A Chaud!!!!!

Politique Friction du Jeudi 26 Septembre 2013: Allemagne/ Après le champagne, Merkel a la gueule de bois Par Bruno Bertez

Politique Friction du Jeudi 26 Septembre 2013: Allemagne/: Après le champagne, Merkel a la gueule de bois Par Bruno Bertez

Le succès personnel de Merkel dans les dernières élections est incontestable. Remporter un tel succès pour un troisième mandat paraît difficilement croyable à notre époque. Le pouvoir use. Il n’a pas usé Merkel puisqu’elle a fait plus de 42% des voix. Les journaux allemands ont multiplié les photos d’elle levant les bras pour manifester son triomphe, souriante, un verre de champagne à la main. A moins que ce ne soit du vin du Rhin. Le triomphe de Merkel est le triomphe de l’habileté politique. Comme le dit un commentateur du Spiegel, c’est une « bête ». Nous aurions tendance à dire qu’elle a beaucoup été aidée par la médiocrité du personnel politique allemand en général. L’Allemagne a des personnalités économiques exceptionnelles, les vedettes politiques le sont beaucoup moins. Toute personne qui a écouté Steinbruck, ou Gabriel du SPD, partage certainement notre opinion.

Hélas, après le champagne, on a toujours un peu la gueule de bois, sinon mal à la tête. La douleur devient de plus en plus nette quand on découvre que l’on a fait le vide autour de soi. La victoire de Merkel, c’est l’effondrement de son allié, le FDP.  A force de faire avaler des couleuvres à Rossler, elle l’a exécuté politiquement. Le FDP n’atteint pas les 5% pour être représenté.

Le résultat du succès de Merkel, c’est son échec : il lui manque 5 sièges pour obtenir la majorité.

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La situation est loin d’être simple. Si le SPD est un parti social-démocrate du type hollandisme mou ou blairisme, il a une aile gauche puissante. Tout le monde n’a pas envie d’aller à la soupe. Surtout quand on se souvient de ce qui s’est passé entre 2005 et 2009 où la soupe qui a été servie au SPD,  c’est essentiellement de la soupe à la grimace. L’aile gauche du SPD se souvient des humiliations de cette période. Elle se souvient de sa chute de popularité et de sa chute d’audience dans le pays. En conséquence, l’aile gauche rue dans les brancards et va jusqu’à refuser que le SPD s’engage dans la fameuse Grande Coalition.  Des personnalités politiques majeures au niveau régional et provincial sont en train de monter au créneau. Le vice-président du SPD, par exemple, s’oppose à une Grande Coalition et soutient l’idée que Merkel devrait former un gouvernement minoritaire. Il déclare : « ce n’est pas le travail du SPD que de garder la CDU en place. Le SPD n’a pas à fournir une majorité pour que la CDU puisse continuer à mener la même politique ». Le même vice-président soutient qu’il faudrait accepter la perspective de nouvelles élections afin de résoudre le blocage actuel.

Le patron du parti, Gabriel, hésite. Il s’interroge sur le rôle que le SPD peut jouer dans un gouvernement et évidemment sur son rôle personnel. Qu’est-ce qu’il pourrait bien faire dans cette galère, en effet. Prendre un poste de ministre des Affaires Etrangères, cela est toujours possible, mais ce poste ne représente rien, c’est un poste de potiche.

De nombreuses associations régionales du SPD sont prêtes à en découdre. Elles demandent à la direction du parti d’organiser une grande convention afin de débattre de la participation ou non à une Grande Coalition.

L’autre aspect de la question, c’est l’aspect Merkel. Elle n’a certainement pas encore évacué les effets de sa gueule de bois, il doit y avoir encore quelques bulles dans sa tête, mais elle réfléchit sûrement à sa situation. Ne serait-ce pas suicidaire de sa part de conduire une Grande Coalition avec des partenaires qui seraient susceptibles, à tout moment, de lui retirer le tapis sous les pieds ?

Le patronat, en attendant, prend date. Il dit qu’il s’opposera à toute négociation et à tout accord de gouvernement qui déboucherait sur un accroissement des charges des entreprises et, en particulier, à l’instauration d’un salaire minimum.

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 26 Septembre 2013

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2 réponses »

  1. Jeudi 26 septembre 2013 :

    Zone euro : le recul des crédits au secteur privé s’amplifie en août.

    Le recul de l’octroi de crédits au secteur privé en zone euro s’est encore accru en août avec une baisse de 2% en glissement annuel, après un repli de 1,9% en juillet et de 1,6% en juin, a annoncé jeudi la Banque centrale européenne (BCE).

    Cette amplification est à chercher du côté des crédits aux entreprises non-financières, dont la baisse a atteint 3,8% sur un an en août, après 3,7% en juillet.

    Les prêts aux ménages sont restés stables par rapport à juillet mais leur croissance demeure très ténue (+0,1%).

    L’octroi de crédits à la consommation a continué de s’enfoncer, au même rythme qu’en juillet (-2,6%), tandis que les prêts immobiliers n’ont que faiblement progressé (+0,7%) sur un an.

    « Les crédits au secteur privé sont restés déprimés, confirmant que les conditions de crédit ne se sont pas améliorées malgré les signes de reprise de l’économie réelle en zone euro », commentait Annalisa Piazza, analyste du courtier Newedge.

    Bon.

    D’accord.

    Le recul des crédits au secteur privé s’amplifie en août, DONC la Banque Centrale Européenne va encore devoir prêter 1000 milliards d’euros aux banques européennes.

    C’est nul, ça n’a aucune efficacité, ça ne sert pas du tout l’économie réelle, mais la BCE ne sait pas faire autre chose.

    En Europe, le naufrage de l’économie réelle continue.

    • La stabilisation du crédit aux ménages va dans le sens de la pause que l’on observe dans la dégradation. Il y a stabilisation sans reprise à la faveur du « slippage » , du glissement des plans d’austérité toléré par les institutions euro et Merkel.

      L’Italie va réapparaitre au devant de la scène, car elle dérape et le parti de Berlusconi s’oppose à de nouveaux prélèvements , donc l’actualité va s’imposer à nouveau après la pause.

      Par ailleurs beaucoup de prélèvements décidés ne vont faire sentir leur effet en Europe qu’à la rentrée.

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