Another BRIC in the Wall

Another Bric in the Wall: L’Inde voit chuter sa monnaie et sa croissance

Another Bric in the Wall: L’Inde voit chuter sa monnaie et sa croissance

Des contrôles de capitaux sont instaurés pour les résidents. La banque centrale s’efforce d’endiguer la chute de la roupie

Le 20/8/2013 1.46 Rupee slump is the largest in absolute terms since 1993… (the largest single-day percentage depreciation since 9/22/2011)…

and the last 4 weeks’ move is the largest since 1991…

Raghuram Rajan devra vite faire ses preuves. Nommé début août, le futur gouverneur de la Reserve Bank of India – la banque centrale indienne – sera attendu par les marchés dès son entrée en fonction le 5 septembre. Motif: le passage de nombreux indicateurs économiques au rouge. A commencer par la dépréciation accélérée de la roupie et l’augmentation du deficit courant, que le gouvernement espère endiguer avec de nouvelles mesures de contrôles des sorties de capitaux.

Les mesures en question ne concernent ni les investisseurs étrangers, ni les comptes en devises. Mais elles témoignent de l’inquiétude grandissante, à New Delhi, face à la recrudescence d’investissements et de placements hors des frontières de la fédération par les entreprises et les particuliers indiens. Désormais, les compagnies devront solliciter une autorisation gouvernementale pour tout investissement supérieur à 100% de leur capital, contre 400% auparavant. Les nationaux et les résidents ne pourront de leur côté pas déposer à l’étranger plus que l’équivalent de 70 000 francs suisses soit 75000 Dollars contre 200000 auparavant . Le total des investissements et dépôts en provenance d’Inde est évalué pour 2012 à 15 milliards de francs suisses, pour un PIB d’environ 1800 milliards.

Depuis le 1er juin, les fonds étrangers ont retiré quelque 11,58 milliards de dollars (8,68 milliards d’euros) en actions et titres sur la dette, selon les statistiques officielles, en raison des inquiétudes grandissantes sur la faiblesse de l’économie indienne et la paralysie des réformes.

Ces mesures «ont inquiété car elles suggèrent qu’on peut apporter des capitaux en Inde mais qu’il est difficile de les en retirer», a noté Sonam Udasi, chef de la recherche chez IDBI Capital. Les investisseurs estiment que «les choses ne vont pas bien actuellement» malgré le potentiel de forte croissance du pays, a-t-il ajouté.

Quelques jours auparavant, le gouvernement avait annoncé des restrictions pour freiner les importations de pétrole et d’or, deux postes qui grèvent le déficit courant du pays. En Inde  le déficit de la balance des paiements courants est la source de beaucoup de  problèmes, Ce déficit est chiffré à près de 4,5% du produit intérieur brut, selon une note du bureau d’analyse économique de BNP Paribas

Pour Param Sarma, responsable du cabinet NSP Forex, «il y a une absence totale de confiance sur les marchés. La crainte est que les mesures de la RBI (la Banque de réserve indienne) ne vont pas pouvoir soutenir la roupie».

La devise indienne a atteint un nouveau plus bas historique face au dollar américain, à 62,70 roupies pour un dollar, stagnant ainsi sous le seuil des 62 roupies pour un dollar. Depuis début 2013, elle a perdu près de 14% de sa valeur, toujours par rapport au billet vert, soit la baisse la plus forte parmi les devises des grands pays asiatiques, devant le yen japonais.

Conséquence de la glissade de la roupie, une inflation qui s’accélère. Elle a atteint 5,79% en juillet, sur un an. Pour les seuls produits alimentaires, elle était de 9,74%. Dans ces conditions, une baisse des taux d’intérêt par la Banque centrale parait peu probable, malgré la volonté du gouvernement de relancer la croissance. Une nouvelle baisse des prix risquerait en effet de peser encore un peu sur la roupie, doper les prix des produits importés et gonfler l’inflation, notent les économistes.

L’Inde n’est pas la seule à ressentir les effets des prévisions des investisseurs au sujet de la politique monétaire américaine qui deviendrait plus restrictive. D’autres monnaies des pays émergents ont également été affectées, notamment le réal brésilien ou la roupie indonésienne. Les marchés asiatiques  ont bénéficié de l’argent facile que représentaient les injections de liquidités de la Fed (dans le système financier américain) mais la perspective d’une réduction de cette liquidité alimente des craintes d’une nette accélération de la fuite des capitaux. Ces liquidités avaient encouragé, au plus fort de la crise financière mondiale, un renforcement de ces monnaies grâce à des taux de rendement plus élevés que dans les puissantes économies occidentales du G7.Avec des signes de plus en plus marqués d’un ralentissement économique mondiale, les investisseurs étrangers rapatrient les fonds investis dans les économies émergentes dont la croissance montre des signes d’essoufflement,

Le géant indien frémit. Avec la chute de sa devise, réapparaît le spectre d’une crise qu’elle avait déjà connue au début en 1991. Le Premier ministre Manmohan Singh, l’a lui-même évoquée, en affirmant que cette nouvelle crise n’était pas du même ordre.

 

Un secteur privé endetté

Ce climat d’incertitude économique est moins nourri par le ralentissement de la croissance – 5,3% en 2012, le plus mauvais chiffre de la décennie – que par l’apparition de blocages et de goulots d’étranglement à tous les niveaux, avec en prime un niveau d’endettement préoccupant du secteur privé. Le premier ministre libéral Manmohan Singh, au pouvoir depuis 2004, semble avoir cédé le pas. «Obtenir une permission pour de nouveaux investissements en Inde est devenu impossible» déplorait récemment le Financial Times. Accusés? Les cartels formés par les grandes entreprises indiennes. En 2010, Raghuram Rajan, alors conseiller du chef du gouvernement, avait d’ailleurs dénoncé leur «Resource Raj», l’empire des ressources qu’ils s’efforcent de contrôler. Conséquence: une inflation élevée, qui oscille entre 7 et 8% par an, et le creusement du déficit commercial provoqué par la baisse des exportations. La dépréciation de la roupie devrait un peu corriger le tir.

A moyen terme, la troisième économie asiatique affronte trois défis liés: une bureaucratie toujours aussi opaque et corrompue, une donne politique délicate alors que se profilent les élections au printemps 2014, et une fragilité financière de ses conglomérats, dont la dette libellée en devises a fait un bond de 15% en 2012.

Par Richard Werly/Le Temps Aout 2013 + Agences

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/326fe342-05d0-11e3-b089-099769b8893a/LInde_voit_chuter_sa_monnaie_et_sa_croissance

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