Behaviorisme et Finance Comportementale

Lutte anti-corruption en Chine…

Lutte anti-corruption en Chine…

Goldman Sachs. Les effets négatifs à court terme de la campagne se résorberont pour laisser la place à un impact positif à long terme.

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Le combat du gouvernement chinois contre la corruption, initié fin 2012, s’est renforcé au cours des derniers mois. La fréquence des enquêtes s’accentue et le niveau hiérarchique des fonctionnaires investigués est de plus en plus élevé.

Dans une note publiée récemment, Goldman Sachs examine les mesures engagées et s’essaye à analyser l’impact de cette campagne sur la croissance économique.

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Selon les statistiques publiées par le Procureur général, les enquêteurs ont examiné le cas de plus de 25.000 personnes soupçonnées de corruption au cours du premier semestre 2014, une hausse de 14% par rapport à l’année précédente. En outre, un certain nombre de mesures ont été prises pour restreindre les activités des employés du gouvernement. Ces mesures concernent une grande variété de sujets, de la possession de véhicules de luxe (BMW et Bentley ne pourront plus se voir attribuer des plaques minéralogiques militaires) à la construction de nouveaux bureaux, en passant par l’interdiction d’organiser de dispendieuses réjouissances ou d’acheter des feux d’artifice pendant la période du Nouvel An. Même les funérailles de luxe sont prohibées.

L’accélération de la campagne affecte à la fois la consommation et l’investissement. Les deux composantes du PIB ont décéléré au premier trimestre pour reprendre au second, cette année et l’an dernier, selon une tendance qui n’avait pas été observée dans les années précédentes. Le recul de consommation observé au 1er trimestre serait à attribuer en partie à celui des dépenses en fêtes et cadeaux liés à la corruption de fonctionnaires, auparavant généreusement stipendiés au cours des réjouissances du Nouvel An chinois. Goldman Sachs note que les importations de vins et les visites à Macao, capitale asiatique des jeux, ont faibli significativement. Cet ajustement saisonnier devrait se tasser à terme mais l’adaptation pourrait prendre plusieurs années.

Que l’investissement ait aussi diminué au premier trimestre pour redémarrer au second serait attribuable à un biais règlementaire. L’année fiscale chinoise se termine en décembre mais les budgets ne démarrent qu’à partir de mars, créant une vacance de deux à trois mois, durant laquelle les dépenses sont davantage à la discrétion des fonctionnaires. Nombre d’entre eux seraient devenus adverses au risque et moins enclins à prendre, de leur propre chef, des décisions pro-croissance car beaucoup sont sous enquête pour conduite négligente de projets d’investissement. Une autre explication serait que, par le passé, des dépenses d’investissement aient servi à masquer des débours de toute autre nature.

Mesurer ces effets en termes de PIB n’est pas simple. Il apparait toutefois que les dépenses du premier trimestre sont inférieures aux projections de consommation et de PIB sur les périodes observés. Au comportement des fonctionnaires se combine celui des banques. De peur d’être attrapées dans la nasse des tribunaux anti-corruption, elles sont plus regardantes et, de fait, la liquidité diminue.

Il est donc plausible que la campagne anti-corruption ait un impact négatif sur le niveau d’activité à court terme. Mais, conclut Goldman Sachs, elle devrait se montrer bénéfique à moyen et long terme. Les dépenses devraient devenir plus efficientes, l’environnement d’affaires plus rigoureux et davantage de fonds seront consacrés aux financements réels plutôt qu’aux dépenses somptuaires. En outre, le poids de la corruption sur les entreprises devrait décroitre et la réussite devrait davantage à la qualité des produits et des services qu’à celle de la relation personnelle des entrepreneurs avec les fonctionnaires. L’apaisement des tensions sociales est un autre impact positif à attendre de cette campagne car la distribution des richesses est ressentie comme inéquitable dans un environnement corrompu. Enfin, la lutte anti-corruption serait également de nature à engendrer une croissance supérieure de la productivité.

Chine: ralentissement de la production

La production manufacturière chinoise a crû en août à un rythme nettement ralenti, selon un indicateur provisoire publié par la banque HSBC, signe de l’essoufflement que connaît la deuxième économie mondiale. L’indice PMI des directeurs d’achat pour le pays s’est établi à 50,3 ce mois-ci, contre 51,7 en juillet, ce qui représentait son plus haut niveau depuis un an et demi. L’indice définitif pour août sera publié le 1er septembre.  Un chiffre supérieur à 50 marque une croissance de l’activité, tandis qu’un indice inférieur à ce seuil signale une contraction.
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Nicolette De Joncaire/ AGEFI SUISSE 22/8/2014

http://agefi.com/europe-monde/detail/artikel/goldman-sachs-les-effets-negatifs-a-court-terme-de-la-campagne-se-resorberont-pour-laisser-la-place-a-un-impact-positif-a-long-terme-379986.html?catUID=16&issueUID=659&pageUID=19704&cHash=1206e77a574c20ad6c98891926d9b489

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