Allemagne

Entretien avec Jens Weidmann(Buba) l’hebdomadaire Die Zeit à paraître ce jeudi.

Entretien avec  Jens Weidmann(Buba) à l’hebdomadaire Die Zeit à paraître ce jeudi.

L’avis de Jens Weidmann sur la possible nouvelle baisse des taux de la BCE : Il est trop tôt pour évoquer un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la BCE alors qu’elle vient de baisser son taux directeur, estime le président de la Banque centrale allemande dans un entretien avec la presse.

«Le conseil (des gouverneurs) vient à peine de relâcher sa politique monétaire, je ne pense donc pas qu’il soit raisonnable de sonner la prochaine étape», a déclaré Jens Weidmann dans un entretien à l’hebdomadaire Die Zeit à paraître ce jeudi.

Il y a deux semaines, la BCE avait décidé de baisser son principal taux directeur à 0,25%, soit le niveau le plus bas de son histoire, face à une inflation faible et à la perspective qu’elle le demeurerait encore quelques mois.

«Techniquement, nous n’avons sûrement pas atteint les limites de nos possibilités. La question est toutefois: qu’est-ce qui est judicieux?», a ajouté le président de la Bundesbank, selon qui la zone euro n’est pas en difficulté parce que les taux sont trop bas mais parce que certains pays manquent de compétitivité, ont une dette trop élevée et un système bancaire qui se porte mal.

« Faire tourner la planche à billets n’est pas une solution pour sortir la zone euro de la crise » déclare Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), s’opposant ainsi à ceux qui préconisent une politique de rachats d’actifs

« Nous avons baissé les taux d’intérêt et offert des banques des liquidités illimitées. Mais il n’y pas de manière de sortir rapidement de la crise, La planche à billets n’est certainement pas un moyen de la résoudre. Cela prendra des années avant que les causes de la crise ne soient éliminées. »

Les titres de dette émis par les Etats ne requièrent aucune réserve financière supplémentaire de la part des banques en échange de leur détention, ce qui revient à considérer que leur risque de défaut est nul. Mais dans le sillage de la crise des dettes souveraines en zone euro, qui s’est traduite par l’asphyxie d’un grand nombre de banques, le président de la Banque centrale allemande Jens Weidmann avait appelé début octobre à un changement de prise en compte des obligations publiques dans le bilan des instituts de crédit, afin de mieux refléter leur risque.

Interrogé sur sa décision de voter contre la baisse de taux début novembre, M. Weidmann a souligné qu’il était bon d’avoir des débats au sein du conseil des gouverneurs et a estimé que c’était la presse qui montait en épingle ces discussions.

« Il y a aussi des débats contradictoires au sein de la Banque centrale américaine ou de la Banque d’Angleterre. Mais ces débats sont rapportés de manière bien plus sereine », a-t-il jugé, toujours dans cet entretien avec Die Zeit diffusé par avance.  Jens Weidmann a toutefois à nouveau souligné les risques menaçant l’économie si la phase de taux bas devait perdurer trop longtemps. Les taux réels sont actuellement négatifs, en étant corrigés de l’inflation, et cela « ne doit pas devenir un état durable », tandis que la politique monétaire « devient l’otage de la politique ou des marchés financiers ». Mais il ne rejoint pas la critique souvent lue en Allemagne selon laquelle l’épargnant allemand se retrouverait discriminé. « Chaque épargnant qui veut aujourd’hui placer son argent dans un placement peu risqué doit vivre avec un produit d’intérêt faible voir négatif », a-t-il déclaré, ajoutant que c’est aussi le cas en Espagne et en Italie.

Concernant la politique économique de l’Allemagne, pour Jens Weidmann, il faut absolument éviter de « revenir sur des réformes qui nous ont aidé de façon décisive à un moment où (le pays) était encore considéré come l’homme malade de l’Europe ».

« L’Allemagne doit avant tout investir dans l’éducation, rendre le système de sécurité sociale plus performant face à l’avenir, et faciliter l’accès au marché de travail », ajoute-t-il dans l’entretien que va publier l’hebdomadaire Die Zeit.

Le président de la Bundesbank allemande rejoint ainsi la liste déjà longue des responsables de la BCE et des dirigeants politiques qui prônent une mise en œuvre rapide des règles de « bail-in », dès janvier 2015 et non en 2018 comme prévu initialement.

« Les règles permettant d’imposer aux créanciers obligataires et aux gros déposants des banques de participer au coût du sauvetage d’un établissement financier en difficulté doivent entrer en vigueur plus tôt que prévu jusqu’à présent » déclare Jens Weidmann, « Ces règles devraient, si possible, s’appliquer en même temps que le mécanisme de démantèlement des banques en faillite. » Or ce mécanisme doit entrer en application en 2015, quelques mois après le transfert à la BCE du pouvoir de supervision unique des banques de la zone euro.

« Il est important que le bail-in soit mis en application de manière aussi coordonnée que possible avec les autres mesures. En particulier, la période de transition du bail-in doit être écourtée », a-t-il ajouté.

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