessairement surévalué- pour l’Europe du nord et l’autre -nécessairement dévalué- pour l’Europe du sud). 

Pour rester informer, lire régulièrement le site de nos amis:   http://www.zerohedge.com/

 Alors que les profits des entreprises US ont baissé à leurs plus bas niveaux depuis 3 ans, la hausse artificielle des actions US n’est plus principalement due qu’à la poursuite du Quantitative Easing qui, en créant une masse croissante de dollars US ex nihilo à taux zéro donc de la liquidité abondante gratuite pour les banques spéculant sur les actions, accélère en même temps la chute du pouvoir d’achat dudit dollar US tout en gonflant le bilan de la Federal Reserve US à des niveaux intenables jusqu’à ce que la quasi totalité de ses actifs, en particulier obligataires, étant devenus sans valeur, cet enchainement risque de provoquer sa faillite… En tous cas, d’abord, une chute importante du Dollar US Index puisque le ratio entre la dette US et le PIB continue de s’accroitre à un rythme jamais atteint… Conclusion: Pour tenter de sauver les marchés d’actions et les banques, la Fed met en place la faillite des USA donc de la majorité des Américains et, en premier lieu, la sienne propre. Raisons pour lesquelles elle devra dans un premier temps cesser le Quantitative Easing  (et même remonter ses taux courts pour stopper la hausse des taux longs) mais en sachant qu’elle provoquera alors l’un des plus grand krach boursier de l’histoire. Voilà pourquoi on peut s’attendre, quelle que soit la solution retenue en matière de QE, à une hausse parallèle de l’euro et du franc suisse (voire du yen japonais et de la livre sterling) contre dollar US et aussi évidemment de l’or et de l’argent-métal. 

 http://www.zerohedge.com/news/2013-08-03/sp-500-profit-margins-plunge-three-year-lows

http://www.etfguide.com/commentary/1095/Bond-Losses-at-Federal-Reserve-Top-$192-Billion/

http://blogs.marketwatch.com/thetell/2013/08/09/marc-wolf-faber-still-thinks-an-1987-style-crash-is-coming/ 

http://www.moneynews.com/Economy/unemployment-rate-U-6-jobs/2013/07/31/id/517936

 Le marché de l’or est complétement opaque puisque les bullion banks et probablement aussi les banques centrales occidentales, ayant vendu une grande partie de leur or ou ayant encore des prêts d’or et des ventes à terme non couvertes, se repassent les unes les autres le même or au moyen d’artifices comptables pour que les marchés ne se rendent pas compte que l’essentiel de l’or a disparu… étant passé maintenant en Chine, en Inde, en Russie, au Moyen Orient ou ailleurs… Mais ce qui est étonnant c’est que le taux GOFO reste négatif alors qu’il devrait remonter s’il y avait pénurie de physique, ce qui rappelle la manipulation du LIBOR s’appliquant aux autres actifs par les mêmes grandes banques privées. 

http://www.zerohedge.com/news/2013-08-08/hello-scotia-mocatta-jpmorgan-we-urgently-need-some-your-gold

http://www.zerohedge.com/news/2013-08-09/gold-collateral-situation-its-complicated-6-month-gofo-backred

 Trois indicateurs sont positifs pour l’or et l’argent-métal et négatifs pour les actions et le US Dollar Index:  

1/ le US Dollar Index rebaisse et les monnaies européennes remontent contre USD,  

2/ le ratio DJIA/Gold est en voie de retournement à la baisse (à noter que lorsque le US Dollar Index baisse, le ratio DJIA/Gold chute comme cela s’est produit de 2001-2002 à 2011 -parallélisme des deux premiers graphiques ci-dessous-),  

3/ le ratio or/argent-métal est lui aussi en voie de retournement à la baisse (à noter que les métaux précieux avaient atteint leur plus haut de 2011 lorsque ce ratio or/argent avait atteint son plus bas). 

En 2001-2002, selon les deux premiers graphiques ci-dessous, les sommets de l’US Dollar Index et du ratio DJIA/Gold ont parfaitement coïncidé pour plonger tous deux ensuite, ce qui signifie que la baisse du dollar US fait mécaniquement baisser les actions US et dans le reste du monde et monter l’or et l’argent-métal (en sens inverse, en 2011, les plus bas de l’US Dollar Index ont coïncidé avec le plus bas du ratio DJIA/Gold, ce qui signifie que la hausse du dollar US fait mécaniquement monter les actions US et dans le reste du monde et baisser l’or et l’argent-métal). 

Source et Remerciements: Forum monétaire de Genève

 http://www.forum-monetaire.com/?p=9194

2 réponses »

  1. l’or physique,c’est le moyen de ne pas etre tributaire des états ou des banques pour les citoyens.l’état n’a aucun pouvoir de confiscation(quoiqu’il en dise) ou de prélèvement sur ce bien physique si les gens le cachent.les états ne peuvent pas non plus le transformer a distance comme les monnaies papier.sa valeur ne tendra jamais vers zéro dans un système marchand ou l’on attribue une valeur a tout bien ou service,pas comme l’euro et le dollar.

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  2. Acheter de l’or ou de l’argent reste l’une des rares moyens de thésaurisation sérieuse pour le citoyen lambda en ces temps de crise, surtout avec ces variation de taux de change des monnaie fiduciaires dues aux manipulations des banques.

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